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LDIFIANTES ET CURIEUSES. 79
dit qu’elle étoit blanche et fo:t petite. D’autres m'ont assuré que cette plante n’en avoit point, et que personne n’en avoit jamais vu. Je croirois plutôt qu’elle est si petite et si peu remarquable qu’on n’y fait pas d'attention ; et ce qui me confirme dans cette pensée, c’est que ceux qui cherchent le gin-seng , n'ayant en vue ‘tue la racine, méprisent et rejettent d'ordinaire tout le reste comme inutile.
Il ÿ a des plantes qui, outre le bouquet des fruits que j'ai décrits ci-dessus, ont encore un ou deux fruits tout à fait semblables aux premiers, situés à un pouce ou à un pouce et demi au-dessous du bouquet: et alors on dit qu’il faut bien remarquer l’aire de vent que ces fruits indiquent, parce qu'on ne manque guère de trouver encore cette plante à quelques pas de là sur ce même rumb, ou aux environs. La couleur du fruit, quand il en a, distingue cette plante de toutes les autres > et la fait remarquer d’abord : mais il arrive souvent qu'elle n’en a point, quoique la racine soit fort ancienne, Telle étoit celle que j'ai marquée dans la figure par la lettre A, qui ne portoit aucun fruit, k'en qu'elle fût dans sa quinzième année,
Comme on a beau semer la graine, sans que jamais on l'ait vu pousser, il est probable que c’est ce qui a donné lieu à cette fable qui & couts parmi les Tartares. Ils disent qu’un oiseau la n: an5° dès qu'elle est en terre ; que ne la pouvant digérer, ;! Ia purifie dans son estomac , et qu'elle pousse ensuite dans l'endroit où l'oiseau la laisse avec sa fiente, J'aime mieux croire
que ce noyau demeure fort long-temps en terre avant que de pousser aucune racine : et ce sentiment me paroit fondé sur ce qu'on trouve de ces racines qui ne Sont pas plus longues, et qui sont moins grosses que le petit doigt, quoiqu’elles aient poussé succes
sivement plus de dix tiges en autant de différentes années.
Quoique la plante que j'ai décrite eût quatre branches, on en trouve néanmoins qui n’en ontque deux, d’autres qui n’en ont que trois, quelques-unes qui en ont cinq, ou mème sept, et celles-ci sont les plus belles. Cependant chaque branche a toujours Cinq feuilles , de même que celle que j'ai dessinée, à moins que le nombre n’en ait été diminué par quelque accident. La hauteur des plantes est proportionnée à leur grosseur et au nombre de leurs branches. Celles
ui n'ont point de fruits, sont d'ordinaire petites et bu basses.
La racine la plus grosse, la plus uniforme, et qui a moins de petits liens, est toujours la meilleure, C’est pourquoi celle qui est marquée par la lettre Æ, l'emporte sur l’autre, Je ne Sais pourquoi les Chinois l'ont nommée g/n-seng qui veut dire, représentation de l’homme : je n’en ai point va qui en approchàt tant soit peu ; et ceux qui la cherchent de profession, m'ont assuré qu’on n’en trouvoit pas plus qui eussent de la ressemblance avec l'hôimme , qu'on n’en trouve parmi les autres racines quiont quelquefois par hasard des figures assez bizarres. Les Tartares l’appellent, avec plus de raison, orkota, c’est-à-dire , a première des plantes.
Au reste, il n’est pas vrai que cette plante croisse à la Chine, comme le dit le Père Martini, sur le témoignage de quelques livres chinois , qui l'ont fait croitre dans la province de Pekin sur les montagnes d'Yong-pir-fou. On a pu aisément s’y tromper, parce que c'est là qu'elle arrive, quand on lapporte de Tartarie à la Chine.
Ceux qui vont chercher cette plante, n’en conservent que la racine, et ils enterrent dans un même endroit tout ce qu'ils en peuvent amasser durant dix ou quinze jours. Îls ont soin de bien laver la racine, et de la nettoyer, en Ôtant avec une brosse tout ce qu’elle a de matière étrangère, Lis la trempent
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