LE BARON DE K.URZ
Archives de la chancellerie des Pays-Bas : Registre aux dépèches de 1755 et 1756, fol. 46-48. — Archives des états de Brabant : reg. Lettres des souverains aux états, et Registre aux résolutions de 1735- — Archives des états de Hainaut : Actes des états ' t. XL VIII, fol. 241.
quote-part en ce secours extraordinaire, mais encore,, au-dessus <le cette quote-part , une augmentation de secours proportionnée à la situation de votre province, et aux grands bénéfices dont elle jouit depuis si longtems. Et je m'attens que, non-seulement pour ce qui concerne votre quote-part en ce secours extraordinaire, mais aussi en ce qui concerne ladite augmentation de secours, vous me donnerez, en cette occasion, etc. (ut supra). » Enfin, il s'exprimait ainsi dans la lettre adressée aux états de Hainaut : « Et le zèle avec lequel vous vous êtes chargés, en dernier lieu, de la levée, sur votre crédit, de deux millions et demi, argent de change de Brabant, que je vous avois fait demander sur l'excroissance des moiens courans de votre province, fait queje m'attens que vous emploierez non-seulement fous les moiens imaginables pour parachever la levée de ces deniers, avec autant de promptitude que le bien et la nécessité du service le requiert, mais qu'aussi , pour ce qui concerne voire quote-part en ce secours extraordinaire, vous me donnerez , en cette occasion, etc. (ut supra).
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CHARLES VI A L'ÉTAT ECCLÉSIASTIQUE DES DIFFÉRENTES PROVINCES ( Í)
11 leur demande un don gratuit pour la défense de la Hongrie contre les attaques éventuelles des Turcs.
Vienne, 12 septembre 17-36.
L'Empereur et Roy.
Très-révérends, révérends pères en Dieu, vous m'avez donné tant de marques visibles et réelles de votre zèle et attachement pour ma personne et pour mon royal service, que je suis persuadé qu'il n'est pas besoin d'aucune exhortation, pour vous
(I) Le pape avait, par des bulles, accordé trois fois à l'Empereur, pour l'entretien des forteresses delà Hongrie, la dîme de tous les revenus du clergé dans ses États héréditaires , et chaque fois pour un terme de cinq années consécutives. Ces builes ne furent pas mises à exécution aux Pays-Bas, par deux motifs : Io pour éviter que, dans la suite, la cour de Rome n'élevât des prétentions d'autorité et de droit de collecte sur le clergé de ces provinces; 2° parce que celui-ci y résistait, se fondant sur ce qu'il contribuait dans les charges de l'Etat, à l'égal des laïques. Charles VI crut qu'il pouvait, au moins, lui demander un don gratuit, qu'il fixa à 500,000 florins, et il chargea l'archiduchesse Marie-Élisabeth , par une dépêche du 12 septembre 173(3, de faire faire cette demande à l'état ecclésiastique, dans chaque province.
Outre la lettre circulaire que nous donnons ici, l'Empereur écrivit au cardinal archevêque de Malines et aux évêques, pour qu'ils secondassent l'Archiduchesse auprès du clergé de leur diocèse respectif.
Ce monarque crut devoir aussi exciter le zèle du premier ministre de l'Archiduchesse, le comte Frédéric de Harrach.
La négociation dont le gouvernement des Pays-Bas était chargé, présentait en effet assez de difficulté, pour que le succès en fût envisagé comme problématique. « L'unique grâce (disait le comte de Harrach à l'Empereur,
porter à concourir, de toutes vos forces et crédits, à tout ce par où vous croirez pouvoir donner des preuves réelles de ce zèle. Aussi celle-ci tend-elle moins à vous exhorter, qu'à vous faire connoître que j'ai chargé madame ma très-chère et très-aimée sœur l'Archiduchesse, gouvernante générale de mes Pays-Bas, de vous faire exposer, de ma part, que, la guerre que la Russie et la Perse soutiennent, avec un bonheur signalé de leurs armes, contre les Turcs, approchant insensiblement des frontières de mes États , et les revers et accidens fâcheux étant toujours à craindre dans le cours des guerres, il en pourroit arriver de telle nature, que le voisinage de cette guerre fourniroit occasion aux Turcs, les ennemis irréconciliables du nom chrétien, de tourner leurs armes contre mon royaume de Hongrie, dont les intérêts, joints à ceux de toute la chrétienté, exigent qu'usant des prévoyances possibles, je mette mes frontières à couvert de toute irruption, tant en faisant pousser avec chaleur les travaux des
>•> dans sa réponse du 35 septembre). Tunique grâce que j'ose demander à ó V. M. avec l'instance la plus respectueuse, c'est de vouloir regarder cette >> entreprise comme une des plus difficiles à effectuer, mais de vouloir en » même temps être persuadée que rien ne sera négligé, de la part du minis- » tère, aussi bien quédela mienne, pour en venir à bout; et, si elle réussit, » elle peut compter d'avance que nous ne le devrons qu'à l'amour que ces » peuples ont pour sa sacrée personne, et à la confiance qu'ils ont en celle » de sa sérénissime sœur, à laquelle le clergé doit d'autant plus, que c'est » précisément sous son gouvernement, et par ses soins infatigables, que ces » pays-cy se trouvent autant que purgés de toutes les erreurs de nou- » veautés pernitieuses en l'ait de religion , dont ils se trouvoient considérais blement infectés il y a onze à douze ans. L'union, la discipline ecclésiasti- » que et l'économie interne qui, à l'arrivée de Sadite Altesse Sérénissime, » paroissoient presque bannies de certains chapitres et abbayes, se trouvent » la pluspart établies par les soins que cette sérénissime princesse s'est » donnés à cet égard , de sorte qu'il ne nous manquera , à la vérité , pas de » motifs puissants pour porter le clergé à se prêter de bonne grâce à une » aussi juste demande : mais , comme il s'agit d'ouvrir icy une porte que le » clergé de ces pays-cy avoit trouvé le secret de tenir jusqu'astheure fermée,
fortifications de Belgrade et antres places frontières, qu'en assemblant en Hongrie un corps considérable de troupes.
Vous, ainsi que généralement le clergé de mes autres États, avez contribué, avec mes sujets laïques, et tous avec un zèle égal, aux frais de la guerre qui jusqu'ici avoit été si frayeuse, ainsi qu'avec eux vous contribuez aux subsides ordinaires et autres charges publiques. Aujourd'hui le ciel a disposé toutes choses à une parfaite réconciliation entre les puissances chrétiennes; mais le voisinage d'une autre guerre qui pourrait attirer les armes ottomanes dans mes États, exige itidispensablement toutes les dépenses nécessaires pour s'en garantir, et se mettre à couvert des surprises fatales à mes États et à toute la chrétienté. On ne peut pas larder, et les moindres délais pourraient causer des dangers irrémédiables.
C'est là une occasion qui intéresse particulièrement la piété et la religion du clergé; c'est là où vous, qui êtes les ministres de la religion , pouvez et devez donner des marques éclatantes du zèle qu'elle vous inspire, et c'est à cette occasion que, dans un tems que, par d'autres voies et circonstances, le clergé de mes autres États héréditaires fournit et paye le dixième de ses revenus, depuis plusieurs années, pour l'entretien et la réparation des forteresses de l'Hongrie, et spécialement pour la fortification de Belgrade, par-dessus toutes les autres charges publiques qu'il supporte également avec les laïques, je n'ai pas voulu
« malgré les sanglantes guerres que Y. M. et ses glorieux prédécesseurs ont » essuyé contre les Turques, l'affaire en sera d'autant plus difficile »
Je n'ai pas trouvé les actes de cette négociation 5 mais il est constant que le résultat n'en répondit pas tout à fait aux vœux de l'Empereur. Voici ce que ce monarque écrivait, le 5 septembre 1759, à l'archiduchesse Marie- Elisabeth : « Lors de la demande d'un don gratuit au clergé des Pays-Bas, *> les ecclésiastiques s'y sont portés, et si lentement, et si mincement, qu'ils « semblent n'avoir guère considéré l'attention que j'ai de ne pas chercher
les moyens de faire valoir, à leur charge, les bulles de notre saint père le » pape »
avoir recours qu'à votre propre zèle et piété, pour obtenir de votre consentement un don gratuit du clergé, qui puisse servir de secours dans les besoins èsquels la religion est si intéressée. Madame ma très-chère et très-aimée sœur l'Archiduchesse, gouvernante générale de mes Pays-Bas, vous fera donc demander, en mon nom royal, un don gratuit et secours extraordinaire à fournir par tout le clergé séculier et régulier de toute la province de... (tout le pays de ), dans lequel , comme état
ecclésiastique d'icelle (d'icelui), vous représentez tout le clergé.
Ce seroit vous faire tort, que de douter un instant du zèle et de la promptitude avec lesquels vous porterez votre consentement, pour vous et tout le clergé de ladite province (dudit pays), au don gratuit que Sadite Altesse vous fera ainsi demander, en mon nom royal, et auquel je m'attends tellement de votre zèle et piété, que je ne doute pas d'être au plus tôt informé de votre consentement, et des mesures solides que vous aurez prises pour en faire entrer avec succès et promptitude les deniers. Vous ferez par là une œuvre agréable à Dieu, utile à la religion, édifiante pour le public (qui, pendant vos délibérations, aura les yeux ouverts sur vous), et entièrement conforme au zèle et à la piété naturelle et propre de votre caractère ecclésiastique. Vous marquerez en même tems de plus en plus votre attachement inviolable et votre zèle pour ma personne et pour le bien de mon service. Et, ainsi queje ne négligerai rien de tout ce qui pourra procurer le bien et l'avantage général de mes fidèles sujets aux Pays-Bas , je serai également attentif à procurer au clergé en général, et à chacun de vous et de vos églises en particulier, tous les avantages qu'un pareil zèle peut mériter. A tant, trèsrévérends, révérends pères en Dieu, Notre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Vienne, ce 12 septembre 1756.
CHARLES
Archives de la chancellerie ùe» Pays- Bas: Registre aux dépêches <le I73u- 1757, p. 25.