‹ Lettres écrites a un provincial (volume 4)Chapitre 10 sur 47 · DE LA PROBABILITÉ · texte numérisé non relu

DE LA PROBABILITÉ

immédiateincnt ; « Et lu rcsuictioa qu’y apportent « certains auteurs neme plaitpas, quel’autoritc d'un « tel docteur est suffisante dans les chosc.s de droit s humain, niais non pas dans celles de droit divin; « car elle est de {jrand jioids dans les unes etdansle.s 0 autres. »

Mou père, lui dis-je franchement, je ne puis faire cas de cette réfjle. Qui m’a assuré que dans la liberté que vos docteurs se donnent d’examiner les choses par la raison , ce (jni paroîtra sur à l’un le paroisse à tous les autres? La diversité des jufjcments est si grande.... Vous ne l’entendez pas, dit le père en m’interrompant; aussi sont-ils fort .souvent de différents avis : mais cela n’y fait rien ; chacun rend le sien probable et sûr. Vraiment l’on sait bien qu’ils ne sont pas tous du même sentiment ; et cela n’en est que mieux. Ils ne s’accordent au contraire presque jamais. Il y a peu de questions où vous ne trouviez i|ue l’un dit oui ; l’autre dit non. Et en tous ces cas-là , l’une et l’autre des opinions contraires est probable ; et c’est pourquoi Diana dit sur un certain sujet, part. 3, tome IV, r. a44 • “ Ponce et Sanebez « sont de contraires avis : mais , parcequ’ils étoient B tous deux savants, chacun rend son opinion prof bahic. »

Mais, mon père, lui dis-je, on doit être bien embarrassé à choisir alors! Point du tout, dit-il, il n'y a qu’à suivre l’avis qui agrée le plus. Eh (jiioi ! si l’autre est plus probable? fl n’importe, me dit-il. Et si l’autre est plus sûr? Il n’importe, me dit encore le

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père; le voici bien expliqué. C’est Emmanuel Sa de notre Société , dans son A j)hori.sme de dubio , p. 1 83 : 0 On peut faire ce qu’on pense être permis selon une « opinion probable , quoique le contraire soit plus sûr. « Or l’opinion d’un seul docteur grave y suffit. » Et si une opinion est tout ensemble et moins probable et moins sûre, sera-t-il permis de la suivre, en quittant ce que l’on croit être plus probable et plus sûr? Oui , encore une fois , me dit-il ; écoutez Filiutius, ce grand jésuite de Rome, Mort, quiesl. tr. ai, c. 4, n. 128; « Il est permis de suivre l’opinion la moins probable, « quoiqu’elle soit la moins sûre ; c’est l’opinion com- « mune des nouveaux auteurs. » Cela n’est-il jws clair? Nous voici bien au large, lui dis-je, mon révérend père. Grâce à vos opinions probables , nous avons une belle liberté de conscience. Et vous autres casuistes, avez-vous la même liberté dans vos réponses? Oui, me dit-il, nous répondons aussi ce qu’il nous plaît, ou plutôt ce qu’il plaît à ceux qui nous interrogent; car voici nos régies, prises de nos pères, Layman , Theol. Mor. 1. i , tr. i , c. 2 , § 2 , n. 7 ; Vasquez, Dist. 62, c. 9, n. 47, Sanchez; in Stim. , 1. 1 , c. g, n. 23 ; et de nos vingt-quatre, in princ. ex. 3, n. 2,4. Voici les paroles de Layman, que le livre de nos vingt-quatre a suivies : « Un docteur étant con- « sulté peut donner un conseil, non seulement pro- « bable selon son opinion, mais contraire à son opi- « nion, s’il est estimé probable par d’autres, lorsque « cet avis contraire au sien se rencontre plus lavo- » rable et plus agréable à celui qui le consulte ; Si

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