Revue des Deux Mondes (15 septembre
LA VIE ET LES ŒUVRES DE PASCAL. un
spectacle de l'Europe. Si Pascal n'alla pas voir de près, il est sûr quMl regardait. De quoi était-il question dans ces divers foyers de Pambition contemporaine? d'amour et de politique. Pascal n'y contredisait pas ; il n'a échappé ni à l'amour ni à la politique. L'amour ne fut chez lui qu'une vision. Son état valétudinaire le lui interdisait. On surprendrait néanmoins, dans son Discours sur les passions de l''amoury des allusions à des événements qui le concernent et qui ont Tamour pour objet. Victor Cousin* soupçonne, comme il est aisé de le faire, en plus d'un endroit du Discours sur les passions de l'amour <i les battements d'un cœur encore troublé et dans Témotion chaste et tendre avec laquelle Pauteur peint le charme de ce qu'il appelle une haute amitié », il croit apercevoir « Pécho secret et la révélation involontaire d'une affection que Pascal aurait éprouvée pour une personne du grand monde ». Le chef de Pécole éclectique repousse Pidée que cette personne pût avoirété M"® deRoannez*. La raison deCousin est puiséedansia noblesse connue du caractère de Pascal. Ami du ducdeRoannez, admis à ce titre dans Pintimité de la famille de Roannez, son inclination aurait été un abus de confiance. Ce n'est pas un argument décisif. Les faits, au surplus, le contredisent. On possède neuf fragments de lettres de Pascal à M"» de Roannez*. On les connaissait de longtemps. Ce sont eux qui ont laissé deviner l'amour de Pascal pour M"«de Roannez. Ce n'était qu'une conjecture, fortifiée par la découverte du Dis-