‹ Lettres écrites par les souverains des Pays-Bas aux états de ces provincesChapitre 2 sur 31 · CXXVI · texte numérisé non relu

CXXVI

» tout ce qui pourrait l'obliger à les contraindre de force y> à l'obéissance à ses ordres. » Il voulait que , dans la matinée même où ils auraient reçu communication de sa dépêche, ils portassent au ministre plénipotentiaire l'assurance de cette soumission. « Si, contre toute attente, » ajoutait-il, on étoit assez déraisonnable pour ne pas » saisir avec empressement cette occasion de sauver la » constitution, en se soumettant à ce que j'ai prescrit y> dans le diplôme, en ce cas, je me verrois forcé, pour » venger ma dignité blessée , pour la mettre à jamais à » l'abri de pareilles injures, et pour faire rentrer cette pro- » vince dans l'ordre , de faire sortir son plein et entier » effet à la dépêche du 7 janvier; et, n'étant alors plus ar- » rêté par aucune gêne que la constitution me faisoit » éprouver, je saurois rentrer dans toute l'étendue de mes » droits de souveraineté. »

Le comte de Trauttmansdorff ne craignait aucune opposition formelle aux volontés de l'Empereur (1) : mais ce ministre devait s'abuser jusqu'à la fin sur la disposition des esprits. Les états ayant été assemblés le 18 juin, le clergé et la noblesse, après une longue délibération, déclarèrent que les points contenus dans le diplôme de l'Empereur étaient « subversifs delà constitution; » qu'ils se trouvaient donc dans l'impossibilité d'y donner leur consentement.

On sait ce qui s'ensuivit. Trauttmansdorff, en vertu de ses pleins pouvoirs (2), supprima les états et le conseil de

(1) Rapport à l'Empereur, du 15 juin 1789.

(2) Joseph II écrivait, sur un rapport du prince de Kaunitz, du 5 juin : « Dans l'éloignement dans lequel on se trouve , dans l'incertitude et la va- » riation même que les rapports présentent , il n'y a autre chose à faire que » de donner mesure pleine au ministre, et de lui envoyer toutes les dépêches

Brabanl; il révoqua la Joyeuse-Entrée et tous les privilèges de la province (1). C'était aller au-devant d'une révolution. Elle ne tarda pas à éclater , et Joseph II fut frappé de déchéance. Les Français, en 1850, n'ont fait qu'imiter les Belges de 1789.

Philippe II, Philippe IV, Charles II, Charles VI sont les signataires des lettres écrites aux états de Hainaut, de Flandre, de Luxembourg et de Namur.

Deux de ces lettres (2) contiennent des remercîments de Philippe II, adressés aux états de Hainaut, pour les soins qu'ils ont donnés au maintien delà tranquillité publique, et la promptitude avec laquelle ils ont consenti l'aide que le grand commandeur de Castille leur a demandée de sa part.

Les autres lettres du même monarque informent les quatre corps d'états qu'il a renvoyé leurs remontrances respectives à l'archiduc Albert (3).

Philippe IV remercie les états de Flandre des secours qu'ils ont prêtés au gouvernement pour le siège de Gravelines et de Dunkerque (4).

Charles II exprime aux états de Hainaut sa gratitude de

?) et tous les diplômes tels qu'il les exige, signés, afin qu'il en fasse l'usage » pour le moment qu'il croira propre au service , et surtout finir une bonne » fois cette odieuse besogne. »

(1) Ordonnance du 18 juin 1789.

(2) I, 5 octobre 1566; VII, 18 septembre 1574.

(3) XXI, XXII, XXIII, XXIV, 18 février 1596.

(4) LI, 2 septembre 1652; LU, 21 novembre 1652.

la « généreuse résistance » que, lors du blocus de Mous par les Français, ils ont faite à tous les efforts des ennemis (1).

Les lettres de Charles VI sont des réponses aux états de Luxembourg et de Namur. Ces provinces, qui , comme je l'ai dit, avaient été cédées par Philippe V à l'électeur de Bavière, venaient, en vertu du traité d'Utrecht, de passer sous la domination de l'Empereur , et les états s'étaient empressés d'offrir à ce monarque l'expression de leur fidélité et de leur dévouement. Charles VI leur en marque sa satisfaction et sa gratitude : il leur promet de maintenir leurs privilèges; il les assure de son amour et de l'application qu'il apportera à tout ce qui pourra « rendre con- » tents et heureux de si bons et fidèles sujets (2). »

Il y a peu de chose à dire des lettres de Philippe II aux états des provinces wallonnes. Dans la première (3), il les remercie de la résolution, qu'ils ont prise, de maintenir la religion catholique et l'obéissance qui lui est due; il s'engage à ratifier ce que le prince de Parme leur promettra, en son nom. Par l'autre (4), il les informe qu'il a donné un successeur à ce prince dans le gouvernement des Pays-Bas, conformément a l'une des stipulations du traité fait avec eux.

(1) LXXI, 25 septembre 1678.

(2) XCIV, 16 février 1715; XCV , 9 mar, 1715. (S) XIV, 7 février 1579.

(4) XV, 50 novembre 1579.

Les lettres de Philippe IV aux états généraux de 1(552- 1654 méritent plus d'attention.

L'infante Isabelle s'était vue forcée, par les clameurs de la nation, de convoquer des députés de toutes les provinces, afin de délibérer sur les mesures qu'exigeait le salut du pays. Réunis le 9 septembre 1652, les états généraux firent, îe 4 décembre suivant, une adresse au Roi, où ils lui annonçaient qu'en vertu de l'autorisation de l'infante, ils avaient nommé des commissaires qui allaient ouvrir des négociations avec les états des Provinces-Unies. Ils traçaient, dans cette adresse, le tableau de la triste situation où la Belgique était réduite, autant par les désordres des gens de guerre , que par l'impéritie des ministres et l'incapacité des chefs de l'armée. Ils ne voyaient d'autre remède aux calamités qui l'affligeaient, qu'un traité de paix ou de trêve avec les provinces rebelles; ils suppliaient donc le Roi de « condescendre aux points qui pourroient (sauf la » religion et sa souveraineté en tout) faciliter ledit traité. » « Nous envoyons incessamment des souspirs vers Voslre » Majesté, disaient-ils, pour la supplier, en toute humi- 9 lité, d'avoir pitié de ce pouvre peuple, accablé de misère » et réduit au bord de sa dernière ruine, par faulte d'ordre « et conduite (1). »

Philippe IV avait appris avec déplaisir la convocation des états généraux (2) ; il avait été plus mécontent encore

(1) Reg. Estât: généraulx de lGô-2 — 1634, aux Archives du Royaume.

(2) Voy. ma Lettre à JIM. les questeurs de la Chambre des Représentants. sur les documents concernant les anciennes assemblées nationales

des ouvertures qu'ils avaient faites aux états des Provinces- Unies (1). Aussi, dans sa réponse (2), il s'exprime sur ce point avec une extrême réserve, se bornant à dire que. « si ses vassaulx desenvoyez de leur debvoir ne se veulent » ranger à la raison soubz conditions équitables, » il se promet que les provinces obéissantes feront « tout ce qu'il » doibt et peult espérer de leur léaulté et zèle. » Il leur annonce, du reste, « sa résolution absolute d'exposer la » vie, royaulmes et Estats que Dieu lui a mis en garde, » plutôt que de manquer à la justice de sa cause, ni à la » conservation et repos des Pays-Bas. »

Les états lui écrivent une seconde fois, pour justifier leur conduite dans le cours des négociations, lui donner la preuve qu'ils ne se sont départis en rien du devoir de fidèles sujets, qu'ils ont sacrifié même des intérêts importants du pays en faveur des royaumes d'Espagne , et le supplier de lever les derniers obstacles qui arrêtent la conclusion de la trêve (5). Il leur répond (-4) qu'il a été sensible à cette démonstration ; qu'il y a vu un témoignage de la force avec laquelle est gravée dans leurs cœurs cette fidélité naturelle qu'ils ont toujours professée pour leur prince. Mais, quant aux négociations avec les Provinces-Unies, il n'en est pas satisfait. Il eût consenti à une trêve sur les mêmes bases que celle qui fut signée par le Roi, son père :

de la Belgique, qui existent dans les archives de Simancas et dans les bibliothèques de Madrid, in-8°, 1845, p. 15.

(1) Ibid.

(2) XXXVIÍ, 10 avril 1655.

(3) Représentation du 50 mai 1055, dans le registre Estât: rjénéraulx de 1652-1654, fol. 241-244.

(4) XXXVIII, 19 juillet 1655.

il n'en peut accepter une qui serait préjudiciable à ses royaumes de Casillle et de Portugal. Il les engage d'ailleurs à se défier des artifices des rebelles , qui n'aspirent qu'à les assujettir entièrement, et à s'emparer de tout leur commerce.

Les états députent à Madrid le duc d'Arschot, membre de leur assemblée (décembre 1655), pour insister, auprès de Philippe IV et du comte-duc d'Olivarès, sur la nécessité de conclure la trêve (1). Le duc est arrêté dans le palais même du Roi, le samedi saint, 15 avril 1654, comme suspect d'avoir trempé dans la conspiration des comtes de Bergh et de Warfusée(2). A cette nouvelle, les états s'émeuvent : ils n'osent pourtant pas réclamer la mise en liberté du duc; mais ils se bornent à rendre témoignage au Roi « de la fidélité et dévotion singulière au service de » S. M., qu'ils ont toujours vu paroître en tout son pro- » cédé et actions. » Le marquis d'Aytona, que Philippe IV avait chargé du gouvernement des Pays-Bas, après la mort de l'infante Isabelle, en attendant l'arrivée du cardinalinfant, leur avait manifesté l'intention du monarque d'achever le traité commencé avec les Provinces-Unies : ils supplient le Roi « de donner à ses bons sujets de par deçà » cette consolation au plus tôt (5). »

C'est à cette lettre que Philippe IV répond le 18 juin 1654 (4). Il déclare définitivement aux états généraux qu'il

(1) Lettre à MM. les questeurs, etc., p. 17 et suiv.

(2) Ibid., p. 25.

(5) Représentation du 11 mai 1654, dans le Recueil des actes des états généraux de 1652, 1655, 1654, fol. 591, aux archives des états de Hainaut.

(4) Lettre XLI.

( ol )

ne peut admettre « les propositions exorbitantes de ses d rebelles, et qu'il ne convient faire nouvelles diligences, » parce qu'elles ne serviroient qu'à rendre ceux-ci plus » insolens : » il leur ordonne, en conséquence, de se séparer. Il leur fait ensuite un long exposé des motifs qui l'ont déterminé à s'assurer de la personne du duc d'Arschot, en ajoutant qu'il aura égard, en ce qui concerne ledit duc, non-seulement à la fidélité et aux mérites de sa maison, mais à la supplication des états.

Ce n'est pas sans de longues et de laborieuses recherches queje suis parvenu à réunir les lettres dont cette collection est formée.

J'ai fouillé, aux Archives du Royaume, dans tous les fonds où il y avait quelque motif de supposer que des lettres des souverains aux états se trouveraient.

J'ai plus particulièrement compulsé :

Io Dans le fonds des Papiers d'État et de l'Audience:

Un registre de lettres écrites par Philippe IÍ à la duchesse de Parme, aux seigneurs, aux villes, etc. , dans les années 1566 et 1567;

Un registre de la correspondance de Philippe ÏI avec le prince de Parme, dans les années 1578 à 1581 , précédée des négociations pour la réconciliation des provinces wallonnes;

Quatre registres aux lettres de Philippe IÍ aux gouverneurs généraux, du mois de janvier 1585 au mois d'août 1598;

Un volume dans lequel ont été rassemblés tous les actes

concernant la cession des Pays-Bas à l'infante Isabelle, en 1598;

2° Dans le fonds des États de Brabant :

Un recueil de pièces originales de l'année 1576, échappé au bombardement de 1695;

Un recueil de lettres originales des souverains, commençant en 1708 et finissant en 1795;

Les registres aux résolutions des états, de 1673 à 1789 (les registres antérieurs périrent lors du bombardement de 1695);

Trois registres intitulés : len, 2en et 3en bezonder Regis ter , dans lesquels, au commencement du XVIIIe siècle , le pensionnaire des états fît transcrire les pièces qui lui parurent avoir une importance spéciale;

5° Dans le fonds des États de Namur :

Un très-épais volume où, lorsqu'on mit en ordre les archives de ces états, au siècle dernier, on rassembla les lettres, la plupart en original, des souverains et des gouverneurs généraux; il est intitulé : Registre aux lettres de la cour, depuis 1567 jusques et compris 1781 ;

4° Dans le fonds de la Chancellerie des Pays-Bas, à Vienne :

Un recueil de lettres écrites au et par le roi Charles III, dans les années 1707 à 1711 ;

Les registres aux dépêches des souverains , au nombre de trente-huit, commençant en 171 7 et finissant en 1793 ;

Les liasses contenant les rapports faits aux souverains par le conseil suprême des Pays-Bas, et, après la suppression de ce corps, parle chancelier des Pays-Bas;

5° Enfin , dans le fonds des Manuscrits divers :

Un recueil de lettres originales des souverains écrites aux états de diverses provinces.

Quelque satisfaisant que fût le résultat de ces investigations , je ne m'en suis pas contenté; mais j'ai voulu encore recourir aux archives des états conservées ailleurs qu'à Bruxelles.

J'ai fait le dépouillement des registres aux résolutions des états du Tournaisis, que M. Hennebert, conservateur des archives de l'État à Tournai, a bien voulu mettre à ma disposition.

J'ai réclamé le concours de M. Lacroix, conservateur des archives de l'État, à Mons, et de M. Diegerick, archiviste de la ville d'Ypres. M. Lacroix a sous sa garde la belle collection des archives des anciens états de Hainaut : les archives d'Ypres renferment la collection de lettres missives la plus riche peut-être qu'il y ait dans les dépôts de nos provinces et de nos villes.

Ce n'est jamais en vain qu'on s'adresse à ces deux honorables archivistes, dans l'intérêt des études historiques: leur complaisance égale la connaissance qu'ils possèdent des trésors confiés à leur garde. MM. Lacroix et Diegerick, jaloux de fournir leur contingent à un recueil dont l'utilité ne pouvait échapper à leur pénétration, ont exploré les archives qui sont si bien placées dans leurs mains, avec un empressement dont c'est un devoir pour moi de les remercier ici.

Grâce à eux, j'ai pu constater l'existence, dans les archives de Mons et d'Ypres, d'une partie des lettres que j'avais extraites, soit des collections conservées aux Archives du Royaume, soit des registres des états du Tournaisis; et c'était un point essentiel, car il importait de savoir si telle lettre adressée à un corps d'état l'avait été à. d'autres. Mais là ne se sont pas bornés les résultats de leur coopération : les recherches qu'ils ont faites ont

amené la découverte de plusieurs lettres qui me manquaient.

Au moyen des accroissements qu'elle a ainsi reçus, la collection que j'offre au public, si elle n'est pas tout à fait complète, ne peut certainement présenter que des lacunes insignifiantes.

Quelques observations sur certains détails de ce Recueil sont ici nécessaires.

10 Pour le XVIIIe siècle, ou le régime autrichien, je n'ai eu à concevoir aucun doute sur les lettres que je donne comme ayant été adressées aux états, des différentes provinces : j'ai trouvé tous les renseignements désirables à cet égard dans les archives de la chancellerie aulique des Pays-Bas.

J'ai acquis la même certitude quant aux lettres de Philippe II, des années 1595 et suivantes, car elle résulte d'indications placées sur les registres ou les minutes mêmes que nous possédons.

Mais , en ce qui concerne les autres , il ne m'a été donné de former que des conjectures basées, ou sur la nature des communications que ces lettres renferment, ou sur la circonstance qu'elles existent, en original ou en copie, dans les archives de plusieurs de nos anciens états.

11 se pourrait donc que des lettres auxquelles j'ai assigné le caractère de circulaires, n'eussent pas été écrites aux états de toutes les provinces , comme il pourrait être aussi que des lettres qui m'ont paru ne regarder qu'uni seule province, soit relativement à leur objet, soit parce que je

ne lésai trouvées que dans une seule collection d'archives, eussent été adressées à toutes.

2° Le traitement ou courtoisie dont les souverains usaient au commencement, à la fin et dans la suscription des lettres qui s'adressaient aux états, variait, à cause de la composition différente de ces corps. Par ce motif, je l'ai entièrement supprimé dans les lettres écrites à tous les états.

3° J'ai placé des sommaires en tête des lettres, afin qu'on les consulte avec plus de fruit et de facilité. J'ai étendu ces sommaires pour les lettres en espagnol, et j'ai cru pouvoir ainsi me dispenser d'en donner des traductions, qui auraient augmenté considérablement le volume de ce Recueil.

4° J'ai joint des éclaircissements historiques et quelques notes aux lettres qui m'ont paru en avoir besoin. J'aurais pu aisément les multiplier : mais j'ai dû supposer que ceux qui liraient ce Recueil connaissaient déjà l'histoire de leur pays.

5° Enfin, j'ai indiqué, au bas de chaque lettre, la collection ou les collections dans lesquelles elle est conservée. Chacun peut de la sorte vérifier l'exactitude du texte publié.

11 les remercie de leur bon devoir pour la conservation de la tranquillité; les exhorte à le continuer ; leur promet l'assistance du gouvernement, s'ils en ont besoin, et enfin leur donne avis qu'il retourne à Madrid, pour faire les préparatifs de son voyage aux Pays-Bas,

Bois de Ségovie, 5 octobre 1566.

Le Roy.

Révérendz, vénérables, chiers et féaulx, nous avons voluniiers entendu, par la ducesse de Parme, nostre sœur, que, entre tant de tumultes et aultres maulx advenuz en noz pays de delà, à nostre grand regret, vous ayez faict sy bon debvoir que, de vostre costel, les choses sont demeurées en leur anchien estât : dont vous louons et savons le gré que de raison, vous exhortant d'y continuer. Et, si vous avez besoing de quelque assistence, vous pourrez adresser à ladicte dame, qui ne fauldra, par le moyen de vostre gouverneur et aultrement, de la vous donner en tout ce que sera possible; vous veuillant bien advertir que nous retournons présentement vers Madrid, à intention de, incontinent à nostre arrivée, donner ordre à nostre partement et de ce qu'en despend; et en advertirons ladicte dame de temps à aultre. Ré-

(ï) Cette lettre fut peut-être adressée aussi aux états d'autres provinces, et notamment aux états d'Artois, qui avaient montré le même zèle que ceux <Ir Hainaut pour le maintien de l'autorité du Roi et de la religion catholique.

vérendz, vénérables, chiers et féaulx, Dieu vous ait en sa garde, Du Bois de Ségovie, le 111e jour d'octobre 1566,

PHLE,

COURTEWILLE.

Suscription : A révérendz pères en Dieu , vénérables , nos chiers et féaulx, les prélatz, nobles et villes de nostre pays de Haynnau , et à cbascun d'eulx.

Archives du Royaume : 4e registre aux lettres du conseil de Hainaut , fol. 133.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES (I)

Il leur fait connaître les raisons qui le forcent de remettre au printemps son départ pour les Pays-Bas; les assure qu'il s'y rendra à cette époque; leur annonce que3 sur les instances réitérées de la duchesse de Parme, il n'a pu lui refuser sa démission , et leur notifie enfin la nomination du duc d'Albe comme gouverneur général des Pays-Bas, par provision.

Madrid, 13 octobre 1567,

Le Rot.

Comme , passé aulcuns mois en chà , avons escrip t à nostre

très-chère et très-amée sœur la ducesse de Parme, Plaisance, etc.,

(!) Le Roi écrivit dans les mêmes termes aux conseils de justice. Voy. la Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, etc., t, IL p. 652,

régente et gouvernante de noz Pays-Bas, et ailleurs où nous sembla convenir, de nous trouver par delà pour tout cest esté passé, et faict à ces fins toutes les diligences possibles pour apprester nostre armée à ce nécessaire, que pensions debvoir estre preste au commenchement d'aoust dernier, la chose a esté tellement retardée, tant à cause des victualles et munitions, que des batteaux que se debvoyent amener dez de l'Andelouzie jusques à l'aultre mer, attendu que nostre première intention avoit esté d'aller par l'aultre costé d'Italye , que, au primes à l'entrée du mois de septembre, sont arrivés au lieu destiné : saison fort périlleuse et du tout (comme est notoire) contraire à la navigation. Et, combien que, pour une chose tant importante que de nostre sainte religion et le bien de noz pays de delà, et y mettre en l'un et l'aultre le remède que convient, nous estions résoluz et déterminez de non refuser auleun péril, et pour ce ne nous laisser divertir de nostre bonne intention, toutesfois, voyant et considérant que, avec si singulière grâce et bénignité de Dieu , et voz bons moyens et offices, et de noz bons et léaulx ministres et vassaulx, les mauvais ont esté reboutés de leurs intentions et desseings, et les choses remises en tel estât que apparentement elles se porront, avec l'ayde de Dieu (espérant qu'il sera servy de continuer par sa grâce ce qui luy a pieu sy bien encommencher), et semblables bons offices et moyens, maintenir et souffrir un peu de dilation, nous a semblé que, pour le service de Dieu et bien de nosdicts Estatz, sera moindre mal de différer nostre parlement jusques au printemps prochain, que de nous mettre en apparent dangier desdicts inconvénients : pour lequel temps estimons nostre venue par delà estre non-seullement trèsnécessaire, mais la tenons pour chose forcée, qu'en aucune manière ne se peult ne doibt excuser, bien entendant et pensant que tant il emporte audict temps que nous l'exécutons, que, sans ce, tout ce qu'a esté bien faict et frayé jusques ores, et les paines et travaux que l'on y a prins , ne peuvent porter effect , oultre ce (qu'est le plus à considérer) que de ladicte grâce et bien qu'il a pieu à Dieu de nous faire, à nosdicts pays et Estatz,

en la réduction des affaires à telz termes, ny se tireroit le fruict que convient , ny nous démonstrerions la deue recognoissance et action de grâce que nous et nosdicts pays luy debvons, sy délaissions ou différions plus avant nostre partement, et le debvoir d'y assister avec nostre présence, puisque sans icelîe les affaires ne s'y peuvent remédyer. Et, à cest effect, faisons pour ledict temps préparer tout ce qui y peult estre nécessaire, tant du coustel de par delà que d'icy, de manière que, avec la grâce de Dieu , n'y aura alors nul retardement ou empeschement.

D'autre part, comme nostredictesœur nous a faict grande instance, par diverses et réitérées fois, pour se retirer en ses propres pays et Estatz , tant à cause de son indisposition que de ses urgens affaires, pour avoir esté sy longuement hors de sa maison, laquelle avons tousjours requis de continuer en ladicte charge de gouvernante générale, considérant le temps présent et nostre venue si prochaine, et aussy la grande cognoissance et expérience qu'elle a des affaires de par delà , en l'administration desquelles elle s'est sy bien et vertueusement acquittée, avec une sollicitude, paine et travail incroyable : quoy nonobstant, nous a faict nouvelle instance, ayant à ceste fin envoyé devers nous ung de ses ministres propre et exprès (1), de manière que ne luy avons peu (bien à nostre grand regret) plus refuser sa réquisition : à ceste cause ^ et qu'il est nécessaire que, pendant le temps de nostredicte venue, nosdicts pays ne demeurent imporveuz de gouverneur et régent général, considérées les singulières prudence, loyaulté et expérience, et aultres très-grandes qualités de nostre très-chier et très-amé cousin le duc d'Alve, pour nous présentement capitaine général de noz pays de par delà, l'avons commis, par forme de provision, audict estât de gouverneur général de nosdicts Pays-Bas (2). Dont vous avons

(1) Son secrétaire Machiavel. Voy. la Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas , etc., t. I, p. 571.

(2) Ses patentes sont du 8 octobre 1567. Voy. la même Correspondance , t. II, p.C50.

bien voulu advertir et certiorer par cestes, vous mandant et enehargeant, et néantmoins ordonnant de luy rendre, en nostre nom, toute obéissance, comme à gouverneur et capitaine général appartient, et ce qu'en dépend. A tant, etc. De Madrid, le xuie d'octobre 1567.

PHLE.

Archives des états de Hainaut : reg. Mémoriaux du clergé, n° 10, fol. 13G; et Actes des étals, t. II, fol. 125.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les remercie de la réception qu'ils ont faite et des présents qu'ils ont offerts à la Reine, son épouse, ainsi que de la promptitude avec laquelle ils ont accordé les aides et les autres choses qui leur ont été demandées. — Il les assure de son amour et de sa clémence. — Il exprime le regret que lui ont fait éprouver les inondations dont plusieurs provinces ont souffert.

Madrid, 22 janvier 1571.

Le Roy.

Comme nous sommes estez adverty, par la Royne ,

nostre très-chière et très-amée compaigne (I), ensemble par nostre cousin le duc d'Alve, chevalier de nostre Ordre, gouverneur et capitaine général de noz pays de par delà, du bon debvoir que vous avés faict en la recepvoir, y arrivant et passant, et traicter sy bien et honorablement, luy faisant en oultre

(1) L'archiduchesse Anne-Marie, fille de Maximilien II, que le Roi épousa le 12 novembre 1570. Les états de toutes les provinces, sur l'invitation du duc d'Albe, lui avaient envoyé des députés à son passage à Nimègue, au mois d'août, et lui avaient offert un présent de 100,000 écus.

des dons et présens, comme plus particulièrement nous a esté relaté , y joint que , auparavant , de temps à aultre , sommes estez adverty, par nostredict cousin, de la promptitude qu'avés aussv monstre à l'accord des aydes et autres choses qu'il vous a demandé et enchargé de nostre part, nous n'avons peu déleissier, oultre les offices faicts par nosdicts compaigne et cousin, quy jà, par nostre ordonnance, vous a adverty du contentement qu'en avons receu, d'escripre ces présentes, pour vous donner à entendre que tout ce qu'en ce que dessus avez faict, nous a esté et est très-agréable, et donne singulier contentement. Et comme, en ce et pluisieurs aultres choses, vous avez monstré et monstrez journellement les debvoirs et offices de très-bons et très-affectionnez subjectz et vassaulx, vous vous povez samblablement bien asseurer, de nostre costé, que n'obmecterons de vous monstrer toute affection, amour et clémence, comme à ung bon prince et seigneur naturel appartient, et par nous et noz prédicesseurs tousjours a esté faict du passé : ce que ne sçaveriez mieulx nourrir et entretenir que par continuer ce que dessus, en vous monstrant bien affectionnez et obéissans subjectz. Et, comme puis naguerres avons entendu le grand danger et domaige que par l'inundation aulcuns noz pays de par delà ont receu et souffert (1), n'avons peu délaisser de monstrer par ceste le grand regret et ressentement qu'en avons heu , et escripvons , à ceste cause, aux archevesques et évesques de par delà que, pour appaiser Nostre-Seigneur , ilz facent faire, chascun en leur diocèse, prières et processions par les bonnes villes, cloistres et aultres lieux où il appertiendra : dont nous recepvrons plaisir et service. A tant, etc. De Madrid, le xxne de janvier i 571, stilo communi.

PHLE.

Archives des éiats de Hainaul : reg. Mémoriaux du clergé, n° 10, fol. 562.

(1) Voyez la Correspondance de Philippe IT sur Jes affaires des Pays- Bas, etc., t. II, p. 163.

PHILIPPE ÍÍ AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

îl les informe que, sur les instances du duc d'Albe, il lui a accordé sa retraite; qu'il a rappelé près de lui le duc de Medina-Celi , et qu'il a conféré la charge de lieutenant, gouverneur et capitaine général des Pays-Bas à don Luis de Requesens et Çûrîiga , grand commandeur de Castille.

Madrid, 19 octobre 1573.

Le Roy.

Comme, pour les grandz et urgens affaires de noz

royaulmes et pays, il ne nous est possible de nous trouver en personne, pour maintenant, en noz pays de par delà, ce que procurerons de faire, Dieu aydant, le plus tost que lesdicts affaires le permectront, comme chose que tant désirons, et que, à la très-instante requeste de nostre très-chier et très-amé cousin le duc d'Alve, chevalier de nostre Ordre, lieutenant, gouverneur et capitaine général de nosdicts pays, pour certaines causes justes et raisonnables à ce le mouvant, sommes esté contons de le descharger dudict estât; ayant aussy appelle vers nous aussy nostre très-chier et très-amé cousin le duc de Medina-Celi, son désigné successeur, pour aulcunes choses de nostre service , nous vous avons bien voulu signiffier, par cestes, que, heu regard à la grande prudence , expérience et loyauté que nous avons tousjours congneu en la personne de aussy nostre trèschier et très-amé cousin don Loys de Requesens et Çûniga, commandador mayor de Castilla , de l'ordre de Saint- Jacques de FEspée, gouverneur de Milan et capitaine général de Lombardie, et de nostre conseil d'Estat, et le grand amour et dilec-

tion quil porte à nostre service, et principallement à touttesles choses qu'il sçait nous estre à cœur, comme, sur touttes aultres, est le bien, tranquillité, repoz et prospérité de nosdicts Pays-Bas et de noz vassaulx et subjectz, nous l'avons, par aultres noz lettres patentes de commission, nommé, commis et ordonné nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général de nosdicts Pays-Bas et comté de Bourgoigne (1) , au lieu de nostredict cousin le duc d'Alve, vous priant partant, requérant et ordonnant très-expressément que vous tenez et réputez, d'ores en avant, ledict coin m an dad or mayor pour nostredict lieutenant de nosdicts pays, et, comme tel et représentant nostre personne propre, luy portez et exhibez tout honneur, révérence et obéissance, comme à nous-meismes, et, en touttes choses concernans ledict gouvernement, l'aydez et assistez, en luy donnant conseil, confort et adresche de tout vostre povoir, touttes et quantes fois que de luy requis en serez. Et vous en sçaurons bon gré , et le tiendrons à plaisir et service très-aggréable. A tant, etc. De Madrid, le xixe d'octobre 1575.

PHLE.

D'Ennetières.

Archives du Royaume : 6e reg. aux lettres du conseil de Hainaut, fol. 29 v°.

(1) Ses patentes et ses instructions sont du 19 octobre 1575. Voyez la Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, t. II, p. 709-713.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les informe qu'il a accordé une grâce et pardon général à ses sujets des Pays- Bas qui ont pris part aux troubles, et les invite à contribuer aux bons effets qu'il attend de cette mesure.

Madrid, 8 mars 1574.

Comme, après avoir eu bonne et deue information, de

temps à aultre, de tout ce qui s'est passé et passe en noz pays de par delà, nous a semblé, par bonne et meure délibération de conseil, que seroit bien de prendre une résolution sur la forme et manière générale par où, moyennant la grâce de Dieu, se pourra remédier et mectre ordre à tout, pour la conservation de la saincte foy catbolicque romaine et de nostre service, ensemble au bien de nozdicts pays, dont avons particulièrement adverty nostre très-chier et très-amé cousin le commandador mayor de Castille, pour nous gouverneur, lieutenant et capitaine général illecq , et luy commandé de ce qu'en conformité de ce il aura à faire, et il soit que, pour mectre les cœurs de noz bons subjectz et vassaulx, tant troublez et altérez, en repos et tranquillité, dont, après Dieu, nous a semblé dépendre le commencement de tout, avons eu pour agréable de donner et octroyer une grâce et pardon général, le plus ample qu'a esté possible (1), nous vous en

(1) Le Roi veut parler ici des lettres patentes de pardon données à Madrid le 8 mars 1574. On les trouve, avec d'autres lettres patentes du 23 avril, sur la même matière, dans un in-4° de 16 pages, imprimé à Bruxelles, chez Michel de Hamont, avec le titre suivant : Exemplaire des lettres patentes

avons bien voulu advertir, afin que, congnoissant le grand amour et affection que portons à noz bons vassaulx et subjectz de par delà , comme aussi réciprocquement sçavons qu'ilz nous portent, et voyant le grand soing et sollicitude que avons d'eulx et de leur bien» vous tenez la bonne main, comme sommes asseurez que ferez très-volontiers, afin que tout puisse avoir bon effet et parvenir à la fin prétendue, tant au regard de ladicte grâce, comme du surplus qu'entendrez en temps et lieu plus particulièrement par nostredict cousin , auquel l'avons ainsy enebargé, A tant, etc. De Madrid, le vin8 de mars 1574.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Registres aux résolutions Jes états du Tournaisis.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

ïl les prie de contribuer , au besoin , dans la dépense qu'aura à faire le gouvernement des Pays-Bas, pour licencier les gens de guerre d'Allemagne et de Suisse.

Madrid, 9 août 1574.

Le Roy.

Comme escripvons présentement à nostre très-cbier et

très-amé cousin le commandador mayor de Castille, nostre gouverneur, lieutenant et capitaine général de noz pays de par delà,

du Roy, nostre sire, par lesquelles Sa Majesté donne grâce absolute et pardon général, tant à estatz , pays, villes et communautez , que tous particuliers , voires proscriptz et banniz de ces Pays-Bas , et aultres ayans offensé et fourfait, à cause des troubles, émotions et révoltes, tant passées que présentes , advenues en iceulx pays.

de, par tous bons moiens, procurer que les gens de guerre d' Allemagne et de Suysse soient licenciez et hors du pays, à laquelle fin luy envoyons quelque bonne provision d'argent, tant que, présentement, selon les aultres très-grandes charges de guerre que avons, nous a esté possible, pour vous descharger desdictes gens, vous avons bien voullu escripre et requérir, par ceste, que, sy possible ledict argent ne fût pas souffisant, mais il y fallût encoires davantaige, vous, pour vostre part et portion, le veuillez suppléer, soit en comptant, ou respondant, ou aultrement, comme mieulx viendra à propos : aiant égard que c'est pour vostre propre bien et descharge, et que, voiant que nous faisons tout effort de nostre costé, vous veuillez aussy faire le mieulx du vostre. comme confions entièrement que ferez. A tant, etc. De Madrid , le ixe daougst 1574.

PHLE.

À. dEnnetières.

Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres missives.

ïl les remercie de la manière dont ils ont accordé l'aide qui leur a été demandée. Madrid, 18 septembre 1574.

Le Roy.

Révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers et bien amez, comme sommes esté adverty, par nostre très-chier

(1) Cette lettre fut peut-être adressée aussi aux états d'autres provinces.

et tres-amé cousin le commendador mayor de Castille, gouverneur général de noz pays de par delà, du bon et prompt debvoir qu'avez faict alîendroit de l'ayde puis naguères à vous, de nostre part, demandée, vous en avons bien voulu remercier par ceste, et donner à congnoistre que nous y avez faict chose trèsagréable, mesmes en ce temps présent, et ne laisserons d'en avoir bonne mémoire en temps et lieu, comme est rayson. A tant, révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers et bien amez, Nostre-Seigneur vous ait en sa saincte garde. De Madrid, le xvnr9 de septembre 1574.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Archives des états de Hainaut : registre spécial des actes des états, fol. 1 1 2.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les informe qu'il a commis provisoirement au conseil d'État le gouvernement des Pays-Bas.

Madrid, 24 mars 1576.

Le Roy.

Comme naghères avons esté advertiz qu'il auroit pieu

à Dieu d'appeller à sa part, le cincquiesme de ce mois, le grand commandeur de Castille, lieutenant, gouverneur et capitaine général de noz Pays-Bas et de Bourgongne, en sommes esté trèsmarryz, pour estremort en la conjuncture qu'estions achepvans

la résolution des vrais remèdes pour la pacification de nosdicts pays. Mais, confians et estans certains que ceulx de nostre conseil d'Estat feront, en tout et partout, selon que, pour le service de Dieu, sa saincte foy catholicque romaine et le nostre, et le bien de nosdicts pays convient, nous ha samblé et avons, selon ce, déterminé de leur eommectre le gouvernement de nosdicts pays de par delà, en la manière que Tavoit ledict grand commandeur de Castille (1) : à quoy les avons auctorisez, tant et jusques à ce qu'avec toute la brièveté possible y aurons pourveu absolutement de gouverneur, que sommes déterminez d'envoier de nostre sang; vous priant et ordonnant très-expressément que ce pendant obéissez audict conseil d'Estat, en la qualité susdicte, comme à nostre propre personne, et tenez tous la main à la conservation et deffence de la religion et foy catholicque romaine, et à la paix et tranquillité de nosdicts pays, comme confions enthièrement en vous et en vostre grande léaulté que ferez, sans aucune doubte, et en recepvrons très -grand contentement et service. A tant, etc. De Madrid, ce xxinie de mars

PHLE.

A. d'Eisnetières.

Archives des états de Brabant : registre aux actes de 1576, pièce 44. — Archives des états de Hainaut : Actes des états, t. V, fol. 32, et reg. Mémoriaux du clergé, n° 10, fol.. 630 v».

(1) Les patentes de commission du conseil d'Étal sont du o avril 1576,

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les requiert de veiller à ce que nul inconvénient n'advienne dans leurs provinces, pendant qu'il s'occupe des moyens de pacifier le pays par l'envoi d'un gouverneur de son sang et des vrais remèdes universels.

Madrid, 24 juin 1576.

Le Roy.

.... Comme escripvons présentement, par le marquis de

Havrey, expressément pour ce dépesché, à ceulx de nostre conseil d'Estat par nous commis au gouvernement de noz pays de par delà et de Bourgoingne, de nostre bonne intention que, par la grâce de Dieu , avons d'avecq toute briefveté procurer la générale pacification de noz bons pays de par delà , tant par l'envoy d'ung gouverneur de nostre sang illecq, comme des vrays remèdes universelz, vous avons bien voulu escripre ceste, et requérir, par icelle, que veullez ce pendant tenir la bonne main aux affaires, tant que en vous est, afin que nul inconvénient n'adviengne, comme par ceulx de nostredict conseil d'Estat plus amplement vous sera déclairé. Et, selon le grand amour que nous portons à nosdicts pays et sommes bien asseurez qu'ils nous portent réciprocquement, confions entièrement, sans aucune doubie, que ferez très-volentiers le mieulx en tout et partout, tant que vous sera possible. A tant, etc. De Madrid, le xxuir9 de juing 1576.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Archives du Rovaume : MS. Lettres des souverains oujc états , et registre aux actes des états de Brabant de 1576, pièce 59. — Archives des états de Hainaut : Actes des états, t. V, fol. 73, et reg. Mémoriaux du clergé, n° 10, fol. G34. — Registres aux résolutions des états du Tournaisis. — Archives de la ville d'Tpres : liasses aux lettres missives.

Il a vu les lettres et requêtes qu ils lui ont envoyées. Le conseil d'État leur fera connaître les résolutions qu'il a prises. — 11 se confie en eux pour le maintien de ta tranquillité publique , la conservation de la foi et le bien de son service.

Madrid, 14 juillet 1576.

Le Roy.

Révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiérs et bien amez, nous avons receu voz lettres et requestes que par deux personnes nous avez à deux diverses fois respectivement envoyé (2) , lesquelles avons à chascune fois veu et leu , et diligemment examiné. Mais, comme la princi palle détermination

(1) Cette lettre fut apportée de Madrid par le marquis de Havre, et délivrée aux états le 1er août, en rassemblée du conseil d'État.

(2) Le 50 mars 1576, les états avaient adressé une représentation au Roi, pour le supplier d'envoyer aux Pays-Bas un gouverneur du sang royal, et de faire convoquer les états généraux, en les autorisant à traiter avec les altérés. Ils insistèrent sur ces deux points par de nouvelles représentations en date du 11 et du 17 avril. Afin de donner plus de poids à ces dernières, ils envoyèrent à Madrid Me George Kieffelt, licencié ès droits. Kieffelt, arrivé à Madrid le 6 mai, fut reçu par le Roi et par le garde des sceaux Hopperus ; mais il ne put obtenir de résolution, et retourna aux Pays-Bas vers le milieu de juillet.

La lettre du Roi parle d'un second envoyé des états. Il est probable que la mission de celui-ci avait précédé le voyage de Kieffelt. Une lettre de Hopperus aux états de Brabant, du 26 février 1576 , fait mention d'un certain Dirck Van Hill, commis des états, qui était décédé à Madrid. (Registre aux actes des étals de Brabant, de 1576.)

d'icelles est entièrement dépendant de certaine résolution concernant le bien universel de noz pays de par delà, que avons tant à cœur, et sur quoy, par bonne espace de temps, sommes . soigneusement' esté délibérans , ne nous a esté possible de faire l'ung sans Taultre; ains, estant asteur, par la grâce de Dieu, prinse ladicte résolution , vous serez bientost adverty de l'ung et l'aultre, comme par ceulx de nostre conseil d'Estat, par nous commis au gouvernement de noz pays de par delà, entenderez plus particulièrement; nous confiant entièrement en vous que ce pendant tiendrez la bonne main , comme avez tousjours sy très-bien faict, au repoz et tranquillité publicque, et à tout ce que, pour la conservation de la saincte foy catholicque, nostre service et bien commun, appertient. A tant, révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers et bien amez, Nostre- Seigneur vous ayt en sa saincte garde. De Madrid , le xime de juillet 1576.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Suscription : A révérendz pères en Dieu , vénérables , chiers et féaulx, chiers et bien amez, les prélatz, nobles et villes de nostre pays et duché de Brabant, représentants les estalz d'iceluy pays, ou à leurs députez.

Archives des états de Brabant : registre aux; actes de 157G, pièce 59.

PHILIPPE II AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

il leur notifie la nomination de don Juan d'Autriche comme gouverneur général. Madrid, 1er septembre 1576.

Le Roy.

Comme, pour les grans et urgens affaires de noz

royatilmes et pays et de la chose publicque chrestienne, ne nous soit convenablement possible de nous trouver, pour maintenant, en personne en noz pays patrimoniaulx de par delà, ce que procurerons toutesfois de faire, Dieu aydant, lorsque lesdicts affaires le permectront, comme chose que tant désirons, et il soit que, vacquant présentement le gouvernement général de nosdicts Pays-Bas et de Bourgoingne, y avons bien voulu pourveoir de personnaige de nostre sang, nous vous avons bien voulu signifier, par cestes, que, heu regard à la singulière affection que portons à nosdicts pays et aux manans et habitans d'iceulx en tous estatz , noz bons et loyaulx subjectz , et à l'entière et parfaicte confiance qu'avons en n'ostre très-chier et très-amé frère messire Jehan d'Austrice, chevalier de nostre Ordre, et en ses sens, prudence et vertuz, sçaichant atissy la réciprocque bonne volunté qu'il nous a.tousjours porté et porte, principalement a toutes les choses qu'il sçait nous estre à cœur, comme sur toutes aultres est le bien, tranquillité, repoz et prospérité de nosdicts pays et de noz vassaulx et subjectz, nous l'avons, par noz lettres patentes de commission (d) , nommé, commis et ordonné nostre lieutenant gouverneur et capitaine général de nosdicts Pays-

(J) Elles sont, comme celle lettre, datées du 1er septembre.

Bas et de Bourgoingne; vous priant partant, requérant et ordonnant très-expressément que vous réputez et tenez, d'ores en avant, nostredict frère pour nostredict lieutenant de nosdicts pays, et, comme tel et représentant nostre propre personne, lui portez et exhibez tout honneur, révérence et obéissance, comme à nous-mesme, et, en toutes aultres choses concernans ledict gouvernement, Taydez et assistez, en lui donnant conseil, confort et adresse de tout vostre povoir, toutes et quantesfois que de par luy en serez requis. Et vous en sçaurons bon gré, et le tiendrons à playsir et service très-agréable. A tant, etc. De Madrid, le ier de septembre 4576.

PHLE.

A. d'Esnetières.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives de la ville dTprès: liasses aux lettres missives.

PHILIPPE il AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES (5).

11 a appris avec joie la conclusion de la paix entre les états et don Juan. — II les remercie de la part qu'ils y ont prise, et leur recommande les intérêts de la religion catholique.

Madrid , 7 avril 1577,

Le Roy.

Comme nostre très-chier et très-amé bon frère mes^

sire Jehan d'Austrice, chevalier de nostre Ordre, lieutenant, gouverneur et capitaine général de noz pays de par delà , nous

(1) On trouve cette lettre imprimée à la suite des lettres patentes de Philippe II, du 7 avril 15775 portant confirmation du traité de Marche-en

ait particulièrement et tout au long donné à entendre, par ses lettres du xxue de febvrier dernier passé, que finalement il a pieu à Dieu nous donner la paix en nosdicts pays (1), soubz les capitulations conclues, résolues et jà publiées en nostre ville de Bruxelles, nous en sommes esté fort resjouyz, louant Dieu pour ses grâces, et confiant entièrement que ceste résolution sera à son honneur et gloire, et la conservation de nosdicts pays et estatz, soubz l'observance de nostre saincte religion catholicque romaine, et nostre deue auctorité et obéissance (selon que par lesdictz estatz a esté protesté), et bien universel de noz bons vassauîx et subjectz de nosdicts pays, comme tant désirons. Ayant, oultre ce, entendu, par lesdictes lettres, les grands debvoirs et offices que y avés faict faire par vos députez , sans espargner aulcune paine ni fraix, nous n'avons voulu obmettre de vous en remerchier bien affectueusement, et prier, comme faisons par ceste, très-instamment d'y continuer, et mesmes quant au poinct de l'observance de nostredicte saincte religion catholicque romaine, selon que confions entièrement que ferés, pour le service de Dieu , nostre et de nosdicts pays, jusques à remectre iceulx, par le moyen et assistence de nostredict frère et la vostre, en l'anchien pied et estât de prospérité que du passé, et mesmes du tamps de mon seigneur et père , que Dieu ayt en gloire; et nous ferés service très-agréable. À tant, etc. De Madrid , le vne d'apvril 1577.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Archives des états de Hainaut : reg. Mémoriaux du clergé , n° 10, fol. 720 v°. — Registres aux résolutions des états du Tournaisis. — Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres missives.

Famène, dans un livret de 16 pages in-4°, sorti des presses de Michel de Hamont, à Bruxelles, en 1577.

(1) Il s'agit ici du traité conclu, à Marche-en-Faméne, entre les états généraux et don Juan d'Autriche, le 12 février 1577.

lia appris avec regret la retraite de don Juan d'Autriche à Namur, motivée par une conspiration tramée contre sa personne. — Il lui a écrit de continuer les négociations qu'il avait commencées avec les états. — Il prie et requiert les états de contribuer, de leur côté, à un arrangement.

Madrid, 2 septembre 1577.

Le Roy.

Nostre très-chier et très-amé frère don Jehan d'Aus-

trice, chevalier de nostre Ordre, gouverneur, lieutenant et capitaine général de noz Pays-Bas, nous a naguerres escript que la malice et inquiétude d'aulcuns particuliers, peu zéleux du repos de nosdicts pays, quy traictoient de le prendre ou tuer, l'avoient forcé de mectre sa personne en Namur, aifin de povoir aveeq plus de liberté et seureté entendre au gouvernement desdicts pays : ce que nous a despîeu très-grandement , pour ce que ce aura (peulst-estre) causé de retarder et alonger le bon chemin qu'avoient prins les affaires. Mais, désirant surtout que ce se continue, et le repoz d'iceulx noz bons pays, nous escripvons présentement à nostredict frère que, tenant le soing de sa personne et de sa seureté que convient, pour ce qu'elle importe et nous l'estimons et aymons , il entende à la pacification desdicts pays, par les bons moyens que l'on avoit encommancé, leur satisfaisant en tout ce qu'a esté accordé, et lesdicts estatz et pays, à ce qu'ilz ont promis de leur part et sont obligez pour la conservation et maintiennement de la religion catholicque romaine et nostre deue obéissance : n'ayant, à ceste cause, peu délaisser de prier, requérir et encharger très-acertes à tous en

général, et à vous en particulier, que vous vous adressez à nostredict frère, et l'assistez, aiîin que s exécute tout cecy, et nostre volunté, puis mesmes que c'est tant le service de Nostre-Seigneur et le bien et repoz de vous-mesmes, comme plus à plain vous entendrez de nostredict frère, auquel nous nous remectons , ne povant délaisser de vous prier et exhorter très-instamment d'assister de bon cœur au service de Dieu et nostre, nous correspondant et à nostredict frère, comme bons vassaulx, [conforme] aux obligations qu'avez à tout ce que dict est, et à la volunté qu'avons eu et vous monstre de vostre bien et repoz. A tant, etc. A Madrid, le oe de septembre i 577.

PHLE.

A. d'Ennetières.

Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres missives.

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