ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 47 PER RAR RU RELATION
De la persécution élevée dans le royaume de Tunquin , et de la mort glorieuse de quatre Missionnaïres jésuites qui ont eu la tête tranchée, en haine de la foi, le 12 janvier de l'année 1737. (Tirée de quelques mémoires portugais. )
Les royaumes de Tunquin et de la Cochinchine étoient anciennement une des plus grandes provinces de la Chine, qu'on appeloit Ngan-Nan (Repos austal) , et qui s'étendoit vers le septentrion , depuis le 12. degré jusqu’au 23.e L’éloignement où tette province étoit de la cour, ne permettoit point aux peuples d’y porter leurs plaintes contre le gouvernement tyrannique des vice-rois, qui y avoient une souveraine autorité. Les Tunquinois, las de porter un joug si odieux, s’en affranchirent tout à coup en tuant le vice-roi , eten se choisissant un roi de leur nation, quiles gourvernätavec plus de modération et d'équité. Ce soulèvement ne manqua pas de leur attirer une guerre cruelle de la part des Chinois ; ils la soutinrent long-temps avec une valeur extraordinaire. Enfin , la paix se conclut à l'avantage des Tunquinois, puisqu'ils furent délivrés de la domination chinoise, et que leur roi demeura paisible possesseur du trône, à cette condition néanmoins qu’il enverroit tous les trois ans une ambassade solennelle à l'Empereur de la Chine, avec des présens, auxquels les Chinois donnèrent le nom de tribut,
. Cette guerre étant plus heureusement terminée que le roi de Ngan-Nan n’avoit lieu de l'espérer , il ne songea plus qu'à se délasser de ses fatigues, et à goûter les douceurs de la paix. Il se retira à la cam-
ne nee
pagne dans ses maisons de plaisance , pour ne s’ occuper que de plaisirs, et se livrer à toutes les dé lices d’une vie oisive et voluptueuse ; et même afin qu on n’eût aucun prétexte de troubler son repos , il confia le gouvernement de l'état à un des grands de sa cour, Celui-ci , également adroit et ambitieux , profita de l’indolence de ::; rain, pour s’emparer du trône. I sut si Lit: , pendant son absence, manier les esprits et les tourner en sa faveur , qu'en peu de temps il se rendit maître des quatre principass provinces ; il en chassa le roi légiime , et ‘obligea de se retirer dans les parties méri4:5 ales , où 1l le laissa tranquille, Ce prince tugitif voyant l'autorité d’un sujet rebelle si bien affermie , se contenta de cette portion de son état , et y forma un royaume particulier, qu’on nomme maintenant la Cochinchine. Le Tunquin , qui est renfermé entre le 17. et le 23. degré de | + > fut dès-lors entièrement souris à l’usurpateur.
Il y a un siècle et plus que ce royanme a été éclairé des lumières de l'évangile. Le père Julien Baldinotti, jésuite de Pistoie en Toscane, fut le premier qui y entra en l’année 1626. Il trouva dans ces peuples des dispositions si favorables à embrasser la loi chrétienne , qu'il demanda au plutôt du secours. L'année suivante , deux autres Jésuites , les pères An toine Marquez, portugais, et Alexandre de Rhodes, d'Avignon, allèrent le joindre. Ces pères qui avoient déjà quelque connoïssance de la langue tr nquinoise, ne purent suflire à l’'empressement des peuples qui venoient entendre leurs instructions. La semence évangélique fructifia au centupie , et en moins de quatre ans , une grande multitude d'idolâtres con vertis à la foi formèrent une chrétienté nombreuse,
Des progrès si rapides alarmèrent ! : pré-res des idoles. Ils se donnèrent tant de mouv n auprès des grands ei à la cour, et employerent tant de
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né s’ les déne afin repos , grands tieux , s'emence , qu'en rINCI= e , et inles, oyant CON la un ant la entre s-lors
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