‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 3)Chapitre 16 sur 72 · PR CR · texte numérisé non relu

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lui causoit des douleurs très-aiguës. Quand ces douleurs se faisoient sentir avec lc plus de vivacité , c'étoit alors qu’elle paroissoit plus contente ; s’estimant heureuse ,| comme elle le disoit elle-même » de vivre et de mourir sur la croix » et unissant sans cesse ses souffrances à celles de son Sauveur. Com:ne elle étoit remplie de foi, elle avoit une haute idée de tout ce qui a rapport à la religion ;

c'est aussi ce qui lui inspiroit un respect particulier :

pour ceux que Dieu appelle au ministère évangélique. Son espérance étoit ferme , son amour désintéressé , servant Dieu pour Dieu même, par le seul désir de lui plaire. Sa dévotion étoit tendre jusqu’aux larmes , son union avec Dieu intime et continuelle, ne le perdant jamais de vue dans toutes ses actions ; ce qui l’éleva en peu de temps à un état d’oraison très-sublime. Enfin, rien ne fut plus remarquable en elle , que cette pureté angélique dont elle fut si jalouse , et qu’elle conserva jusqu’au dernier soupir. Ce fut un miracle de la grâce , qu’une jeune Jroquoise ait eu tant d’attrait pour une vertu si peu connue dans son pays , et qu'elle ait vécu dans une si grande innocence Ce mœurs pendant vingt années qu'elle a demeuré dans '° -entre même du libertinage et de la dissolution. C’est cet amour pour la pureté qui produisoit dans son cœur cette tendre affection pour la Reine des Vierges. Catherine ne parloit jamais de Notre - Dame qu'avec transport ; elle avoit appris par cœur ses litanies:, et elle les récitoit tous les soirs en particulier , après les prières Communes de la cabane, Elle portoit toujours sur elle un chapelet qu'elle récitoit plusieurs fois le jour. Les samedis et les autres jours qui sont particulié- Tement consacrés à l’honorer, elle faisoit des austérités extraordinaires » et elle s’attachoit À limiter dans la pratique de quelques-unes de ses vertus. Elle redoubloit sa ferveur , lorsqu'on célébroit quei-

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qu’une de ses fêtes , et elle choisissoit ces saints jours, pour faire à Dieu quelque nouveau sacrifice ou pour renouveler ceux qu'elle avoit déjà faits,

Une vie si sainte devoit être suivie de la plus précieuse mort. Ce fut aussi dans les derniers momens de sa vie , qu'elle nous édifia le plus par la pratique de ses vertus , et surtout par sa patience et par son union avec Dieu. Elle se trouva fort mal vers le temps où les hommes sont à la chasse dans les forêts, et où les femmes sont occupées , depuis le matin jusqu'au soir , dans la campagne. Alors, ceux qui sont malades restent seuls le long du jour dans leur cabane , avec un plat de blé d'Inde , et un peu d’eau qu'on met le matin auprès de leur natte. Ce fut dans cet abandon que Catherine passa tout le temps de sa dernière maladie. Mais ce qui auroit accablé une autre de tristesse , contribuoit à augmenter sa joie , en lui fournissant de quoi augmenter son mérite. Accoutumée à s’entretenir. seule avec Dieu, elle mettoit à profit sa solitude , et elle s’en servoit pour s'attacher davantage à son Créateur , par des prières et par des méditations ferventes. Cependant le temps de son dernier sacrifice approchoit, et ses forces diminuoient chaque jour. Elle baissa considérablement le mardi de la semaine-sainte , et je jugeai à propos de lui donner le saint viatique , qu'elle reçut avec ses sentimens ordinaires de piété. Je voulois lui administrer en même temps l’extrêmeonction; mais elle me dit que rien ne pressoit encore , et sur sa parole je crus pouvoir différer jusqu’au lendemain matin. Elle passa le reste du jour et la nuit suivante dans de fervens entretiens avec Notre-Seigneur , et avec la sainte Vierge. Le mercredi matin elle reçut la dernière onction avec les mêmes sentimens de piété ; et sur les trois heures après-midi , après avoir prononcé les saints noms de Jésus et de MARIE , elle entra dans une douce

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