‹ Lettres écrites a un provincialChapitre 69 sur 97 · NOTICE SUR LES LETTR · texte numérisé non relu

NOTICE SUR LES LETTR

elles sont faites. » Fabert est de plus en plus enchanté des Provinciales à mesure qu'elles se multiplient. Il écrit le 8 octobre (1656) à M. d'Andilly : « La treizième lettre est tout à fait admirable, et si ceux contre qui elle parle étoient bien conseillés, ils ne donneroient plus matière à se faire bourrer de la sorte. »

Saint-Gilles, qui se vantait tout à Tiieure d'avoir fait imprimer lui-môme plusieurs des Provinciales, et qui en faisait passer à l'étranger, trop remuant et aventurier d'ailleurs, de plus compromis comme agent de Retz, fort mal vu à ce titre de Mazarin et de Séguier, fut décrété de prise de corps, condamné par le Châtelet, trompette dans Paris. Mais on ne l'avait pas; il avait appris à se cacher. On parvint à calmer Mazarin et il put continuer sa propagande. Le tirage allait croissant à chaque lettre. Un ami de M. Périer, en lui envoyant la dix-septième, l'avertit de ne pas la montrer tout de suite parce qu'il «n'y en a encore que douze mille de tirées ». On en a besoin de beaucoup plus et « il pourroit survenir quelque changement ». On faisait ces changements à bâtons rompus, de tirage à autre. Du reste, on réimprimait les premières; de sorte que les tirages in-Zi» de l'ouvrage sont dans le cas des publications actuelles qui se font par livraisons; si elles ont du succès, on réimprime le commencement sans avertir que c'est une réimpression. Les changements, les tirages successifs, la difficulté de suivre les uns et les autres, rendent aujourd'hui moralement impossible la tâche de rechercher la leçon primitive de Pascal. Il y a quelques exceptions. Au début de la sixième provinciale, l'auteur, faisant allusion à sa seconde visite au bon père Jésuite, écrit : « Je ferai mon récit plus exactement que l'autre, car j'y portai des tablettes pour maixjuer les citations des passages, et je fus bien fâché de n'en avoir point apporté dès la première fois. Néanmoins si vous êtes en peine de quelqu'un de ceux que je vous ai cités dans l'autre lettre (la 5*), faites-le-moi savoir, je vous satisferai facilement. » Il est clair que les exemplaires in-/»** de la 5" lettre, dans lesquels l'indication des passages manque, sont du premier tirage, et ceux où l'indication des passages existe, d'un tirage postérieur. Au surplus, Tavertissement a disparu dans le texte définitif. II attirait l'attention sur une invraisemblance.

Afin de retrouver la leçon primitive, M. l'abbé Maynard, dans

rintroduction à son édition des Provinciales *^ croit pouvoir établir les deux règles suivantes : 1^ quand tous les exemplaires de l'édition in-/i<> sont conformes, la leçon qu'ils portent est originale; 2° quand ils diffèrent, la leçon des éditions suivantes a été corrigée; Tautre est originale. Il y aurait plus d'une objection h opposer à ces deux règles. D'abord, jusqu'ici aucun éditeur des Provinciales n'a pu consulter un assez grand nombre d'exemplaires de l'édition in-Zi^ pour pouvoir conclure à une leçon uniforme; puis la leçon des éditions suivantes n'est pas nécessairement corrigée quand elle diffère des textes connus de l'édition in-Zj*» : elle peut venir d'un tirage disparu et il doit y en avoir plusieurs qui ont disparu. Ceci n'a, en fait, qu'une importance secondaire; les différences sont petites. Le texte définitif, tel qu'on le trouve dans l'édition in-8o de 1659, qu'on sait avoir été revue par Pascal, est toujours le bon. Celui de l'édition elzévirienne de 1657 (1 vol. petit in-12, Cologne, Pierre de la Vallée), dont il y a une réimpression sous la même date, a-t-il été revu par Pascal? 11 est difficile de le savoir au juste. SI Pascal a revu ce texte, ce doit être le texte de la première impression sous cette date, celle que les bibliophiles préfèrent et qu'on reconnaît à ce signe que l'expression moines mendiants, qu'elle porte en tête de la page 3, a été remplacée par celle de religieux mendiants dans la seconde. Les éditions elzéviriennes de 1657 renferment, outre V avertissement qui existe dans plusieurs des tirages m-tf^ mais non dans tous les exemplaires, car il a été imprimé à part et joint seulement aux exemplaires que les éditeurs avaient encore en magasin au moment de l'impression de cet avertissement; les deux éditions elzéviriennes de 1657, disons-nous, renferment, outre VAveriissemcnl, le Rondeau aux PP. Jésuites, la liéfutation de la réponse des Jésuites à la dot^ zième lettre, une Lettre anonyme au père Annat*, quelques morceaux annexes avec une pagination à part.

Le texte authentique, c'est-à-dire le dernier que Pascal ait eu sous les yeux, est celui de l'édition in-8«> de 1659 (Cologne. Nicolas Schoute). La réponse au père Annat y est omise, mais on y

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