‹ Lettres écrites a un provincialChapitre 26 sur 97 · Discours de la méthode · texte numérisé non relu

Discours de la méthode

LA VIE ET LES ŒUVRES DE PASCAL. lxi

dit-il des États, sont trop malaisés à relever estant abatus, ou môme à retenir, estant esbranlez et leurs cheutes ne peu- Yent estre que très rudes. Puis, pour leurs imperfections, 8*ils en ont, comme la seule diversité qui est entre eux suffit pour asseurer que plusieurs en ont, l'usage les a sans doute fort adoucies, et môme il en a évité ou corrigé insensiblement quantité, auxquelles on ne pourroit si bien pourvoir par prudence, et enûn, elles sont quasi toujours plus supportables que ne seroit leur changement, en môme façon que les grands chemins qui tournent entre les montaigncs deviennent peu à peu si unis et si commodes, à force d'ôtre fréquentez, qu'il est beaucoup meilleur de les suivre que d'entreprendre d'aller plus droit. »

On conçoit maintenant comment la retraite de Pascal — septembre 1654 — n'a été ni un coup subit de la Providence, ni une résolution prise du jour au lendemain sur les instances de sa sœur Jacqueline, comme l'écrit M"** Périer dans sa Fie de Pascal, et comme on s'est plu à le répéter depuis, faute d'avoir examiné les choses de près. L'accident du pont de Neuilly, matériellement vrai, n'est qu'une légende si on en veut faire la cause de sa conversion; l'intervention de Jacqueline en est une seconde, a Elle lui persuada, dit M""^ Pé* rier, ce qu'il lui avoit persuadé le premier. » L'affaire est moins romanesque. Elle n'est pas décidée au mois de janvier 1655. Jacqueline écrit à sa sœur le 25 de ce mois ^ que son frère lui fait pitié. Il est très occupé ; il a des attaches dans le monde ; il y est rivé, il les aime, il méprise la conduite de ceux avec qui il fraye, il a des remords de ne pas les quitter. Mais il est u dans un si grand abandonnement du

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