‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 3)Chapitre 27 sur 72 · TZ, IF · texte numérisé non relu

TZ, IF

gures tr C’est avec cett t'tressent leurs

mais les plus grand IX OU sept personne e écorce qui n’a guère que

Le

> ils se nourrissent de leur chai

mes est la chasse on la

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d’un teint

X noirs, et dont ivoire, Si vous

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re; 1ls s’en font des pen- S Jarretières, des uces; et avec cette

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guêrre,

u village, et d'y faire acs, des boîtes, Cousent l'écorce meubles fort proanots se font pareillement Sne Peuvent s. C’est avec

l'épais-

qu'ils passent des bras de mer, et dangereuSes rivières et Cinq cents lieues de tour.

J'ai fait ainsi plusieurs voyages sans avoir couru aucun risque. Il n'est arrivé qu'une seule fois, qu'en traversant le fleuve de Saint-Laurent, je me trouvai tout à coup enveloppé de monceaux de glace d'une énorme grandeur. Le canot en fut crevé; aussitôt les deux Sauvages qui me conduisoient, s’écrièrent : « Nous sommes morts, c'en est fait, il faut périr. ». Cependant faisant un eflort, ils sautèrent sur une de ces glaces flottantes. Je fis comme eux, et après avoir tiré le canot, nous le portâmes jusqu'à l'ex trémité de cette glace. Là il fallut nous remettre dans le canot pour gagner un autre glacon; et c'est ainsi que sautant de glaçons en glaçons, nous arrivämes enfin au bord du fleuve , sans autre in commodité que d'être bien mouillés et transis de froid.

Rien. n’égale la tendresse que les Sauvages ont our leurs enfans. Dès qu'ils sont nés , ils les mettent sur un petit bout de planche couverte d'une étofle et d’une petite peau d'ours , dans laquelle ils les enveloppent, et Cest là leur berceau. Les mères les portent sur le dos, d’une manière commode pour les enfans et pour elles. À peine les garçons, com mencent-ils à marcher , qu'ils s’exercent à ürer de l'arc : ils y deviennent si adroits, qu'à l’âge de dix ou douze ans ils ne manquent pas de tuer l'oiseau qu'ils tirent. J'en ai été surpris, et j'aurois peine à le croire, si je n’en avois pas été témoin.

Ce qui me révolta le plus, lorsque je commençai à vivre avec les Sauvages , Ce fut de me voir obligé de prendre avec eux mes repas : rien de plus déoûtant. Après avoir rempli de viande leur chaudière, ils la font bouillir tout au plus trois quarts d'heure , après quoi ils la retirent de dessus le feu, ils la servent dans des écuelles d’écorce , et la partagent à tous Ceux qui sont dans leur cabane. Chacun mord dans cette viande comme on feroit dars un

OR is SN

couru qu'en rouvai d'une ussitÔt ièrent :

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSESs,

morceau de pain, Ce spectacle ne me donnoit pas CaUCOUp d’appétit, !et ils s’aperçurent bientôt de

ma répugnance, Pourquoi ne man irent-ils ? Je leur répondis que je

N Coutumé à manger ainsi la Viande , sans y joindre È Un peu de pain. Z/ faut te Paincre,

ils; cela est-il si difficile à un pa

UE ROUS ne voyons pas.

Alors il n'y à plus à délibérer ; il faut bien se faire à leurs manières et à leurs usages, afin de mériter leur confiance, et de les gagner à Jésus-Christ.

CUrS repas ne sont pas réglés comme en Europe; ils vivent au jour la journée, Tandis qu'ils ont de quoi faire bonne chère, ils en profitent, sans se mettre en peine s’ils auront de quoi vivre les Jours suivans.

s aiment passionnément [e tabac : h S, tous fument presqu onner un morceau de tabac de plaisir que de leur donner commencement de juin, et lors toute fondue , ils sèment du s

nous cppviens du blé de Tarqu "Leur façon de le semer est de

, et u neuf grains, qu'ils

qu'ils ont tirée pour faire le trou. Leur récolte se fait à la fin d'août.

C'est au milieu de ces peuples, qui Passent pour

ous nos Sauvages, que je fis APPrentssage de missionnaire,

Ma principale oc Cpauon fut l'étude de leur langue : elle est très-= difficile À apprendre , surtout quand on n’a point d’autres maîtres que des Sauvages. Ils ont plusieurs Caractères qu'ils n'expriment que du gosier, sans faire aucun mouvement des lèvres : Ou, par exemple, est de ce nombre, et c’est Pourquoi , en l'écrivant,

100 LETTRES nous le marquons par le chiffre 8, pour le distinguer

des autres caractères. Je passois une artie de la journée dans leurs cabanes à les à parler. I me falloit apporter une extrême attention pour COM biner ce qu 1 disoient, et en conjecturer la signification : quelquefois je rencontrois juste ; le plus souvent je me trompois, parce que» n'étant point fait au manége de leurs lettres gutturales, je ne répétois que la moitié du mot, et par-là je leur apprètois à rire,

Enfin, après cinq mois d'une continuelle application, je vins à bout d'entendre tous leurs termes ;, mais cela ne suflisoit pas pour m’exprimer selon leur goût : j'avois encore bien du chemin à faire, pour attraper le tour et le génie de la langue, qui est tout à fait différent du génie et du tour + nos

langues d'Europe. Pour abréger le temps, et me mettre plutôt en état d'exercer mes fonctions, je fis choix de quelques Sauvages qui avoient le plus d’esprit, et qui parloient le mieux. Je l2ur disois grossièrement quelques articles du catéchisme, et eux me

le rendoient dans toute la délicatesse de leur langue ; je les mettois aussitôt sur le papier , et, par ce moyen, je me fis en assez peu de temps un dictionnaire, et un catéchisme qui contenoit les principes et les mysares de la religion.

On ne peut disconvenir que la langue des Sauvagés n'ait de vraies beautés , et je ne sais quoi d'énergique dans le tour et la manière dont ils s'expriment. Je vais vous en rapporter un exemple. Si je vous demandois pourquoi Dieu vous a créé , vous me répondriez que c'est pour le connoître , l'aimer et le servir , et par ce moyen mériter la gloire éternelle, Que je fasse la même question à un Sauvage , il me répondra ainsi dans le tour de sa langue : « Le grand » Genie a pensé de nous : qu'ils me connoissent , » qu'ils m’aiment, qu'ils m'honorentet qu'ils m’obéis-

tinguer , de la rler, I ir COM signifilus souint fait épétois rèêtois à

applicatermes ;, lon leur €; pour ui est de nos ; et me 15, je fis lus d’esis grost eux me r langue ; moyen; aire , et les mys-

des Sauji d'énerpriment.

je vous vous me l'aimer et éternelle.

ge , il me Le grand noissent :

lsm’obéis-

” Sens pour lors je les ferai entrer dans mon illustre

» félicité, » Si Je voulois vous dire dans leur que Vous auriez bien de la peine à langue Sauvage , voici comme il faudroit m'exprimer: « Je pense de vous, mon cher frère , qu'il aura de » peine à apprendre la langue sauvage, »

La langue des Hurons est la langue-mère des Sauvages ; et quand on la possède , en moins de trois mois on se fait entendre aux Cinq nations iroquoises, C'est la plus majestucuse et en même temps la plus dificile de toutes les langues des Sauvages, Cette difliculté ne vient Pas seulement de leurs lettres gutturales, maisencore plus de la diversité des accens : car souvent deux mots composés des mêmes caractères , ont des significations toutes différentes, Le ère Chaumont >» ui a demeuré Cinquante ans parmi *s Hurons , en a composé une grammaire , qui est fort utile À ceux Qui arrivent nouvellement dans cette mission, Néanmoins un missionnaire est heureux ,

lorsqu’avec ce secours » après dix ans d'un travail

Constant, il s'exprime élégamment dans cette langue,

Chaque nation sauvage à sa langue particulière : ainsi les Abnakis » les Hurons , les Iroquois , les Algonkins , les Illinois , les Miamis > Etc, ont chacun leur langage, On n’a point de livres pour apprendre ces langues , et quand on en auroit , ils seroient assez inutiles : l'usage est le seul maître qui puisse nous instruire, Comme j'ai travaillé dans quatre missions différentes de Sauvages , savoir, parmi les Abnakis, les Algonkins , les Hurons et les Illinois » @t que j'ai été obligé d'apprendre ces différentes langues , je vais vous en donner un échantillon ; afin que vous Connoissiez le peu de rapport qu'elles ont entr’elles. Je choisis la Strophe d’une hymne du saint Sacrement, qu'on chante d'ordinaire pendant la messe , à l'élévation de la sainte hostie , et qui Commence

. Telle est la tra

style, apprendre la

PAr ces mots : O salutaris Hostia

duction en vers de cette strophe , dans les quatre langues de ces différentes nations.

En langue Abnakise. i Kighist 8i-nuanur8inns Spem kik papili go ii damek Nemiani 81 k8idan ghabenk Taha saii grihine.

En langue Algonkine.

Kéerais Jesus tegôsenam Nera 8eul ka stisian Ka rio vllighe miang Vas mama vik umong.

En langue Huronne.

Jes8s 8to etti x'ichie 8to etti skuaalichi-axe J chierche axera8ensta D'aotierti xeata-Bien.

pe pr si

En langue Illinoise.

Pekiziane manet 8e Piaro nile hi Nanghi Keninama 8i 8 Kangha Mero 8inang 8siang hi.

Ce qui signifie en français : « O Hostie salutaire , » qui es continuellement immolée , et qui donnes » Ja vie , toi par qui on entre dans le ciel , nous » sommes tous attaqués , ça fortifie-nous. »

Il y avoit près de deux ans que je demeurois chez les Abnakis, lorsque je fus rappelé par mes supérieurs : ils me destinèrent à la mission des li nois, qui venoient de perdre leur missionnaire. J’allai donc à Quebec, où, après avoir employé trois mois à étudier la langue algonkine , je m’embarquat le

Fm en OU Éant PP M ne HD

quaire

salutaire , 1 donnes el , nous

lemeurois ‘ par mes n des Illiire. J’allai trois mois barquai le

13 août dans un canot , pour me rendre chez les Illinois ; leur Pays est éloigné de Quebec de plus de 800 lieues, Vous jugez bien qu'un si long voyage dans ces terres barbares > he se peut faire sans courir de grands risques , et sans souffrir beaucoup d'incommodités. J’eus à traverser des lacs d’une étendue immense , et où les tempêtes sont aussi fréquentes que sur la mer, Il est vrai qu'on a l'avantage de mettre pied à terre tous les soirs; mais l’on est heureux lorsqu'on trouve quelque roche plate , où l'on puisse passer la nuit, Quand il tombe de Ja pluie, l'unique moyen de s’en garantir , est de se mettre sons le canot renversé, On court encore de plus grands dangers sur les rivières » Principalement dans les endroits où elles coulent avec une extrême rapi- Alors le canot vole comme un trait, et sil vient à toucher quelqu'un des rochers qui s’y trouvent en quantité , il se brise en mille pièces. Ce malheur arriva à quelques-uns de ceux qui m'accompagnoient dans d’autres canots , et c’est par une protection singulière de la bonté divine que je n'éprouvai pas le même sort : car mon canot donna plusieurs fois contre ces rochers , sans en recevoir le moindre dommage, Enfin , on risque de souffrir ce que la faim a de plus cruel. La longueur et la difliculté de ces sortes de voyages ne permettent d'emporter avec Soi qu’un sac de blé de T urquie : on suppose que la chasse fournira sur la route de quoi vivre ; mais Si Le gibier y manque ; on se trouve exposé à plusieurs jours de jeûne. Alors toute la ressource est de chercher une espece de feuilles que les Sauvages nomment kengnessanach , et les Français tripes de roche. On les prendroit pour du cerfeuil , dont elles ont la figure , si elles n’étoient pas beaucoup plus larges. On les sert Où bouillies ou rôties : celles-ci, dont j'ai mangé , sont moins dégoûtantes. Je n’eus pas à souffrir beaucou p de la faim Jusqu'au

lac des Hurons ; mais il n’en fut pas de même de mes compagnons de voyage ; le mauvais temps ayant dispersé leurs canots , ils ne purent me joindre. J’arrivai le premier à Missilimakinak , d’où je leur envoyai des vivres, sans qnoi ils seroient morts de faim. Ils avoient passé sept jours sans autre nourriture que celle d’un corbeau , qu'ils avoient tué plutôt par hasard que par adresse , car ils n’avoient pas la force de se soutenir.

La saison étoit trop avancée pour continuer ma route jusqu'aux Illinois, d’où j'étois encore éloigné d'environ 400 lieues. Ainsi , il me fallut rester à Missilimakinak , où il y avoit deux de nos missionnaires, l'un parmi les Hurons, et l’autre chez les Outaouacks. Ceux-ci sont fort superstitieux et trèsattachés aux jongleries de leurs charlatans. [ls s’attribuent une origine aussi insensée que ridicule. Ils prétendent sortir de trois familles , et chaque famille est composée de cinq cents personnes. Les uns sont de la famille de Michabou , c’est-à-dire , du Grand- Lièvre. Us prétendent que ce GiadEtve étoit un homme d’une prodigieuse grandeur ; qu'il tendoit des filets dans l’eau à dix-huit brasses de pr ofondeur, et que l’eau lui venoit à peine aux aisselles ; qu'un jour , pendant le déluge , il envoya le castor pour découvrir la terre ; mais que cet animal n'étant point revenu , il fit partir la loutre , qui rapporta un peu de terre couverte d’écume ; qu il se rendit à l'endroit du lac où se trouvoit cette terre, laquelle formoit une petite ile ; qu'ilmarcha dans l’eau tout à l’entour, et que cette île devint extraordinairement grande. C’est pourquoi ils lui attribuent la ardatian de la terre. Ils ajoutent, qu après avoir achevé cet ouvrage, il s'envola au ciel > qui est sa demeure oidineifés mais qu'avant de quitter la terre , 1l ordonna que, quand ses descendans viendroient à mourir , on brüleroit leurs corps, et qu'on jeticroit leurs cendres

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, en l'air , afin qu'ils pussent s'élever plus aisémeut vers le ciel ; que, s'ils y manquoient , la nelse ne Césseroit pas de couvrir la terre ; que leurs rivières et leurs lacs demeureroient glac

és, et que ne pou- Vant point pécher de Poissons ; qui sont leur nour-

lure ordinaire , ils mourroient tous au printemps, En effet , il ÿ à peu d'années que, l’hiver ayant Caucoup plus duré qu’à l'ordinaire > Ce fut une consicrnation générale parmi les Sauvages de la faille du Grand-Lièvre, lis eurent recours à leurs jongleries aCCoutumées ; ils s’assemblèrent Plusieurs fois Pour aviser aux moyens de dissiper cette neige ennemie , qui s’obstinoit à demeurer sur la terre, lorsqu'une vieille femme S'approchant d'eux : « Mes » enfans, leur dit-elle, vous n'avez Pas d'esprit ; ” Vous savez les ordres qu'a laissés le Grand-Lièvre : » de brüler les Corps morts, et de jeter leurs ” au vent, afin qu'ils retournent plus P » au ciel leur Patrie , et vous avez néglig » en laissant À quelques journées d’ici » mort sans Je brüler |, comme s'il n » la famille du Grand-Lièvre. Répare ” ment votre faute; ayez soin de le brû »” Voulez que la neige se dissipe. Tu as raison > Notre » mère, répondirent-ils > Lu as plus d'esprit que nous, » et le conseil que tu nous donnes nous rend la vie, » Aussitôt ils députèrent vingt-cinq hommes Pour aller brûler ce Corps ; ils employèrent eNVIrOn quinze jours dans ce Voyage; pendant ce temps-là le dével vint, et la neige se dissipa, On combla déloges et e présens la vieille femme qui avoit donné l'avis ; et cet événement , tout naturel qu'il étoit , servit beaucoup à les entretenir dans leur folle et Superstitieuse crédulité, ‘ La seconde famille des Outaouacks prétend être sortie de Namepich » C'est à dire, de Ja Carpe, Ils isent qu’une CAPE ayant fait des œufs sur le bord

ler , si vous

de la rivière , et le soleil y ayant dardé ses rayons ; il s’en forma une femme , de laquelle ils sont descendus : ainsi ils se disené de la famille de la Carpe.

La troisième famille des Ountaouacks attribue son origine à la patte d’un Machova, c’est-à-dire , d’un ours , et ils se disent de la famille de l'Ours, mais sans expliquer de quelle manière ils en sont sortis. Lorsqu'ils tuent quelqu'un de ces animaux , ils lui font un festin de sa propre chair; ils lui parlent, ils le haranguent: « N’aye point de pensée contre nous, » lui disent-ils, parce que nous t'avons tué : tn as

de l'esprit, tu vois que nos enfans souffrent la

faim ; ils t'aiment, ils veulent te faire entrer dans leur corps; ne L'est-il pas glorieux d’être mangé par des enfans de capitaines ? »

I n’y a que la famille du Grand-Lièvre qui brûle les cadavres ; les deux autres familles les enterrent. Quand quelque capitaine est, décédé , on prépare un vaste cercueil, où , après avoir couché le corps revêtu de ses plus beaux habits, on ÿ renferme avec lui sa couverture , son fusil, sa provision de poudre et de plomb, son arc, ses flèches, sa chaudière, son plat, des vivres, son casse-tête, son calumet , sa boîte de vermillon , son miroir, des colliers de porcelaine ,.et tous les présens qui se sont faits à sa wort selon l'usage. Ils s’imaginent qu'avec cet équipage , il fera plus heureusement son voyage en l’autre monde , et qu'il sera mieux reçu des grands Capitaines de la nation , qui le conduiront avec eux dans un lieu de délices. Tandis que tout s’ajuste dans le cercueil , les parens du mort assistent à la cérémonie en pleurant à leur manière , c'est-à-dire, en chantant d’un ton lugubre , et remuant en cadence un bâton auquel ils ont attaché plusieurs petites sonnettes,

Où la superstition de ces peuples paroît le plus extravagante, c'est dans le culte qu’ils rendent à ce

rayons ; nt des- \ Carpe:

bue son e, d’un S, Mais t sortis.

, ils lui lent , ils re nous; é : tu as Frent la rer dans e mangé

qui brûle iterrente sépare un OTps reme avec > poudre audière , alumet , lliers de faits à sa cet équien l’autre nds capieux dans e dans le érémonie en chanlence un tes son-

it le plus dent à ce

qu’ils appellent leur Manitou : comme ils ne Con noissent guère que les bêtes avec lesquelles ils Vivent dans les forêts, ils imaginent dans ces bêtes, ou plutôt dans leurs peaux ou dans leur plumage, une espèce de génie qui gouverne toutes choses , et qui est le maître de la vie et de la mort. Il y a, selon eux , des manitous communs à toute la nation, et il

en a de particuliers pour chaque personne, Oussa. Éita » disent-ils, est le grand manitou de toutes les bêtes qui marchent sur Îa terre » Où qui volent dans l'air, C’est lui qui les gouverne : ainsi lorsqu'ils vont à la chasse, ils lui offrent du tabac , de la poudre et du plomb, et des peaux bien apprétées, qu'ils altachent au bout d’une perche, et l’élevant en l'air: © Oussakita , lui disent-ils > Nous te donnons à fu

mer, nous t’offrons de quoi tuer des bêtes ; daigne

agréer ces présens, et ne permets pas qu’elles

échappent À nos traits; laisse-nous en tuer en

grand nombre, et des plus grasses , afin que nos

€nfans ne manquent ni de vêtemens , ni de nour- » riture, »

Ils nomment Michibichi le manitou des eaux et

des poissons , et lui font un sacrifice à peu près sem blable , lorsqu'ils vont à la pêche , ou qu'ils entreprennent un voyage. Ce sacrifice consiste à jeter dans l'eau du tabac » des vivres, des chaudières, en Ji de. mandant que les eaux de la rivière coulent plus lentement, que les rochers ne brisent pas leurs canots ; et qu'il leur accorde une pêche abondante,

Outre ces manitous Communs , chacun a le sien particulier , qui est un ours > OU un Castor, ou une outarde, ou quelque bête semblable, Ils portent la pee de cet animal à la guerre , à la chasse, et dans EUTS voyages , se persuadant qu'elle les préservera de tout danger , et qu’elle les fera réussir dans leurs enireprises,

Quand un Sauvage veut se donner un manitou ,

le premier animal qui se présente à son imagination durant le sommeil , est d'ordinaire celui sur lequel tombe son choix. Il tue une bête de cette espèce, il met sa peau, ou son plumage si c’est un oiseau, dans le lieu le plus honorable de sa cabane ; il prépare un festin en son honneur , pendant lequel il lux fait sa harangue dans les termes les plus respectueux ; après quoi, il est reconnu pour son manitou.

Aussitôt que je vis arriver le printemps, je partis de Missilimakinak pour me rendre chez les Hlinois. Je trouvai sur ma route plusieurs nations sauvages , entr’autres les Maskoutings , les Jakis , les Omikoues, les Iripegouans , les Outagamis , etc. Toutes ces nations ont leur langage particulier ; mais, pour tout le reste, ils ne diffèrent en rien des Outaouacks. Un missionnaire qui demeure à la baie des Puants, “fait de temps en temps des excursions parmi ces Sauvages, pour les instruire des vérités de la Religion.

A près quarante jours de marche, j’entrai dans la

nd ET ne en Cd nn a LD

rivière des Illinois, et ayant avancé cinquante lieues , j'arrivai à leur premier village, qui étoit de trois cents cabanes , toutes de quatre ou cinq feux. Un feu ‘ est toujours pour deux familles. Ils ont onze villages ‘ de leur nation. Dès le lendemain de mon arrivée , je c fus invité par le principal chef, à un grand repas ? qu’il donnoit aux plus considérables de la nation. Il ? avoit fait pour cela tuer plusieurs chiens : un pareil . festin passe parmi les Sauvages pour un festin magni- “ fique ; c’est pourquoi on le nomme le festin des ca-

pitaines. Les cérémonies qu'on y observe sont les k mêmes parmi toutes ces nations. C’est d'ordinaire 4 dans ces sortes de festins que les Sauvages délibèrent d sur leurs affaires les plus importantes, comme , par exemple, lorsqu'il s’agit, ou d'entreprendre la guerre d contre leurs voisins , ou de la terminer par des pro- d

ositions de paix.

Quand tous les conviés furent arrivés , ils se ran-

vination r lequel espèce ° oiseau, ÿ il pré- 1el il lui ctueux ; 1l je partis Illinois.

uvages , aikoues, ces naour tout icks. Un ats, fait Sauvaigion.

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