X HISTOIRE DES PROVINCIALES
pêch(^, toutefois que ses adversaires ne l'aient accusé de tomi^er en contradiction avec lui-même. Le prétexte dont ils couvrent cette accusation, c'est que, dans les premières, Pascal semble tourner en ridicule les thomistes, et que dans la dernière il déclare que les prétendus jansénistes sont thomistes. Mais, pour dissiper ce vain prétexte, il suffit d'observer que dans les premières lettres Pascal attaque seulement quelques nouveaux thomistes, c'est- à-dire quelques dominicains de Paris, qui s'éloient alors particulièrement unis aux molinistes, et qu'il n'attaque nullement les anciens thomistes, dont messieurs de Port-Royal adoptoient la doctrine. Ces dix-huit lettres parurent d'abord séparément, et furent appelées petites Lettres, apparemment parceque chacune ne contenoit qu'une 'seule feuille d'impression de huit pages in-4°, excepté les trois dernières, qui sont un peu plus étendues. Bientôt après elles furent appelées Provinciales , parceque les dix premières ayant été adressées sans aucun nom à une personne de province, l'imprimeur les publia sous ce titre : Lettre écrite à un provincial par un de ses amie; et les huit suivantes sous le titre de : Lettres écrites par l'auteur des Lettres au provincial. On prétend* que ce fut Pierre le Petit, célèbre libraire et imprimeur du roi à Paris, et ami particulier de messieurs de Port- Royal, qui se chargea d'imprimer les Provinciales. Ce fut, diton, pour cet ouvrage qu'il commença à se servir d'une espèce d'encre dont on a perdu le secret avec lui : elle prenoit au papier sans qu'il fût besoin de le faire tremper, et séchoit au moment même ; en sorte qu'on tiroit ordinairement ces lettres la nuit du jour où on devoit les distribuer. On rapporte qu'elles furent imprimées, pour la plupart, dans un de ces moulins qui sont à Paris entre le pont ^euî et le pont au Change. La dernière est datée du 24 mars 16o7. (Ce curieux et intéressant morceau est emprunté à la Préface de l'Édition de 1754.)
\. ^'oles historiques sur l'ouvrage de Wendrock, traduit par mademoiselle de Jnncoiix, édit. de 1739.