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CHARLES VI AUX ÉTATS DE LUXEMBOURG

Il leur témoigne sa gratitude des expressions contennes dans leur lettre du 20 janvier; les assure de l'amour et de !a clémence qu'il conservera pour eux, et leur promet spécialement de maintenir les privilèges qu'ils se sont acquis parles services signalés rendus à sa maison.

Vienne, 9 mars ITlo.

L'Empereur et Rot.

Très-chers et féaux les états ecclésiastique, noble et tiers de notre duché et province de Luxembourg, les respectueuses expressions dont vous accompagnez votre lettre du 20e janvier, étant si conformes à notre attente, et au zèle et à la grande fermeté que de tout tems vous avez fait paroître pour vos princes naturels, nos prédécesseurs, nous avons bien voulu vous marquer, par ceîle-ci, notre agrément et gratitude: vous assurant que, dans la suite, vous éprouverez les effets de l'un et de Vautre, aussi bieu que de la clémence et amour paternelle que nous conserverons pour de si bons et fidèles sujets, et qu'à l'exemple de nos glorieux prédécesseurs, nous aurons un spécial égard pour la conservation et maintien de vos anciennes constitutions, et des privilèges que vous vous êtes acquis par vos services signalés envers notre auguste maison. A tant, très-chers et féaux, nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde. De Vienne, le 9e du mois de mars J 7 Í 5. Arpds Vs. v1.

CHARLES

A. -F. Kurz.

Susçriptîon : A nos très-chers et féaux les états ecclésiastique, noble et tiers de notre duché et province de Luxembourg et comté de Chiny.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états.

XCYI.

Il a entendu les représentations que lui ont faites leurs députés au sujet du traité de la Barrière. — Il leur explique les motifs qui l'ont obligé de signer ce traité. — Comme rien ne lui est plus cher que leur bonheur, il a chargé le marquis de Prié de se rendre à La Hâve, pour ouvrir de nouvelles négociations, et il les autorise à lui adjoindre des députés choisis par eux. — Il termine, en les assurant qu'ils peuvent compter sur les preuves les plus fortes de sa tendresse.

Vienne, 2 mai 1716,

L'Empereur et Roy.

Très-révérends, révérends en Dieu pères, nobles, chers et féaux, chers et bien amés, j'ai reçu, des mains de vos députés, votre lettre du 51 décembre de l'année passée, par laquelle vous les commettez et députez auprès de ma personne, pour me faire connoître, tant de vive voix que par écrit , vos griefs et doléances, tant au regard du traité de Barrière, conclu entre moi, le roy de la Grande-Bretagne et les états généraux des Provinces-Unies, qu'au regard d'autres intérêts de mon duché et pais de Brabant, dont je me suis très-soigneusement instruit.

Et, après les avoir ouïs bénignement, et fait une meure délibération sur lesdits griefs, je veux bien vous dire que, dès le commencement et durant la négociation dudit traité, je m'aper-

(1) J'ai publié cette lettre dans les Documents inédits concernant les troubles de la Belgique sous le règne de Charles VI ^ Introduction, t. I. p. xc.

Les états <le Flandre avaient aussi envoyé des députés à Tienne, pour réclamer contre le traité de la Barrière; l'Empereur leur fit, le même jour, une réponse conçue dans le même sens, et, à peu de chose près, dans les mêmes termes.

eus bien que ce traité pourroit attirer dans la suite quelques inconvénients; et le soin que j'avois de vos intérêts me fit rejetter fort loin les demandes sur lesquelles les plénipotentiaires des états généraux des Provinces-Unies insistèrent d'abord : mais enfin , je me crus obligé à condescendre à leurs dernières propositions, beaucoup plus modérées, tant pour me conformer aux conjonctures très-délicates et à la situation des affaires de l'Europe, que surtout pour parvenir d'autant plus tôt à mon principal but, qui étoit de vous voir, sans un plus long délai, qui ne vous pourroit être que fort préjudiciable, réunis à ma légitime domination.

Cependant, comme je n'ai et que je n'aurai jamais rien tant à cœur que de pourvoir à votre bonheur et sûreté commune, et de vous donner, en toute occasion, à l'exemple de mes glorieux prédécesseurs, des marques éclatantes de ma bonté et de la tendresse vraiment paternelle que je conserverai toujours pour un pais queje considère comme une partie très-considérable de l'ancien patrimoine de mon auguste maison , j'ai résolu d'envoier incessamment à La Haye mon conseiller d'État le marquis de Prié, bien informé de mes intentions et de toutes les démarches que je crois les plus convenables pour vous procurer tout le soulagement possible, et pour éloigner les suites que vous appréhendez de l'entière exécution dudit traité de Barrière. Et, pour vous faire connoître, avec plus d'efficace, combien je vous suis affectioné, et pour assurer d'autant mieux le succès de la commission dont je charge mon ministre le marquis de Prié, je vous donne, par la présente, la liberté de choisir parmi votre corps une ou deux personnes , afin quelles se trouvent en même temps en Hollande que mon ministre s'y trouvera, et qu'elles lui donnent toutes les lumières et informations nécessaires pour parvenir plus tôt au but tant souhaité.

Au reste, je vous assure que, même à l'avenir, j'aurai un soin particulier de contribuer à tout ce qui peut être de votre bien, en général et en particulier, et de vous faire connoître, par les

preuves les plus fortes de ma tendresse, que le zèle et la fermeté avec laquelle tous avez été toujours attachés aux intérêts de mon auguste maison, m'a été et me sera toujours très-agréable. A tant, très-révérends, révérends en Dieu pères, nobles, chers et féaux, chers et bien arnés, Notre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Vienne, le 2 mai 1716. ArPU3 Vs V.

CHARLES

A.-F. DE Kurz.

Archives des états de Brabant : reg. Lettres des souverains aux états.

XCVIÏ;

CHARLES VI AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les informe qu'il a commis au gouvernement général des Pays-Bas le prince Eugène de Savoie. — II les exhorte à continuer de montrer leur zele pour son service (1).

Vienne, 19 décembre 1716.

L'Empereur et Roy.

Comme nous conservons toujours un particulier soin et

amour pour nos bons et fidèles sujets de par delà, et que nous

(1) J'ai trouvé une lettre que le comte de Kinigsegg écrivit aux états, le o septembre 1716, pour les avertir que l'Empereur avait nommé le prince Eugène son lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas, et les inviter « à se régler à l'advenir selon ce. a

11 y a lieu de croire que, à Vienne, on avait cru alors que cette notification serait suffisante, mais qu'on se ravisa ensuite, et qu'une lettre de l'Empereur lui-même fut jugée nécessaire.

n'avons rien plus à cœur que leur maintien et soulagement, nous avons (pour leur en donner des marques) commis le gouvernement général de nos Pays-Bas à notre très-cher et bien amé cousin le prince Eugène de Savoye et de Piémont, notre conseiller d'État , lieutenant général de nos armées, maréchal de l'Empire et président de notre conseil aulique de guerre (I). Dont nous avons bien voulu vous avenir, vous requérons et ordonnans, tant en général qu'en particulier, de reconnoître ledit psince pour gouverneur général susdit , par les témoignages de respect et d'obéissance que vous êtes accoutumez de rendre à celui qui représente notre personne. Et, comme vous pouvez vous assurer que, nonobstant les travaux qui nous incombent, nous sommes recherchans tous les moyens possibles pour vous procurer le repos tant désiré, aussi nous nous promettons, du zèle et promptitude que vous avez toujours témoignez à tout ce qui s'est offert du service de vos princes souverains, nos prédécesseurs, que vous ie continuerez aussi envers nous, ainsi que nous vous exhortons par cette, notament dans la conjoncture présente que la nécessité y oblige pour la conservation de nosdits Pays-Bas. A tant, etc., Notre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. Vienne, ce 19 décembre i 716. Archiepiis Val. v1.

CHARLES

A. -F. DE Kl'RZ.

Archíveseles états deBrabant : reg. Lettres des souverains aux états , et Registre aux résolutions de 1717. — Archives de la chancellerie des Pays-Bas.

(1) Dès le 7 mars 1716, l'Empereur avait fait connaître au conseil d'Espagne, qui avait dans ses attributions les affaires des Pays-Bas, qu'il conférait au prince Eugène le gouvernement de ces provinces; mais les patentes n'en furent expédiées que le 25 juin suivant.

Le prince Eugène ne prit pas possession de son gouvernement : ii y fut suppléé par le marquis de Prié. (Voy. ci-dessus, p. 8, note 2.)

XCVIÍÍ.

Il a vu leurs remontrances sur l'impossibilité , pour les états des Pays-Bas , d'entretenir les troupes mises à leur charge. — La situation des affaires de l'Europe ne lui permettant pas de diminuer ces troupes, il se promet de leur zèle qu'ils feront de nouveaux efforts. — De son côté, il ne négligera rien pour l'augmentation du commerce et de la prospérité du pays.

Vienne, 22 janvier 1724.

L'Empereur et Roy.

Très-révérend , révérends en Dieu pères, nobles, che rs et féaux , chers et bien aimez, nous avons receu les remontrances réitérées ( i ) que votre zèle pour notre service et votre soin pour le soulagement de nos fidèles sujets des Païs-Bas vous ont dictées, et par lesquelles vous nous faites connoître que les fonds de la province de Brabant, joints à ceux de nos autres provinces de ces païs-là , ne seroient pas sufiisans pour pourvoir à la subsistance du corps des troupes que nous avons résolu , conjointement avec les états généraux des Provinces-Unies, d'entretenir en nosdits Païs- Bas, nous priant qu'eu égard à l'impuissance de contribuer à cet effet davantage de ce que ces provinces ont donné jusques à présent, nous voulussions bien faire régler le nombre et la dépense de nosdites troupes à proportion des revenus annuels de ces

(1) Représentations des états des 19 novembre 1721 et 8 juillet 1725. Dans la dernière , les états remontraient à l'Empereur que l'impuissance à laquelle le pays se trouvait réduit ne provenait pas de l'insuffisance de ses ressources, « mais des mauvaises suites qui résultaient des dettes contractées « pendant le cours des dernières guerres contre la France. »

païs-là, ou bien de faire fournir, d'ailleurs, à ce qui pourroit manquer à leur entretien.

Sur quoy nous voulons bien vous dire que, la conjoncture présente des affaires de l'Europe ne permettant pas de retirer aucunes troupes de nosdits Païs-Bas, d'autant que la paix avec l'Espagne n'étant pas encore entièrement ajustée, et les finances de nos autres États ne se trouvant non plus dans une situation à en pouvoir tirer quelque portion, pour l'employer à l'entretien de nos troupes aux Païs-Bas, nous nous promettons que vous continuerez à nous donner les mêmes marques, que vous avez fait connoître jusques ici, de votre zèle et attention pour le bien de notre service et pour la sûreté de votre patrie, vous assurant que nous tâcherons de vous consoler, aider et assister, tant par le redressement de nos finances que par l'augmentation du commerce interne et externe de nosdits païs, et de vous soulager aussitôt, et pour autant que les conjonctures du temps le permettront. Et, en attendant, nous aurons à cœur de vous procurer tous les avantages possibles, l'affection paternelle que nous vous portons nous engageant à être continuellement attentifs à tout ce qui peut conduire à la conservation et à la prospérité d'un païs qui, par plusieurs raisons , nous est si cher, et dont les habitans ont toujours fait éclater leur zèle et leur fidélité et attachement à notre auguste maison. À tant, très-révérend, révérends en Dieu pères, nobles, chers et féaux, chers et bien aimez, Nostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. Vienne, ce 22 janvier 1724. Prins de Car™ Ps \\

CHARLES

Par l'Empereur et Roy :

A.-F. DE Kurz.

Suscription : Aux très-révérend , révérends en Dieu pères , nobles, chers et féaux, chers et bien aimez, les états de notre païs et duché de Brabant.

Archives des états de Brabant : reg. Lettres des souverains aux états , et Registre aux résolutions de 1724.

Il a reçu la remontrance où ils le remercient de l'établissement de la compagnie des Indes , et lui demandent sa protection pour celte compagnie. — Il les assure qu'il tachera toujours de procurer à de si bons et fidèles vassaux tous les avantages possibles , se promettant , de son cùté , la continuation de leur zèie , de leur fidélité et de leur attachement.

Vienne , 1 7 janvier 1 725.

L'Empereur et Roy.

Très-révérends, révérends pères en Dieu, nobles, chers et féaux, chers et bien aimez, nous avons reçu, comme une nouvelle marque de votre zèle pour notre service, les expressions de votre remonstrance que vous nous avez faite, le 25e de mars de Tannée dernière, tant pour nous remercier de ce que nous avons bien voulu établir une compagnie de navigation et de commerce des Indes, pour le bien et avantage de nos bons sujets de nos Pays-Bas, que pour nous demander notre protection royale contre ceux qui voudroient troubler ladite navigation et commerce (1). Sur quoy nous voulons bien vous faire cette, pour

(1) Dans leur remontrance, les états remerciaient d'abord l'Empereur de l'octroi par lequel il avait établi la compagnie des Indes. « Cet octroi (disaient- » ils) , lequel renferme une marque si signalée des soins paternels et infati- » gables de V. M. ï. et C. pour le salut des Pays-Bas, l'ancien patrimoine de » sa maison très-auguste, fait le principal sujet de leur consolation, et la « plus solide espérance d'un sort plus fortuné pour le négoce à venir : car » rien ne peut être plus convenable à prévenir leur ruine entière, que le « bénéfice qu'ils doivent attendre de ce commerce aux Indes, par lequel ils » ont lieu d'espérer de pouvoir peu à peu contrebalancer en quelque manière » les pertes continuelles que leur cause le commerce qu'ils ont avec Ies pro-

vous faire connoître que, jointes à vos instances celles de l'assemblée générale des intéressez dans ladite compagnie, nous avons reçu favorablement les supplications qu'elle nous a fait faire par ses députez tendantes à la même fin , ayant, entre autres points qui regardent la sûreté et l'avantage de cette navigation et commerce, résolu et ordonné d'assurer de nouveau, en notre nom, les directeurs de la même compagnie de notre protection royale en tout ce qui peut conduire à son affermissement et utilité, puisque, comme nous n'avons rien plus à cœur que la con-

» vinces de Hollande et de Zélande, vers où ils voient sortir journellement » les deniers les plus clairs de leurs revenus, par l'achat de toutes sortes » d'épices, drogues, sucre, sel, etc., et singulièrement d'une abondance v excessive de poissons, tant frais, que sec et salé, a

Rappelant ensuite les démarches que les directeurs de la compagnie des Indes orientales, en Hollande, ne cessaient de faire près des états généraux, afin que la république s'opposât, même par les voies de fait, à l'établissement de la compagnie d'Ostende, les états de Brabant déclaraient à l'Empereur que, s'il révoquait l'octroi qu'il avait accordé, « il dépouilleroit ses bons et fidèles » sujets d'un droit de la nature et des gens auquel ils n'avoient jamais re- » noncé, et lequel leur avoit été bien expressément confirmé par l'art. 15 de n le Joyeuse-Entrée. »

Comme la compagnie hollandaise invoquait les traités existants entre la république et l'Empereur, les états demandaient « si les seigneurs états gé- » néraux avoient rempli tous les engagements dans lesquels ils étoient entrés , » au regard et pour la conservation des Pays-Bas, par le traité d'alliance « conclu à La Haye, le 30 d'août 1G75, avec feu le roi Charles II, par lequel » traité LL. HH. PP., pénétrées des sentiments d'une juste reconnaissance, » s'étoient obligées, art. 16, de ne point faire la paix avec le roi très-chrétien, » que S. M. C. ne fût remise en la possession de toutes les villes , places et » pays qui lui avoient été enlevés depuis le traité des Pyrénées, fait en 1650, « et, art. 18, de céder et donner à S. M. C. la ville de Maestricht, avec le » comté de Yroenhoven et ses dépendances, a

Les états terminaient, en suppliant l'Empereur, au cas que les Hollandais fissent « quelque injustice , injure ou mauvais traitement » à la nouvelle compagnie, d'autoriser le gouvernement des Pays-Bas à interdire tout commerce avec eux.

servation et la prospérité de tous nos royaumes et États en général , nous dirigerons toujours nos soins paternels au bien de ces pays en particulier, et tâcherons de procurer à de si bons et fidèles vassaux et sujets tous les avantages possibles : nous promettant que vous continuerez à nous donner les mêmes marques de fidélité, zèle et attachement que vous avez fait paroître jusqu'à présent pour notre service, et pour le bien de votre patrie. A tant, très-révérends, révérends pères en Dieu, nobles, chers et féaux, chers et bien aimez, Notre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Vienne, le 17 janvier 1TW25. Prin8 de Card11" Ps vl.

CHARLES

Par l'Empereur et Roy :

A.-F. de Kur.z.

Suscription : Aux très-révérends, révérends pères en Dieu, nobles, chers et féaux, chers et bien aimez, les états de notre pays et duché de Brabant.

Archives des états de Brabant : reg. Lettres des souverains aux états, et Registre aux résolutions de 1725.

CHARLES VI AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

11 les informe que, ayant agréé la démission du prince Eugène de Savoie, il a nommé gouvernante générale des Pays-Bas l'archiduchesse Marie -Elisabeth , sa sœur, et que, en attendant son arrivée, le comte de Daun remplira les fonctions de lieutenant, gouverneur et capitaine général ad intérim.

Vienne, 27 janvier 1725.

L'Empereur et Roy.

Ayant agréé la démission que le prince Eugène de

Savoye a faite du gouvernement générai de nos Païs-Bas, nous

avons cru que nous ne pouvions donner une marque plus certaine et plus éclatante du soin et de l'amour paternel que nous avons pour nos bons et fidels sujets d'iceux païs, qu'en choisissant une personne de notre sang pour les gouverner : ensuite de quoy, nous avons nommé et établi pour gouvernante générale des mêmes païs la sérénissime archiduchesse Marie-Élisabeth, notre très-chère et très-aimée sœur (1). Mais, la présente saison et les dispositions à faire pour son départ ne lui permettant pas de s'y rendre d'abord, nous avons nommé et commis pour notre lieutenant, gouverneur et capitaine général denosdits païs, en intérim, notre très-cher et féal cousin Virric-Philippe, comte de Daun, prince de Thiano, chevalier de notre ordre de la Toison d'Or, notre conseiller d'État actuel intime, général, mareschal de camp de nos armées, intendant général des arsenaux, colonel d'un régiment d'infanterie, colonel et gouverneur de notre ville de Vienne (2). Nous voulons bien vous donner part de cette notre disposition royale, vous requérans et ordonnans en même temps, tant en général qu'en particulier, de reconnoître la susdite sérénissime archiduchesse Marie-Élisabeth, notre trèschère et très-aimée sœur, pour gouvernante générale, et, en attendant son arrivée, ledit comte de Daun pour notre lieutenant, gouverneur et capitaine général, par les témoignages de respect et obéissance que vous êtes accoutumés de rendre à celui qui représente notre personne. Et, comme vous pouvez vous assurer que, nonobstant les travaux qui nous incombent, nous sommes recherchans tous les moyens possibles pour vous procurer tout le soulagement et prospérité, aussi nous nous promettons, du zèle et promptitude que vous avez toujours témoigné à tout ce qui

(1) Les patentes de l'Archiduchesse ne sont que du 1er septembre 1725; mais l'Empereur avait fait connaître au conseil suprême des Pays-Bas qu'il conférait le gouvernement de ces prov inces à sa sœur, par un décret du 9 décembre 1724.

(2) Les patentes du comte de Daun sont du 27 janvier 1725.

s'est présenté de notre service, que vous le continuerez, ainsi que nous vous exhortons par cette, notamment dans la conjoncture présente que la nécessité y oblige pour la conservation de nosdits païs. A tant, etc., Notre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Vienne, le 27 de janvier 1725. Prlss de CARDna Ps y1.

CHARLES

Par l'Empereur et Roy :

A. -F. DE Kurz.

Archives de la chancellerie des Pays-Bas : Registre aux dépèches de 1725 à 1725, fol. 91. — Archives des états de Brahant : Lettres des souverains aux états, et Registre aux résolutions de l'année 1725.

CHARLES VI AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les remercie de la manière dont ils ont accepté la pragmatique sanction , et les assure du soin et de l'attention paternelle qu'il donnera à leurs intérêts.

Vienne, 10 mars 1725.

L'Empereur et Roy.

Rapport nous ayant été fait de la satisfaction et gratitude avec lesquelles vous avez accepté et reconnu la règle et ordre de succession indivisible de tous nos royaumes , États et provinces héréditaires que nous avons trouvé convenir d'établir pour le bien et l'avantage de nos bons vassaux et sujets, et pour le repos et tranquillité de la chrétienté (1), nous voulons bien,

(1) On peut consulter, dans les Mémoires de V 'Académie royale de Belgique^ t. XX, notre Mémoire sur l'acceptation et la publication, aux Pays-Bas } de la pragmatique sanction de V empereur Charles VI.

par cette, vous en marquer noire agrément royal, vous assurans que nous aurons toujours à cœur la conservation de si zélés et fidèles sujets, et que, dans toutes les occasions qui se présenteront, nous ne manquerons pas de vous donner des preuves du soin et de l'attention paternelle que nous avons pour tout ce qui peut conduire à votre soulagement et prospérité, persuadés que vous continuerez toujours à nous donner des marques de votre attachement et promptitude pour notre service et pour le bien de votre patrie, A tant, etc. De Vienne, le 10 mars 1725.

CHARLES

Archives de la chancellerie des Pays-Bas : Registre aux dépêches de 1723 à 1725, fol. 94 v°. — Archives des états de Brabant : Registre aux résolutions de 1725. — Aicimes des états de Hainaut : laye IV , vol. 2.

cïi:

CHARLES VI AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES

Il leur demande un subside extraordinaire , pour l'aider à soutenir la guerre en Italie et dans l'Empire (l).

Vienne, 27 août 1755.

L'Empereur et Roy.

La guerre injuste et violente par laquelle je me trouve

attaqué en Italie et dans l'Empire, exigeant des dépenses beau-

(1) Ce secours extraordinaire fut, pour toutes les provinces, de 1,680,000 florins de Brabant. L'Archiduchesse en fit faire la demande : aux états de

coup an delà des revenus ordinaires de mes roïaumes et États, leur zèle et leur fidélité à toute épreuve les a fait et les fait contribuer des sommes considérables au delà des charges ordinaires, quoique ces mêmes charges ordinaires ne leur soient pas moins onéreuses et pénibles que celles que jusqu'ici , par votre zèle et votre fidélité inviolable, vous avez accordées annuellement pour l'entretien de celles de mes troupes existantes et assignées en mes Pais-Bas, et pour les autres besoins internes dudit pays.

Votre situation et celle de mes finances Là-bas m'ont porté non -seulement à ne pas chercher jusqu'ici un secours, pour la présente guerre, dans votre zèle et attachement à mon service, mais aussi à faire examiner avec soin tous les moiens de remédier à la grande compresse de mes finances aux Païs-Bas, et d'y soulager et avantager mes fidèles sujets. Ce soin paternel m'occupe encore tout entier, et j'y pourvoirai successivement, et à mesure que le temps et les circonstances des affaires publiques le pourront permettre.

Mais, les entreprises de mes ennemis étant parvenues au point que jeme trouve obligé de faire les efforts les plus considérables pour les repousser, et pour me ressaisir de ceux de mes Étals héréditaires qu'ils ont violemment occupés, afin de garantir par là tous mes fidèles sujets de leurs violentes et injustes invasions , et afin de parvenir par la force des armes à une paix solide et honorable, je dois être persuadé que mes fidèles sujets

Brabant, par le chancelier' du duché, le vicomie d'Haegen; aux états de Luxembourg, par le prince de Rubempré; aux états de Limbourg, par le comte de Coloma, chef et président du conseil privé; aux états de Gueklre, par le chancelier du conseil Tan Loni; aux états de Flandre, par le comte de Harrach, son grand maître et premier ministre; aux états de Hainaut, par le prince de Ligne; aux états de Namur, par le comte de Maldeghem: aux états de Tournai et Tournaisis. par le grand bailli; aux états de Maîines, par le président du grand conseil, Van Tolden.

Tous les états consentirent, et firent à l'Empereur des réponses pleines cfe dévouement et de zèle.

aux Païs-Bas, non moins remplis de zèle et fidélité que ceux de tous mes autres royaumes et pais héréditaires, postposeront toutes considérations particulières à celle du bien de la cause commune de tous mes États, et à celle de mon service et de ma gloire, et que par ainsi ils concourront avec ¡oye à contribuer, de leur part, aux présents besoins, en considérant la bonté paternelle avec laquelle (content, jusqu'ici, qu'ils aient contribué aux besoins internes du Païs-Bas) je n'ai encore demandé d'eux aucun secours extraordinaire pour le bien général de mes affaires , et j'ai fait pourvoir d'ailleurs à la subsistance du corps extraordinaire de trouppes que j'ai envoié ci-devant à Luxembourg, pour d'autant plus éviter tout ce qui auroit pu être de quelque surcharge à mes fidèles sujets aux Païs-Bas.

C'est dans cette attente et persuasion, que j'ai chargé madame ma très-chère et très-aimée sœur la sérénissime Archiduchesse, gouvernante générale de mes Païs-Bas, d'y faire demander, de ma part et en mon nom, de toutes les provinces, un secours extraordinaire proportionné aux grands et pressans besoins de la présente guerre. Et, comme vous avez, en toute occasion qui s est présentée de mon service , fait paroître votre zèle , et spécialement en remboursant si utilement les sommes considérables qui étoient dues aux états généraux sur le produit des postes, et sur celui du bureau d'entrée et sortie au fort Sl-PhiUppe sur l'Escaut, et sur quelques autres, et par l'arrangement des mesures pour la décharge de mes domaines, lesquelles je m'attends de savoir bientôt parvenues à leur perfection par le concours du tiers état en cette a/faire, qui intéresse si fort le bien de mon service et celui de mes fidèles sujets , ainsi je compte aussi que vous donnerez en ceci l'exemple à tous les autres , et ne ferez faute de me donner en cette occasion une nouvelle, réelle et véritable preuve devofre fidélité , zèle et attachement pour ma personne et pour mon roïal service, en portant non-seulement votre consentement à votre quote-part en ce secours extraordinaire, mais en le portant aussi sans longueur et aussi promptement que le pressant besoin et la

subsistance de mes armées le requiert, et en réfléchissant que la nécessité est si urgente, que le principal et meilleur effet de ce secours consiste dans une grande promptitude, dépouillée de toutes les longueurs et délais qui pourraient retarder votre consentement, ou V effet tficelui.

Au moien de quoi , vous me donnerez d'autant plus l'occasion de procurer à mes fidèles sujets des P aïs-Bas, spécialement à votre province , et à chacun de vous en particulier , les avantages quedes sujets aussi fidèles et aussi zélés que vous peuvent attendre et espérer de ma tendresse vraiment paternelle (1). A tant, etc.,

(1) Le long passage imprimé ici en italique ne se trouve que dans la lettre écrite aux états de Brabant. Dans celle que reçurent les états de Limbourg, de Gueldre, de Flandre, de Tournai, de Tournaisis et de Malines, il était remplacé par le suivant :

« Et je m'attends que, pour ce qui concerne votre quote-part en ce secours extraordinaire, vous me donnerez, en cette occasion, par un consentement fructueux et aussi prompt que la nécessité urgente de la subsistance de mes armées le requiert, une preuve réelle et efficace de votre véritable fidélité, zèle et attachement pour ma personne et pour mon roïaî service : par où vous me donnerez d'autant plus l'occasion de procurer à mes fidèles sujets des Païs-Bas, spécialement à votre province, et à chacun de vous en particulier, les avantages que des sujets aussi fidèles et aussi zélés que vous peuvent et doivent attendre et espérer de ma tendresse vraiment paternelle. »

Aux états de Luxembourg l'Empereur disait :

« Et comme, principalement pour votre conservation, j'ai fait la dépense d'envoier, pendant longtems, des sommes considérables pour l'entretien du corps extraordinaire des troupes que j'ai tenues ci-devant chez vous pour la sûreté de la ville de Luxembourg et de toute la province, et que, par là , ainsi que par les sommes immenses que du reste des Pais Bas on apporte, depuis si longtems, chez vous, pour l'entretien d'une nombreuse garnison, et pour mettre ma bonne ville de Luxembourg dans un entier état de sûreté et de défense > votre province jouit, depuis tant d'années, du bénéfice des sommes si considérables qui se dépensent chez vous, j'ai non-seulement enjoint à madame ma très-chère et très-aimée sœur la sénénissime Archiduchesse, gouvernante générale de mes Païs-Bas, de vous faire demander votre

Notre -Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Vienne, ce 27 août 1755. Roc11 vl.

CHARLES

Par l'Empereur et Roy :

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