PRINCIPAUX OUVRAGES A CONSULTER SUR LA VIB ET LES OEUVRES DE PASCAL
— La meilleure source d information sur Pascal, sinon la plus abondante, sera toujours sa vie écrite par M">* Périer, sa sœur. « Les vies qui font le mieux connaître les hommes supérieurs sont toujours celles qui ont été écrites do leur temps, dit fort bien M. Ernest Havet dans aon édition des Pensées. Mais ici l'écrivain est la sœur même de Pascal, sœur tout à fait digne de son frère. Personne n*était plus près de lui, dans tous les Bcns de cette expression, et ne pouvait donner de lui une idée plus vraie et plus vive. D'ailleurs les sentiments les plus élevés soutiennent ses paroles. Toute flère qu'elle est de la gloire de ce nom qui est le sien, ce n'est pas une vanité ordinaire. qui l'anime; le grand homme, le saint, est à ses youx uu instrument des desseins de Dieu, en qui elle vénère la (çràce elle-même. Sa notice est un monument inséparable des Pensées, inspirée du même esprit et qu*on lit avec le même respect. » Elle fut écrite en 1667 et on se proposait de l'insérer à la tête de l'édition de 1670 de-t Pensées. Elle fut écartée par des motifs puisés dans le désir de ne pas troubler la paix religieuse qui venait d'être conclue (1669). Il fut encore question de la placer dans Tédition de 1678. On l'i^ouma de nouveau. Elle parut pour la première fois dans une édition hollandaise do 168i, réimprimée à Amsterdam en 1688 (Abraham Wolfgang). On l'avait insérée l'année précédente (1687) dans une édition de Paris.
— Filleau de la Chaise : « Discours sur les Pensées de M. Pascal, où on essaye de faire voir quel estoit son dessein. » Il devait servir de préface à l'édition de 1670 des Pensées. Les amis de Pascal le trouvèreut trop long. Il fut publié à part en 1672 avec un autre discours « sur les preuves du livre de Moyse qui n'avoit pas esté fait pour voir le jour, non plus que le traité où Ton fait voir qu'il y a des démonstrations d'une autre espèce et aussi certaines que celles de la géométrie et qu'on en peut donner de telles pour la Religion Chrétienne ». C'est un commentaire des Pensées fait dans l'esprit de Port-Royal par un des adhérents. Il est plein d'aperçus originaux éclos au souffle qui a présidé à l'oclosion du livre dos Pensées. On Ta attribué à Dubois de la Cour ; il est bien de Filleau de la Chaise.
— Mémoires pour servir à Vhistoire de Poft-Royal. Utrecht, 1740-1742. 3 vol. in-12. Ces mémoires contiennent des pièces originales et des renseignements de première main sur l'intérieur de Port-Royal et sur Pascal. Sainte-Beuve en a tiré une riche moisson.
— Jacqueline Pascal, par Victor Cousin. 1 vol. in-12. Paris, Didier, 1845 (0« édition en 1878). Documents très nombreux sur la famille Pascal, les démêlés de Biaise avec sa sœur cadette au moment de l'entrée de eelle-ci A Port-Royal (1653) et sur la deuxième conversion de Pascal (1654), outre dcA morceaux inédits et sur Domat, ami intime de Pascal.
— lAUreSy opuscules et mémoires de Al"** Périer et de Jacqueline, sœur
LA VIE ET LES OEUVRES DE PASCAL, cciaih
de Pascal, et de Marguerite Périer, sa nièce, publiés sur les manuscrits originaux par M. Prosper Faugère. 1 vol. in-8**. Paris, 1845, Vaton. Les pièces réunies dans ce volume sont beaucoup plus importantes et plus nombreuses que celles du recueil de Victor Cousin. On y trouve, en dehors d*une correspondance étendue de Jacqueline et de ses poésies, un excellent mémoire extrait des papiers de Marguerite Périer a sur la vie de M. Pascal », Tacte de baptême de ce dernier, sa généalogie et un extrait do son testament.
— Des Pensées de Pascal, rapport à l'Académie française sur la nécessité d'une nouvelle édition de cet ouvrage, par Victor Cousin. 1 vol. in-8'. Paris, Ladrange* i8i3. S*' édition, 1847. 1 vol. )n-8<>. La publication du rapport de Cousin a été une ère dans l'histoire des écrits de Pascal. La préface de la 3* édition, tirée à part, a eu un grand retentissement, à cause de l'apologie de Descartes et du réquisitoire de Cousin contre Pascal.
— Pensées, fragments et lettres de Biaise Pascal, publiés pour la première fois conformément aux manuscrits originaux, en grande partie inédits, par M. Prosper Faugère. 2 vol. in-8^. Paris, Andrieux, 1844. Sans parler du texte et des notes qui raccompagnent, l'historique des Pensées et les vues sur Pascal consignées dans l'introduction ont un intérêt que les travaux de Sainte-Beuve n'ont pas effacé.
— Pensées de Pascal, publiées dans leur texte authentique, précédées de la vie de Pascal par M"*" Périer avec un supplément et d'une étude littéraire, et accompagnées d'un commentaire suivi, par Ernest Havet. 1 vol. in-8«». Dezobry, 1852, 3« édition, Delagrave, 2 vol. in-8% Paris, 1879. Cette édition, destinée à l'enseignement public, se recommande par l'étendue du travail qu'elle a coûté et par les études qui lui servent d'introduction. M. Havet est hostile au Christianisme et n'entend pas toujours Pascal, mais il en sent la grandeur et le haut caractère.
— Les Provinciales, ou les lettres écrites par l^uis de Montalte à un provincial de ses amis et aux révérends pères Jésuites, publiées sur la dcinière édition revue par Pascal avec les variantes des éditions précédentes et leur réfutation, consistant en introductions et nombreuses notes historiques, littéraires, philosophiques et thôologiques, par l'abbé Maynard. 2 vol. în-8*», 1851, Didot.
— Pascal, sa vie et son caractère, ses écrits et son génie^ par Tabbé Maynard. 2 vol. in-8''. Paris, Didot, 1851. Il y a plus de zèle que de lumières dans les travaux de M. l'abbé Maynard sur Pascal. Il n'est d'ailleurs pas impartial et on pouvait s'y attendre.
— Études sur Biaise Pascal, par A. Vinet. 1 vol. in-8*>. Paris, 1848, 1856. Il y en a une troisième édition in-12 et sans date (Sandoz et Fischbacber). L'auteur de ces études, qui est un des bons moralistes du xix** siècle et un adepte de Y École du respect y ce qui vaut peut-être davantage, s'est longuement occupé de Pascal. « Si l'on réunissait dans un petit volume, écrivait Sainte-Beuve dans le Journal des Débats (17 mai 1847), les articles de M. Vinet sur Pascal, on aurait, selon moi, les conclusions les plus exactes auxquelles on puisse atteindre sur cette grande nature si contre-
ccLxiv INTRODUCTION.
versée. » Oa peut souscrire à ce jugement, quoique Viuel soit parfois maigre. Le volume que Saiote-Beuve désirait a été publié par les amis de Viaet après sa mort, arrivée en 1847. Ce sont des leçons faites dans une chaire durant une période de quinze ans. Les Pensées en sont le principal objet, bien que les études contiennent un chapitre sur les Provinciales, un sur la Vie de Jésus-Christ, retrouvée par Bf . Faugère, et des opinions sur la personne de Pascal.
— Histoire de Port-Royal, par C.-A. Sainte-Beuve. 5 vol. in-S**. Paris, 1840-1862. On en a une quatrième édition. Paris, Hachette, 1878, 7 vol. in-18, dont un de tables. Cet ouvrage est un monument éle\é à la mémoire de Port-Royal par un étranger, qui n'est pas néanmoins un ennemi. C'est aussi un monument élevé à la mémoire de Pascal. Pascal en est le centre et la plus haute colonne. Le livre III, qui le regarde exclusivement, n'y prend pas moins d'un volume, la fin du tome 11 et les deux tiers du tome III. Il y a là à peu près tout ce qu'on a dit de bon et de vrai sur Pascal, outre ce que Sainte-Beuve en pense lui-m^me. Sainte- Beuve considère Pascal du dehors, mais en juge symi athique, avec une pénétration et une abondance de vues qui laissent loin derrière elles ceux qui l'avaient précédé.
Pascal et ses écrits ont été l'objet de recherches et de jugements qu'il serait trop long d'énumérer. Nous citerons encore quelques-unes des publications qui le concernent :
— Life and letters of Biaise Paschal, two vol. in-8«>. London, 1744.
— Bossut, éditeur des œuvres : Discours sur la vie et les ouvrages de Biaise Pascal, 1 vol in-8«. Paris, 1781.
— Reuchlin (Hermann) : PascaCs Leben undder Geist Seiner Schriflen 1 vol. in-8'. Stuttgart, 1840.
— Henry Rogers : Génie et écrits de Pascal, article anonyme de la Revue d'Edimbourg (janvier 1847), traduit en français par M. Prosper Faugère. In-8«. Paris, Amyot et Vaton, 1847.
On- ne lira pas non plus sans fruit le Discofirs sur la vie et les œuvres de Pascal, qui ^ert d'introduction aux œuvres dans l'édition Lefèvre. (5 vol. in-8<». 1810), et V Essai sur les meilleurs ouvrages écrits en prose dans la langue françoise et partieuUèrement sur les lettres provinciales de Pascal, qui est également inséfé au tome l*' de l'édition Lefèvre des Œuvres de Pascal et dû à François de Neufchateau.