CINQUIÈME LETTRE
Le portrait de la Reynie par Pierre Mignard,
Mon cher Montaiglon .
I. .le vous disais, dans une de mes précédentes lettres . à | portraits composant l'ancienne galerie de famille du Parc-Soubise, que celles de ces peintures, qui avaient une véritable valeur artistique, ne devaient pas être détruites, mais étaient plutôt entrées dans quelques collections publiques ou particulières. Combien d'autres, de moindre prix, ont subi le même sort, et sont maintenant rangés parmi les via anonymes, ou désignés sous des noms étrangers aux persom iont
ils reproduisent les traits ! Sans sortir de la Vendée, je pourrais vous citer quelques exemples assez piquants de métamorphoses di are.
Tel salon de descendants d'échevins étalerait à vos regards surpris les images des membres de la famille du roi Louis W. d< I neuf d'un
nom do maire . de sénéchal, ou de femme de procureur. — ■ Plusieurs de mes ancêtres ont été cordon> bleus, » vous glisserait même, avec un aplomb parfait . l'heureux hobereau possesseur de ces nobles croûtes; et il dirait vrai . le brave homme . car le premier artisan de la fortune de sa race sortait de la cuisine d'un prélat du paj
Souvent aussi des portraits, passés par héritage dan- une antre famille, ont vu se perdre la tradition de leur origine, et ont été soumis, de lionne foi, à des transformations analogues, quoique beaucoup moins singulières. Plusieurs toiles remarquables n'ont pu échapper â ces nouveaux baptêmes. — Les erreurs de ce genre sont fort difficiles à rectifier en province, par suite de la rareté des éléments de critique , surtout des collections d'estampes. — Cest ainsi qu'un bon portrait de l'un de nos artistes français du wn' siècle, tombé, depuis plus de cent ans, an rang d'oeuvre anonyme, est resté
• u< lu ou un nom d'empi uni pi t|u
loi tuitc un - l'a ' i autour . • ' m'
le | m - 1 Diui i 13 qu'il i epi i ente. Ktnul ci n matin i lu i M
iiiii.m i j'attendaii qu'il pûl me i i l"i \\\u n
ie fixèrent ur le la Reynie que \ an s. huppcn 1 1
d'aprè , Pierre Mignard. J'3 re< onnn la reprodui tion d'un
tableau quo j'avais ouvenl admiré daûi l'ateliei d'Octave de R
brune. — Une heure api 1 mon ami . pour le pi iei
chercher, dans ses papiers de famille» la trace de lien d , utéqui
pouvaient exister cuire ses aïeux <'i le fameux lieutenant de polii e. —
i Burlendemain Ba réponse m'arrivaitd< Fontenay, lestée de preu
établissant d'une manière irrécusable que la toile i le, rej
duite par Van Schuppen, lui venait en droite ligne d< I ion «lu
fila de la Reynie, échue â son quatrième aïeul paternel, présid m
trésoriera de France à Limoj
11. c.ciii1 première enquête terminée, il me restait à constaterai, dans les documenta relatifs à Mignard qui nous sont connus, il ne se trouvait aucune mention pouvant indiquer la nature des relations de l'artiste avec la Reynie. Vos Archives de Vart fira inappréciable répertoire, où j'ai si souvenl puisé, ont encore une fois fourni réponse à la question que je m'étais posée. On lit. en effet, à la page 11 du tome Vil, dans le testament il»1 Mignard, en date du "2(.> octobre 1663, publié par MM. Nie] et P. Mantz, les clauses suivantes : « Item, donne et lègue à monsieur de la Reynie, maistredes requestes, un tableau qui est le nwdclle fuict pour l'Jiostel du Val-dc-Grace , peint sur faille, ou est représenté ledit hostel, le suppliant de l'agréer.
» Et pour exécuter et accomplir le présent testament, Y augmenter plustot qut diminuer , ledit testateur a nommé et eslu ledit sieur de la Reynie, maistre des requestes ordinaires de i hostel du roy, et Barthélémy Rolland, consT. et secrétaire du roy et de ses finances. »
(1) Zélé collecteur de portraits, demeurant à Paris, rue de Seine. - Il était, comme on le verra plus loin , fils d'une nièce de la Reynie.
Peu de tableaux onl <l<-ii. Icun certificats d'authenticité aussi bien on règle que celui-ci. Il d jusqu'à la belle gravure de Van
Schuppen qui ajoute à l'intérêt de ce cortège de preui