SENS DE JANSÉNIDS SUR LA GRACE
reconnoissez sans difficulté pour catholiques, et qui n'ont jamais été suspects de ne le pas être.
Que direz-vous donc maintenant contre eux, mon père? Qu'encore qu'ils ne suivent pas le sens de Calvin, ils sont néanmoins hérétiques, parcequ'ils ne veulent pas reconnoître que le sens de Jansénius est le même que celui de Calvin? Oseriez-vous dire que ce soit là une matière d'hérésie? et n'est-ce pas une pure question de fait qui n'en peut former? C'en seroit bien une de dire qu'on n'a pas le pouvoir de résister à la grâce efflcace; mais en est-ce une de douter si Jansénius le soutient? est-ce une vérité révélée? est-ce un article de foi qu'il faille croire sur peine de damnation? et n'est-ce pas malgré vous un point de fait pour lequel il seroit ridicule de prétendre qu'il y eût des hérétiques dans l'Église?
Ne leur donnez donc plus ce nom, mon père, mais quelque autre qui soit proportionné à la nature de votre différent. Dites que ce sont des ignorants et des slupides, et qu'ils entendent mal Jansénius; ce seroni des reproches assortis à votre dispute ; mais de les appeler hérétiques, cela n'y a nul rapport. Et comme c'est la seule injure dont je les veux défendre, je ne me mettrai pas beaucoup en peine de montrer qu'ils entendent bien Jansénius. Tout ce que je vous en dirai est qu'il me semble, mon père, qu'en le jugeant par vos propres règles il est difficile qu'il ne passe pour cathoque : car voici ce que vous établissez pour l'examiner.
« Pour savoir, dites-vous, si Jansénius est à couvert, « il faut savoir s'il défend la grâce cflicace à la manière a de Calvin, qui nie qu'on ait le pouvoir d'y résister; a car alors il srioit hért'ti(]iiL' : uu à la niaiiiùc (ie> tho-
« mistes, qui l'admettent; car alors il seroit catholique.» Voyez donc, mon père, s'il tient qu'on a le pouvoir de résister, quand il dit, dans des traités entiers, et entre autres au tome III, liv. Mil, ch. xx, « qu'on a toujours <( Le pouvoir de résister à la grâce, selon le concile :