Édition de Douai
fit. » Et si une opinion est tout ensemble et moins probable et moins sûre, sera-t-il permis de la sui\Te, en quittant ce que l'on croit être plus probable et plus sûr? Oui, encore une fois, me dit-il; écoutez Filiutius, ce grand jésuite de Rome, Mort, quœst, Tr. 21, c. â, n. 128 : « Il est permis de suivre l'opinion la moins probable, quoiqu'elle soit la moins sûre ; c'est l'opinion commune des nouveaux auteurs. » Cela n'est-il pas clair? Nous voici bien au large, lui dis-je, mon révérend père. Grâce à vos opinions probables^ nous avons une belle liberté de conscience. Et vous autres Casuistes, avez- vous la même liberté dans vos réponses? Oui, me dit-il, nous répondons aussi ce qu'il nous plaît, ou plutôt ce qu'il plaît à ceux qui nous interrogent; car voici nos règles, prises de nos Pères: Layman*, Theol. Mor. L. 1, tr. 1, c. 2, § 2, n. 7; Vasquez, Bist. 62, c. 9, n. 47; Sanchez ; in Sum.^ L. I, c. 9, n. 23; et de nos vingt-quatre in prinr. ex. 3, n. 2â. Voici les paroles de Layman, que le livre de nos vingt-quatre a suivies : « Un docteur étant consulté peut donner un conseil, non seulement probable selon son opinion, mais contraire à son opinion, s'il est estimé probable par d'autres, lorsque cet avis contraire au sien se rencontre plus favorable et plus agréable à celui qui le consulte : Si forte et illi favorabilior seu exoptatior sit^. Mais je dis de plus qu'il ne sera point hors de raison qu'il donne à ceux qui le consultent un avis tenu pour probable par quelque per-
1. Laymann (Paul), jésuite et théologien allemand, né à InsprQrk en 1575, mort à Constance en 1635. Il professa les Cas de conscience et le Droit Canon successivement à Ingolstadt, à Munich et à Dilingen. On a de lui une Théologie morale (i vol. in-folio). Muzzarelli a
• écrit de lui : doctissimus theologus moralis, aut nuUi aut fere nuUi secundus.