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et que leurs entretiens ne respiroient que le divin amour. De là venoit cette dévotion particulière qu'elle avoit pour la sainte eucharistie et pour la passion du Sauveur. Ces deux mystères de l’amour d'un Dieu, caché sous le voile eucharistique , et mourant sur une Croix, OCCupoient sans cesse son esprit, etembrasoientson cœur des pluspuresflammes de la charité. Onla voyoit tons les jours passer des heures entières au pied des autels, immobile et comme transportée hors d'elle-même ; ses yeux expliquoient souvent les sentimens de son cœur par l'abondance des larmes qu'ils répandoient , et elle trouvoit dans ces larmes de si grandes délices , qu'elle étoit comme insensible au froid des plus rudes hivers. Quelquefois la voyant transie , je la renvoyois dans sa cabane pour s’y chauffer : elle obéissoit à l'instant ; mais un moment après , elle revenoit à l'Eglise, et y continuoit de longs entretiens avec Jésus-Christ, Pour entretenir sa dévotion au mystère de la passion du Sauveur , et l'avoir toujours présente à sa mémoire , elle portoit au cou un peut crucifix que je lui avois donné ; elle le baisoit sans cesse avec des sentimens de la plus tendre compassion pour Jésus souffrant, et de la plus vive reconnoissance pour le bienfait de notre rédemption. Un Jour , voulant particulièrement honorer J ésus-Christ dans ce double mystère de son amour > après avoir reçu la sainte communion , elle fit une oblation perpétuelle de son âme à Jésus dans l’eucharistie ») Ci de son corps à Jésus attaché à la croix ; et dès-lors , elle fut ingénieuse à imaginer tous les jours de nou-velles manières d’aflliger et de crucifier sa chair, Quand elle alloit dans les bois pendant l'hiver , elle suivoit de loin ses compagnes ; elle ôtoit ses souliers , et marchoit nu-pieds sur la glace et sur la neige, Ayant oui dire à A nastasie que de tous les tourmens , celui du feu étoit le plus affreux , et que
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la constance des martyrs qui avoient souffert ce sup= plice , pour défendre leur foi, devoit être d’un grand mérite auprès du Seigneur , la nuit suivante, elle se brûla les pieds et les jambes avec un tison ardent , à peu près de la même manière que les Iroquois brülent leurs esclaves, se persuadant que par cette action elle se déclaroit l’esclave de son Sauveur. Une autre fois , elle parsema la natte où elle se couchoit, de grosses épines dont les pointes étoient fort aiguës, et à l'exemple de saint Benoît et du bienheureux Louis de Gonzague, elle se roula trois nuits de suite sur ces épines , qui lui causèrent des douleurs trèsvives. Elle en eut le visage tout pâle et tout défait, ce qu'on attribuoit à ses indispositions. Mais Thérèse , cette compagne en qui elle avoit pris tant de confiance , ayant découvert la source de cette pâleur extraordinaire , lui en fit scrupule , en lui déclarant que c’étoit offenser Dieu que de se livrer à ces sortes d’austérités , sans la permission de son confesseur. Catherine, qui trembloit aux seules apparences du péché , vint aussitôt me trouver, pour m’avouer sa faute et en demander pardon à Dieu. Je la blâmai de son indiscrétion , et lui ordonnai d'aller jeter ces épines au feu. Elle le fit aussitôt ; car elle avoit une soumission aveugle aux volontés de ceux qui gouvernoient sa conscience ; et quelque éclairée qu’elle fût des lumières dont Dieu la favorisoit, elle ne fit jamais paroître le moindre attachement à son propre sens.
Sa patience étoit à l'épreuve de tout. Au milieu de ses infirmités continuelles , elle conserva toujours une paix et une égalité d’âme qui nous charmoient. Il ne lui échappa jamais, ou de se plaindre, ou de donner le moindre signe d’imupatience. Les deux derriers mois de sa vie, ses souffrances furent extraordinaires : elle étoit obligée de se tenir jour et nuit dans l: même posture, et le moindre mouvement
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