Études sur Pascaly ch. vu
ccxLiv INTRODUCTION.
nisme ? demande ce candidat au Christianisme. — « Pour vous démontrer que cela y mène, répond Pascal, c'est que cela diminue les passions qui sont vos grands obstacles. » — L'apôtre saint Jean donnait jadis le même conseil : « Si quelqu'un, dit-il S veut faire la volonté de Dieu, il connaîtra si ma doctrine vient de Dieu ou si je parle de mon chef. » Saint Jean ne dit pas : faites dire des messes, prenez de l'eau bénite, abêtissez-vous. La pensée est la même. Pascal veut dire : accoutumez-vous au Christianisme ; vous y prendrez du goût comme on prend goût à ce qu'on fait souvent. Le conseil est très sage et d'accord avec la théorie ordinaire de Pascal touchant les effets de la Coutume. Cousin n'imagine pas que dans le conseil précédent Pascal emprunte à l'Évangile de saint Jean : il suppose que l'auteur des Pensées copie Montaigne : (( Pour nous assagir, dit Montaigne, il nous faut abestir*. » Socrate et Maro-Aurèle, crie Cousin du haut de son faux-col, ont connu d'autres voies. Cousin vide son cornet. Il ramasse les coquilles de couleur sceptique qu'on rencontre çà et là dans les Pensées; il reprend l'amulette de Condorcet. Bref, Pascal est un janséniste. C'est très grave. Sous le règne de Louis XIV, Cousin n'aurait pas osé dénoncer le Jansénisme, Il n'est pas un délateur. Il n'y a plus de danger maintenant : « On peut, écrit-il ', dire aujourd'hui toute la vérité sur le Jansénisme. Le père Annat et le père Letellier ne sont pas là pour nous entendre et porter nos paroles à l'oreille de Louis XIV. Port-Royal n'est plus: la charrue a passé sur le saint monastère; ses ruines même auront bientôt péri. Nous le visitions il y a quelques jours, une carte fidèle à la main, et c'est à grand' peine si nous pouvions reconnaître quelques-uns de ces lieux vénérables. Le temps n'a pas respecté davantage l'esprit qui les anima. Une tra-