‹ Lettres écrites a un provincial (volume 3)Chapitre 87 sur 89 · PAPES FAILLIBLES DANS LES FAITS · texte numérisé non relu

PAPES FAILLIBLES DANS LES FAITS

muez toutes choses pour faire croire que ce point de fait est véritable, et jamais on ne fut plus disposé à en douter. Et la raison en est facile : c'est, mon père, que TOUS ne prenez pas les voies naturelles pour faire croire un point de fait, qui sont de convaincre les sens, et de montrer dans un livre les mots que Ton dit y être. Mais vous allez chercher des moyens si éloignés de cette simplicité, que cela frappe nécessairement les plus stupides. Que ne preniez-vous la même voie que j'ai tenue dans mes lettres pour découvrir tant de mauvaises maximes de vos auteurs, qui est de citer Adèlement les lieux d'où elles sont tirées? C'est ainsi qu'ont fait les curés de Paris ; et cela ne manque jamais de persuader le monde. Mais qu'auriez-vous dit, et qu'auroit-on pensé, lorsqu'ils vous reprochèrent, par exemple, cette proposition du père Lamy : a Qu'un religieux <f peut tuer celui qui menace de publier des calomnies « contre lui ou contre sa communauté, quand il ne s^n (c peut défendre autrement, » s'ils n'avoient point cité le lieu où elle est en propres termes; qtie, quelque demande qu'on leur en eût faite, ils se fussent toujours obstinés à le refuser; et qu'au lieu de cela, ils eussent été à Rome obtenir une bulle qui ordonnât à tout le monde de le reconacrftre? N'auroit-on pas jugé sans doute qu'ils auroieiH surpris le pape, et qu'ils n'auroient eu recours à ce moyen extraordinaire que manque des moyens naturels que les vérités de fait mettent en mnin à tous ceux qui les soutiennent? Aussi ils n'ont fait que marquer que le père Lamy enseigne cette doctrine au t. V, disp. 36, n. 118, p. 544 de l'édition de Douai; et ainsi tous ceux qui l'ont voulu voir l'ont trouvée, et personne n'en a pu douter. Voilà une mamètfc \yv^Yv\v\vi>\vi. ^\\à«^

prompte de vider les questions de lait ob l'on a raison.

D'où vient donc, mon père, qœ vous n'en lûez pas de la sorte ? Vous avez dit, dans vos CavilU^ c qae les i cinq propositions sont dans Jansénios mot à mot, « toutes en propres termes, nsDEii verbis. » On vous a ^ dit que non. Qu'y avoit-il à faire là-dessos, sinon oa de dter la page, si vous les aviez vaes en effet, ou de confesser que vous vous étiez trompé? Mais vous ne faites ni l'un ni l'autre, et, au lieu de cela^ voyant bien que tous les endroits de Jansénius, que vous alléguez quelquefois pour éblouir lé monde, ne sont point les « pro- « positions condamnées, individuelles et singulières» que vous vous étiez^o^gé de faire voir dans son livre, vous nous présentez des constitutions qui déclarent qu'elles en sont extraites, sans marquer le lieu.

Je sais, mon père, le respect que les chrétiens doivent au saint-siége, et vos adversaires témoignent assez d'être très résolus à ne s'en départir jamais. Mais ne vous imaginez pas que ce fût en manquer que de représenter au pape, avec toute la soumission que des enfants doivent à leur père, et les membres à leur chef, qu'on peut Tavoir surprUiiû-Ce pointde^faît ; quil ne l'a point fait examiner depuis son pontificat, et que son prédécesseur Innocent Xavoit fait seulement examiner si les propositions étoient hérétiques, mais non pas si elles étoient de Jansénius. Ce qui a fait dire au comitiis- ^aire du saint-office, l'un des principaux examinateurs, « qu'elles ne pouvoient être censurées au sens d'aucun « auteur : non sunt qiuilificabiles in sensu proferentis; « parcequ'elles leur avoient été présentées pour être « examinées en elles-mêmes, et sans considérer de « quel auteur elles pou\o\eTv\, èVxe^ \ m ab^tractci^ t\. u\.

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