‹ Lettres écrites de la Vendée à M. Anatole de MontaiglonChapitre 2 sur 19 · J! \\ PELERIN · texte numérisé non relu

J! \\ PELERIN

!. La première question à apurer est celle du lieu de naissance <lu Viateur. Sur le titre de la troisième édition de sa Perspective, il se dit lui-même originaire du diocèse de Maillezais.

Viens l'un s Dû

de Bosco Ion n ins: Coriloni; Malleacensis.

D'un autre côté, l'inscription commémorative, que lit placer en son honneur dans la cathédrale de Toul l'un de ses disciples , et qui nous a été' conservée par le P. Benoit et par D. Calmet . lui donnait la qualité d'angevin. Elle était conçue en ces termes :

Vcncrabili D. Joanni Peregrino , olim Viatori andegavo . hujus ccclcsiiv canonico, régie quondam tecretario, perpectivea artis acutissimo indagatori, doctrina et moribusperspicuo, oirginumque virtutum fulgore clarissimo, Robcrtus Joannctus, ttxam canonieus . diseipulus, benefactori suo posuii i523 (45%ê) prima fe bru arii.

lu il.., omenl rerai us igc plus loin , l'intitule

clerc de \ Ibier .

Il ressort de cei Irow indication raphiqnes, parfaitement con-

ciliables, que Pèlerin reçu! le jour roi on point quelconque delà

portion de l'Anjou comprise antrefoh dans le d de Maillezais,

< f qu'il n^était pu poitevin, ce qui nous importe assez peu, à l'heure

qu'il e ! : les questions d'ori) ine de cette nature n'ayanl d'intérêt réel

qu'au seul point de me de la constatation des aptitudes de chaque

v. L'horizon une foi i, une distinction an ondair*

i valeur. — <>r. loul près deVihiers, dans la paroisse de

Coron , esi on ancien petit manoir, tombé plus tard à l'état de simple

métairie, qu'on nomme le Bois-Jonan, et, non loin de là, est la

source du Corail , autrefois Coureil . ruisseau dont les ondes se déver-

dans l'Ârchison , affluent du Layon, et qui semble être le/i

•ilonis de Pèlerin (1). Plusieurs villages et maisons isolées de la contrée ont du reste dc> noms analogues à celui du Bois-Jouan. On y trouve le Bois-Bel et, le Bois-Minier, le Bois-Bouhier, et plusieurs autres, qui, ainsi que Saint-Hilaire-du-Bois et Saint-Paul -du-Bois, pellenl le souvenir d'un pays très couvert, avant que la culture moderne ne l'eût dépouillé de ses antiques forêts. A l'époque où naquit Pèlerin, vers 1 140, il (levait conserver encore quelque chose (ie son caractère primitif.

Pour placer vers 1440 l'époque de la naissance de notre artiste. titre qu'on ne saurait lui dénier, je me fonde sur ce qu'il devait avoir bien près de trente ans en 1470, et être un homme déjà mûr aux affaires, lorsque Louis XI l'admit dans sa confiance, comme on le verra bientôt. Celle date concorde d'ailleurs avec le renseignement très précis consigné dans l'édition de son livre, imprimée en 1505, où il constate avoir passé la sixième décade de ses ann -es.

II. La famille de Pèlerin appartenait à la classe des petits proprié-

(i) Je me suis adressé en vain au curé de Vihiers, pour avoir des renseignements pius précis. Ne comprenant rien sans doute aux questions que je lui posais, il n'a pas jugé à propos de mo répondre.

toi roi foin ici l Ile

le cn\ iron de \ ihiei , et l'autre 'était établit I i •

1 1 .in i il i ;..s un • 1 1 lain \ ii t»»i m - l'eli ni n i lire du D

\ m, i,-i , i mu [rôre Piei pe mon h ind i\ : h i i.n.iin.ii .1 Cathei ine du Bouchi 1 . dame de la r 1 (

de quelques héi ituge A eux m venu par le d d ( I Pèlerin , de l'oitiei 1 el de leur pi re nommé h in, a \ iateur, ol peul être l>i lien. Le 10 mai 1 î'1" Main Pi liei ès-loia deincuruni au i à Thouare, fourni ni un actedem nature à [lard) d' tppellevoi in leur de Thi ar la métairie

•le la Nonhe, paroisse de Pierre-Fitte, à quelq D

Tout porte A croire que ces divei indn tient de mille

du personnage dont nous cherchons à reconstituer la bio graphie.

III. Quoi qu'il en soit, Jean Pèlerin entra dan le* tudia le droit el prit ses grades jusqu'à la licence. Ce fut

tiers ou à Angers qu'il lit ses études. De là, il parait s*être rend Thouare . centre féodal le plus important de la contrée , od un homme versé dans la connaissance des lois <it des coutumes trouvait facilement à l'aire son chemin. Le moment était favorable : Louis d'Ambo atteint d'une précoce décrépitude, laissait ses domaines à la merci des gens d'affaires, et Louis XI, toujours à l'affût de ce qui pom tourne!' au bénéfice de l'Etat, attendait ave.* impatience l'heure delà mort de cet imbécile héritier des turbulents vicomtes, qui avaient souvent porté ombragea la puissance royale, pour mettre la main sa riche dépouille, et annihiler d'un seul coup le baronnage poitevin.

IV. Rien n'indique si le jeune légiste fut l'un des acteurs d drame procédurier; maison le trouve, an commencement de rio", chargé de la juridiction de Thiors, l'un des domaines du chambellan

Jean d'Appellevoisin , circonstance qui l'aida bientôt à se mettre en

(1) Guillaume était probablement notaire. Ma collection de documents sur le Poitou renferme le vidimus d'un acte de 1395, relatif à la famille de Parthenay, déliv Poitiers, le 20 mais ! 139, par un personnage du même nom.

relief el ici » il à b toi Uine (1). 'i roii m [Moi lard . il était iecn taire «le Nicolas d'Anjou, dit de Calabre, marquis de Pont-è-Mousson* fila de Jean II. doc de Lorraine, el fiam ê, depuis 1 166, à la fille aînée du roi, qui venait de lai donner la ricomté de Thouars, aprèi en avoir fiut prendre p< on an non de la couronne, !«• 28 février précédent, jour même du décè de Louu d'Amboise, en verte d'un acte d'achat à lui consenti plusieurs années auparavant, el mal les protestations du duc de Bn 1 1 ne et des La Trémouille.

Louis \i ae lut certainement pas étranger an choh de laîre de son futur gendre j que Bes vingt-deux ans et l'instabilité de caractère exposaient 4 devenir l'objet de plus d'une intrigue. L'intelligent et ombrageux monarque avait trop d'intérêt à placer on homme de confiance, sorte d'agent secret, près de celui qu'il honorait du titre de fils, et prétendait (aire servir à l'accomplissement de se- projets définitifs sur les domaines de la maison de Thouars. Certes le» idées que la Révolution a fait triompher condamnent un pareil rôle; mais, en l'an de grâce 1470, c'était de bonne guerre, et la conscience publique, formée à l'école du moyen âge, absolvait d'avance le maître et le serviteur. Le seigneur de Thiors, patron de Pèlerin, fui chargé en même temps de surveiller l'administration intérieure de ce grand fief. La suite prouva que ces précautions n'étaient pas inutili

Certains indices permettent de déterminer la date précise de l'entrée de l'homme d'affaires de Jean d'Appel levoisin au service du prince lorrain. Louis vint visiter ses nouvelles possessions, au mois d'avril 1470, et passa quelques jours à Thiors, avec ses plus intime-. conseillers, afin de prendre les mesures que comportaient les circonstances (Pièces justificatives, n° I). Au nombre des personnes présentes était Nicolas d'Anjou. Il me semble donc hors de doute ({n'en

(I) Thiors, dans la paroisse de Luzay, était à très petite dislance de Thouars et en relovait.

Le document , constatant que Pèlerin remplissait alors ces fonctions, est du i janvier 1466 (1467), et estime transaction passée avec le seigneur de Sanzay, dans laquelle il intervient en qualité de fondé de pouvoirs de Jean d'Appellcvoisin. Il qualifié licencié k&-\on.(Copit vidimée sur parchemin du 7 février vitrant.

, ,• lieu furent régh ' le i ondilion dis l'inve liture du ri( lie bji lu accordée A i olui ci (1 « ' que Peloi in fui en mémo temp i lu i oi comme un homme capable d'i Li e utilemi ni empli

|| étui I m lullr dan •<'* iioii\i Ile loin lion le I I JOÎII I I ■ te

qui le « "ii i n i mi ciniiii ii i ii de a main , de lui .

préi isémenl lu réception do l'aveu de ai rien \

le Chillou, Tourtenaj <i Thiors, relevant de Thon rendu par Jean d'Âppollevoisin, à l'occasion do I;i prise de |»o n <!•• I.i

vicomte par lo titulaire récemment pourvu P justificatif »'■ U).

\ . Quelques semaines s'étaient i peine écoulée , que le roi donna à Pèlerin un témoignage lucratif de sa satisfaction. Il lui cont le 2 septembre, le prieuré de Notre-Dame de Saint-Cyr-en-Talmondais, membre dépendant de l'abbaye de Saint-Cyprien de Poitii Voici »mi quels termes le fait est constaté dans les productions fournies, le 7 mars 1498, par l'abbé de ce monastère: • Lettres du royLoysW es quelles est fait don des revenus et esmolutnens du dit priouré à Mi .h:\N Pèlerin, clerc du doyenné de Vthers, segrettayre woitseigneur Du Pont, en datte du ij de septembre de l'on m 1 1 clxx. »

Saint-Cyr était situé dans la mouvance de Talmond, autre lambeau de la succession de Louis d'Amboise, et le seigneur féodal du lieu se trouvait être un Bouchet ou du Bouchet, allié de la dame de la Papotière, en Coron, voisine du Bois-Jean; détails qui ne sont pas indifférents à relever en cette occasion.

Diverses contestations furent la suite de cet acte de munificence royale. L'abbaye-patronne revendiqua son droit de nomination, et, dès 1173. apparaît un autre titulaire. Mais, pendant ces débats Pèlerin avait changé de protecteur.

(1) M. Paul Marehegay, qui a eu à sa disposition les archives de Thouars, m'écrit qu'il y a trouvé le compte de dépenses de la vicomte, pendant l'administration de Nicolas de Calabre. Ce document fournirait à coup sûr des indications très utiles; mais le dépôt dont il fait partie, ayant été changé Tan dernier de place, on ne peut mainteuanl m'en donner communication.

VI. A la mort de son père, armée le 13 dé< embre 1470, et de ai frère aîné, survenue bientôt après, H d'Anjou avait hérité des duchés de Lorraine et de Bar, dont M ne '< f til pai trop liait' d'aller prendn »n, retenu qu'il était par ses amours. Il avait même refusé de reconquérir la Catalogne, et ne s'était rendu à Nancy que l.' rr août 1 171. Son secrétaire avait au contraire pris les ( 1 « • \ ; 1 1 1 1 s (i). M. II. Lepage, archiviste « ï * * la Meurthe, m'envoie, en effet, l'extrait suivant du registre «i'- dépenses des ducs de Lorraine, pendant la pé* riode comprise entre le 23 juin 1 HO et le 29 juin Hii :

« Délivré par ledit receveur à monsieur le trésorier général et à m?9 Jehan Pèlerin, premier secrétaire et conseiller de monseigneur, cent florins d'or pour leurs despens qu'il* ont faix présentement par deçà, par i ordonnance et commandement de mondit seigneur le duc, pour besoigner de certains ses affaires pour le fait de ses finances et autre, matière, ouguel viaige Hz ont tacqué environ cinq sepmaines , comme il appert par leurs tesmoins, fait le ,;ij° jour de may l'an Ixxj. Valent à raison de xrij gros et demi pièce, cent xvj livres , xiij s. iiij d. »

VII. La rupture survenue l'année suivante entre Louis XI et le duc, qui se montrait peu reconnaissant de ses bienfaits, et qui, malgré les

agements pris vis-à-vis de la princesse Anne, briguait ouvertement, sous de vains prétextes, la main de la fille de Charles le Téméraire, dont il était le jouet, cette rupture fit tomber Pèlerin en disgrâce et le ramena en Poitou (2). C'est du moins ce qui paraît ressortir de plusieurs textes relevés dans les papiers du prieuré et de la seigneurie

(1) Le litre de secrétaire du roi , donné à Pèlerin sur sa pierre tumulaire , ne nie paraît pas vouloir dire qu'il remplit ces fonctions près de Louis XI, mais qu'il lut le secrétaire de Nicolas d'Anjou , héritier dos prétcnlions de son père sur les couronnes de Naplcs et d'Aragon. De là vient qu'on ne trouve aucune pièce de Louis Xï, contre-signées de lui. L'ensemble des faits connus de la vie du Vialeur ne permet guère du reste de croire qu'il ait été pourvu de cet office, à moins qu'il ne l'ait occupé avant avril U70, ou après être sorti de la demeure de Commynes.

(2) Les querelles, qui curent lieu entre le jeune duc Nicolas et Louis Xf, ont donné matière à plusieurs historiens passionoés de charger la mémoire de ee der-

de .s. nul I m i ii l.ilniMii.l h I ne iliDinilli r vuU

dant ici - Un homonyme de notre arti le figun li 13 ppicmbrc 1471, alors que celui ci était à N in< j à la b< m*di< lion d'une < hapelle d< 1 1 cathédrale de Luçon. Le pi ocè vei bal le dil pi icur d I \ Paut-il admettre que Pèlerin , étant demeuré pré duprin Ile,

ce personnage, pcul ôtrc on parent, fui enrichi <!•• -•• < ] • - 1 • « » 1 1 1 1 1 « { La chose est possible, quoique peu Traisemblable , et la découverte Fortuite de quelque pièce permettra seule de dé< ider 'il doit être tenu compte de cet intrus, il s'agirait de démontrer, d'abord, à l'appui de cette hypothèse, que le secrétaire de Nicolai demeura en Lorraine au delà de décembre I \~~: encore lit-il à expliquer pourquoi il

;i été maintenu en possession d'un bénéfice à Saint-Cyr, jusqu'en 18 ainsi que le constate un document irrécusable, «jui viendra en lieu <■! place. — Comment supposer d'ailleurs qu'il ait écrit plus ; un éloge de Louis \l . s'il le trahit aloi

D'autres résoudront ce problème; quant à moi, je me contenterai de vous donner ce que je sais à L'heure présente, et d'admettre simplement que le Viateur, entré dans le cercle do ses pérégrinations volontaires ou forcées, revit, vers les derniers mois de 1 172. les lieux où il avait passé les trente premières années de sa Ni'-. Il ne quitta [>as toutefois la Lorraine sans j avoir créé des relations, qui l'n gèrent, parla suite, à \ aller chercher un refuge pour ses vieux jours.

VIII. Pèlerin reparait sur la scène au commencement de l'hiver qui suivit son retour en Poitou , et, cette fois encore, il est fort avant dans la confiance du roi, puisqu'il est employé dans les négociations axant pour luit d'attribuer à Philippe de Commynes une partie du

rôle qu'on avait songé à faire jouer, dans la province, à Nicolas

nier prime d'un crime imaginaire. On regrette que M. de Saulcy se soit fait l'écho i!e ces commérages dans ses Recherches sur les monnaies de Lorraine.

Nicolas se qualifiait encore, au mois de juin HT3, vicomte de Thouars; mais ce n'était plus qu'un litre purement nominal* V. la procuration donnée par lui , pour réglci éditions do son murintri' avec Marie de Bourgogne.

d'Anjou. La lettre suivante, adressée au lieutenant du sénéchal, en

f.nl foi I :

1/ < .■ \r le lieutenant , les pré ne tarde*

r 1 1 ne fuites faulte >>■ Hpre d< tlles de V affaire que

sçavex. J'ai chargé ce porteur, mx" Jehan P< , de j pair

'm prendre advys ef in mbert <

Monsieur le lieutenant, fay peu j><ir escript, 1 t aussi /><ir rc que V. de Bressuyre m'u >!•(, le l">n vouloir que tousioun n mes

affaires, <l<>nt m'avex obligé \ n 1 1 /■■>• vous. Gardez que de ce i'esmoye Estissae S). Et adieu. Es<-nj>t à Mortaigne, i mr de

cembre. LOTS. J. Boi ani. ■ (Copie du temps sur papier.)

Quoique l'année ne soit pas indiquée, il est facile de reconnaître que cette lettre fui écrite â Mortagne, sur les bords de 11 Serre nantaise . le jour ou Louis XI jeta les bases du mariage de Commynes, passé depuis quelques mois seulement au serrice de la France, arec une riche héritière, lui fournit les moyens d'acheter Argenton, et prépara Les voies pour rendre irrévocable l'importante donation qu'il venait de lui faire de la principauté de Talmond et de ses dépendances.

(1) Le lieutenant du lénéchal de Poitou était alors J. Chambon.

(2) C'est probablement Malhurhi Arenibert, procureur du roi au siège de Poitiers.

(3) Jean de l'Esparre, dit d'Estissac, seigneur de Coulonges-les-Royaux, ancien partisan de Charles d'Aquitaine, dont le château avait été rasé par ordre de Louis XI. Ce fut chez lui que tut signé, le 18 septembre 1469, le traité passé entre ce prince et sou frère, au sujet des limites de l'apanage de ce dernier. (V. Preuves des Mrmoires de Philijipc de Commynes, édition de Lenglet du Fresnoy, t. m, pp. 108 à 111.)

Louis d'Estissac, l'un des descendants de Jean de l'Esparre, bâtit, sous Henri II, a la place de l'ancienne forteresse , une charmante maison de plaisance , l'un des chefs-d'œuvre de la Renaissance dans l'Ouest.

Lenglet se trompe, dans l'une des notes de son édition des Mim. de Commynes, lorsqu'il place Coulonges entre Toulouse et Lectoure. 11 s'agit ici, au contraire, «le la seigneurie de ce nom, située à quelques lieues de Fontenay-le-Comle , et dans sa mouvance, achetée, fera 1 iiT, par Amaury d'Estissac, oncle de Jean de l'Esparre, de Jean de Bueil, comte de Stncerre, amiral de France. Amaury d*E6lisaaC, chevalier renommé, dit-on, par ses vertus, avait été attaché à la personne de Louis XI, pendant qu'il n'était encore que dauphin.

Mm de !<• démontn i d'uni uianii 1 1 m p< i mettel moi

i hei Montui [Ion d'entroi dan quolqui •!■ i I I hi •

toirc de I -"il \l < i ■' -il • imiiin cl en

par loi lu loi ion et, Poloi in '3 trouvant mêlé elle .1 naturelles

ici m plai e d'autanl plu qu'elle donne 1.1 ph\ du

milieu dans lequel il élail une ei onde foi

l\. Situe entre la Brota ne, cette inintelligente alliée d< \ et des |>n»\ inces i peine soi li< de main d'un 1 l par la

mort «le Charles d'Aquitaine, le Poitou était â la foi le terrain le 1 propice pour tenir en échec des vu miuj di po n 1 volte, et 11 it obstacle de nature à empêchera d< lu éli m< ni hostiles de se rapprocher, au détriment de la pain intérieur* M le peu de confiance qu'inspirait à juste titre la majorité de la noblesse indig< ne, habituée de longue main à faire cause commune avec les ennemis de la couronne, quand l'intérêt l'j poussait, devait porterai politique aussi clairvoyant à chercher les moyens de neutraliser ces déplorai tendant 1

Ces moyens forent de plus d'une sorte, il commença d'abord par su rendre favorables les gens de moyen état, permettant aui bourg< d'acquérir des fiefs nobles, favorisant le négoce, anoblissant leséchevinageSj poussant vers les charges de juoicature et attirant à lui tout ce qui montrait quelque capacité; et cela dans le but d'élever, côte à côte de l'ancienne aristocratie, une aristocratie nouvelle, paissante par son intelligence et ses richesses, qui ne tarderait pas â s'assimiler en partie son aînée, et à dénaturer, ou tout au moins attiédir, vieux instincts belliqueux et rétifs. Charles V l'avait autrefois tenté; mais la fusion n'avait pu être complète. La pensée de son arrièrepetit-fils eut une réalisation plus immédiate et plus féconde. Les suceurs de celui-ci en recueillirent le bénéfice. — Sans ce palliatif, introduit dans le vieux sang féodal poitevin, les guerres civiles du wi0 siècle, déjà si atroces, eussent été pires encore et eussent créé à la monarchie des embarras bien autrement sérieux. La Révolution, on

étouffant la Vendée militaire, cette queue de tout I ntri

le pouroir central . compléta l'œui re de la monan bie.

\ h même donnée appartiennent les efforts de Louis \I poarem-

[îer les biens imm< le Louis d'Amhoise de passer à la maison de Bretagne, qui» de cette façon, eûl eu pied en Poitou, ou pour mettre obstacle fl ce que la famille de Thou plus

puissante que jamais , dansli LaTrémouille, déjà parmi

plus riches propriétaires de la province. Les pitoyal ivenirs

laissés par Georges, ce favori insolent et rapace de Charles VII, qui avait mis la France i deux doigts de sa perte, n'étaient pas de nature & endormir la prudence du roi. Cesl ce qui l'avait surtout engagé à couper le mal dans sa racine, puisque l'occasion se présentait favorable.

Ceux qui lui on! tant reproché sa conduite dans cette affaire ont eu raison de blâmer le peu de loyauté mis à accomplir un dessin profitable aux vrais intérêts de l'Etat; seulement ils n'ont pas voulu faire la part assez large aux tcrnjK et ;ni\ circonstances qui pesèrent sur lui. L'histoire de la royauté française et de celles des antres | nrmille

de faits analogues, menés avec encore moins de scrupules, et qu'on n'a jamais songé pourtant à reprocher à leurs auteurs, parce qu'on n'a pas eu le même intérêt à les dénigrer aux veux de la postérité. Mais justice sera tôt ou tard rendue à celui « dont le règne fut un combat de chaque jour pour la cause de l'unité de pouvoir et du nivellement social. » Les regrattiers de la littérature soi-disant historique sont seuls en possession désormais du droit de le calomnier.

Les derniers mois de 1 172 furent employés, en même temps qu'un traité avec la Bretagne se concluait, à conduire à lionne fin cette entreprise hérissée de difficultés. Charles d'Aquitaine venait de mourir : il fallait devancer des ennemis sans conscience et sans moralité. Louis se rendit donc en Poitou (l). Parti en novembre d'Amboise, où il avait dressé -"ii plan et tout préparé, par le don à Commynes rrea de

(I) Il y était déjà vomi au mois d»» juin précédent.

Talmond , Olonne la < baume • m ion l • i lallliù i • i B

H alla \ i itei quelque um de i urii nt rei onnalti • I

placement du poinl maritime de Sahli d'Olonne qu'il de tinn devenir bientôt un poi I Irè impoi tant u i eptihle de u n Nante et la Ro< belle , dont il e di fiait . non m cauiu i tant

peut êti 0 . par la puissante intuition de , i-mmli'

ville ferait un joui momentanément ob laclcà la réali ution do l'œuvre à laquelle il sacrifiait le i epoi de b i i

Ce lui aussi pendant i ur en Bas-Poitou «ju'il n bai

de Kfontaigu, place forte située nir les Marche communes de la B

ne n de notre proi ince,

Louis \i choisit - en général , pour étapes de \ <

maures des gentilshommes «lu pays qui lui étaient dévoués de lonj main. Il ami. ni à vivre dans la familiarité de ceui qui avaient m mériter sa confiance par de loyaui services, C'est ainsi qu'on le vit, pendant qu'il était dans le Talmondais, et au retour de sa tourn séjourner aux Granges, chez Charles Cathus i ;é Disnechien, près le Puy-Belliard, chei Pierre Prévost, sénéchal de Mareuil, vieui soldat lettré, qui avait fait autrefois la guerre sous ses ordres, et parent de l'un de ses secrétaires (2) ; à Montaigu, chez Louis Harpedenne, dit de Belleville, allié de la main gauche à la maison de France, comme petit-fils de Charles Ml et d'Odette de Champ-Divers; à Mortagne, chez Bertrand de la Haye, sieur de Passavant et de Chemillé.

Taudis qu'il était à Mortagne, il mit la dernière main à la fortune de Commynesj par le règlement des conditions de son mariage avec Hélène de Jambes oudeChambes, l'un des meilleurs partis du royam Fille du sieur de Montsoreau et de Jeanne Chabot, dame d'honneur de la reine, Hélène tenait à plusieurs maisons dévouées à la couronne.

(1) Une lettre de Louis XI, du 16 décembre, est datée des Granges, que je crois être les Granges-Calhns, aux portes de Talmond , manoir rebâti sous François Ie1 \ dans un charmant style architectural.

(1) Jean Prévost, secrétaire du roi, envoyé en 1467, avec Collard de Mouy, bailli de Cotentin , en ambassade près du duc de Bourgogne, tandis que celui-ci était devant Liège. | Mcm. de Pk. de Commynes, t. i, p. 134; éd. de Mlle Dupont.)

Du côté de m mère . elle appartenait surtout à la noblesse la plu* in fluente «lu Poitou. Il importail aux mes du maître que le protégé eût on tel appui. Jeanne Chabot était, en effet, elle-même fille de Thibaud Chabot, seigneur de la Grève, tué à la bataille des Harengs, et de Brunissande d'Ârgenton. Louis, son frère, avait été nommé, <mi i L64, chambellan et capitaine de cent hommes d'armes, et sa fortune el sa valeur personnelle «mi faisaient l'un des hommet les plus considérables de la province. Catherine, sa sœur, avail épousé Charles de Chastillon . seigneur de Blatigny, issu de l'illustre lignée de ce nom.

Par Brunissande d'Ârgenton, dont, le père avait été gouverneur de Louis. Hélène était encore mieux apparentée, L'énumération de alliances de famille, dans cette ligne, serait trop longue. Bertrand de la Haye, chez lequel se décida son mariage avec Commynes, était son grand-oncle, ayant épousé Louise d'Argenton, sœur de Brunissande. Il était donc tout naturel que le roi eût choisi le château de Mortagne, pour terminer une négociation qui devait tourner au profil et à l'élévation de la famille du propriétaire.

Je renvoie aux Pièces justificatives, n° III. le texte des lettres signées le 23 décembre 1472, contenant l'énoncé dvs libéralités qu'il lit, ce jour-là, au futur époux. La principale importance de ce document, indépendamment de ce qu'il sert à fixer la date de la lettre remise à Pèlerin pour <Hrc portée à Cliambon, consiste en ce que Louis XI y a consigné l'expression pleine et entière de sa reconnaissance pour les services rendus à sa personne par Commynes. à Péronne et à Liège. ïl en était déjà fait mention dans la charte concédant Talmond ; mais elle était loin d'être aussi catégoriquement mise au jour. Ce grand prince, impitoyable aux ennemis de l'État, avait la vertu desàmes d'élite; il ne se montrait jamais ingrat envers ses amis et fidèles serviteurs.

Le contrat de mariage fut signé cà Chinon. le 27 janvier 1473.

A l'occasion de celte union, et sur la demande du roi. le. pape Sixte IV accorda aux nouveaux époux, par bulles données à Saint- Pierre de Rome le quatrième jour des noues de mars 1172 (1473), le

droit d'avoir i hei eu* un autel poi tatil et d roii faire dii i eux , leur famille et loui dôme tiqin In mr - i n ion In in m< >\ mi le \r\ er du jour el i e pai tel • hapolain ou i t i «| ut* qu'il

leur conviendrait «le ehoi il am que nul pûl j portci rmpfli hemenl L'original e I entre iih»s m:mi . Von ;nuv/ dans un m i.iil qu< Pelai m lui l<' premier poui \ u de i e fonction

Trois am aprèi Commynea fui nommé lénéchal de Poitou, et pou plit on tous points les vues du roi, dont il ut conservai Is faveur, malgré les nuages pa que dei intri rivale parvinrent i

faire passer, de temps à autre . wr leur intimité. Ulié aux plu ramilles du pays, possesseur «le biens considérables lituéi m territoire, il parvint à j endormir l'esprit de révolte el A dii de l;'i . par terre et par mer, une surveillance active du côté de voisin* qu'on avait besoin de contenir dans l'obéissance. Gouverneur, en outre , de Chinon et gardien des ponts <l«- Ce 1 . il eut tontes les facilités désirables pour accomplir cette mission délicate. — Hais tant de prospérités devaient avoir un terme. La possession de cette seigneurie d'Argenton, que son maître croyait lui avoir assurée à Mortagne, causa plus lard dr longs débats, dont on trouvera la relation détaillée à h page cxxiv de la notice biographique placée en tête de l'édition de Vtc'moircs donnée par MIU' Dupont. La plupart des pièces originales du procès font partie du volumineux dossier que j'ai réuni sur l'illustre historien. — Une réaction terrible se faisait alors contre les serviteurs de Louis XI, descendu dans la tombe. Les La Trémouille avaient fini par ouvrir la brèche par où passèrent d'autres assaillants.

Mais n'anticipons pas sur les temps, et revenons à notre point de départ.

X. 11 est démontré, maintenant, que la mission de Pèlerin près du lieutenant de Poitou avait trait aux intérêts de C.ommvnes. puisqu'elle date du même jour que la signature des lettres patentes relatives à

(I) J'ai recueilli une douzaine de pièces relatives à cette charge de gardien d^s ponts de Ce.

ni. .11. s'il ii" m mil pas en roule dès le matin du 28 décembi il assistât on éf énemenl dramatique qui faudrait la peine d'être ra- , ..ni. . Ion même qu'il ne me permettrait pai de rappeler le souvenir d'une œuvre in< umnue de l'un de dos plot grands sculpteun i .

•Vprta avoir expédié les affaires importantes dont dooi renonsde parler, le roi voulut se livrer aux plaisirs de la chasse. Un sanglier, lancé dans les taillis de Malboire 2 , à quelque distance de Mortagne, ayant été blessé par loi . se pré< ipits sur son cheval et l'érentra. Etourdi de sa chute, il courait les plus grands dai lorsque le prieur de

Saint-Micbel-en-l'Herm, nommé Nicolas Seguin 3 . mit pied à terre, levouaau patron de son monastère, et tua d'un coup d'épien le ti rible animal.

Louis se montra reconnaissant. En récompense de (<• signalé sen i< i il donna à Saint-Michel-en-1'Henn deux cents marcs d'argent provenant de confiscation . pour être employés à la fondation «l'un annh saire, à célébrer le 22 décembre de chaque année, et à la confection d'un bas-relief en albâtre, on serait représenté l'archange à cheval perçant an sanglier de sa lance, à côté d'un roi en prière. Il ordonna, en outre, *que le collier de l'ordre en or qu'il portait ce jour-là lut suspendu au maître-autel de l'abbaye, voulant, disait-il . dans la charte de donation, que ce fût un témoignage de perpétuelle reconnaissance envers le saint patron de son ordre de chevalerie, pour la visible protection qu'il venait d'accorder au royaume et à sa personne, protection dont il avait couvert jadis, en une circonstance semblable , sen prédécesseur Charles Y I .

(1) Aucun des historiens de Louis XI ne mentionne cet événement , pas m.rnr C.ommynes , qui élait présent; mais il n'y a rien qui doive «tonner de la part de g dernier. Il lui eût fallu parler des motifs qui avaient conduit le roi à Mortagne . et il s'est fait un devoir d'être très discret, lorsqu'il s'agit do Ml propres affaires.

(2) Non loin de la Trembla\e, sur la route de Mortagne à Cliolet.

(3) N. Seguin, prieur claustral de Saint-Michel, était aussi curé de Saint-Georges de Mortagne, bénéfice dépendant de cette abbaye. Je suppose que c'est lui qui devint plus tard abbé, et est simplement désigné sous le nom de Nicolas, dans les catalogues.

i L'analyse de ces lettres . dont je n'ai malheureusement pas le texte original ,

l n oflli i il de I \n "ii de li fin du x\ m nomme* lit ik Moi

m iiiv il.- Iniii. n.i\ ,i qui » l ii in foi nu

Phi i"ii g do i otte n ille 1 1

\.i dm i «i' ri l< ' ""i" ' Il *éi Itoble <i Iglnc 'i ii

dOOl l'ilM dl'S ll<MI\ s, ni . i \. 1 1 1 1 • 1 .1 1 1 r . ■ ■■!,■ M. , I.Hirl. I

ni. Mit , , i, liiniiiLiu s Mil m.. m n ;'■-.• , i |ii<- ii.« |..

Iin.l.iill, ..

L'explication f]u*eu donnent MM. ('. Hollin 1 1 I • uardeot .i la p. 84 du Calai

iH i;i<>intiu< | MliOfMlM if h'nuirr <!<■ ht mil, ri | 'i.Jniit /,

Imprimerie de Claye, 1861, in-H-i, oè est entré m nplsire,

l'heurt qu'il est, chei eux, ett loul ;> Ml inexacte, femoe d'Arc n*a rien I (aire

ici : ces alluaiOM posthumes à II i » • i< n 1 1 < * populaire n'étriient pas dans l'esprit du

temps. La pièce en question n'es! du reste qu'un essai de Jetoo . el non i d'une monnaie destinée .'» avoir cours, comme on semble le croire. Lorsque st. L normant me l'abandonna, il n'en hisaii pas autre chose, et je l'ai toujours considérée comme telle. Son importance réelle est de rappeler un (ait intéressant de la fie <ic louis XI, et d'être, avec la médaille commémoratiTC en or de l'expulsion anglais, frappée sous Charles VII, l'un des premiers monuments DuraJamaUques conçus, en France, dans oet ordre d'idées* — Un examen attentif montre d'ailleun qu'elle esl le produit de deux coins qui n'ont pas été exécutés en même temps. La différence dans le travail est visible. Le droit e>t toul à fait semblable I celui de la pièce d'or émise, en l ttiî>, à l'occasion de l'établissement de l'ordre de Saint-Michel. Ou aura utilise, pour la nouvelle médaille, un coin -rave à cette époque, et on se sera content' ajouter un revers représentant Charles V. — Elle a donc dû être fabriquée dans premiers mois de 1 173, pour perpétuer le souvenir du danger couru par le roi dans les taillis de Malboire.

Indépendamment de toute autre raison, l'argument le plus fort contre l'opinion qui tend à en faire une monnaie est la présence de deux noms de rois sur les légendes; se qui lui ôle le caractère légal, propre aux espèces courantes, pour lui attribuer celui d'une médaille commémorative. Lorsque Louis XVIII prit, en 1814, possession de la couronne de France, qu'il voulait faire passer pour un patrimoine de famille, il lit placer au revers de sa propre effigie celle de son ancêtre Henri IV, afin de rappeler que ce prince s'était trouvé dans la même situation que lui. Louis XI agit de même, quand il ordonna de mettre la figure de Charles V sur le jeton qui nous occupe. — Ces dernières observations, dues à M"e Clémentine Poey d'Avan!, sont d'une justesse extrême, qui frappera les numismatislcs.

ûod ■ *é dan l'une d'elle* . le réi il de i el éréne

m, -ni . qu'il ,i tiré «l'un mémoire présenté à Charlei l\ par le savant pies de Bill y, abbédeSaint-Michel-en-l'Herm, oti il était dit, en outre, que, Ion «lu sac «lu monastère par les protestants, le dimanche 9 janvier 1569, ils avaient enlevé le collier de Louû \l el détruil le basrelief en albâtre, ouvragé dcmF* Michel de Tours, nom qui s'applique indubitablement à Michel Colombe, l'auteur do saint Georf conservé aujourd'hui au musée <l«' la Renaissance dt1 Louvre, et de ces merveilleux tombeaux de Nantes et de Brou . qui le placent au premier rang des artistes français i .

M. A quelque temps de là, Pèlerin Fui attaché à Commynes, en qualité de secrétaire et de chapelain, i .1 mlrr Jehan Pèlerin, chapellii m ci secrétaire monseigneur de Talletnont, xviij sur la

recep te de la présente année, » lit-on sur le compte de la seigneurie de Saint-Cyr-en-Talmondais de iïth. — La bulle du pape Sixte I\, du \ des nones de mars de cette année, permettant â Commynes d'avoir une chapelle particulière, précise l'époque ou s'accomplit ce changement dans la condition de l'ancien conseiller de Nicolas de Lorraine.

\ ne prendre que les apparences, Pèlerin descendait dans l'échelle .le la hiérarchie sociale: mais il n'était peut-être pas libre de choisir.

Indépendamment de son aptitude pour les affaires, il devait convenir, par le côté artistique de ses goûts, au conseiller Louis M . qui, lui aussi . aimait les arts, moins en appréciateur éclairé, qu'en grand

(1) Je ne sais si l'on a remarqué que la eomposition «lu saint Georges du Louvre offre beaucoup d'analogie avec celle de la vignette en bote, lignée des initiales

F. V., placée sur le titre des Mi lumorphosrs d'Ovide, commentée! par Haphael Regius, et imprimées à Venise en 1500.

Cet in-folio, qui ne se rencontre pas souvent, est orné de nombreux bois, gn sur des dessins de l'école de Bellin, et rappelant quelque peu ceux du Songr de Polyphilc. Au verso du feuillet CXUI est la mort d'Orphée, d'un dessin presque identique à celui du plat de Faenz.i du musée Correr, à Venise, n° 430, gravé à la p. 357 de la Gazelle des Jicaux-Arls , année 1861. — Je recommande l'examen de ce livre à ceux qui s'occupent de l'art italien de la fin du xve siècle et du commencement du xvie. Les peintres décorateurs des majoliques paraissent lui avoir fait de nombreux emprunts, ou, plutôt, il a été illustré par les mêmes artistes qui fournissaient alors des cartons à ceux-ci.

ih'ill II' lui Mil l \ il .ni\ | I i.liiiil.il.k :

nu i i m «L' 1 1 m. fin. lion ii. h ' '/- de l><> <> du mi' \

nu l' H- Raoul de l'i ' i' '<i> . d'upi la lin do

w i, le i i qui lui iii.iinirii .mi purlie de la hiblioth^qtifl puhli

[lfc ,|| ,|l||| Il p l.l pj . ,l\ .' I

\ll. La protection de Commync u empêcha cependant po IVI ro obligé de transiger avec Pierre de Chaumont , abbé d< i C\ prien , .m s ujel de on \>\ ieui 6. Il c démil du titre conl

dn uni' par( des rei enu . l m in\ entaii o de | ; ; u, ni ic du lieu, dres ••• en L582, contient, en effet, cette mention : i [ecordpasâ entre f< lût <ii>/<<: <i ./. Pellerin, et règlement niert du prieuré, du septiesme de novembre d$ F û xiél Le

titulaire misa -.1 place s'appelait Matthieu Coilbeau, et était origin du crû. Sou nom, d'un parfum toul monacal , annonçai! un homme mieux fait pour soutenir rhonneurdu couyentque l'élu du roi, un simple s;i\;int doublé d'un artiste. Ceux de ses cinq confrèn ienl

pas moins caractéristiques. A côté de lui brillaient Jehan Boutevillain, Jehan Esveillard, Denys Ledru, Noël Soulard h Collas Chasselayre, aimable réunion qu'on ne saurait trop recommander aux méditations des historiens de l'institution monastique au iv* siècle. — On conl par la suite, à Pèlerin, comme fiche de consolation, un petit l situé également à Saint-Cyr. C'est encore l'inventaire de l ">n2 qn i nous l'apprend. — Lettres de provisions de hi chapelle* dudiei Saint-Cyr, données le W juillet ! Î78, a prise depo, d'icellepar M. Jehan Pellcrin, clerc, <hi î de novembre ensuyvant. » La chapellenie delà Métrelle était à la nomination d\\ seigneur de Curzon.

Prenez note, mon cher ami. do ces doux dernières dates; elles ont loin* importance. Nous y reviendrons, quand nous aurons à parler des

(J) Nantes ne possède que le second volume de la Cité (le Dieu; le premier l'un des plus h eaux ornements do la Bibliothèque (\\\ muséum Ifeeraianno-Weslreenianum , ;i I;) Haye.

artiste* mentionné! sur le titre de ta Pi artificielle. Qu'il

vous suffise maintenant de savoir que le iei| aeur de Canon Mail alors Philippe de Commynes, et qu'il était en ambassade à Plorenee, n mois de juillet 1 178,

Pèlerin parait avoirconservé ce petit bénific£ jusqu'à >a mort. II en avait, Bans doute, (ait reconstruire Tante] & ses frais; car, lorsqu'on repava l'église en 1844, on trouva, parmi des décombres, ane pierre, sculptée A l.i lin du règne de Charles vin on au commencement de celui de Louis Ml. portant nn écusson que je crois être le sien. Le bourdon et les coquilles sont ses armes parlantes. La jolie eau-forte de mon ami et collaborateur Octave de Rochebrune, représentant le chœur de la chapelle du prieuré de Saint-Cjr, où ce- annea sont reproduites en face de celles du prieuré lui-même, vous permet de juger si je me trompe. — Quelques traces de peintures, demeurées sur la pierre, font reconnaître les ('maux. Elles étaifenl Œorau bourdon dé table en pal, accoste de deux coquilles de gueules. On rébus en (ait les frais; mais Pèlerin, en tes composant, n'avait peut-être pas été fâché non plus de s'approprier quelques-unes des pièces principales de l'éen de son patron Commynes, qui, lui aussi, portait des coquilles. Le beau et rarissime jeton d'argent, placé sou- vos jréux, vous aidera à suivn la filiation.

MIL Les fragments peu nombreux qui nous restent des archives du prieuré et de la seigneurie de Saint-Cyr nous fournissent enfin ces deux derniers renseignements. « Accord passé le premier jour de juillet i503, entre f. René Macoing , procureur de mtro Jehan Pellerin . ehanoyne de Toul, chapelain de la Mctrcllc. et le dict

inrnr <

Pcllcriti sur rcrtaun '•■,>><■ .■ [nv< ni un- 'I

de |,i . i "in-iii ir iln- i- m I e.i

(Juilfninr ,lr ht lOMUM dêtTOÙ Uvrtt, f'" ■ ■• i I

fmr m" i Pèlerin, et acquit de* dro\ • le four d(

i tien! d'inventaire de titre do prieuré , de l'an i < 15.)

\i\ . Le doute n'est pk po ible en pré en< i de i •■ mention .11 bien ici du Viateur et 1 jamai - an homonyme à lai b été mi en lieu et place, ce n'i po être (juc momentanément pui que le ?oili en possession de la chapellenie de la Métrelle, dont les lettres de prori avaient été signées en Italie, pendant le coun de 1 178, Mai il n une obscurité complète sur la période de sa rie comprise entre cette date el 1500, Nous sommes de aouveao réduits aui simples conjectures. Un document du 20 avril i486 nous montre toutefois qu'il n'était plus, à cette époque, dans la maison de Connu . celui-ci ayant alors un autre chapelain nommé Guj Saliez (1). Il 1 «I donc permis de supposer que la séparation eut Lieu vera Le temps de la mort de Louis XI, arrivée le SOaoAl 1 1 s 3 . Je ne serais même pas étonné qu'il lui passé au service de René il de Lorraine, lors du voyage de ce duc a la cour de France, au mois de septembre 1485 (2). La qualité d'ancien secrétaire et conseiller de son pr< seur dut lui en faciliter les moyens. D'ailleurs la fortune avait cessé de sourire au favori du l'eu roi, ei la reconnaissance n'était pas précisément la vertu des hommes du xv* siècle. La rupture vint peut-être aussi deCommynes, dont Thumeur était parfois rude et despotique, et que sa chute avait aigri. — De quelque façon que se soient passées les choses, r<\-<liapelain quitta le Poitou et voyagea parle royaume. goûts artis-

(1) Procuration donnée, ce jour-là, devant le garde du scel de la chancellerie il. Bourbonnais, à Guy Saliez, son chapelain, et Estienne de Andréa, capitaine de la galéaee La .Xotre-Dame , à lui appartenant, pour régler le procès soulevé par Jehan Moreau, de Tours, valet de chambre du feu roi, au sujet de ce navire.

(2) René II assista à la signature des lettres par lesquelles Charles VIII enleva i <''>mmynes la charge de sénéchal de Poitou.

tiques, refoulés jusque-là, prirent le (]< n I imasser les

matériaux de sa Perspective artificielle. Von avez constaté qu'en 1491, il visita Brioude. — Lu enfin de tous ces pèlerin ' i igna lei

confina de la Lorraine» et ail tiràToul, dans une stalle de eha-

noine>ou la mort le surprit, le i* février 1524 1' ge de plus de qnatre-i ingts ans.

\\. Quelques années après, en 1537, montail sur le hc.t épis- • d'adoption , on protégé du cardinal Jean de 1 raine, qui se démit «mi -, faveur de cet évéché. [1 est nommé Antoine Pel< ! catalogues. Faut-il lire Pèlerin , et était-ce un neveu

du Viateur, dont l'un des parents de Saint-Hilaire-du-Bois portail également, ainsi que vous l'avea vu, le prénom d'Antoine! Il était chanoine d'Aï ignon, lorsqu'il parvint aux Donneurs de la mitre, et il \ retourna mourir. Dans tous les cas, l'erreur de Jousse, donnant le titre d'évôque à Jean Pèlerin, a dû provenir de cette circonstance. Il a fait confusion entre les deux personne^

XVI. Je me résume. — De tout ce qui précède il semble ressortir que Jean Pèlerin naquit au Bois-Jouan . paroisse de Coron . vers 1 \ M), d'une famille de petits propriétaires ruraux, dont les membres s'adonnaient au commerce, ou exerçaient de minces charges de judicature féodale ; qu'il entra dans les ordres et étudia le droit; qu'il s'établit d'abord à Thouars, ou Jean d'Appellevoisin le prit, pour le charger, en 1 166 ou 1467, de la juridiction de Thiors; qu'il fut présenté en ce lieu à Louis XI, au mois d'avril 1470; que ce prince, le reconnaissant apte à être utilement employé, l'attacha à la personne de Nicolas de Calabre; que celui-ci le lit son conseiller et premier secrétaire, et l'envoya régler ses finances à Nancy, aussitôt après la mort du duc Jean II; que la rupture du Lorrain avec le roi de France le ramena en Poitou, dans la seconde moitié de 1572; qu'il rentra au service de Louis avant la fin de la même année : qu'il passa . avec le titre de chapelain et de secrétaire, à celui de Commynes, au commencement < l « v 1473; qu'il 3 demeura probablement jusqu'aux

iln uni n le 14 I <|" '' ' ""' ll"1 "' I''11 " '" •""" '

n m le monde nou ignoi on dition qu'il fui on >ui n m d'un i anonii ii «1 i oui

par la pi OtCl lion de uni ijll'll a\.nl Lu ■ .ni m i.imh' <l pi

.n ,• par i olle du duc René 1 1 qu'il n moui ni pai ihlrmcnl i

i Je de lanl accomplie . un ii> ••'• . «lu im< n

qu'en I d'onli olenii de i elution avci le U i' itou ne fu

que pour louchei l 1 &\ enui de s i i

llinllil m

\\ll. Les renseignements qui restent à trouver, poui complétei cette biographie , devront n< i rement rentrer dan le cadre qui > iem de tracer. Des archive* de Toul el de celle di I ien

drontj toi ou lard, plus d'un fail curieux. M. II. Lepa en'apasdil dernier mol el c'esl surtout sur «es intelli herches que nous

devons compter. II sérail bon aussi de compulser le rc de la ri-

comté de Thouars, relatif à l'administration <l<- Nicola de Calabn

i \ putspi ci im. \iuii n. n i.i i .

I. Rendu sur ce terrain, vous vous êtes senti plus à l'aise, mon 1 1 Montaiglon, et vous avez pu donner carrière à cette sagacité si remarquable, qui esl le propre de votre esprit. Venant après vous, il me reste très peu à glaner. Je me contenterai donc de vous soumettre nu petit nombre d'observations suggérées par la lecture du livre et l'examen de ses planches.

II. Pèlerin a donné, à Toul, do son vivant, trois éditions de la Pert* ]>cctivc artificielle. Imprimée pour la première fois en 1505, elle l'a été, avec remaniements el additions, en 1509, et enfin en L521 (1). C'est

dire assez que l'ouvrage, l'un des premiers publiés sur la matière, eut

(1) Le grand A, d'une tournure si originale, qui commence cette lettre, est lareproduction de celai placé en tête du texte de la troisième édition.

h ii légitime I i traduction de U deuxième édition, faite en 1609,

par l'allemand Georges Gloekendon, et la copie, libre et réduite, qu'en a éditée, en 1626, l'architecte Mathurin Jousse, de la Flèche, attestent que ta réputation m répandit i l'étn 1 1 qu'elle survécut auteur, il est m. m que Gloekendon a propoi de >up-

primer le nom de Pèlerin; mais il n'a pi soustraire son plagiat à des yeux clairvoyants, quoiqu'il ait suivi la méthode deee curé de Normandie, qui, pour s'approprier, i I > a quelques années, la paternité d'un travail du mit siècle sur les noms de lieux mentionnés daaa lei ndes des Saints, s'est contenté d'en modifier légèrement le titre, dans sa réimpression, et d'j apposer sa signature.

m. Lorsque Pèlerin lit paraître son traité, une révolution, accomplie déjà en Italie, s'opérait dans les arts en 411emagne et en France. Elevé â l'école de LouisXIet deCommynes, son rôle était tout tracé. Il se fit résolûmenl homme de pr et poussa, d'une

main hardie, â la réaction contre le gothique, dépourvu désormais de toute force vitale, pour avoir suivi, depuis trois siècles, la pente qui l'avait fatalement conduit an rachitisme. Sa pensée apparaît surtout dans le choix des Figurée exemplares. Tout ce qui est de sou invention est cornu dans une donnée nouvelle, moitié italienne el moitié française, qu'il marque à son coin particulier. S'il reproduit, au contraire, un édifice des siècles précédents, il l'habille à la moderne, le modifie, s'efforce de [aire rentrer ses lignes principales dans le système dont il est un des plus fervents apôtres. L'arc brisé, aux formes élancées, s'abaisse et s'arrondit en plein cintre, parti pris qui donne à ses dessins un cachet propre, une originalité bien tranchée. — Né dans l'ouest du royaume, où le style roman a brillé d'un singulier éclat, il a gardé comme une vague réminiscence des églises du xn" siècle, qui déteint sur chacune de ses œuvres, et leur imprime cet air de vigueur trapue dont j'ai toujours été frappé. Il a étudié l'antiquité et le moyen âge; mais il ne s'est fait le copiste servile ni de l'un ni de l'autre. Il emprunte seulement à

| II. h Mil | r i|in . I . Il l.l|.|.n| I i|Vn II II ml II I • "I II ll«

époque, .1 ii r ouvrir •< l'an liitn turr <1. voie nouvel loi, — <<• serait donc en vain i|u'on lai demandii ni •!• nonum*

qu'il m ii'iiroiiiirs m mi | Il if Lui prend qui a qui petit

aider i\ la pi op i - ilion « 1 « • i «^ lin au •■ m. m .• |, ruoiu

monde en peine de pi opoi tion i ôolli d< naux et di I

in, .il.-. Lee cathédrales de Paris et d' Ai ind' chambre, li

ponts Saint-Esprit et de H ri ou de rii .nrui. -nu

iiMpI ', que tout jii le .i r/ de li'iu - pli\sionomie propn pour

qu'on les reconnaisse : encore le - \ ei pla< >■ au h is <li v \ m ila d'un grand secours. H ne donne pas de uns, m- i ni pa- <!•• p traits; il offre au chercheur du \iv n< i le, comme il l'a (Sait pour le disciple contemporain de Louis \ll. des types généraux, et prêche une doctrine, tout autant ans peintres et dessinateurs qu'ara architecte

Une autre choee me saisit, lorsque j'examine plus spécialement les planches composées par le Viateur, et dont le dessin sommaire plaît à mes yeux. Maisons de Tille et des champs, chambre à coucher, cour intérieure de modeste demeure bourgeoise, entrées 9e palais ou de riche hôtel , etc., rien n'annonce la préoccupation de la guerre, l'idée de la défense individuelle. Si des créneatn surmontent encore les tours des maisons de plaisance, qui remplacent les chàteaux-forts, ils sont bien plutôt destinés a rornement de l'édifice qu'à Benrir d'abri à rarbalétrier. Les ponts conservent toujours, il est M'ai, leur apparence de Forteresse; mais c'esl qu'ils sont jetés, pour la plupart, sur dos Heures servant de frontières à diverses provin. presque étrangères les unes aux autres, et qu'ils sauvegardent la caisse du receveur, chargé de mettre à contribution les passants.

Les costumes des gens qui remplissent les appartements et les galeries, circulent sur les promenades, animent les places publiques et les chemins, l'air grave et pacifique de tout ce monde, ne sont pas moins caractéristiques. On n'aperçoit que des nonnes, des ecclésiastiques, des magistrats, des bourgeois, des hommes du peuple, quelques nobles en habit de ville: jamais le soudard couvert de son

armure. — Pèlerin -•• (ail ainsi l'écho des instincts naissant el dr aspirations (!•■ xiicmporuins. Il constate â sa manière la |

dominance naissante du savant, du I 1 1 du marchand mr l'homme h i re. — Le image de on lii re sont d i s d'histoire pour

•eux qui Bayent comprendre leur langage. — V< lu premiei

rang de ceux-là.

Ajoutons que son litre de chanoine de Toul ne l'empêche poinl de demeurer Français. Son goûl re te presque pur de tout ;illi la France il emprunte ses monuments el son I l). Les Heurs de

li-. sculptées but l<- fronton de quelques-uns de , ortiques, i >nt restées profondément gravées es son coeur. Ce n'est pas i d rein qu'il s'est abrité à l'ombre du roi, dont ils écrit, dit-on, le panégyrique sur la fin de sa rie. — La perte de cet écrit e$\ doublement regrettable. Il eût (ait honneur à L'écrivain aussi bien qu'à son héi

IV. Les goûts et le caractère de Pèlerin se révèlent en maints endroits de la Perspective. La loge en vitres qui couvre l«- mûrier planté dans sa cour, el le soin avec lequel les arbres â bruits sont rangés en espalier le lon^r du mur de sa demeure, montrent que la pratique de l'horticulture remplissait parfois les heures que lui lai— .mut les devoirs de son état et ses études artistiques el Littéraires. La charrette de voj de son invention, rappelant à s'y méprendre celles de certains marchands de fromages actuels, indique qu'il demandait volontiers à son esprit inventif Les aisances de la vie, de même que La simplicité proprette de sa maison et le calme répandu dans toutes ses planches témoignent de la quiétude dont était rempli son cœur, au moment où il composa son livre. — Presque jamais un visage de femme ne se mêle à ses compositions, ta moins que ce ne soit quelques nonnes embéguinées, causant dans un parloir. Des hommes seuls encombrent sa promenade. Il ne fait à peu pW-s d'exception qu'en faveur de son propre logis, où

(1) La maison du possesseur de 400 livres de rente, verso du feuillet D. a, est cependant d'un style plutôt hollandais ou flamand que français. Il a du ravoir le type sur lei bords du Rhin. Elle ferait ;'t merveille le fond d'un suj<-t gravé ptff UWM de Leyde.

deux loubi ulb i babil lanl u< n< d<

par li i li. ii Mil' du voyage Jr dii n plu II • i l>i< ipn l<

d'un homme ne oienl po un ' efli > d< on am< On fa il i omme on e I \ ou ai m déj « i emai qutf qur « « Il u n t.-

•••m invariablement frapi l"i 1 1 1 j » 1 1 ■ 1 1 1 1 . • de l'individualité qui leui

.1 donne' nui ni. i l plu ' and i I I habili n'ont p i

sousti .m o i i otte i ' !'• impo <•,■ pai leur pi opi o natui -il rd Mi. hel \n c Raphaël l itien N eronè e Poi R

Rembrandt Pujel . ton j onl été >oumi el nou onl ' d m

leurs toiles ou leurs statues , une image fidèle do leui entimenl le plus intimes ri des proporti rps. 1 I

thénon nous apprennent ce qu'était leur auteur, <•( nous n ' i \ • besoin de voir M. In er de l'aspect de ipei

Si l'on applique ce système d'observation an N iateur, on eu tire la conséquence naturelle que, cbei lui, un corps il»1 moyenne taille, trapu el vigoureusement constitué, renfermait on esprit grave, on rateur, méthodique, inventif, en quête des choses bonnes et util caractère, que son écriture renne et régulière confirme du reste. Il

Signature de J. Pèlerin ; 1470.

m' apparaît, en un mot, comme un homme tout d'une pièce, carrément

assis sur sa base; comme un travailleur, qui. circonscrit dans une petite

(1) 11 est bien entendu que je n'entends parler ici que des véritables artistes. d. ceux qui travaillent avec leur âme. Les faiseurs de pastiches n'entrent pas en ligae <lc compte.

sphère, laraUjetei parfois, de sa fenêtre, un coup d'œil intelligent ior il«' ploi hoi izons.

\ . Pardonnex-moi, mon cher ami, toutes i es longueurs. Le penennage que noni élucidons m'a singulièrement inir-i i. depuis que

rous m'atea rappelé A L'étude de la Pei lie, je me

suis efforcé de m'assimiler le me qu'elle renferme en elle. Vous, qui rives .m milieu des splendeurs de la rie Intellectuelle de Paria, poi estimer que je tais maigre chère : mais, pour an \ endôen . c'es( eh rare que d'avoir pareille aubaine, el rotre notice liminaire m oeev- Urilrae pas pea à me la rendre plus agréable encore.

Quelques mots sur quatre des Figures txtmpiate$, <'t j'ai uni d'elle-.

\ I. Je vous ai dit plus haut qu'il ne fallait demander i Pèlerin que des à peu près, el non des reproductions fidèles des monuments qu'il dessinait presque toujours de souvenir* Il a formulé très exactement ta théorie au bas de la vue d'un cloître :

« A choses fil (1rs (nljoshr

Puet-on et changer et oster; »

puis il commence par mettre le précepte en pratique.

Or, ce cloître est, si je ne me trompe, et autant que quelques fragments de chapiteaux et de frises permettent de le reconnaître, une copie librement tracée de celui de l'ancienne cathédrale de Maillezais. Bâti au xive siècle, il est aujourd'hui détruit. Il est d'ailleurs naturel que l'auteur ait donné ce souvenir à l'église épiscopale du diocèse où il est né.

Je crois également reconnaître le chœur de la même cathédrale, au verso du feuillet L, iij.

VII. La troisième figure, dont je veux vous entretenu-, est celle portant au bas cette pieuse invocation :

-MIME . FABER . RERVM . QV1 . l'ERSPICIS . OMMA . SOL\ - AD . TE . DIRECTO . CALLB ■ VIATOR . EAT. f hMEH,

\i i m ,,i !.,,, .1 <l, I | lomiH rillimblu Ir.ituilli m iinii.md.- «

|,l lin n il mi ,1, .|>i .m nl|\ | i, i (), l;iM i|i |(i>< II. |. Mil

du il celle lé ■■< 1 1 < 1 • m l»;i de •' mu1 <••■ I ■> ' liap< Me il«a s uni <

Elle clol la série des planchi .n. lui. . im.il. , ,i nMi.|ii< i.i.nn. du |., 1. 1 ni.i .• <lr l'auteui Pr< d'un autel e i une nii lu; •'•puli raie, .lu ,iu o de celleit qu'on \ oil dan upe foule de i lolli i! ou i liapi II l ne |i.ih'iiiish .■ «• i h pendue i un « l«»ii . .m d<

tombeau, où reposent !<• bel I l'escarcelle du Viateur, ain«i

ii oia volume* de format divei i eiifennuni ses <>u\ : |»,u un i

deux seulement oui êié imprimés: la Perspectiti artificielle, et celai

ayanl pour titre : Teste dé Hiob translata telon la vérité hébraïq

il lr hn / cohiiiii iihnrr ,hi VîûiûUf 9UT icduy 1 . — (>n ij/nore <•• que ses autres proilurlioi iii.'iiiusrritrs , ont de venues. LMf

perte es! d'autan! plus fâcheuse, que la nature des sujets devait l< rendre intéressantee, L'une d'elles était cel éloge de Louis XJ n tionné déjà - .- une outra, on commentaire nu Ptolémée (•)< — La date de sa mort ne permet paa de croire i ta participation din nu Chronique* <r injou de Jean de Bourdigné; à moins qu'on ail fait usage d'im manuscrit depuis longtemps rédigé, en 1529, année où l'édition, contenant les notes! lui attribuées, lui imprimée! Paris Sa qualité d'Angevin rendrait la chose possible.

L'escarcelle, décorée de deux coquilles de pèlerin, tient ici lieu de blason, et rappelle relui que j'ai retrouvé i Saint-Cyr.

MU. La dernière Qgure qui attire mon attention est celle ajoutée eu 1531, que vous supposez représenter le vaisseau de Soint-Nicolas-du-

Port, afin d'apporter un argument en laveur de l'opinion de ceux qui veulent que Pierre ïacobi, ou plutôt Jacob, ait imprimé en ce lieu les trois éditions de la Perspective artificielle; opinion à laquelle il est

(1) In-4° gothique de 434 feuillets.

(1) L'abbé Legrand , qui s'est tant occupé de Louis XI , a dû connaître l'œuvre de Pèlerin. Peut-être en parle-t-il dans quelques-unes de ses notes manuscrites conservées à la bibliothèque nationale.

(3) Ce dernier manuscrit a fait partie de la Bibliothèque du chancelier Seguier.

difficile de se ranger, en pn iscription si formelle pla<

.1 la fin do chaque volume. — Quant à l'image du navire llégoriquc, elle b une signification et une portée plus sérieuse <|h'iiii<' marque typographique. \ l'époque ot elle fut reraenl

un dessin crayonné par l'artiste octogénaire, l'Eglise de Rome était ébranlée jusque dam >ndements par lei prédications de Luther,

l'un de ces réformateurs qui arrivent toujours à point, pour porter la hache lé ori 01 recule niaisement â poser un simple exntoire. I diète de Wonns, convoquée par Charles-Quint, venait de mettre ai ban de l'empire le moine révolutionnaire. — Pèlerin aura voulu s'associer à cet acte, et le traduire à sa façon dans son esquisse. La condamnation de Luther cui lieu ;'i la fin d'avril 1631, et Pierre Jacob achevait son impression le 1 des ides de septembre suivant. Ce rapprochement de date me donne raison contre vous. — Le vaisseau du catholicisme, ayant une représentation «lu Christ sur aa voile, descend doucement le fleuve de vie, poussé par dea rameurs, au nombre de don/.,' comme les apôtres. \ l'arrière, le pap< un autre personnage (1) soutiennent deui bannières, tandis que saint Pierre et saint Paul sont au gouvernail. A l'avant, l'archange saint Michel précipite dans les Bots un petit diable fort noii fort laid . figurant l'hérésiarque, qui n*est pas de taille à opposer une grande résistance; facile victoire dont le non chanoine aimait à bercer sa pensée. Dira le père et le Baint Esprit, entourés de rasons lumineux, surmontant comme un phare le màt du navire, dominent l;i scène, et reçoivent les hommages des astres et des quatre principaux prophètes. — Vaine protestation d'un vieillard près de sa dernière heure ! Lui qui. dans la mesure de ses forces, avait aidée d'autres réformes, il oubliait que tout se tient en ce monde, et que les coups, frappés dans le domaine de la politique et des arts, avaient puissamment aidé à ébranler le vieil édifice religieux du moyen âge. Luther avait, par anticipation, des partisans jusque dans l'officine où

(I) Pevt-êlre l'empereur, nu triée ninl Loup, né :i Tout, qui sut irréter Attife.

• iin|>i un mi le livn ' i' lei in qui poi i lil «I-

édition un un n «1' i nii i fcuillcl nlln quu l'im Mniutqui

lui plu 11 I i Ullr

•»• 2>ola Rbt$ •.•uitiiit .

iinpillc ultra prott' lantf m un pi in< ipii pou i on <<\ mt, qui d( | : h. n die i le doi h ini du lamné de W ible

|)| , i , ; I ,l\ Ml I

.l'en appelle à votre propre entimonl cette explication n'e i i Ile de beaucoup la plus rationnelle ! - Drm.nnl»/ .1 l'un <!•• m>> .mu «In cabinel des estampes de fouiller ce riche dépôt, el voui pouvi z assuré qu'il Iroui era des j 1 a> m e analogu< atempt

le n'insiste pas davantage sur le livre de Pèlerin : la partie de votre notice, con & la bibliographie, ne lai te rien d'inexploré*

derrière <'ll<\ .l'\ ren^ oie donc !«• Ie< leur.

Passons à un autre ordre de faits.

ARTISTES MENTIONNÉS SUB LE mm; DE LA PERSPECTIVE. I. 1 Ifofl nuire n'est de main de jtaintre. mais de qui ai/me foi

paintres et artisans'. » dit Pèlerin, avanj de clore la série de ses 1 coptes; exprimant on ne peut mieux, en ces quelques mots, le rôle qui doit lui être assigné dans le domaine de l'art. — A la rois mathématicien lettré - et véritable artiste, même dans l'acception restreinte «lu mot, l'ensemble de ses planches indique que, pour s'être renfermédans les bornes étroites d'un professeur de perspective, il n'avait pas me en lui une étincelle du feu sacré. — A qui est capable de créer de pareils squelettes, il es! aisé, quand la ebose est nécessaire, de les couvrir de muscles et de chair, et de l<i> vêtir. — J'ai dans ma petite collection une étude à la sanguine rehaussée de blanc du Primatice, qui exprime très exactement la méthode du Viateur. Des figures ostéologiqaes, fièrement

(1) Cette devise était empruntée à Guy Marchand , libraire à Paris, 1490—1506.

(2) La nature de ses divers travaux indique qu'il possédait les langues savantes.

là

campées, -■■ divoent à rôle il d'un un »m\ t-m. n t identique, mais

pmiruies de leur iiiiiMiilaiinc. Vienncnl ensuite ees munies li^ui

parées de tous let éléments de II ne. Telle a été la méthode de notre professeur; seulement les besoins de li démonstration ne demandaient pas d'aller an delà de l'ostéologie, el l'inhabileté Mes g] veurs lai Eaisaif nne Loi de ne pas leur donnei des modèles trop délicats 1 reproduire. — Si jamais on retrouve quelqu destin original de sa main, exécuté dans nue antre donnée, je crois pouvoir affirmer d'avance qu'il satisfera votre esprit et vos yeux. Demoura-t-il avec l'unique contingent que nous loi connaissons , je le tiendrais toujours «'ii assez grande estime, la charpente «l'un sujet me paraissant primer les détails. — Lorsque vous disséquez an livre, un tableau, une statue, un produit quelconque de L'intelligence humaine, n'allas-vous pas de suite au Pond des choses, et ne cherchez-vous pas tout d'abord les Lignes rudimentaires î Le Yiateur a laissé à d'autres Le soin de

« former dessus traix principaux

bases ' i chapiteaux, »

et de

i faire tours ttportaux

tels qu* il plaira riches et beaux; »

ce qui demande à coup sûr moins de génie inventif (pie pour fournir le- grandes lignes de l'édifice.

EL Tl me semble donc, mon cher Montaiglon, que vous êtes un peu sévère, lorsque vous reléguez Pèlerin dans la catégorie des simples

tireurs de lignes. — Pourquoi? parce qu'il donne la préférence aux peintres? — Mais, je vous le répète, il y a dans ses planches plus d'une leçon utile pour les architectes. — Il a beaucoup vu, beaucoup étudié. Il s'est mis en contact avec les grands initiateurs de son époque. La date des lettres de provision de la chapelle de la Métrelle, et celle de sa prise de possession . administrent la preuve qu'en 1478. il avait suivi Commynes en Italie. — Pour que celui-ci pourvût, en effet, à une vacance aussi minime, le 20 juillet de cette année, alors qu'il

se trouvait on I il ôlail 1 1 fin d'avril .

ition n i impoi i mi. M fallait que le don tôt i

I i |n i i- i- mu n'. ni lieu ,

| iiu\ l'inlu i! , Il pi i 11) i l'tnill de r.mili.i pi'' i n I <

,1ml r\.i, tenu ni ave( celli roui ni p m Ni i1 édition de M I Commytn

1 0 1 liapeluin do l'ambu idcur de Loui \l fui | portée d'entrer en relation avec les principaux .unir, <h- . coni qu'il part ourut. Milan . Floi on< e el \ eni e . où il eul le loi ii de rendre, lui offi irenl lurtoul de nombreux atelii parmi les noms de peintres mentionnés par lui, on remarque c< \i\ de plusieurs don! il put admirer aloi le obui i s

Les Ulemands, Flamands el Français ne son! pas oublié non plus, et l'on voit qu'il rechercha avec soin la fréquentation de ses cod triotes, qui tenaient , de son temps, le haut bout dan I

III. Quoique la peinture fût cultivée en France, du vivant de P rin, avec moins de succès qu'en Italie, et qu'elle sortit fl peine des langes du genre décoratif et de la miniature, il \ii grandir autour de lui cette génération d'artistes charmants, qui furent les maîtres de Jean Clouet Si j'en juge par la série des monnaies frappées entre 1-471 et L524, une révolution semblable s'accomplit sous ses yeux en Lorraine, province <>u I14 sentiment artistique eut un caractère â part, et qui se distingua par cette recherche un peu exagérée du détail, dont héritèrent ses graveurs du \wr siècle. Visible sur les monuments numismatique^ de René II. elle est encore plus apparente sur ceux des ducs Antoine et François Ir. et arrive à ses extrêmes limit Charles III, qui attacha Wocirot à son atelier monétaire. Israël Silvestre, Jacques Callot el l'illustre Claude Gellée, placés au sommet de l'art lorrain, ne s'écartèrent pas dé cette tradition. Le séjour de Rome ne put même faire perdre au dernier, le plus puissant de tous, cette façon de reproduire la nature. Il procéda cependant comm.' elle : il divisa ses plans par grandes masses . et entra dans les plus infii

détails; rendit avec nue exactitude scrupuleuse le fouillé des arbn et emprunta au soleil pons brillants h limpides, <jni fondent en

nn tout homogène, sans les effacer, les minuties de -<>n pinceau e1 les finesses, â la fois maladroites el Bublimes, de sa pointe.

Silvestre et Callot, moins heureusement doués que Claude, ne lurent pas appeler la lumière au secours de la lécheresse de leur burin. Ils s1 similèrent l< - qualités de leurs devanciers, sans répudier leurs défauts.

Lea esquisses de Pèlerin, et ceci doit rous frapper, sont coi dans un sentiment autrement large que lea oeuvres dea peintres ••! des reurs de coins de la cour deNanc] sous René II. Il conserva, jusqu'à la lin. Irv traditions de -;• patrie, <•<■ qui ne l'empêcha paa d'être juste envers tous, <'i de confondre dans une seule affection lea hommea qui pratiquaient l'art qu'il chérissait, quel que lui le lieu (!<■ leur naissas Leurs noms brillent confondus sur l«' frontispice de la troisième édit i on do son livre.

u 0 bo iss trespassez et vivens ,

Gratis esperiz Zeusins, Apelliens, Décorant France, Almaigneet Italie, Geffelin, Paoul et Martin de Paiye, Berthelemi Fouquet, Poyei, Copin, Indre Montaigne et ef intien* Colin, Le Palusm, Hans Fri$ et Léonard, Hug ues, Lucas, Luc, Albert et Benard,

Jehan Jolis. Hans ilrun . et Gabriel

Vuastele, Urbain, et l'ange Micael, S;/ mon dià Mans, dyamans, margarites, Rubyz, saphirs, smaragdes, crisolites, Amétis t es , jacinthes et topazes, Calcedones aspires et à faces, Jaspes, bérylz, acates et cristaux,

Plus précieux rous tiens (/ne tclz joijaus ,

Et touz autres nobles entendemens Ordonnateurs de spécieux figmens.

Von porUÎ lu lumi i inl d<

nomcm latine m m i' m m- ^'iii |i.i ri m 1*1. r. 1. 1 m Ici contenté olon on habitude de De fournil la plup n i du i que de indii ation omm tin d'appi h i impletnenl ' loui - prénom • omme cela t pratiquai! louvcnl aloi ;ni\ toi lui ei qu'il pi épai ail immentateui futui II ne i j

i tou -il non plus d'une grande exactitude; ai bien, qu'il a pu lui arrivai i .1 el lé de ne paa ôtre d'accord ave< l'extrait de baptême d< pei ités. — Je \ ai A mon tour, de déch [ucl-

ques-unes de i m I ommençons par lea nom

l\. Je n'ai aucune objection è vous faire iur ceux d< I iquet, Poyet, Coppin Delfl i . Colin d'Ami mon Hayneufve, dit «lu

Mans, qui seuls, selon voua, appartiennent à notre patrie; tandis que je crois pouvoir leur associer Gcfielin . le premier nommé.

Mon dossier concernant Commynes contient un document iur un peintre, <|iir je suppose être celui «mi question. Le voici :

I Baulde Talboem, prebtre, chanoine de Tournai n de Dreux, cure' de Bouesse î . procureur gênerai de noble et puissant seign monseigneur Phpes de Commynes, chevalier, seigneur d' ir rouir n seigneur de Dreux, confesse avoir receu aujourd'hui de LyonardJabin, receveur pour mon dit seigneur en lu dite U sei-

gneurie, la somme <(c six vingt sept livres ion mm*, au nom \ l'acquit de Olyvier Chi/felin d'Angiers,paintre, a luy ordonédesallaire et despenspour les pointures de la chapelle du dit Dreux; de la quelle somme est tenu quipte et deschargé le dit receveur. T *■ moing mon seing manuel cy mis le \\i\ jour de juin nul iiij

tept. talboem. »

(I) « A Coppin, painctre, pour un tableau qu'il nous a baillé et livré, pour envoicr ù nostre belle-mère de Laval, duquel tableau nous avons fait faire pris avec ledit Coppin, à la somme de 8 I. 5 s. t. »

(Ext. du rôle dos dépenses de Jeanne de Laval, femme du roi René, de Tannée . à la date du 13 septembre; copie manuscrite communiquée par M. H chegay. L'original de ce rôle est aux archives d'Angers.)

1) Boesse, DOUTg voisin d'Argenton Château (Denx-Sèvres

I orsque cette quittance lut écrite . Commynes était conduit du i i I tergerie, od rayaient fait j<

pour enlever Charles vm i la tutelle de Madame Beaujeu. Ilj n détenu jusqu'au 24 mai 1 189. 1 ue procuration générale donn< femme et à Baulde Talboem . l'un de rétairea 1 . leur permit

d'administrer da pendant a captivité.

Une autre quittance, donnée, durant la même période, par Eélène de Jambes, fait mention d'un imagier ch; dément de concourir

.1 la décoration de la chapelle de Dreux. Je la reprodnfi i la mite de la précédi ote :

m Nous Hélène de Jambes, dame de Dreux, au nom et comme ayant procuration généralle de mestire Phelipes de Commyi chevalier, seigneur d'Argenton, conte et seigneur du dit Dreux, confessons avoir receu cejourd'huy de Léonard Jabin, récepteur de nostre dite conté et seigneurie, la somme de deux cens sept li\ (m/ mois, sur ce que le dit récepteur peult ou pourra nous debvoir, d cause de sa dite recepte, rabattu oultre la somme de trente huiei (ivres tournois délivrée à Jehan leMoigne, ymaigier, pour le j

de certains OUVTaigCS de son mestier j'aiz es chapelle du choSteOU du

dit Dreux. De tout quoy tenons le dit Jabin deschargé et quiptepar ces présentes signées de nostre main. Fait le \\\ jour de novembre

mil iiijc iiij** et huit. in.u.m: de jambb. »

Y. Les Italiens sont au nombre de sept. — André Mantegne, le Pérugin, Léonard de \ inci . Michel Ange et Raphaël se reconnaissent aisément, malgré le masque, parfois assez épais, qui les couvre, Restent à trouver les autres.

Ce sont Paolo Ucello, qui opéra une révolution dans la perspective, nu bien encore Paolo Zoppo, de Brescia , et Bernard Zenale, dont le

(1) Commynes a dft se servir de Talboem pour transcrire ses mémoires. Son Intelligence et la neUelé de son écriture étaient faites pour lui être d'un grand secours; d'autant plus que la rédaction primitive deflil être à peu près indéchiffrable, tant sa propre écriture était mauvaise. Donc, si l'on retrouvait un manuscrit de la main de Talboem, on pourrait le considérer comme original.

nom e i pi ii le \ on ' i "n- 1 elui d< i

ion iliu m c .mu i moin que rou ne prMrorii c* lui d I

n. ml \.ni Oi lej . de Hi uxclle i 1- \ ■■ d< \\ : <\ *y< peinlrc do Marguei itc d' kuti i< I

\l. si\ Ulemandi ou Flamands el troi inconnu complètent la |i i, .n H. m l'i i . Luc de Crana< h Ugo vander G Mbert Durer, Elans Griin el Lucas de Leyde, lou justement renorami I,- premier, qui demeure dans le* demi-teint « 1 • - rii\ji<»iin\sc. — inconnue lonl : Martin de Pavye, Jean Jolyi el Gabriel Vua lele. — Le premier ne sérail il point par hasard originaire de Praii Son nom a été poi té par plusieui du x\ iè< le, entre

autres par le conseiller Simon de Parie, mentionnée I la sixième année des [rchitts defart françaU 1 , — JeanJol] un Jean Schoen, « 1* >n t Pèlerin a francisé le nom. — Quant A \ nasf j'en ferais volontiers un Guastele, Guastalde . Guastaldi; un italien plutôt qu'un flamand.

\ II. On regrette de ne pas Toir figurer Francis , Fra Bartholomi Jean Pereal, Martin Schoen el Jean Bellin, but cette liste. J'ai peii croire de plus que Jean Fouquet ait été oublié, et je ne serais pas éloigné île supposer qu'il ne lit qu'un arec son homonyme inconnu, pi presque en tête de la nomenclature des artistes contemporains «lu \ iateur, Il y a erreur de prénom, roilà tout. — El puis Pèlerin n'a peutêtre voulu mentionner que les peintres qu'il a personnellement connus.

Vlll. La multiplicité des détails, contenus dans cette première lettre, a dû tous fatiguer, mon cherMontaiglon; mais tous] arez ni la preuve

de l'intérêt que j'attache à votre nouvelle publication. Les monuments

écrits, relatifs aux débuts de la Renaissance artistique fran -ont

rares. La reproduction de l'ouvrage de Jean Pèlerin est donc un service

(1) Plusieurs villages et maison? isolées, situés sar divers points <le ta France, portent le nom il*1 Payie.

impoi tant rendu i looi i eui <im dirigent d< ce côté leur études. Cei :

i du rieui chanoine deToul soni plus on iuoju- <i.| .1 les oui plus ou moins rieilli ; maU elles sont accom] id'imaf

ei les io ! on champ ouvert A tonte d'investigations pour

les chercheurs. — Un simple croquis eu «lit souvent plus qu'un gi volume sur les questions d'origine et de Bliation artistiques. — Je crois avoir démontré que les planches de la P artifii idlr ont, <i

ce! ordre d'idées . leur râleur el leur incontestable utilité.

\diri! . mon cher ami . etc.

Fontenay Vendée . /•'» août 9804.

SECONDE Ll TTRE

Un commis tFHônry Kstientu au Cordi f t\ i d( f b w.

Noos allons entrer aujourd'hui, par la i mon cher Montai

glon, dans l'une des cellules du couTenl de I ord( lii i de i ontei Deux hommes ont assis autour d'une table, et, tandis que l'un parcourt avec avidité un livre nouvellement venu d demeu l'autre écrit cette quittant

./ Octave Ferrare (4) confi m nom de m1 I

tienne, imprimeur de Paris, la tomme de sept eseus au toleil, \ les mains de /"' Pierre Lamy, sur et en déduct\ deu au diei Estienne, acause des litres vendus cejourcYhuy n mon** Vevesque de Malexois; c'est assaeoyr la Cronieque, .1 Mêles, Querela pacis, Eomerus, Cicero, Carrara, I" Voye cèlv*tc. et le Triumphe de Mantuene; de la quelle somme je m pour content et bien payé, et en quiète le diet /r' Lamy et i aultres, et, en tesmoing de ce. j'ai signé cet présentes. Fait à F \tenay le Conte te dernier jour de juing mil cinq cens dix et

neuf. 0. FERRARE 2 .

Nous nous trouvons donc en présence de ce Pierre Lanrç 3 . qui fui le maître de Rabelais, le correspondant de Budé, et de l'un de voyageurs en librairie, chargés par Ilonn Estienne, premier du nom, de répandre dans toute la Franco, comme une manne céleste , non-

(1) Sans doute Ociavio Ferrai, nom qui annonce une origine italienne. (-2) J'ai trouvé eelte pièce collée sur l'une des gardes en bois des œuvres de Duns Scoii, éditées à Paris, en 1 r» l T et 1518, cbei Jean Granjoa.

Cesl à torl qu'on rappelle Amy; sa signature originale en fait I

lentement les produits de ses pn i encore ceux des impri-

me] I ne et d'Italie, ainsi que l'indique la quittance que je

as de reproduire. C'était le jeune évéque de Maillezais, Geofl d'Estissac i . qui payait les livres destinés bien pli (amis qu'à son propre usage. Si nos yeui pouvaient ;i M • • r au delà du tracé par l'autographe de Ferrare, nous renions, â coup sûr, le futur auteur du Pantagruel, debout derrière son professeur, et souhaitant la bienvenue, avec non moins de joie que lui. au présent

de son ancien compagnon d'études.

Quelques grands classiques anciens et quelques œuvres moderne traient ainsi i d couvent des Cordeliers. I a Croniequ icun

doute, la Chronique de Nuremberg , et la Querela paris, la Quei paris undigue gentiutn éjecta profligatetque d'Érasme, imprima Bàle en 1516. Le médecin et historien Carrare figure nent sur la

liste; mais j'ignore ce <|ii<' pouvaient être la Voye céleste traité de piété ou d'astronomie? et le Triumphe de Mantuene. Si nous avions affaire à d<s amateurs d'estampes, je reconnaît] dernier

titre, I b belles planches du triomphe romain d'André Mantegne.

Il est facile de s'imaginer à quel point les confrères, ignorant groï de nos deux érudits durent être scandalisés de l'introduction, dans le monastère, de ces dangereux livres. Leur sommeil en fui certainement troublé pendant bien des nuits, ci je ne serais pas étonné que ce témoignage de la munificence de leur évoque diocésain n'eût contribué, pour quelque chose, à envenimer la querelle, qui aboutit, cinq ans plus tard, aux persécutions dont Lamyet Rabelais furent les victimes. — Bien peu s'en fallut que le plus puissant génie du v.r siècle lignlt . avant son éclosion complète, dans la fange d'un cachot, où des apprentis moines mendiants avaient seuls pourri jusque-là.

Ce tragique épisode, menue monnaie dt la \ ie des couvents, a été le ! de maints commentaires: maison ne s'est jamais beaucoup enquis

(1) Geoffroy d'Estimac , ancien compagnon d'études de Rabebii I II Uaumette, n'avait que 23 ans, lorsqu'il fut nommé évèqoe de Maillezais. Il était tils de Jean de rEsparre, dit d*' dont il es( | surlé plus liant p. 10, rote 3.

de l'rllcl |i|im|iii| ^iii les li. .mm. llYlite qilj t< n.iH'iil <!• I l<

en i m. le c lime, \ la nouvelle «l'un pai . \<n

Guillaume Bud util m il » h tui d'adre I i

une lettre foudroyante, véritable coup <l<- i<». m contrr l< monastiques . qui lemble mol n \ ieu* i ite hiei lanl

l.i plupai i de i éflexion qu'elle i enfei me ont i ni 01 e plein tuai i té. Elle <• I i peu i onnu< n texte \ rei n'aj inl jano mis en français, que la traduction littérale suivante , faite pai l'un de .mu- ,i presque l'intérêt d'un do< umenl inédit.

« Guilltume Buda V Pierre Lamy, de l'ordre lut.

» An iicmi de Dieu, de l'institution mniKistiouc et du nuid.iirur .l.- \"ti ii.'ii, que venons-nous d'apprendi < qvc voua, doo bien cher irai, qjm

Rtbetils, votre iii.s.c, .ii i.ntir, .i ...use de \. (.<>ui i. s l'tiirlti belléoiqart,

:ui\ vexations de nos confrères, i nnemls <i<-. larea de tout i <• qui < st i »uf-

i.i t niiiiut indigne n titement.

u Jusqu'où va donc la fâcheuse démence de cea hommes ' Quelle inconcevable absurdité! 1K sont donc teUemenl dénuéa du sentiment du boa e( di beau, que, s'insurgeanl précisément contre ceui dont votre ordre tout eoUer devrait se glorifier et irgueillir, contre ceui qui s'élèvent bientôt au sommet de la science, jaloux de la réputation qui les entoure, lia emploient ions leura efforta pour les détourner d'une carrière si excellente et si digne des bommea graveo; comme si c'était une V I pour ceux qui choisissent la vie commune, d'j anéanUr, eu quelque sorte, leur

existence loin des agitationa du monda, de croupir danel'isj ance deebeU<

et de chérir cette ineptie, à laquelle quelques-uns donnent le nom de simplicité monastique! Quant à moi, je Munirais que ceux chargés de la direction dea ordn admissent sut tout les jeunes gêna qu'ils savenl aimer les lois et iu iblis dao •

ordres auxquels lia se sont desUnés, et certea que l'on ne rejetât pas ceux qui ont de l'inclination pour les bonnes études, et qui, comme on dit,aentent un peu legoât du monde* Ce sciait ceux-là que je choisirais, avec le plus de plaisir, poor être chefs des couvents, « tje retiendrais auprès de moi loua ceux qui cultivent avec aoii l'ignorance, sous le nom de doctrine orthodoxe, et, cela, pour punir, d'une manière digne des opinions qu'ils ont embrassées, leur obscurantisme et peut-être leur usa! Oui! si, parmi ceux qui s'adonnent aux travaux philologiques, il était quelqu'un qui ne s'empressâl pas de vous venir en aide et secours, à vous, hommes trop i encore, qui vous constitues les amis, les initiateurs des études encyclopédiques, a nous qui, pour cela, avez été livrés à de telles injures, qui ne s'empressât pas de se taire le vengeur des muses, qu'il soit effacé du nombre de ceux qui prétendent à ce titre ! Pour nous, nous ne refuserions pas de mourir pour l'honneur des muses menacé, et cela sous la seule condition qu'il se tirât sain et sauf des périls qui l'entourent. Car, s'il était 'permis à des gens dénués de toutes lettres d'être les dispensateurs des récompenses dues à la science et d'eu décider à leur guise, ne regarderions-nous pas cela comme le comble du malheur! Gomment alors ne mèJerions-nous pua ,

ici ri la , '

.1 nulle . i nu u pu coni

n'uni locun sentiment de la il ou du faui! < t c'est I.» le plu le m. il qui <l"iiuiic ptl un

simples pti ii' oliei i , dm tient < ombien II

<lr I ■ Il :m\ : t. .H;. II., lit |fl |.|llS [..lit.

Peassr, Mttol qu'il est possible, a* hommes

Mrs (l'applicirr les 1 >< < i. > . Il rll\ dollrs (l'iiilrlli^rlicei I « • « » X ,111 |

t. nt leurs regards itir ce que la fie i d'irrégularité et le monde «le déi nr-

toul dans le temps pi :is limtrs (li.. m s aller, rnniiiir on <lii ,

dessus drsxuis. Mais l'injure que voua avei soufferte ne dcii\ i-

lement «le ri i de la stupidité 1 1 de nu

' • ul rst d'autant i H mil.

» Or, nulle jalousie n'est plu que cell

vite, el qui sont en dessous, lis oui Fait, I la fourberie de leur esprit, un montées du ikiiii d'usé piété qui cherche ;i faire passer tout pour affaire «le religion l , et ai lent de n'avoir d'amour que pour la simplicité dans l'éducation, et nullement |

l'enseignement hellénique, comme .c.i cela riait seul l'orme .i l".

.i ii constance dues à l'orthodoxie de nos ancêtres, qui ont premièrement di le coite divin, et comme si ceux qui jx usent à l'antique et niaisement étaient les seuls qui fussent amis de Dieu el de la simplicité des mn . i \ qui raisonnent ainsi n mblenl i nombre des tin - • \a< ts . i Mais. .i

1rs tuteurs de la réritable dévotion et de la piété; tandis q

sciences et des vrais amis des choses antiques, qui onl eu la boni l'sr-

rtvet à une instruction bien dirigé* , et i pouvoir pi

ils iniri disent le dn il de professer, cosnaseétanl des théi riminelset impies. —

(»u poumil ciler encore quelque chose de plus al. sur.! eux viennent de s'animer d'une telle haine contri tri es Ui ■ | es, <

tout réceaameni par un Etoterdamois (Erasme , homme dlnne science multiple, profoi ment versé dans les saintes Écritures, comme les savants lui en rendent le gtorii ai lémoignsge, qu'ils ont regardé comme une chose sainte que de le diffamer es !• et de chasser des assemblées, les injuriant à grands cril et sans jugement, les i dianta qu'ils ont il) s plaire) ses < s, l, dans résous de leur passion, ils sont pn sque allés jusqu'à leur interdire le fëu el I • ns des ordn - mea)-

dianta sont principalement cause de ri t emportement, et, avast tous, ceux du vôtre, qui ont attaqué avec le pins d'hostilité l<-s oui ; auteur et cen\

des Hell< "'lais cette manière d'agir d'hommes qui ae disent les maures et les

guidi - d - Institutions divines et de culte de notre Bssreur, l'apneUstiNM-asma, al nous recherchons le vrai, une piété pure (que ta moindre lémérité soii néanmoins rejrtre bien loin de mon discours), on une démence cassée par Ta colère de Dieu .' Car ils ne parai rornl pas avoir pour objet la poursuite de ce qui appartient au domaine de notre excellent sauveur le Christ , ceux qui s'abandonnent ainsi à l'éflM qu'ils éprouvent, el qui accordent à la colère au-delà dn nécessaire et du légitime.

I n>n, pour jurdn nucltjuun, couvrent insolemim Dr l'intérêt du del leur < fUimemi,

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