FRAGMENT D'UNE DIX-NEUVIÈME LETTRE
pour les puissances de l'Église, d'amour pour la paîx; de tendresse et de zèle pour la vérité, de désir de la connoître et de la défendre, de crainte pour leur infirmité, de regret d'être mis dans ces épreuves, et d'espérance néanmoins que Dieu daignera les y soutenir par sa lumière et par sa force, et que la grâce de Jésus- Christ qu'ils soutiennent, et pour laquelle ils souffrent, sera elle-même leur lumière et leur force. J'ai vu enfin en eux le caractère de la piété chrétienne qui fait paroître une force
Je les ai trouvés environnés de personnes de leur connoissance, qui étoient venues sur ce sujet pour les porter à ce qu'ils croient le meilleur dans l'état présent des choses. J'ai ouï les conseils qu'on leur a donnés ; j'ai remarqué la manière dont ils les ont reçus et les réponses qu'ils y ont faites : en vérité, mon père, si vous y aviez été présent, je crois que vous avoueriez vous-même qu'il n'y a rien en tout leur procédé qui ne soit infiniment éloigné de l'air de révolte et d'hérésie, comme tout le monde pourra connoître par les tempéraments qu'ils ont apportés, et que vous allez voir ici, pour conserver tout ensemble ces deux choses qui leur sont infiniment chères , la paix et la vérité.
Car après qu'on leur a représenté, en général, les peines qu'ils vont s'attirer par leur refus, si on leur présente cette nouvelle constitution à signer, et le scandale qui pourra en n;utre dais l'Église, ils ont fait fc marquer
DE L'INQUISITION QU'ON VEUT ÉTABLIR EN PRAiNCE 383
Qui a couru sous le titre de Lettre d'un avocat au parlement à un de ses amis, touchant l'inquisition qu'on veut établir en France à l'occasion de la nouvelle bulle du pape Alexandre VU.
Dq 1er juin 1657.
Monsieur,
Vous croyez que toutes vos affaires vont bien, parceque votre procès ne va pas mal; mais vous allez bien apprendre que vous ne savez guère ce qui se passe. Vous êtes bien heureux de voir les affaires de loin. Nous nous sommes trouvés à la veille d'une inquisition qu'on vouloit établir en France, et dont nous ne sommes pas tout-à-fait dehors. Les agents de la cour de Rome, et quelques évêques qui dominoient dans l'assemblée,
1. Cette lettre n'est point de M. Pascal; elle tient de M. Le Maistre, frère ae
M. Le Maistre de Sacy, tous deui m-veux de M. Arnauld par leur mère, ftUe du
célèbre Antoine Arnauld Tavocat, si conua dans les différente des jésuites ivec
ronÏTersité de Paris. M. Le Maistre, de qui nous avons les plaidoyers, fut nn
dei hommes des plus éluqueuts, des plus habiles et des plus vertueux de son
temps. Il quitta la profession d'avocat poor se retirer an dehors de Fort-Koyal
Paris, comme dans le sein de sa propre famille; et ensuite, pour mener uns
■; plas solitaire, il alla s'enterrer à Port-Eoyal des champs, qui étoit alors
a adonné. D l'y livra tout entier à l'étud* d« la religioo et aux travaux d« la
, :.iteii«x. Il mourut U 4 uoveuibre it>M.
ont travaillé de concert à cet établissement, dont ils ont pris pour fondement la bulle du pape Alexandre VII sur les cinq propositions. Ils l'ont fait recevoir au clergé, et avec des suites propres à leur dessein; car il a été arrêté dans l'assemblée, qu'elle seroit souscrite * par tous les ecclésiastiques du royaume sans exception, et qu'il seroit procédé contre ceux qui refuseroient de la signer, par toutes les peines ordonnées contre les hérétiques, c'est-à-dire par la perte de leurs bénéfices, et par bien d'autres violences, comme tout le monde le sait.
Vous voyez bien ce que cela veut dire, et que l'inquisition est établie, si le parlement ne s'y oppose. Cependant on parle d'y envoyer cette bulle; de sorte que, si elle y est reçue, voilà la France assujettie et bridée comme les autres peuples.
Je pense souvent à tout ceci, et je n'y trouve rien de bon. Le monde ne sait pas où cela va, ni quelles en sont les conséquences. Ce n'est point ici une affaire de religion, mais de politique, et je suis trompé si le jansénisme, qui semble en être le sujet, en est autre chose en effet que l'occasion et le prétexte; car, pendant qu'on nous amuse de l'espérance de le voir abolir, on nous asservit insensiblement à l'inquisition, qui nous opprimera avant que nous nous en soyons aperçus.
Je veux que ce soit un louable dessein de faire croire que ces cinq propositions soient de Jansénius; mais le moyen ne m'en plaît nullement. Je trouve que celte manière de priver les gens de leurs bénéQces est une
I. Ce formulaire a été formé et souscrit dans toute la France, quelquefois avee plu£, quelquefois avec moins de rigueur^ selon le caractère des évèque^
nouveauté de mauvais exemple et qui touche tel qui n'y pense pas : car croyez-vous, monsieur, que nous n'y ayons point d'intérêt, parceque nous ne sommes pas ecclésiastiques? Ne nous abusons pas, cela nous regarde tous tant que nous sommes, sinon pour nous-mêmes, au moins pour nos parents, pour nos amis, pour nos enfants. Monsieur votre fils, qui étudie maintenant en Sorbonne, ne peut-il pas avoir les bénéfices de son oncle? et mon fils le prieur n'y est-il pas intéressé pour lui-môme? Vous me direz qu'ils n'ont qu'à signer pour se mettre en assurance. J'en demeure d'accord. Mais qu'avons-nous afiaire que leur assurance dépende de là? Quoi ! si mon fils se va mettre dans la tête que • '■s propositions ne sont point de Jansénius, comme j'ai peur qu'il le fasse, car il voit souvent son cousin le docteur, qui dit qu'il ne les y a jamais pu trouver, et qu'ainsi, ne croyant pas qu'elles y soient, il ne peut signer qu'il croit qu'elles y sont, parcequ'il dit que ce seroit mentir, et qu'il aime mieux tout perdre que d'offenser Dieu; si donc mon fils se met tout cela dans la fantai>ie, adieu mes bénéfices que j'ai tant eu de peine à lui procurer.
Vous voyez donc bien que tel qui n'y a point d'intérêt aujourd'hui peut y en avoir demain, et que tout cela ne vaut guère. Que ne cherchent- ils d'autres voies pour montrer que ces propositions sont dans ce livre, ^ans inquiéter tout un royaume ? Voilà bien de quoi faire tant de vacarme ! Quand ils ne faisoient que disputer par livres, je les laissois dire sans m'en mêler. Mais c'est une plaisante manière de vider leurs différ<'nls, que do venir troubler tant de familles qui n'ont point de part il l.ui> disputer et de nous planter en
France une nouvelle inquisition qui nous mèneroit beau train. Car Dieu sait combien elle croîtra en peu de temps, si peu qu'elle puisse prendre racine: nous verrons, en moins de rien, qu'il n'y aura personne qui puisse être en sûreté chez soi, puisqu'il ne faudra qu'avoir de puissants ennemis, qui vous défèrent et vous accusent d'être jansénistes, sur ce que vous aurez de leurs livres dans votre cabinet, ou sur un discours un peu libre touchant ces nouvelles bulles, comme vous savez que nous autres avocats en faisons assez souvent; sur quoi on mettra votre bien en compromis. Et quand on ne vous feroit par-là qu'un procès, n'est-ce pas toujours un assez grand mal? Or il n'y a rien de si facile que d'en faire, et à ceux qui en sont les moins suspects. Nous en avons déjà des exemples. Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'ils méditent ce dessein; ils se sont appris à tourmenter les gens sur la bulle et sur les brefs d'Innocent X, sur le sujet desquels vous savez combien les chanoines de Beauvais ont été inquiétés, quand on les voulut forcer à y souscrire, à peine de perdre leurs prébendes, dont ils seroient peut-être dépossédés aujourd'hui, sans l'appel comme d'abus qu'ils en firent au parlement; ce qui a ruiné tous ces desseins.
Car il n'y a rien si bon contre l'inquisition que les appels comme d'abus. Aussi ils le savent bien, et ils ne manquent pas de fermer cette porle quand ils veulent tyranniser quelqu'un à leur aise. C'est ainsi qu'ils en ont usé contre le curé de Libourne en Guienne, qu'ils firent accuser de jansénisme par des récollets, et le citèrent devant des commissaires qu'ils hii firent donner par les gens du conseil de M. l'archevêque de Bordeaux.
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Mais, comme ils n'étoient pas ses juges naturels, et qu'ils paroissoient d'ailleurs fort passionnés, il en appela, et demanda d'être renvoyé par-devant les grands vicaires, ou par-devant l'offîcial de M. de Bordeaux, ce qu'on lui refusa. De sorte qu'il en appela à M. de Bordeaux même, et enfin au pape, sans que ces commissaires aient voulu se désister de sa cause. Mais il en appela enfin comme d'abus au parlement, qui lui donna des défenses, par oh. il alloit leur échapper, quand ils obtinrent un arrêt du conseil qui défendit au parlement de connoître de cette afl'aire, et le remit entre les mains de ces premiers commissaires. De sorte qu'ils l'ont maltraité durant plus de six mois, pendant lesquels il a été obligé de quitter sa cure, et de venir à Paris avec beaucoup de peine et de dépense, pour en demander justice au roi et à son archevêque; d'où j'ai appris qu'il s'en étoit retourné depuis peu de jours dans sa cure après toute cette fatigue, que ses accusateurs ont eu le plaisir de lui causer, sans s'exposer eux-mêmes à aucun péril.
Ne trouvez-vous donc pas que l'inquisition est une manière bien sûre et bien commode pour travailler ses ennemis, quelque innocents qu'ils soient? Car celui-ci n'a pu être accusé d'aucune faute, non plus que le curé de Pomcyrol, encore en Guienne, qu'ils firent mettre d'abord en prison et dans un cachot, sans information précédente, et sans lui dire pourquoi, selon le style de l'inquisition romaine. Ensuite de quoi ils cherchèrent des preuves pour le convaincre de jansénisme. Mais les juges qui travailloienl à son procès furent bien surpris de voir, par l'information qu'ils en firent, l'innocence de ce bon homme, et les superstitions incroyables de ses paroissiens; car un des plus grands chefs de
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leur accusation, et où ils insistoient le plus, étoit celui-ci : « Qu'il leur avoit prêché que Jésus-Christ « étoit dans le Saint-Sacrement, et non pas dans leur «bannière;» parcequ'il les avoit repris de ce que, lorsqu'on levoit la sainte hostie, ils se tournoient vers leur bannière oii Jésus-Christ étoit peint, et non pas vers le Saint-Sacrement pour l'adorer. Ce qui combla tellement les juges de confusion, qu'ils le firent sortir incontinent de la prison où il avoit été deux mois; et quelque demande qu'il fît qu'on achevât son procès, et qu'on punît ou lui, ou ses accusateurs, il ne put avoir aucune raison de tant de mauvais traitements.
En vérité, monsieur, cela n'est pas tant mal pour des inquisiteurs qui ne font encore que commencer : et s'ils ont bien usé de ces violences sur des constitutions et des brefs qui n'ont pas été reçus au parlement, que ne feroient-ils point sur une bulle qui y auroit été reçue ! Car on me fait mourir de rire quand on me dit que la déclaration du roi pour l'enregistrement de la bulle portera que ce sera sans établir d'inquisition, et sans préjudice de nos libertés. J'aimerois autant qu'on nous fit mourir sans préjudice de notre vie. Ce n'est pas le mot d'inquisition qui nous fait peur, mais la chose même. Or, de quelque mot qu'on l'appelle, c'en est bien une effective, et un véritable violement de nos libertés, que de nous traiter comme le clergé le prétend.
Et ne trouvez-vous pas de même que c'est aussi une foible consolation de nous dire que le parlement sera toujours maître des appels comme d'abus, puisqu'en recevant la bulle, il ôteroit l'un des plus grands moyens d'appeler comme d'abus, qu'on auroit, si elle avoit été
refusée? Mais, quoiqu'on pût toujours en appeler, combien perséculeroit-on de gens dans les provinces éloignées qui ne pourroient se servir de ce remède I Car, que ne souffriroit point un pauvre curé du Lyonnois ou du Poitou plutôt que de venir à Paris !
Ils sont donc assez forts si cette bulle est reçue, encore que les appels comme d'abus soient permis. De sorte que je trouve qu'ils ont été mal conseillés de prendre la délibération qui se voit dans leur dernier procès-verbal imprimé chez Vitré, page 2 : « Que le roi « sera très humblement supplié d'envoyer à tous les « parlements une défense générale de connoître des « appels comme d'abus qu'on pourroit faire à raison « de ces signatures. » Qu'ont-ils gagné par-là, sinon de témoigner qu'ils sentent bien eux-mêmes l'injustice de leur dessein, puisqu'ils ont craint les parlements, et qu'ils ont pensé à leur lier les mains pour le faire réussir? Pouvoient-ils mieux marque" la passion qu'ils ont d'agir en maîtres et en souverains inquisiteurs? Ils ne sont donc pas adroits d'avoir ainsi averti tout le monde de leur intention. Car ce n'étoit pas le moyen d'obtenir l'enregistrement qu'ils demandent, que de montrer ainsi par avance à quoi ils s'en veulent servir. Aussi l'ont-ils bien reconnu, mais trop tard. Car, après avoir laissé courir ce procès-verbal imprimé, dont ils ont même envoyé aux évoques des exemplaires en forme, et signés par les agents du clergé; quand ils se sont aperçus que cela leur faisoit tort, ils se sont avisés d'essayer de le supprimer, ce qui ne fait que montrer de mieux en mieux leur artifice. Cependant ils s'imaginent que, parcequ'ils ne demandent maintenant qu'une simple attache, la plus douce du monde en
apjjarence, le parlement se prendra à ce piège, et ne s'arrêtera qu'à considérer simplement cette bulle qu'on lui présente, sans prendre garde à la fin à laquelle on la destine, et qu'ils ont fait paroître si à découvert dans des pièces authentiques, lis sont admirables de vouloir prendre le parlement pour dupe. Mais je suis trompé, s'ils ne sont trompés eux-mêmes. Je vois assez l'air que cette affaire prend. Je parle tous les matins à des conseillers au sortir du palais, et il n'y en a point qui ne voie clair en tout cela. Votre rapporteur me disoit encore ce matin qu'il ne regardoit pas cette affaire comme une affaire ordinaire, et qu'on ne devoit pas considérer cette bulle comme une simple bulle qui décide quelque point contesté, ce qui seroit de peu de conséquence, mais comme le fondement d'une nouvelle inquisition qu'on veut former, et à laquelle il ne manque que le consentement du parlement pour être achevée.
J'ai été bien aise de voir que le * parlement prend ainsi les choses à fond. Et en effet, quand il n'y auroit rien en cette bulle qui la rendît rejetable par ellemême, au lieu qu'elle est toute pleine de nullités essentielles, néanmoins le parlement ne pourroit la recevoir aujourd'hui, dans la seule vue des suites qu'on en veut faire dépendre. Car combien y a-t-il de choses que l'on peut recevoir en un temps, et non pas en un autre? C'est ce que la Sorbonne représenta fort bien lorsqu'on voulut obliger tous les docteurs de protester « qu'ils ne « diroient rien de contraire aux décrets des papes, ce sans restriction, et sans ajouter que ce seroit sauf les
1. Le pape et les évéques, joignons y même les jésuites, n'appréhendoiert rien tant que le parlement de Paiis.
DE L'INQUISITION QU'ON VEUT ÉTABLIR EN FRANCE o91
<i droits et les libertés du royaume; » à quoi on essayoit de les porter par l'exemple de quelques docteurs anciens que l'on disoit l'avoir fait. Mais ils déclarèrent, dans l'examen de cette matière, que M. Fiilesac, doyen de Sorbonne, fit imprimer alors en 1628, premièrement, « que si quelques uns avoient fait cette protes- (( talion autrefois, c'étoit une chose extraordinaire « qui ne leurimposoit point de loi; et de plus, qu'on a pourroit l'avoir fait en d'autres temps en conscience « sans qu'on pût le faire aujourd'hui, à cause de la <( nouvelle disposition des choses. » Et les raisons qu'ils en donnent, page 89, sont : « Que depuis quelques « siècles les papes ont fait un grand nombre de décrets, « de décrétâtes, de bulles et de constitutions contraires (( aux anciens décrets, et môme à l'Écriture sainte, y» dont ils donnent plusieurs exemples, tant de ceux qui sont contre l'Écriture, que de ceux qui sont contre les libertés de l'Église gallicane et l'autorité de nos rois, et entre autres celui du pape Boniface VUI, qui déclara hérétiques ceux qui ne croiront pas que le roi de France lui est soumis, môme dans les choses temporelles, et qui définit, dans sa bulle Unam sanctam, « qu'il est de nécessité de salut de croire que le pape a est maître de l'un et de l'autre glaive, tant spirituel « que temporel, et que toute humamc créature lui est (( sujette. » De sorte que c'est ôtre hérétique, selon ce pape, que de dire le contraire. A quoi ces docteurs joiiient la bulle Cum ex apostolatus, qui déclare <c que (( toutes sortes de personnes, rois et particuliers, qui a tombent dans l'hérésie, ou qui favorisent, retirent, <c ou recèleiit des hérétiques, sont déchus et pour « jamais rendus incapables de tous honneurs, dignités
« et biens, lesquels il expose au premier qui s'en (( pourra emparer. » Ils témoignent donc sur cela que, dans l'air présent de la cour de Rome, il est impossible de s'obliger à leur obéir sans restriction; et c'est ce qu'ils confirment par la disposition des esprits de ce temps-là, comme ils disent, page 47, en ces termes : « Nous sommes arrivés en un temps où, depuis cin- « quante ans en ça, on a vu publier plusieurs bulles « semblables, et qui s'attribuent ce droit imaginaire de « disposer des royaumes. Nous avons vu en même (( temps plusieurs livres de cette trempe, au grand {( préjudice de l'état, et de la vie même de nos rois; et « entre autres le livre exécrable intitulé * Admonitio, et « celui de Sanctarel, jésuite, fait pour soutenir ces <( maximes contre le roi et ses états. D'où l'on voit « clairement, disent-ils, pag. 53 et 95, quel est le des- « sein de ceux qui poursuivent ces nouvelles protesta- <( lions qu'on nous demande , qui n'est autre que « de renverser finement les maximes fondamentales de « cet état, qui sont ruinées par les décrets des papes;
1 . Ce livre impie parut en 1 G2b, sons le titre : G. R. Theologi ad Ludovi' cum XIII , Admonitio, etc., in-4% Angustœ Vindelicorum, 1625. — Idem, en allemand, in-4% 1625. — Idem, en françois, iii-4% Francheville, 1627. On l'attribua d'abord à Jean Boncher, fameux ligneur, jadis curé de Saint-Benoît à Paris, et depuis archidiacre de Tournai : mais on a su (jn'il étoit d'André-Eudœmon- Jobar>nes, jésuite, qui vint en France avec le cardinal Barberin, légat du pape. Ce jésuite mourut à Rome le 24 décembre 1625. Il attaque dans ce livre les alliances que le roi, pour la défense de son royaume, avoit faites avec des puissances protestantes. Ce jésuite a semé dans ce livre une infinité de maximes pernicieuses en matière d'état , qui révoltèrent tous les ordres du royaume. Il a été condamné plus d'une fois; mais aujourd'hui il est entièrement oublié. Sanctarel fut un autre jésuite, dont les écrits, également dangereux pour le roi et pour l'état, ont été condamnés par la Sorbonne. On doit voir ces condamnations dans le Collectio judiciùrum de M. Dargentré, évéque de Tulles,
« n'étant que trop évident et manifesttî que les prati- (( ques et menées qu'ils font pour cette nouveauté n'est « pour autre sujet et autre fin que pour autoriser les « bulles contraires à l'autorité du roi, et pour éluder (( les censures des livres de Sanctarel et de Mariana, ((jésuite*, comme aussi les arrêts du conseil et du « parlement, qui condamnent telle doctrine comme « détestable. » D'oii ils concluent ce qu'ils avoient dit pag. 46 et 47, « que, quand il seroit vrai que depuis « longtemps on auroit consenti à faire ces protesta- (( lions, ce qui n'est pas, il seroit à présent nécessaire « de les refuser. »
J'en dis de même sur notre affaire. Qwand il seroit vrai, ce qui n'est pas, que cette bulle pourroit être reçue, en ne la regardant qu'en elle-même, on ne de-' vroit pourtant point la recevoir maintenant, parceque ce seroit favoriser les desseins visibles de ceux qui n'en demandent la réception que pour en abuser, et nous asservir à ce vilain tribunal de Tinquisition ', sous lequel presque toute la chrétienté gémit. Mais je dis de plus qu'elle est tellement pleine de nullités en ellemême, qu'elle ne peut être reçue sans blesser toutes les formes de la justice. Je vous dirai ici quelques unes de ces nullités, car je n'ai pas encore oublié tout mon droit canon.
1. Le livre de Mariana, jésuite, de Rege et Régit Institutione, fut aust tiamné au parlement, pour la niaxime si dangereuse qu'il avaDce. en permet-
.t aux peuples de tuer les rois qn'ils regardent comme des tyrans. C'est de te école que sont sortis tant de parricides qui ont attenté à ia no de Ileuri IV, 1 un de nos meilleurs princes.
2. Les novices en histoire savent que la seule idée d'ioquisitroti i occasionné en 1545 les guerres civiles des Pays-Bis, et la séparatioD des sept Provincef Unies.
Ne pensez pas rire de la première, qui est le gros polécisrae connu de tout le monde dans le mot imprimantur. Car cela la rend nulle par les décrets du pape Luce III, c. ad Audientiam, tit. de Bescriptis et si indubitablement nulle, que la glose ajoute « que selon le « sentiment de tous les canonistes, on ne doit écouter « aucune preuve de la validité d'une bulle contre une « telle présomption de fausseté : contra istam prœsum- « ptionem est admittenda probatio ; » tant cela marque qu'elle a été faite par légèreté et par surprise. Aussi on en a fait beau bruit en Flandre ; car il est constant que cette faute est dans l'original, et qu'ainsi il n'a de rien servi de la réformer dans les dernières impressions qu'on en a faites, parceque, l'original étant nul, les copies le sont aussi ; outre qu'il est porté dans le droit, « que le moindre changement, même d'un point, « rend une bulle nulle, et que celui qui l'a fait est « excommunié. » In bulla Cœnœ, e. licet, Rebuf. in praxi.
Une autre nullité, et qui nous touche de plus près, est que le pape y menace de peines ceux qui n'obéiront pas à sa bulle. Sur quoi je laisse au parlement à juger s'il appartient au pape de menacer de peines les sujets du roi : sub pœnis ipso facto incurrendis.
Mais une autre nullité importante est la manière injurieuse dont on y a rabaissé l'ordre sacré et suprême de l'épiscopat, en le mettant au rang des moindres ordres, dans la clause où le pape, parlant de soi, quand il étoit cardinal et évêque, dit qu'il étoit alors m minoribus; ce qui est une expression qui rend la bulle nulle, selon le chapitre, Qiiam gravi^ titul. de crimine falsiy oîi ii est dit que, si un pape, parlant d'un évêque, l'appelle
5071 fils au lieu de l'appeler son frère^ au préjudice de la société qui est entre lui et tous les évoques du monde dans répiscopat, l'acte où se trouvera une telle expression soit nul. Que dira-t-on donc de celle-ci, où le pape traite les évêques, non pas de fils, mais de mineurs; ce qui est un terme si choquant et si méprisant, que l'assemblée du clergé, qui n'a pas eu d'ailleurs trop de zèle pour les intérêts de l'épiscopat, l'a changé dans la version qu'elle a faite de la bulle, où l'on a réformé cette période comme on a pu? Mais ils n'ont pas relevé par-là l'honneur de leur caractère, qui demeure flétri dans l'original, et dans le latin même qu'ils rapportent. De sorte que cette correction ne rend que plus visible l'outrage qui a été fait à leur dignité, et la foiblesse qu'ils ont témoignée en le souffrant
En voulez- vous d'autres? Que direz-vous de ce que le pape ne se contente pas de défendre d'écrire, de prêcher, et de rien dire de contraire à ses décisions, comme on reconnoît qu'il en a le pouvoir par le rang suprême qu'il tient dans l'Église? Mais il veut aller audelà, et nous imposer de croire ce qu'il a décidé lui seul, Teneant: et c'est ce que nous ne pourrions reconnoUre sans confesser que « nous et nos rois sommes «ses sujets dans le temporel même; » puisque leurs bulles déclarent nettement a que c'est une hérésie de a dire le contraire : » liter sentîentes hœreticos reputamus, disoit Boniface VIII à notre roi Philippe-le-Bel. Il est donc sans doute que, si nous tenons le pape pour infaillible, il faut que nous nous déclarions pour ses esclaves, ou que nous passions pour hérétiques, puisque nous résisterions à une autorité infaillible, .\ussi jamais l'Kijlibe n'a reconnu cette i«1aillibilité (luus '.e
p«ipe, njais seulement dans le concile universel, auquel on a toujours appelé des jugements injustes des papes. Et au lieu que, pour établir leur souveraine domination, ils ont souvent entrepris de traiter comme hérétiques ceux qui appelleroient d'eux aux conciles, comme firent Pie II, Jules II, et Léon X, l'Église au contraire soutient, comme il a été déterminé en plein concile universel, que le pape lui est soumis. Et c'est pourquoi nos rois, leurs procureurs-généraux, les universités entières, et les particuliers, ont si souvent appelé des bulles au concile, ainsi qu'il se voit dans tout le chapitre XIII des libertés de l'Église gallicane. Aussi le principal fondement de nos libertés, et dont M. Pithou les fait presque toutes dépendre, et cette ancienne maxime : « Qu'encore que le pape soit souverain es « choses spirituelles, néanmoins en France la puissance (( souveraine n'a point de lieu, mais qu'elle est bornée « par les canons et règles des anciens conciles : et a m hoc maxime consista Ubertas Ecclesiœ gallicanœ, se- (( Ion Tuniversité de Paris. » Sur quoi M. Du Puy, dans ses Commentaires sur ces libertés, dédiés à feu M. Mole, premier président et garde des sceaux, imprimés chez Cramoisy avec bon privilège, rapporte, page 30, que nos théologiens appellent cette pleine puissance du pape, « une tempête consommée et une <( parole diabolique, plenam tempestatem et verbum dia- « bûlicum. »
Voilà les sentiments de nos docteurs, selon lesquels nous avons toujours tenu « que la décision du pape « n'oblige point à croire ce qu'il a décidé, même en « matière de foi, parcequ'il est sujet à errer dans la a Toi; mais seulement à n':y rien dire de contraire, s'il
«i n'y en a de grandes raisons : In causis fîdei, deteinni' « natio aoliits papœ ut papœ non ligat ad credendwn, quia « est deviabilis a pde, » comme dit Gerson. Le pape entreprend donc sur nos libertés dans cette bulle, où il nous veut obliger de croire ses décisions; et ainsi c'en est une nullité manifeste.
C'en est aussi une autre plus considérable qu'il ne semble, lorsque le pape dit qu'on a employé à examiner cette matière la plus grande diligence qui se puisse désirer, qua major desiderari non passif; car il y a ici un artiGce secret qu'il faut découvrir : c'est que, conmie je vous l'ai déjà dit, les papes veulent qu'on croie qu'ils peuvent seuls décider les points de foi, en sorte qu'après cela il ne faut rien désirer davantage; au lieu que nous soutenons qu'il n'y a que les conciles qui puissent obliger à croire, et qui ne laissent rien à désirer. Et ainsi le pape fait fort bien, selon sa prétention, de nous vouloir faire avouer qu'on a apporté en cette matière tout ce qui se peut désirer^ quoiqu'il n'ait l'ait autre chose que consulter quelques réguliers. Mais nous ferions fort mal d'y consentir, puisque ce seroit le reconnoitre pour infaillible, blesser infiniment nos libertés, ruiner les appels au concile général, et uit-me rendre tous les conciles inutiles, puisque le pape suffiroit seul, s'il étoit infaillible. Et ne doutez poinl que les partisans de la cour de Rome ne fissent bien valoir un jour la réception de cette bulle, pour en tirer ces conséquences.
Il y a bien d'autres nullités essentielles que je serois trop long de rapporter. Jamais bulle n'en eut tant. Mais ce qui la met le plus hors d'état d'être reçue au parlement, est qu'ayant été faite par le pape seul, sans con-
cile, et même sans l'avis du collège des cardinaux, elle ne peut être considérée que comme ayant été faite par le propre mouvement du pape, motu proprio, que l'on ne reconnoît point en France : car on n'y a jamais reçu les bulles faites motu proprio en matière de foi ou de chose qui regarde toute l'Église, quelque effort qu'aient fait les papes pour cela, comme fit Innocent X, dans sa bulle de la résidence des cardinaux, de l'an 1646, oîi il déclare « qu'encore qu'elle soit faite par son pro- « pre mouvement, il entend qu'elle ait la même force c( que si elle avoit été faite par le conseil des cardi- « naux. » Sur quoi feu M. l'avocat-général Talon dit « que c'étoit en vain que dans cette clause le pape avoit « voulu suppléer, par la voie de puissance, à l'essence « d'un acte important; » de sorte qu'elle fut rejetée comme abusive. Et la dernière constitution du même pape, sur les cinq propositions, quoiqu'elle décidât des points de foi qui étoient reconnus de tous les théologiens sans exception, néanmoins, par cette seule raison que le pape y parloit seul, on n'osa pas seulement en demander l'enregistrement, quelque désir que l'on en eût. Comment donc celle d'Alexandre n'y seroit-elle pas refusée, puisque, quand elle n'auroit point tant d'autres nullités, ce défaut essentiel d'être faite parle pape seul la rend incapable d'y être admise?
Il est donc constant, monsieur, qu'il n'y eut jamais de bulle moins recevable que celle-ci , puisqu'on la devroit rejeter à cause de ses nullités, quand on n'en voudroit point faire de mauvais usage, qu'on la devroit encore rejeter à cause du mauvais usage qu'on médite d'en faire, quand elle n'auroit point de nullités. Que sera-ce donc si l'on en considère tout ensemble et
les nullités et l'usage? N'est-il pas visible que, si celle-ci passe, il n'y en aura point qu'on ne soit obligé d'admettre, et qu'ainsi nous voilà exposés à toutes celles qui pourront arriver de Rome; ce qui n'est pas d'une petite conséquence ! Car on peut juger de ce qui en peut venir par ce qui en est déjà venu. Ne voyez-vous pas qu'on ne tâche qu'à multiplier les bulles, afin que ce soient autant de titres de l'infaillibilité, qui en a besoin, et que le monde s'accoutume peu-à-peu à y ajouter une créance aveugle ? Quand ils se seront ainsi rendus maîtres de l'esprit des peuples, ce sera en vain que les parlements s'opposeront aux entreprises de Rome sur la puissance temporelle de nos rois. Leur opposition ne passera que pour un effet de politique, et non pas pour une décharge de conscience. On les fera passer eux-môme pour hérétiques, quand il plaira à Rome; car le moyen de faire croire qu'une autorité infaillible se soil trompée? De sorte qu'après les bulles de Boniface VIII, et de ses semblables, il n'y a point de différence entre dire que le pape est infaillible, et dire que nous sommes ses sujets.
Vous voyez par tout cela, monsieur, et combien celte bulle est dangereuse par la fin où l'on veut la faire servir, et combien elle est défectueuse dans la manière dont elle est dressée. Il ne me reste qu'à vous faire remarquer combien elle est peu considérable dans le fond, et dans la matière qui y est décidée, laquelle n'étant qu'un simple point de fait, est bien éloignée de mériter tout le bruit qu'on en veut faire; car il est constant, scion tous les théologiens du monde, que ce fait ne peut rendre hérétiqties ceux qui le nient, mais tout au plus téméraires. Or, qu'une témérité mérite qu'on
prive les gens de leurs biens et bénéfices, et qu'on les punisse comme des hérétiques, cela n'est pas raisonnable: car pourquoi traiter comme hérétiques ceux qui ne le sont point, la dispute n'étant que sur un point de fait qui ne peut faire d'hérésie? Cependant quelques évêques, qui ont résolu de déposséder les bénéficiers, et qui n'en ont de prétexte que sur ce point de fait, ont arrêté, dans leur lettre circulaire du 17 mars dernier, c( que ceux qui refuseront de souscrire le fait se- « ront traités comme s'ils refusoient de souscrire le « droit. > Ils ont beau faire néanmoins, ils ne sauroient confondre par toute leur puissance ces choses qui sont séparées par leur nature. Un simple fait demeurera toujours un simple fait, et celui-ci ne sauroit jamais donner lieu de priver les gens de leurs bénéfices; car j'en reviens toujours là.
N'est-il donc pas plus clair que le jour, qu'en tout ceci ils n'ont point du tout songé à nous instruire dans la foi, mais seulement à nous assujettir à l'inquisition? C'est ce que je vous montrerois au long, si j'en avois le loisir, tant pour le point qu'ils ont choisi pour objet de leurs décisions, que par la manière dont ils s'y prennent. Car n'est-ce pas un bel article de foi de croire que des propositions que tout le monde condamne sont dans un livre? et peut-on s'imaginer que ce soit seulement pour faire croire ce point qu'on exige des signatures de toute l'Église ? Il faudroit être bien simple. S'ils avoient tant voulu le faire croire, ils n'avoient qu'à en citer les pages : et s'ils avoient eu dessein de nous éclairer tou': de bon, ils nous auroient expliqué ce sens de Jansénius, qu'ils condamnent sans dire ce que c'est, comme dit fort bien la dix-huitième, que mon
DE L'INQUISITION' Ol'*ON VEUT ÉTABLIR EN FRANCE 401
fils m'a montrée ce malin. Reconnoissez-le donc, monsieur. Ils n'ont pensé qu'à eux, et non pas à nous. Ils n'ont choisi ce point que parcequ'il leur étoit favorable, à cause de la passion qu'on a contre Jansénius. Ils ont voulu ménager cette occasion, et, tournant à leurs fins le désir qu'on a témoigné de voir condamner cette doctrine, ils ont cru que nous y serions assez échauffés pour acheter leurs bulles par la perte de nos libertés.
Comme j'écrivois ces dernières lignes, je viens de [ voir un conseiller des plus habiles, qui m'a dit que c'est une maxime constante dans les parlements, qu'ils sont les juges légitimes et naturels des questions de fait qui se rencontrent dans les matières ecclésiastiques; et qu'ainsi n'étant question ici que de savoir si les cinq propositions condamnées sont tirées de Jansénius, il leur appartient d'examiner si elles y sont, au cas qu'on leur présente cette bulle. De même que dans la célèbre conférence de Fontainebleau, où le cardinal Du Perron accusa de faux cinq cents passages des Pères, allégués par Du Plessis Mornay, le roi Henri IV nomma des commissaires laïques pour juger cette affaire, où il étoit question d'examiner si ces passages étoient véritablement dans les Pères, comme il s'agit ici de savoir si ces propositions sont dans Jansénius; et quelque bruit que fit le nonce d'abord, de ce qu'on ne prenoit pas des ecclésiastiques pour connoître d'une manière ecclésiastique, ils en demeurèrent les ruges, parcequ'il n'ét(.it question que d'examiner des points défait. Il m'en donna encore d'autres exemples; mais celui-K^ suffit pour mettre la chose hors de doute, et pour montrer que, si Ton presse le parlement sur
le sujet de îa bulle, nous aurons le plaisir de leur voir examiner régulièrement, et en pleine assemblée des cbambres, si ces cinq propositions sont dans le livre de Jansénius : nous saurons s'il est vrai que ce soit une témérité de ne le pas croire, et nous verrons le jugement du pape exposé au jugement du parlement.
Ainsi, je ne puis assez admirer combien ce dessein d'inquisition a été mal concerté, pour avoir été conduit par de si habiles gens; car ils ne pouvoient choisir de base plus foible et plus ruineuse que cette bulle, qui, n'étant que sur un fait, ne pouvoit jamais être assez considérable pour soutenir une si grande entreprise. Car ne seroit-ce pas une chose honteuse et insupportable que l'inquisition, qu'on n'a point voulu souffrir en France pour les choses mêmes de la foi, s'introduisît aujourd'hui sur ce point de fait; et que tout le monde y contribuât volontairement, les évêques en l'établissant par leur autorité, et le parlement en les laissant faire ?
Je ne crois pas qu'il soit disposé à cela. Il n'y a point ici de raillerie. Gela les touche eux-mêmes, comme j'ai dit tantôt, au moins pour leurs parents et amis, n'y ayant guère de personnes qui puissent être sans intérêt dans une affaire générale. Le moins de servitude qu'on peut est le meilleur. Les gens sages ne s'en attireront jamais de gaieté de cœur. Qu'ils cherchent donc d'autres manières de faire croire que ces propositions sont dans ce livre. Qu'ils écrivent tant qu'ils voudront, ou plutôt qu'ils se taisent tous. On n'a que trop parlé de tout cela. Qu'ils laissent le monde en repos, et nos bénéfices en assurance.
Si le parlement prend connoissance de cette affaire, j'ai d'assez bons mémoires pour montrer combien il Y a de différence entre la primauté que Dieu a véritablement donnée au pape pour l'édification de l'Église, et l'infaillibilité que ses flatteurs lui voudroient donner pour la destruction de l'Église et de nos libertés.