‹ Lettres écrites a un provincialChapitre 73 sur 97 · LETTRES ÉCR[TES · texte numérisé non relu

LETTRES ÉCR[TES

Des disputes de Sorbonne, et de Tinveotion du Pouvoir Procliain dont les Moliulstes* se servirent pour faire conclure la censure de M. Aroauld'.

De Paris, co 23 janvier 1631.

Monsieur, Nous étions bien abusés. Je ne suis détrompé que

1. Ce titre a prévalu. Les éditions du temps portent : Lettres écrites à un Provincial par un de ses amis. C/cst du moins le titre adopté pour les dix premières Lettres dans les éditions in-4®. Le père Bouhours — lie^ marques nouvelles sur la langue française, page 376 de Tédition publiée à Amsterdam, 1693, 1 vol. in-12 — constate que provincial se prend toujours en mauvaise part. Le mot parait venir de Timprimcur; quant au provincial désigné, on suppose, sans en être sûr, que c'était Leroy, abbé de Hautefontaine, janséniste, correspondant d\\rnau1d et de Nicole.

2. Molinistes, partisans de Molina (Louis)^ jésuite et théologien espagnol, né à Cuença (Nouvolle-Castille) en 1535, mort à Madrid en 161)0. L'ouvrage qui Ta rendu célèbre — De concordia gratiœ et liberi arbitrii et appendix ad eamdem concordiam — occasionna bientôt entre les Jésuites et les Dominicains une querelle déférée dès 1602 à la congrégation romaine de auxiliis. Les Dominicains accusaient Molina de semi-pélagianisme.

3. Sous-titre introduit par Nicole dans sa traduction latine signée du nom de Wendrock. Les sous-titres des lettres suivantes sont également de Nicole. Nous en prévenons une fois pour tout. Dans les éditions in-4° de la première Provinciale, on trouve après ces mots : Lettre écrite à un provincial par un de ses amis, ce complément : sur le sujet des disputes présentes de îa Sorbonne. Les lettres suivantes n'ont pas de sous-titre dans les éditions in-4**. — Antoine Arnauld (1612'>1694}, dit le grand Aty^auld^

d'hier; jusque-là j'ai* pensé que le sujet des disputes de Sorbonne étoit bien important, et d'une extrême conséquence pour la Religion. Tant d'Assemblées d'une Compagnie aussi célèbre qu'est la Faculté de théologie de Paris, et où il s'est passé tant de choses si extraordinaires et si hors d'exemple, en font concevoir une si haute idée, qu'on ne peut croire qu'il n'y en ait un sujet bien extraordinaire.

Cependant vous serez bien surpris quand vous apprendrez, par ce récit, à quoi se termine un si grand éclat ; et c'est ce que je vous dirai en peu de mots, après m'en être parfaitement instruit.

On examine deux questions; l'une de fait, et l'autre de droit.

Celle de fait consiste à savoir si M. Arnauld est téméraire pour avoir dit dans sa Seconde Lettre* : « Qu'il a lu exactement le livre de Jansénius S et qu'il n'y a point

théologien et controversiste célèbre, vingtième enfant, quatrième et dernier fils d* Arnauld l'avocat, frère do M"" Lemaitre, est un des personnages les plus connus du xyii*^ siècle.

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