‹ Lettres écrites à un provincial. Précédées de l'histoire des Lettres provinciales d'après l'édition de 1754 et d'observations littérairesChapitre 6 sur 109 · VI HISTOIRE DES PROVINCIALES · texte numérisé non relu

VI HISTOIRE DES PROVINCIALES

cal avoit aussi à soutenir le caractère du jésuite qu'il fait parler dans ces lettres, ce qui demandoit de grandes précautions. Il avoit de même à conserver le caractère de l'autre personne qui soutient le dialogue, c'est-à-dire de sa propre personne ; et il ne devoit pas approuver grossièrement les sentiments du jésuite, ni aussi les condamner trop ouvertement, pour ne pas le rendre plus réservé à découvrir les relâchements de ses casuistes. C'est ce qu'il a fait dans les six lettres qui suivent les quatre premières.

Dans la première édition de la cinquième lettre, M. Pascal avoit négligé de marquer les citations des textes qu'il attaquoit dans les livTes des casuistes. Ou sentit bientôt l'inconvénient de cette omission; et ce fut ce qui lui donna lieu de dire au commencement de sa sixième lettre, en annonçant le récit de la seconde visite qu'il suppose avoir faite à ce jésuite : « Je le ferai « (ce récit) plus exactement que l'autre; car j'y porterai des a tablettes pour marquer les citations des passages; et je fus « bien filché de n'en avoir point apporté dès la première fois. « Néanmoins, si vous êtes en peine de quelqu'un de ceux que « je vous ai cités dans l'autre lettre, faites-le-moi savoir, et je « vous satisferai facilement. » Dans les éditions postérieures, on a ajouté dans la cinquième lettre les citations qui y manquoient, et on a supprimé cet avis, qui devenoit inutile.

On crut d'abord qu'il suffisoit de citer les pages oii se trouvoient ces textes; mais de là résultoit un nouvel inconvénient, et bientôt il y eut des gens qui accusèrent Pascal d'iniidélité dans ses citations. Quelques personnes en ayant parlé un jour devant M. Barlet, secrétaire du cabinet, à qui on fit voir un livre où les passages n'étoient pas à la page marquée, il en écrivit à M. Arnauld, qui lui manda que l'édition que l'on avoit citée n'étuit pas celle qui lui avoit été montrée, mais l'édition d'une telle année, comme il le trouva en effet. Pour prévenir cet inconvénient, on observa dans la suite de citer, non les pages, mais le traité, le chapitre, le paragraphe et l'article; en sorte que les textes pussent être vériliés dans quelque édition que ce

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