‹ Lettres écrites par les souverains des Pays-Bas aux états de ces provincesChapitre 16 sur 31 · BALTHASAR MOLINET · texte numérisé non relu

BALTHASAR MOLINET

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états.

CHARLES II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il leur exprime la satisfaction qu'il a de leur conduite , et son désir de leur procurer la paix et la prospérité.

Madrid, 9 avril 1679.

Le Roy.

La mémoire que nous conservons des ruines et travaux que vous avez si constamment souffert pour nostre service pendant la dernière guerre, nous convie à vous en sçavoir tout le gré possible, et vous tesmoigner la satisfaction que nous avons de vostre conduite, vigilance et labeurs, et combien nous souhaitons de vous faire ressentir les eifects de la poix , et touîe la prospérité qu'icelle permettra de vous acquérir, qui est Tobject de nos seings et de l'affection qui nous incline à tout ce qui regarde vostre advantage , conservation et soulagement. A tant, etc., Nostre-Seigneur vous ait en sa saincte garde. Madrid, le 9 d'avril 4679. Cde Berg. v1.

CHARLES

Balthasâr Molinet.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux étals. — Archives des états de Hainaut : laye IV, vol. 4, 2e partie.

CHARLES II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il leur témoigne sa reconnaissance du zèle et de la constance qu'ils ont montrés pendant la dernière guerre, et les assure qu'il s'appliquera incessamment à leur procurer tout le soulagement qui dépendra de lui.

Madrid, 4 mai 1679.

El Rey.

.... La noticia y experiencias con que me hallo de la singular fineza que haveis mostrado en los accidentes de la guerra pasada, padeciendo con exemplar constancia tan repetidos daños, me da justo motivo de manifestaros la gratitud con que me hallo de vuestro zelo y procedimientos; y deveis aseguraros que procuraré siempre que experimentéis todo el alivio que cupiere en los términos de la constitución presente en que os halláis, como se solicitará por todos los medios posibles, no solo por merecerlo vuestro obrar, sino también por lo que deseo la conserhacion de tan buenos y fieles vasallos. Y íio que os mantendréis siempre, con la misma firmeza que hasta aquí , en cumplimiento de vuestra obligación y correspondencia de lo que os amo y estimo. En tanto, etc., Nuestro Señor os tenga en su santa guarda. De Madrid, á 4 de mayo 1679.

YO EL REY

Don Pedro Coloma.

Archivos du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états.

CHARLES lï AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES.

Il les informe qu'il a nommé AlexandreFarnèse lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas , en remplacement du duc de Villa Hermosa.

Madrid, 51 juillet 1680.

Le Roy.

Comme, à la réquisition de nostre cousin le duc de

Villa Hermosa, nous luy avons permis de s'en retourner par deçà, et trouvé convenir de commettre nostre très-cher et féal cousin Alexandre Farnèse , chevalier de notre ordre de la Thoison d'Or et gentilhomme de nostre chambre (1), pour nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général de nos Pays-Bas, nous avons bien voulu vous en advertir, afin de le recognoistre et respecter pour tel, et de l'assister de la continuation de vostre zèle accoustumé à nostre service, selon la confiance que nous en avons. A tant, etc., Nostre-Seigneur vous ait en la sainte garde. De Madrid, le 51 de juillet 1680. Y Mte rey \\

CHARLES

BaLTHASAR MOLINET.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux étals. — Archives des états de Hainaut : laye IV, vol. 4 , 2e partie.

(1) Ses patentes sont du 31 juillet 1680. Il y est qualifié d'ex-vice-roi du royaume de Navarre, et d'ex-gouverneur et capitaine général de la principauté de Catalogne.

LXXVÏ.

CHARLES IÍ AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il leur annonce, comme dans la lettre précédente, la nomination d'Alexandre Farnèse, les assure qu'il s'occupe, avec une application incessante, des moyens de les secourir d'hommes et d'argent, et ajoute que le nouyeau gouverneur a ordre de se consacrer tout entier à leur défense et à leurs intérêts.

Madrid, 28 août 1680.

El Rey.

Haviendo concedido licencia para venir á España al

duque de Villa Hermosa , y tenido por bien de nombrar en el govierno de essos Estados á Alexandro Farnesse, por las grandes circunstancias, que concurren en su persona, de calidad, méritos, graduación y celo, he querido daros noticia de ello, esperando que le asistiréis, conforme á vuestra obligación, de forma que en todo se mire á mi mayor servicio , y este se encamine y logre, como tanto conviene, y juntamente la satisfacion de tan buenos y estimables vasallos, que es á lo que mas se aplica mi deseo y cuydado, para el qual se queda tratando aquí de embiar medios de dinero con que socorrer la gente de guerra, en que se obrará con incessante aplicación, y siempre me deverá esta misma todo lo que pudiere conducir á vuestra conservación y mayor consuelo, hallándomelo muy seguro de que contribuiréis, por vuestra parte, lo posible, á los aciertos de Alexandro Farnese en su govierno, obedeciéndole, respetándole y atendiéndole como á quien representa mi real persona y soveranidad. Él lleva entendido de quanto agrado será para mí, que se aplique muy de veras á vuestra defensa y mayor satisfacion en lodo , y yo quedo en toda

confianza de que lo procurará por quaníos medios fueren ymaginables.En tanto, etc., Nuestro Señor os tenga en su santa guarda. De Madrid, á 28 de agosto de 1680.

YO EL REY

Don Pedro Coloma.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Nairiur : Registre aux lettres de la cour, de 1567 à 1781, pièce 51.

CHARLES II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il leur fait savoir qu'il a commis au gouvernement des Pays-Bas, par provision, le marquis de Grana.

Madrid, 28 avril 1682.

Le Roy.

Ayans trouvé convenir de commettre au gouvernement général de nos Pays-Bas, par provision, nostre très-cher et féal cousin le marquis de Grana, chevalier de nostre ordre de la Thoison d'Or (I), pour la grande confiance qu'avons de sa personne, nous avons hien voulu vous en advertir, afin de le reco-

(1 ) Othon-Henri, marquis dal Carretto, Savona et Grana, comte de M ilesimo.

Ses patentes sont du même jour, 28 avril. Mais, par d'autres patentes réservées, en date du 16 février précédent, Charles II lui avait déjà conféré le gouvernement des Pays-Bas, « le cas arrivant que le prince de Parme vînt à » manquer. »

gnoistre pour tel, et de l'assister de la continuation de voslre zèle accoustumé à nostre service , selon la confiance que nous en avons. A tant , etc., Nostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. Madrid , le 28 d'avril 4682. Y Mte rey y*.

CHARLES

Balthasar Molinet.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains des États. — Archives des états de Brabant : Registre aux résolutions de 1682. — Archives des états de Hainaut : laye IY, reg. 4, 2e partie.

CHARLES lï AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES.

Il leur annonce qu'il a nommé lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pavs- Bas, par provision, don Francisco Antonio de Agurto.

Madrid, 30 décembre 1685.

Le Roy.

Comme nous avons trouvé convenir de commettre

nostre très-cher et féal don François-Anthoine d'Agurto (1), pour nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général de nos Pays-Bas, par provision , nous avons bien voulu vous en advertir, afin de le recognoistre et respecter pour tel, et de l'assister de la

(1) Ses patentes sont du 50 décembre 168a.

Il était chevalier de Tordre militaire d'Alcantara.

continuation de vostre zèle accoustumé à nostre service , selon la confiance que nous en avons. A tant, etc., Nostre-Seigneur vous ait en sa saínete garde. Madrid, le 50 de décembre 1685. Y

M,e REY V1.

CHARLES

Balthasar Molinet.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Hainaut : laye IV , vol. 4, 2e partie.

CHARLES II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Nomination de don Francisco Antonio de Agurto. — Promesse d'envoyer des secours d'argent.

Madrid, 3 janvier 1686.

El Rey.

He resuelto que á don Francisco Antonio de Agurto,

que entró á gobernar esos Estados por muerte del marques de Grana, se le envien los despachos para que continue en el govierno de esos payses, por las grandes circunstancias, que concurren en su persona, de calidad, méritos, graduación, zelo y experiencia de las cosas de esos payses. De que he querido daros noticia, esperando que le asistiréis, conforme me prometo de vuestra obligación, de forma que en todo se mire á mi mayor servicio y al bien de esos mis buenos, amados y fieles vasallos, y este se encamine y logre como tanto combiene, y juntamente la satisfacion y consuelo que les desseo : que es á lo que incessante-

mente se aplicará siempre mi cuidado. A cuyo fin se queda tratando de enviar medios de dinero con que socorrer la gente de guerra : pudiendo estar ciertos de que siempre atenderé à todo lo que pudiere conducir à vuestra conservación, assí como yo lo estoy de que contribuyreis, por vuestra parte, lo posible, à los aciertos de don Francisco Antonio de Agurto en su govierno, obedeciéndole, respetándole y atendiéndole, como á quien representa mi real persona; y saviendo él de quanto agrado será para mí que se aplique muy de veras á vuestra defensa y mayor satisfacion, quedo con toda confianza de que lo procurará por todos los medios posibles. En tanto , etc. , Nuestro Señor os tenga en su santa guarda. De Madrid, á 3 de llenero de 1686.

YO EL REY

F. Crispin G. Botello.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Brabant : Registre aux résolutions de 1686,

Il lui a été extrêmement agréable d'apprendre, par leur lettre du 24 janvier, qu'ils avaient été satisfaits de la nomination de don Francisco Antonio de Agurto. — Il ne doute pas que le nouveau gouverneur ne justifie leur confiance. — Il leur promet toute l'assistance que méritent de si bons et si fidèles vassaux.

Madrid, 28 février 1686.

El Rey.

Muy reverendos, reverendos en Christo padres, nobles , charos y fieles, charos y bien amados, hame sido de todo agrado el gozo

y reconocimiento que expresáis y con que me dais gracias en carta de 24 deîienero (1), por haver confirmado á don Francisco Antonio de Agurto en el govierno de essos paises, junto con la nueva insinuación de vuestra fidelidad y perseverancia en mi servicio y obediencia : de que quedo con toda satisfaction , y de la aceptación universal con que haveis recivido esta elecion, esperando procederá don Francisco en el govierno de esos Estados de modo que os sea cada dia mas agradable su persona, teniendo yo muy presente el cuydado de que sean assistidos tan fieles y buenos vasallos con todo lo que cupiere en la posibilidad, según el estado de mi real patrimonio. En tanto, muy reverendos, reverendos en Christo padres, nobles, charos y fieles, charos y bien amados, Nuestro Señor os tenga en su santa guarda. De Madrid, á 28 de febrero 1686.

YO EL REY

F. Crispin G. Botello.

Archives des états de Brabant : Registre aux résolutions de 1686, fol. 59.

(1) Les états exprimaient leur joie, dans cette lettre, de la nomination de don Francisco Antonio de Agurto comme gouverneur général des Pays- Bas, et déclaraient être prêts « à lui rendre tous les honneurs, respect, » assistanceet zèle que ce caractère requéroit, et à quoi leur propre affection » íes portoit, par les fortes espérances, dans lesquelles il estaient, de voir « effectuer en ce gouverneur général plusieurs grandes pensées qu'il avoit » pour le bien de la province. »

LXXXî.

Il a vu, avec toute l'attention et l'amour que méritent de si fidèles vassaux, leur représentation du 26 septembre. — Il déclare que , pour leur défense et leur conservation , il exposera , s'il le faut , tout le reste de la monarchie , et qu'en conséquence il fait les plus grands efforts, au milieu des embarras dont il est environné, pour les secourir.

Saint-Laurent, 5 novembre 1690.

El Rey.

Muy reverendos, reverendos en Christo padres, nobles, charos y fieles, charos y bien amados, he visto, con toda la atención y amor que me deven tan honrados y tan fieles vassalos, todo lo que me representáis en carta de 26 setiembre pasado (4), en orden ala

(1) Dans cette lettre, Ies états de Brabant faisaient le plus triste tableau de la situation ries Pays-Bas, et en particulier de leur province : «■ Nous nous trou-

i> vons, disaient-ils, réduits à la dernière des extrémités où puissent venir

t> ceux que de longues et frayeuses guerres ont épuisé jusques à la dernière

» substance, et qui ne peuvent plus présenter à Vostre Majesté que des infir-

» mités et des playes , que des gémissemens et de la douleur, au lieu de moyens

n et de secours pour subvenir à la continuation des grosses dépenses qu'en-

» traisne après elle la présente guerre ■ laquelle, ayant achevé de donner la

» dernière secousse à celte province, vient de la mettre hors de tout estât de

» se pouvoir relever, après avoir donné tant de preuves de sa fidélité, qu'elles

» peuvent servir d'exemple et de model à touts les peuples de la terre. Car,

» Sire, quelles plus fortes marques peut-on en donner que d'avoir essuié,

» avec la fermeté que nous avons fait, touttes les foules et ravages des suc-

» cessives guerres auxquelles ces païs ont esté exposés durant tant de siè-

» cles, et que de n'avoir rien épargné de nos biens et de nostre sang, pour

« nous conserver (malgré touts les efforts de nos ennemis) sous la légitime

» domination deV. M., sans que la vue de tout ce que les malheurs de la

necesidad que ay de asistir poderosamente á essos Estados, tanto por pedirlo assí la gravedad y urgencia de la guerra presente, quanto por hallarse ya exhaustas estas provincias, assí por lo que con tanta liberalidad y amor an contribuido, hasta aquí, con vidas y baziendas para la prosecución de la guerra, como por los, graves daños que an recivido y reciven, no menos de los exércitos amigos que de los enemigos : que todo es muy proprio de vuestra antigua y inalterable fidelidad y del paternal affecto y confianza con que yo y todos nuestros gloriosos predecessores havemos considerado y favorecido essos payses. Por cuya con-

» guerre ont de plus affreux , et qui ont particulièrement accueilly cette pro- » vince, auxquels elle a comme esté en but, n'a jamais donné le moindre » bransle, ou causé la moindre altération à cet esprit d'amour, d'affection » et d'obéissance que nous avons tousjours eu, et que nous conserverons » éternellement pour la personne et le service de V. M ?.... »

Ils rappelaient au Roi les promesses de secours, en hommes et en argent, qu'il leur avait faites par sa lettre du 28 février 1686, et qu'il avait réitérées dans une lettre écrite au marquis de Gastañaga, gouverneur général des Pays- Bas, le 25 mars 1 688 j ils se flattaient qu'enfin elles seraient réalisées. « Le » plus long délay, continuaient-ils, nous jettera infailliblement dans le dernier » désordre et confusion, par le défaut des payements militaires et d'autres » nécessités inexcusables, pour lesquelles nous ne sçavons aucunes ressour- » ces ny moyens : car. ayant moissonné le fruit avant sa maturité, consommé ■> tonts les revenus publics de cette province, présens et à venir, engagé » tout nostre crédit, tant en général qu'en particulier, pour contribuer aux » fraiz et despences de cette guerre, dont les succès n'ont pas suivi noz at- » tentes, et voyant la campagne déserte se décharger, dans les villes, et » jusques dans les pays estrangers, de la plus grande partie de ses habitans, » qui ont perdu leurs bestiaux, abandonné leur labour et leurs maisons, » pour chercher ailleurs la subsistence que les nombreuses armées, tant en- » nemies que amies , qui y ont campé, les deux dernières années , au nombre » de plus de deux cens mille hommes, ont entièrement consommé, détruit et « enlevé grains, fruits , fourages , légumes, les meubles et les effets mesmes, » où ils se sont trouvés, ayant subi le mesme sort, avec tant d'excès et de » rigueur, qu'il s'est fait sentir jusques aux personnes qui senibloient en de- » voir estre le plus exemptes par les avantages de leur naissance et de leurs

servacion y defensa expondré gustoso todo el resto de la monarchía, deviendo ahora aseguraros que, en medio de los ahogos presentes, quedo haziendo los mayores esfuerzos para socorreros quanto antes, por el grande aprecio que hago de tan leales, tan constantes y tan buenos subditos. En tanto, muy reverendos en Christo padres, nobles, charos y fieles, charos y bien amados, Nuestro Señor os tenga en su santa guarda. De San Lorenzo, á o de noviembre 1690.

YO EL REY

F. Crispía G. Botello.

Archives des états de Brabant : Registre aux résolutions de 1690, fol. 522, et 2e11 Besonder regisler, fol. 150 v°.

» dignités, il ne nous reste, sire, dans ce dernier malheur, qu'à soupirer

» après le secours et remises que T. M. nous a promises, et dont nous avons

» esté frustrés depuis tant d'années, et qu'à espérer que, touchée de com-

» passion pour les souffrances de ses fidels vassaux, elle nous donnera, au

n plus tost, ce soulagement et cette consolation, pour la conservation de cette

» province, la première et la plus importante du Pays-Bas. Ce ne sont pas,

*> sire, des particuliers qui vous font cette démarche, ce sont universellement

» touts les habitaos de ce duché de Brabant, que nous représentons, et

» pour lesquels nous portons la parolle , qui gémissent et qui implorent l'as-

« sistance de Y. M. , et qui tâchent de la rendre sensible à leurs maux et à

» leurs pîayes, n'ayant plus en leur corps de parties qu'ils puissent dire

« saines, que leurs cœurs, qui ne respirent que par l'attente de cette assis-

» tance si désirée.... »

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