‹ Lettres écrites a un provincial (volume 4)Chapitre 7 sur 47 · RÉPONSE · texte numérisé non relu

RÉPONSE

DU IM^OVI^CIAI. AUX UKUX PBEMitRES LKTTHKS Dt SON AMI.

Du 1 février i650.

Vos deux lettres n’ont pas etc pour moi seul. Tout le monde les voit; tout le monde les entend ; tout lo monde les croit. Elles ne sont pas seulement estimées par les théologiens ; elles sont encore agréables aux gens du monde , et intelligibles aux femmes même.

Voici ce que m’en écrit un de messieurs de l’Académie, des plus illustres entre ces bouunes tous illustres , qui n’jvoit encore vu que la première : « Je vou- «drois que la Sorbonne, qui doit tanta la mémoire de « feu M. le cardinal, voulût reconnoître la juridiction O de son Académie Françoise. L’auteur de la lettre se- •I roit content ; car, en qualité d’aaidémicicn , je con- «damnerois d’autorité, je bannirois, je proscrirois, « peu s’en faut que je ne dise, j’exterminerois de tout «mon pouvoir r,e pouvoir prochain, qui fait tant de «bruit pour rien, et sans savoir autrement ce qu’il « demande. Le mal estquc notre pouvoir académique « est un pouvoir fort éloigné etborné. J’en suis marri ; « et je le suis encore beaucoup decei|ue tout mon petit » pouvoir ne sauroit m’acquitter envers vous, etc. »

54 RÉPOSSI-; Arx dei:x lettres.

Et voici ce qu'une pehsonue, que je ne vous inari|uerai en aucune sorte, en écrit à une dame (jui lui avoit fait tenir lai première de vos lettres :

« Je vous suis plus obligée que vous ne pouvez vous « l’imaeiner de la lettre que vous m’avez envoyée : elle «est tout-à-fait ingénieuse, et tout-à-fhit bien écrite. Il Elle narre sans narrer ; elle éclaircit les alPaires du O monde les plus eiiibrouillées ; elle raille finement; « elle instruit même ceux <|ui ne savent pas bien les « choses ; elle redouble leplaisirdeceux(]ui les eiilenndcnt. l'dleest encore une excellente apologie, et, si « l’on veut, une délicate et innocente censure. Et il y « a enfin tant d’art, tant d’esjtrit, et tant de jugement « en cette lettre , que je voudrois bien savoir qui l’a « faite, etc. »

Vous voudriez bien aussi savoir qui est la personne qui en écrit de la sorte ; mais conteutez-vous de l’honorer sans la connoître, et, quand vous la connoitrez, vous l’honorerez bien davantage.

Continuez donc vos lettres sur ma parole , et que la censure vienne quand il lui plaira : nous sommes fort bien disposés à la recevoir. Ces mots de pouvoir prochain et de tjrace suffisante , dont on nous menace , ne nous feront plus de peur. Nous avons trop appris des jésuites, des jacobins, et de M. Le Moine , en combien de façons on les tourne , et combien il y a peu de solidité en ces mots nouveau.x, pour nous en mettre en peine. Cependant je serai toujours , etc.

( Pour servir de réponse à la précédente. )

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