Port-Royal, 1. 11, p 199 de la 4» édiUon
Lx INTRODUCTION.
besoin de cette précaution. Port-Royal était suspect à la monarchie ou plutôt à Louis XIV. Port-Royal ne faisait pas d'opposition politique à la monarchie, mais il avait eu des accoiih tances avec plusieurs chefs de la Fronde. Ce n'était pas un pur hasard. L'indépendance des caractères était au fond de ses doctrines. On n'y était pas autoritaire; on s'inspirait de l'exemple de l'ancien christianisme en guerre ouverte avec la société césarienne. Dans le langage mystique de l'école, la société politique, c'était le monde de la concupiscence, ennemi de Dieu et de la vie intérieure. Saint-Cyran, le fondateur de Port-Royal, avait mieux aimé épouser une prison qu'un évôché. Son empreinte était restée sur Port-Royal. Louis XIV ne l'aimait pas. Racine le sait. « Quelques grands principes qu'on eût à Port-Royal, dit- il*, sur la fidélité et sur l'obéissance qu'on doit aux puissances légitimes, quelque persuadé qu'on y fût qu'un sujet ne peut jamais avoir de justes raisons de s'élever contre son prince, le roi étoit prévenu que les Jansénistes n'étoient pas Lien intentionnés pour sa personne et pour son État ; et ils avoient eux-mêmes, sans y penser, donné occasion à lui inspirer ces sentiments par le commerce, quoique innocent, qu'ils avoient eu avec le cardinal de Retz et par leur facilité plus chrétienne que judicieuse à recevoir beaucoup de personnes ou dégoûtées de la Cour, ou tombées dans la disgrâce, qui venoient chez eux chercher des consolations, quelquefois même se jeter dans la pénitence. » Pascal est de plein droit en dehors de ces soupçons. 11 est peut-être dangereux par la liberté absolue de sa pensée qui est au-dessus de toute compression légale ou de police ; mais il est homme de pouvoir par tempérament et par raison, par sa théorie de la Coutume qui domine à la fois les croyances, les mœurs et les institutions. Il aurait souscrit si on le lui avait demandé et sans arrière-pensée à l'opinion de Descartes^ : « Ces grands corps,