‹ Lettres écrites a un provincial (volume 4)Chapitre 44 sur 47 · CENSURE · texte numérisé non relu

CENSURE

bliée, finit par ranger du parti de leurs adversaires ceux mêmes qui jusque-là s’étoient montrés indifférents à la querelle. Tout le monde vouloit lire les Ijcttres Provinciales, et les jansénistes, [mur les répandi-e davantage, s’emprcssoieiit de les traduire en plusieurs langues.

Tant d’humiliations ne firent qu’irriter l’orgueil et la haine des jésuites. Ils mirent en jeu tous les ressorts de leur a.stucieuse politique, et à force d’intrigues ils surprirent à l'autorité souveraine la condamnation et la proscription des Lettres Provinciales. On verra par le texte même de l’arrêt du conseil du roi que, pour l’obtenir, la Sorbonne, de concert avec la société jésuitique, ne se fit pas scrupule de pnisenter l’ouvrage comme insolent et séditieux envers l’autorité spirituelle et temporelle.

Pour donner une idée de la bonne foi des détracteurs des Lettres Provinciales, je rapporte ici quelques passages qui précédent les pièces à l’appui de la condamnation, prises dans un recueil de bulles et autres actes du même genre, volume in-8“, imprimé cinq à six fois dans le dixseptième siècle, et dont est tiré tout ce qui suit. (L’Éditeur.)

En iC56, pendant qu’on examinoit en Sorbonne les Lettres de M. Arnauld, on fit paroitre avec grand éclat les fameuses IjCttres au Provincial , de la façon de M. Pascal, son bon ami, et la meilleure plume qui fût dans le ^arti. On crut que ce seroit un excellent moyen de donner le change aux gens les moins éclairés, et de faire oublier les erreurs que les jansénistes défendoient opini.'itrément, en les faisant paroitre comme les défenseurs de la pureté et de la sévérité de la morale chrétienne.

Les premières Lettres n’eurent pas tout le succès qu’on

s’cn étoit promis, parccque, traitant du dogme de la grâce, et tÂcliaiit, par toutes sortes d’artifices, de mettre à couvert la deuxième lettre de M. Ârnauld, elles ne purent ni empêcher sa condamnation , ni en faire voir la prétendue injustice, ni rejeter sur les seuls jésuites l’envie du dogme de foi qu’on avoit attaqué, où toute l’Église catholique étoit également intéressée.

Il fallut donc abandonner les matières de la grâce, pour ne s’attacher uniquement qu’à la morale des jrâuites, comme on fit dans les quator/x; lettres suivantes, qui parurent les unes après les autres, jusqu’au mois de mars i6f>7.

Les jésuites y répondirent d’ajjord par différents écrits, et |)uis plus régulièrement, en faisant voir les impostures de chaque lettre, et la mauvaise foi dont on rapportoit les passages de l^rs auteurs, et la différence visible qu’il y avoit entre la sévérité des maximes de M. Pascal, et les adoucissciiicnts que les jansénistes y apportoient dans la pratique de leur morale.

Càîla ferma la bouche à l’écrivain , dont toutes les lettres furent condamnées par le pape le 6 de septembre l’an 16.57, ayant déjà été brûlées par la main du bourreau, par arrêt du parlement d’Aix, du as de février 1657, après l’avoir été à Paris, |>ar arrêt du conseil d’état, donné après une consultation des prélats et des docteurs très habiles.

<X>NDAMNATION DE» LETTRES DE M. PASCAL, LE JEL'Dl 6 «EP- TEAIBRE 1657

Dam la Congrégation generale de la sainte et universelle IiUfuisition de Home, tenuè au palais apostolique de Sainte-Marie Majeure, en présence de notre Saint-I‘eie Alexandre, par la providence de Dieu, Pa)>e VU du nom, et des eminenlissimes et reveretulissimes Caidinaux inquisiteurs generaux dans toute la république clirétieimc contre les hérétiques, députez spécialement par le Saint- Siege apostolique.

Notre S. Pere le Pape Alexandre VII défend et roiidamne par le prient decret, et veut qii'on tienne |>our défendus et condamnez les livres suivant, sous les peines et les censures contenues dans le concile de Trente, et dans l’Indice des livres défendus, et autres peines et eensures qu’il plaira à Sa Sainteté d’ordonner.

üix-huit lettres écrites en françois, dont la première a pour titre....

Suivent les titres des dix-huit lettres et de plusieurs autres opuscules, et ensuite une censure d’un autre ouvrage étranger aux Proviiieiales. ( Suffrages de treize Théologiens. )

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