‹ Lettres écrites par les souverains des Pays-Bas aux états de ces provincesChapitre 3 sur 31 · XI Y · texte numérisé non relu

XI Y

PHILIPPE 1Í AUX ÉTATS D'ARTOIS, DE HAINAUT, DE LILLE, DOUAI ET ORCHIES.

il leur exprime sa satisfaction et leur fait ses remerciments de la résolution qu'ils ont prise pour le maintien de la religion catholique et de l'obéissance qui lui est due. — Il promet de ratifier ce que les députés du prince de Parme traiteront avec eux.

Madrid, 7 février 1579»

Le Roy.

Comme nous ayons naguerres entendu la bonne

résolution que vous avez prins aïlendroict du maintènement et conservation de nostre saincte religion catholicque romaine

et nostre Jeue obéissance, nous en avons receu ung très-grand plaisir et contentement, et ne vous en sçaurrions assez louer et estimer , en sorte que n'avons peu délaisser de vous escrire ceste , pour vous en remerchier, et déclairer le bon gré que vous en sçavons, vous priant et enchargeant de continuer, comme bons et léaulx vassaulx et subjectz sont obligez. Et, pour le trèsgrand désir qu'avons de vous veoir en bonne paix et í ra n qui lité, nous vous promectons de ratiffier et approuver tout ce que les évesque d' Arras, seigneur de Val bu on et con sors (I) traicteront et accorderont avecq vous, en vertu et suyvant la commission et instructions qu'ilz ont, à celle fin, de nostre très-cber et très-amé nepveu le prince de Parme, lieutenant, gouverneur et capitaine général de noz Pays-Bas. A tant, révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers et bien amez, Nostre-Seigneur vous ayt en sa saincte garde. De Madrid , le voe de février 1579.

PHLE,

A. d'Ennetières.

Bibliothèque ¡de la Chambre des Représentants : Recueil de pièces relatives aux états généraux, 157G-1580, t. III, fol. 69. — Archives des états de Hainaut : registre spécial des actes des états , fol. 272.

(1) Le prince de Parme avait nommé Mathieu Moulart, évêque d' Arras, et Guillaume Le Vasseur, seigneur de Vaîhuon, receveur général des aides d'Artois, ses commissaires pour traiter avec les états d'Artois d'abord, et ensuite avec ceux des autres provinces wallonnes. Plus tard, il leur adjoignit Jean de Noircarmes, baron de Selles.

PHILIPPE il AUX ÉTATS DES PROVINCES, VILLES ET CHATELLENIES RÉCONCILIÉES (1).

Il les informe qu'il a donné un successeur au prince de Parme dans le gouvernement des Pays-Bas, et les invite à ajouter foi à ce que le prince leur dira , de sa part, là-dessus.

Madrid, 30 novembre 1579.

Le Roy.

Révérendz pères en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers [et bien arncz ] , pour continuer de suyvre, comme il convient, ce qua esté capitulé, [quant vous avez] accepté nostre très-cbier nepveu le prince de Parme pour vostre go[uverneur] pour six mois, et qu'il convient luy donner successeur audict gouvernement, de] nostre sang, dont avec raison vous puissiez prendre contentement, nous avons sur ce prins la résolution que vous entendrez de luy (2) , que nous confions vous sera très-aggréa-

(1) La pièce sur laquelle dette lettre a été copiée est en très-mauvais état; plusieurs endroits en sont déchirés. Nous avons tâché de suppléer aux mots manquants, en mettant, entre des crochets [], ceux par lesquels nous les avons remplacés.

(2) L'article 15 du traité de réconciliation, conclu à Arras le 17 mai 1579 et éclairci à Mon s le 12 septembre suivant, portait que le Roi nommerait toujours un gouverneur général de son sang; que le prince de Parme serait reçu comme gouverneur pour six mois, aussitôt après la retraite des troupes étrangères, et que si, au bout de ces six mois, le Roi ne le continuait dans le gouvernement, ou n'en nommait un autre à sa place, le conseil d'État prendrait l'administration du pays.

Philippe ÏI venait de conférer le gouvernement à la duchesse de Parme, Marguerite d'Autriche, mère d'Alexandre Farnèse.

ble, et que de ce vous coguoisterez que serez gouvernez avec loute doulceur et paisiblement, et de personne que ce sçavera faire, nous remettant à ce que nostredict très-cher nepveu vous dira, que nous vous requérons croire, et trouver bon tout ce [qu'il] vous fera entendre de nostre part. A tant, révére'ndz [pères] en Dieu, vénérables, chiers et féaulx, chiers et [bien] amez, Nostre-Seigneur vous ait en sa saincte garde. De Madrid, le dernier de novembre 1579.

PHLE,

A. d'Ennetièkes.

Archives des étuis de Hainaut : lave iv , reg. 4, 2e partie, fol. 1.

Il leur ordonne de faire payer à son garde des sceaux des Pays-Bas, Nicolas Damant , les arrérages des renies qu'ils lui doivent (1).

Le Roy.

Révérends pères en Dieu, vénérables, très-chiers, chiers et féaulx, chiers et bien amez, comme nous soit esté remonstré, pat nostre chancellier de Brabant, conseillier d'Estat et garde de noz seaulx, messire Nicolas Damant, que, à cause de certaines

(1) Philippe II écrivit itérativement aux états, pour cet objet, le 1er février 1590, le 1er février 1591 et le 2 janvier 1593. (Reg. Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux , t. IV, fol. 11, 97 et 227.)

rentes qu'il a sur les estatz de nostre pays et duché deBrabant, îuy sont deuz et escheuz les arriéraiges de plusieurs années, et qu'il n'en a sceu recouvrer aulcun payement jusques à présent, quelque debvoir et diligente poursuyte qu'il en ayt faict vers vous et vostre recepveur, nonobstant que cy-devant ayez promis, à diverses fois , comm'il dict, de furnir audict payement, mesmes avant son départ de Bruxelles, selon que se voit par certaine ordonnance vostre du xxue et xxvne d'apvril de l'an 1587, nous sommes esté meuz de vous faire la présente. Et, parce que la raison veult qu'ung ministre nostre si principal, résident lez nostre personne, pour nostre service et affaires de noz pays de par delà, non-seullement soit satisfaicl et contenté de ce que à si bonne cause luy est deu, mais aussi respecté et favorisé en toutes choses, vous ordonnons bien acertes que, des premiers deniers que aurez à la main, luy faictes entièrement furnir les susdicts arriéraiges, sans qu'en ce ayt faulte ou retardement; et tiendrons à service aggréable et contentement ce que par vous y sera faict et ordonné. Révérends, etc. De Açeca, le xxve d'apvril

Papiers d'État : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. III, fol 29.

Il les informe qu'il a nommé au gouvernement général des Pavs Bas l'arrhiduc Ernest , son neveu.

Madrid, 30 novembre 1593.

Le Roy.

Comme nous ayons trouvé convenable de instituer et

establir nostre très-cher et très-amé bon frère, nepveu et cou-

sin, chevalier de nostre Ordre, Ernest, archiducq d'Âustrice (1), au gouvernement général de noz pays d'embas et de Bourgoingne, auquel avions commis, après le trespas de feu nostre bon nepveu le ducq de Parme et de Plaisance, nostre très-cher et féal cousin, aussi chevalier de nostre Ordre, le conte de Mansfelt (2), pour y estre employé, tant et jusques à ce que aullrement en eussions pourveu , comnril a faict à nostre grande satisfaction et contentement, nous vous avons bien voulu advertir de nostre susdicte intention et résolution, et vous requérir, exhorter et ordonner , comme faisons expressément par la présente, que, tant en général que particulier, réputez et tenez, d'ores en avant, ledict archiducq Ernest pour nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général en nosdicts pays, et, comme à tel qui représentera nostre propre personne, luy portez, déférez et exhibez tout honneur, révérence, respect et obéissance, comme à nous-mesme, luy donnant aussi en toutes choses appuy, confort et assistence de voz conseils, advis et moyens, et que l'addressez de tout vostre pouvoir, à toutes et quantes fois que par luy en serez requis. Dont vous requérons et enchargeons bien acertes, et vous sçaurons bon gré , et tiendrons à plaisir et service trèsagréable ce que ferez audict endroit De Madrid, le dernier de novembre 1595.

Papiers d'État : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. IV, fol. 528.

(1) Sa commission est du 25 novembre 1595.

(2) Sa commission est du 6 février 1595.

Il les prie de faire payer à Josine del Rio, veuve du mestre-de-canip de Isla, les arrérages d'une rente qu'elle a sur eux : il le liendra à service agréable.

Madrid, 5 décembre 1593.

Le Roy.

Révérendz pères en Dieu, vénérables, très-chers, eliers et féaulx, chers et bien amez, comme dame Josine del Rio, vefve de feu mestre-de-camp Nicolas de Ysla, nous ait remonstré que , à cause de sa retraicte de noz Pays-Bas, sont passées quinze années, elle n'auroit esté payée des rentes quelle y a, signamment d'une, de cent florins par an, sur les estatz de nostre pays et duché de Brabant, la présente sera pour vous dire que tiendrons à service agréable que donnez ordre que à ladicte vefve soit faict payement réel des arriéraiges de la susdicte rente, qu'elle dict monter à plus de quinze années, et que semblablement luy soit tel payement continué, d'an en an , au terme qu'elle escherra, et qu'en ce ne soit usé d'aulcune faulte, afin que ladicte vefve soit soulagée de tel petit moyen, pour mieulx s'entretenir. Révérendz, etc. De Madrid, le me de décembre 1593.

Papiers d'Etat : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t, IV, fol. o"S v°.

II leur l'ait part de la nomination de l'archiduc Albert, son neveu, comme gduVei neur général des Pays-Bas.

Saint- Laurent , 2 août 1595.

Le Roy.

Comme, après le trespas de noslre bon frère, nepveu

et cousin l'archiducq Ernest (I), à qui Dieu pardoint, nous ayons pièça faict choix de la personne de aussi nostre très-cher et très-amé bon frère, nepveu et cousin le cardinal -archiducq Albert, pour l'instituer et establir au gouvernement général de noz pays d'embas et deBourgoingne (2), vacant par ledict trespas, et que, jusques à son arrivée en iceulx, Texerceroit par provision nostre très-cher et féal cousin le conte de Fuentès, qui se trouvoit par delà, comme il a faict, à nostre bonne satisfaction , nous vous avons bien voulu advertir de nostre susdicte résolution, et, par occasion du parlement de nostredict bon frère, pour se rendre par delà et emprendre ladicte régence, vous requérir, exhorter et ordonner, comme par la présente faisons expressément, que, tant en général que particulier, vous réputez et tenez, d'ores en avant, nostre susdict bon frère pour nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général en nosdicts Pays-Bas , et, comme à tel qui représentera nostre propre personne, vous luy portez, déférez et exhibez tout honneur, révérence, respect et obéissance, comme à nous-mesme, luy donnant aussi en

(1) Il était mort à Bruxelles, le 22 février précédent.

(2) Ses patentes sont du 2 août , comme cette lettre,

ïoutes choses appuy, confort et assistence de voz conseils, advis et moyens, et que l'addressez de tout vostre pouvoir, à toutes et quantes fois que par luy en serez requis. Dont vous requérons et ordonnons bien acertes, et vous sçaurons bon gré et tiendrons a

service bien aggréable ce que ferez audict endroict De

Saint-Laurent, le 11e d'aoust 1595.

PHLE.

A. de Laloo.

Papiers d'État : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. IV, fol. 491 \°. — Archives des états de Namur : Registre aux lettres de la cour, de 1567 à 1781, pièce 3.

Il leur sait bon gré de ce qu'ils font pour son service et pour la conservation do pays , elles assure que son secours ne leur manquera p;is.

Madrid, 15 février 1590.

Le Roy.

Révérends pères en Dieu, vénérables, très-chers, chers et í'éaulx, chers et bien amez, par occasion du retour du conte de Berlaymont, chevalier de nostre Ordre, n'avons voulu laisser de vous signifïîer qu'il nous a particulièrement représenté lestai de nostre pays et duché de Brabant, ensemble les dommaiges et

(1) La même lettre fui adressée, mutatis mutandis 7 aux étals de Lille, Douai et Orchies, aux états de Tournai et Tournaisis, et aux états de Malinés. On peut consulter, relativement à cette lettre et aux quatre suivantes, les Actes des états généraux de 1C00, p. ixxvi.

. ( Tl )

inconvénients qu'il a porté par la diversité du temps présent, nonobstant les debvoirs de fidélité et assistence que donnez â nostre service et pour la conservation de nosdicls pays : dont vous sçavons bon gré, et nous asseurons que y continuerez, comme aussi , de nostre part, avons advisé, et adviserons encpres pour l'advenir, aux remèdes des affaires de par delà, mesmespar l'arrivée de nostre bon frère, nepveu et cousin le Cardinai-Arcbiducq, auquel prendrez vostre recours pour les affaires que se présenteront d'icy en avant. Révérends pères en Dieu , etc. De Madrid, le xvur9 de febvrier 1596.

Papiers d'État : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. V , fol. 17 v°.

il exprime ses regrets de la situation dans laquelle il a appris, par leur remontrance, que se trouve leur province. — Il a remis leurs écrhs à l' Archiduc. — 11 ne juge pas à propos qu'ils envoient des députés à Madrid,

Madrid, 18 février 1596.

Le Roy.

Vénérables, très-chers, chers et féaulx, chers et bien aurez , nous avons esté informé, à l'arrivée du conte de Berlaymonl . chevalier de nostre Ordre, des poinctz que, à vostre réquisition . il nous a particulièrement représenté, suyvant l'instruction que luy en aviez donné, desquelz nous ayant depuis esté faict rapport, et d'aultre escript de certaine instruction qu'aviez pai avant donné à quelques commissaires que pensiez dépescher vers nous, trouvons qu'avez bien faict de nous reservir de tous les

poinclz comprins par lestlicts escriptz, avecq regret que les affaires de nostre pays et duché de Luxembourg, qu'en tout temps s'est tant fidèlement maintenu en nostre obéissance et service, soyent réduictz aux termes que contient vostre lettre du premier de septembre de l'an passé. Et, comme nostre désir est de remédier à tout, et vous donner tout le soulaigement que faire se pourra, avons trouvé convenable d'envoyer lesdicts escriptz à nostre bon frère, nepveu et cousin le Cardinal-Arcbiducq, afin qu'il ait regard aux rernonstrances faictes par iceulx, ou qu'il nous reserve de son advis en ce qu'il trouvera convenir, comme nous asseurons qu'il fera, suyvant ce que luy en escripvons, pai* occasion de luy remeclre lesdicts escriptz ; et, pour mesme raison, prendrez vostre recours à luy, et ferez par delà, sur ce que dict est, les instances que convient: par où ne sera besoing d'envoyer par deçà aulcuns députez ni commissaires, comme bien à propos vous fut escript par ceux de nostre conseil d'Estat, par lettre du xvme de juillet dudict an passé, afin éviter telle despense superflue. Vénérables, etc. De Madrid , le xviue de febvrier J 596.

Papiers d'Etat : Lettres de Philippe II aux gouverneurs généraux, t. V. fol. 11 v°.

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