‹ Lettres écrites par les souverains des Pays-Bas aux états de ces provincesChapitre 8 sur 31 · PHILIPPE IV AUX ÉTATS GÉNÉRAUX ASSEMBLÉS À BRUXELLES · texte numérisé non relu

PHILIPPE IV AUX ÉTATS GÉNÉRAUX ASSEMBLÉS À BRUXELLES

il répond à leur lettre du 4 décembre précédent. — Il leur exprime sa satisfaction du soin qu'ils portent à son service et à la conservation de la religion catholique, et les exhorte à le continuer. — Il espère que, au moyen des secours extraordinaires qu'il a envoyés et continuera d'envoyer aux Pays-Bas , ainsi que de l'observation des anciens règlements, ces provinces auront le repos et contente ment dont elles ont ci-devant joui. — Il se déclare prêt à exposer sa vië et ses États pour la cause de Dieu et la conservation du pays. — Il leur confirme, enfin, la prochaine arrivée du Cardinal-Infant.

Madrid, 10 avril 1635.

Le Roy.

Très -révérends, révérends pères en Dieu, vénérables, trèschers, chers et féaulx, chers et bien amez, nous avons receu la lettre que vos députés, assemblés à Bruxelles par ordre de nostre très-chère et très-amée bonne tante la sérénissirae infante madame Isabel , nous ont escrit le 1111e de décembre dernier (1) , et veu, par icelle et ce que, depuis trois ans en çà, de temps à aultre, nous a esté représenté de vostre part, tant parles contes de Solre et d'Estaires, qu'aultres, le particulier soin qu'avés et portés à tout ce qui concerne nostre plus grand service et la conservation de nos pays de par delà, soubz nostre obéyssance, en la sainte foy catholicque. Dont avons bien voulu vous insinuer, par ceste, l'enthière satisfaction qu'en avons, et vous exhorter à la continuation de ces bons, louables et iidels debvoirs; vous asseurant qu'en cette considération et confiance, avons disposé

(1) Voyez ci-dessus, p. -54.

les efforts et secours si extraordinaires et plus que jamais veuz du passé, tant d'argent que de gens de guerre, qu'aurés peu recognoistre, encores quVvecq peu d'effect jusques ores; lesquels néantmoins nous espérons, avecq la grâce de Dieu, pouvoir continuer et augmenter à Tad venir, selon qu'en sera de besoing, et de sorte que, moyenant ce et l'observance punctuelle par nous ordonnée des anciens et bons règlemens, tant politicques que militaires, se redresseront les affaires, et nous donnerons à nosdicts pays le repos et contentement dont ils ont par eydevant jouy : estant nostre résolution absolute d'y exposer la vie, royaulmes et Estats que Dieu nous a mis en garde, plustost que de manquer à la justice de sa cause, ni à la conservation et repos de nosdicts pays, ne se voulant nos vassaulx désenvoyez de leur debvoir ranger à la raison soubz conditions équitables, et la religion et nostre souveraineté saulfs : nous promectant qu'en tel cas y aporterés, de vostre part, tout ce que se doibt et peult espérer de la confiance qu'avons tousjours faict de vostre léaullé et zèle accoustumé, au plus grand service de Dieu et le nostre, et selon la résolution tant cordiale et résignée que nous tesmoignent voz députez par leur lettre du 4e de décembre dessus mentionnée en estre prinse, et du depuis ratifiée par leur renversai donné le 26 de janvier dernier (1) : ce que de tant plus nous oblige à la seconder de nostre part, et tesmoigner par effect à nos bons vassaulx et subjects le soing continuel et vrayement paternel que nous avons, non-seulement de les préserver de l'oppression de ceulx qui méditent leur dernière ruyne, ains de leur procurer, comme avons tousjours désiré, par la justice de

(1) Par ces actes, les états généraux déclaraient « que tout ce qu'ils * avaient négocié et traité, traiteraient ou négocieraient, par eux, ou leurs » commis, avec les Provinces-Unies, comme états à autres, pour parvenir à » une paix ou trêve, avait été et serait négocié et traité en qualité d'états » et sujets, qu'ils étaient, obéissants et fidèles du Roi, sous son aveu et » agréation, et sans intérêt et préjudice de ses autorités et hauteurs. »

nos armes et par toutes autres voyes équitables, une seure, honorable et profitable paix. Et, pour tant plus grand et asseuré gaige de cestuy nostre desseing et bonne résolution , nous persistons aussy en celle qu'avons prins de vous envoyer nostre très-cher ettrès-amé bon frère unicq, l'infant don Ferdinand, lequel s'est jà embarqué, pour, Dieu aydant (surmontés les dangiers de la mer) , s'acheminer en toute diligence et rendre promptement par delà, à Teffect de ce qu'aurés entendu par nos lettres du xxe d'octobre dernier, escntes aux estais de chascune de nos provinces obéissantes en particulier. À tant, très-révérends, révérends pères en Dieu, vénérables, très- chers, chers et féaulx, chers et bien amez, Nostre- Seigneur vous ayt en sa saincte garde. De Madrid , le xe d'avril 1633. Ms Legs v1.

PHILIPPE

G. de Roy.

Suscription : A très-révérends, révérends pères en Dieu, vénérables, très-chers , chers et féaulx , chers et bien amez, les archcvesques, évesques, prélats, nobles et villes de noz Pays-Bas, représentans les estatz d'iceulx.

Archives du Royaume : reg. Estatz généraulx de 1632 , fol. 264. — Archives des étals de Hainaut : Recueil des actes des états généraux, 1632, 1633, 1634, fol. 381.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS GÉNÉRAUX ASSEMBLÉS A BPiUXELLES (1).

11 répond à leur lettre du 50 mai. — Il les remercie des témoignages d'amour, de respect et de fidélité qu'elle contient. — Il a pris connaissance des négociations entamées avec les Provinces-Unies : il n'est pas satisfait du résultat. — Il aurait consenti à une trêve faite sur les mêmes bases que celle de 1609 , mais il n'en peut admettre une qui serait préjudiciable à ses royaumes de Castille et de Portugal. — Il loue les états d'avoir fermé l'oreille aux suggestions des Hollandais, qui voulaient, leur faire considérer comme leur étant étrangers les intérêts de ces royaumes. — Il assure les états qu'il désire vivement leur repos et leur prospérité, et les engage à se défier des Hollandais, qui veulent s'emparer de tout le commerce. — Il termine, en leur exprimant sa gratitude de l'intention, qu'ils manifestent, de concilier ce que réclame le bien des Pays-Bas avec les exigences des autres parties de la monarchie.

Madrid, 19 juillet 1655.

El Rey.

Muy reverendos, reverendos padres in Christo, venerables, muy amados y charos y leales , charos y bien amados, estos dias ha llegado à mis manos una carta vuestra , de 30 de mayo (2) , en que os haveis governado (5) en la tratación de la tregua con las Provincias Unidas que están fuera de mi obediencia, y procurais satisfazerme del amor, respecto y fideldad con que en esta ocasión y en todas haveis desseado mi mayor servicio.

(1) Le texte de cette lettre, que je n'ai trouvé que dans les archives des états de Hainaut, est malheureusement fautif en plusieurs endroits. J'indiquerai les passages auxquels cette remarque s'applique.

(2) Voyez ci-dessus, p. 55.

(5) Il manque ici quelques mots.

Agradéscoos esta demostración, que, si bien es debida á lo qui1 yo os quiero y estimo, y poco necessaria á lo que confio de vosotros, he holgado de ver en el affecto y verdad con que confesáis vuestras obligaciones, quan presentes las tenéis, y quan viva y arrigada está hoy en vuestros corazones aquella natural fideldad y reverencia que por tantos siglos haveis conservado á vuestros príncipes y señores naturales y á mí; y, aunque todos ellos han hecho desto el aprecio y estimación que es justo, y os han desseado todo bien y descansso, creo que haveis hechado de ver que se pudiesse encaminar (\).

He oido la tratación de tregua que , de algunos meses acá, ha corrido con las Provincias Unidas , con mucho desseo de daros algún reposso, aunque, á juicio de todos, era el tiempo poco á propósito para conseguir por este medio cossa alguna de seguridad y beneficio vuestro : á que he acudido tan de buena gana, como sabéis, con la substancia de los demás reynos y Estados que poseo , desde que Dios fué servido de encargármelos.

La serenísima señora infanta mi tía me ha dado quenla de lo que hasta aora se ha tratado en materia de tregua, y del último estado que tiene, que no me puede haver contentado, porque desseando, como desseo, no solo quedar sin guerra con las provincias que están fuera de mi obediencia, sino con olvido délo passado, y no podiéndose esto conseguir, si una parte de mis reynos quedase en paz, y otra en guerra, ó si las treguas de que hoy se trata fuesen disiguales á las que hizo el Rey mi señor, mi padre , que esté en el cielo , es forzosso que me sea de poca satisfacion lo que se propone por los inobedientes, particularmente podiéndose anteveer que tales condiciones dejarían lastimados à mis vasallos de Castilla y Portugal, alterándoles sus comercios en los reynos y provincias que ellos mismos conquistaron , y de que han gozado tantos años.

(1) Le texte est encore ici tronqué : ce qui rend inintelligible le sens de la phrase.

( fJS )

Admitiré con muy buena volontad á las Provincias Unidas en todas las partes que se les permitió por las treguas passadas, y haré mirar todo lo demás favorable que por participación y escala de los reynos de Castilla y Portugal se les pueda conceder, sin daño del Estado. Y este requisito es tan necessario que sin él nada se puede tratar con reputación ni con seguridad , particularmente en reynos apartados del real calor y sombra de su príncipe, y líame parecido atención muy digna de vuestra prudencia y agradecimiento, que aveis deshechado la vana razón que Holandeses artificiosamente han querido persuadiros, de que no son intereses vuestros los de otros Estados y reynos mios, que, por tiempo tan largo y continuado, han assistido á essas provincias con mas de ducientos milliones, y con el esfuerzo y sangre mas illustre de sus naturales, siendo cierto que el bien ó el mal de qualquiera parte del compuesto desta monarchia, le padezen todas las demás, y es commun á todas el sentimiento del daño y el cuydado v obligación de reparalle, sin que el ser mas ó menos distante pueda enflaquezer esta razón, que, por la participación y correspondencia natural de las partes con el todo, es siempre cierta.

Desseo vuestro descansso y acrecentamiento con la verdad que os he representado, y no tendré mejor dia que aquel en que vieré las cosas dispuestas y concluidas como conviene á este fin ; v por esto debéis yr con mayor advertencia á que la malicia de essas provincias inobedientes aspira á vuestra total sujeción, y en el punto de los commercios es mayor su artificio, pues usurpándoos, en su provecho, vuestra utilidad y conveniencias (como lo harán por su mayor poder marítimo), os vendrán á enflaquezer un dia á otro , y os reduzirán , á pressa propria, debajo de su total dominio, y yran creciendo de manera (si seles diese libre comercio) que reducirán el de estos reynos de España á tal flaqueza que no puedan soccorreros, ny yo tan poco con las fuerças y pujanza que hasta aquí.

Hame parecido dezirosesto, no solo en demostración de lo que os amo y de lo mucho que desseo vuestro mayor bien, sino

en testimonio de lo que confio de vuestra natural fideldad y prudente acuerdo , v para agradezeros mas el ánimo y buenas intenciones que mostráis, de procurar unir mi mayor servicio y vuestra conveniencia, en que acá también se queda mirando, Con tanto, muy reverendos, reverendos padres en Christo, venerables, muy amados y charos y leales, charos y bien amados, téngaos Nuestro Señor en su santa guardia. De Madrid , à xix de julio J 655.

YO EL REY

Andrés de Rocas.

Siiscription : Por el Rey á los muy reverendos, reverendos padres en Christo , venerables, muy amados, charos y leales, charos y bien amados, los arzobispos, obispos, nobles, y villas de las provincias obedientes de sus Paises Baxos.

Archives des états de Hainaut : Recueil des actes deselats généraux, 1652, 1633, 1634, fol. 437.

Il les informe que, en attendant l'arrivée du Çardinal- Infant aux Pays-Bas, il a nommé lieutenant, gouverneur et capitaine général de ces provinces le marquis d'Aytona

Madrid, 30 décembre 16-53.

Le Roy.

Vous aurez já entendu comme, pour la singulière

affection que nous portons à nos pays de par delà et comté de Rourgogne, nous ayons, passé quelque temps, nommé nostre trèscher et très-amé bon frère le cardinal infant don Ferdinand, pour, après le décès de nostre très-chère et très-amée bonne

(1) La même lettre fut écrite aux états généraux assemblés à Bruxelles.

tante madame Isabel-Clara-Eugenia, succéder au gouvernement général desdicts pays. Et ayant, à nostre très-grand regret, naguères entendu que ladicte nostre bonne tante seroit décédée (Dieu Tait en gloire!), avons ordonné à nostredict bon frère de en toute diligence se transporter par delà, et, pendant qu'il sera en chemin et y arrivera, trouvé convenir à nostre service et au bien desdicts pays de commettre audict gouvernement général , provisionnellement et jusques à sa venue, nostre très-cher et féal cousin le marquis d'Aytona, de nostre conseil d'Estat, gouvernant présentement nos armes par delà: dont lui avons envoyé noz lettres patentes de commission, suivant lesquelles vous requérons et ordonnons, tant en général que particulier, pendant ledict temps, tenir et réputer ledict marquis pour nostre lieutenant, gouverneur et capitaine général provisionnel desdicts pays, et, comme tel et représentant nostre personne, lui porter et exhiber tout honneur, révérence et obéissance, comme à nous-mesmes, et, en toutes choses concernant ledict gouvernement, l'ayder et assister, en hiy donnnant conseil , confort et adresse, de tout vostre pouvoir, tontes et quantesfois que par luy requis en serez ; et vous en sçaurons bon gré, et le tiendrons à plaisir et service très-aggréable. À tant, etc., Nostre-Seigneur vous ait en sa sainte garde. De Madrid, le xxxe de décembre 1655. Ms. Legs. v\

PHILIPPE

J. OSW. DE BrITO.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives des états de Hainaut : Actes des états , t. XIX, fol. 190. — Archives des états de Namur : iîegislre aux lettres de la cour . de 1567 à 1781 , pièce 5. — Registre aux résolutions des états du Tournaisis, de 1651 à 1655. — Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres missives.

PHILIPPE IV AUX ÉTATS DES DIFFÉRENTES PROVINCES

Il les charge de respecter et d'assister le marquis d'Aytona. Madrid, 6 avril 1654.

El Rey.

..- Por la satisfacción grande que tengo de que el marques de Aitona, mi governador y capitán general de esos mis Países Baxos y de Borgoña , cumpliendo con mis órdenes y con las obligaciones de su cargo y de mi servicio, procurará, en todo quanto le fuere posible, el mayor bien y mejor govierno de esas provincias y de los buenos y fieles vasallos que en ellas tengo , y su defensa y conservación , y que los medios que tomare para esto serán justificados y prudentes y de satisfacción común , he querido encargaros que, dándole entero crédito en lo que, conforme al tiempo y á las ocasiones, os comunicare y advirtiere en mi nombre, le acatéis y asistáis con la demostración que yo confio de vuestras obligaciones y fidelidad, y de lo que debéis á mi servicio y al amor que os tengo. Con tanto, etc., Nuestro Señor os tenga en su sancta guardia. De Madrid, á vi de abril de 1634.

YO EL REY

Andrés de Roças.

Archives du Royaume : MS. Lettres des souverains aux états. — Archives de la ville d'Ypres : liasses aux lettres

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