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car alors elles continuent de vivre pour lés allaiter. On en voit néanmoins plusie.…: qui cherchent des nourrices , Où qui étranglent : ::es-mêmes leurs enfans, pour ne pas perdre le droit de s’immoler dans la place selon les cérémonies ordinaires et ainsi que la loi l’ordonne. -
Le gouvernement est héréditaire; mais ce n’est pas le fils du chef régnant qui succède à son père, c’est le fils de sa sœur ou de la première princesse du sang. Cette politique est fondée sur la connoissance qu'ils ont du libertinage de leurs femmes. Ils ne sont pas sûrs, disent ils , que les enfans de leurs femmes soient du sang royal, au lieu que le fils de la sœur du grand chef l’est du moins du côté de la mère.
Les princesses du sang n’épousent jamais que des hommes de famille obscure , et n’ont qu'un mari ; mais elles ont la liberté de le congédier quand il leur plaît, et d’en choisir un autre parmi ceux de la nation , pourvu qu'il n’y ait entr’eux aucune alliance, Si le mari se rend coupable d’infidélité, la princesse lui fait casser la tête à l'instant; elle n’est point sujette à la même loi; car elle peut se donner autant d’amans qu’elle veut, sans que le mari puisse y trouver à redire. Il se tient en présence de sa femme dans le plus grand respect; il ne mange point avec elle , et il la salue en hurlant, comme font ses domestiques. Le seul agrément qu'il ait, c'est d’être exempt de travail, et d’avoir toute autorité sur ceux qui servent la princesse,
Autrefois la nation des Natchez étoit considérable : elle comptoit soixante villages et huit cents soleüs ou princes; maintenant elle est réduite à six petits villages et à onze soleils. Dans chacun de ces villages il ÿ a un temple où le féu est toujours entre-
tenu comme dans celui du grand chef, auquel tous
ces chefs obéissent. C’est le grand chef qui nomme aux charges les plus considérables de l’état : tels
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sont les deux chefs de guerre ; les deux maîtres de cérémonie pour le culte qui se rend dans le temple; les deux officiers qui président aux autres cérémonies qu'on doit observer , lorsque des étrangers viennent traiter de la paix ; celui qu‘ a inspection sur les ouvrages ; quatre autres charges d’ordonner les festins dont on régale publiquement la nation et les étrangers qui viennent la visiter. Tous ces ministres qui exécutent les volontés du grand chef, sont respectés et obéis, comme il le seroit luimême , s’il donnoit ses ordres.
Chaque année le peuple s’assemble pour ensemencer un vaste champ de blé d'Inde, de fèves ÿ de citrouilles et de melons. On s’assemble de la même manière pour faire la récolte. Une grande cabane située dans une belle prairie , est destinée à conserver les fruits de cette récolte. Chaque été , vers la fin de juillet, le peuple se rassemble par ordre du grand chef, pour assister au grand festin qui se donne. Cette fête dure trois jours et trois nuits; chacun y contribue de ce qu’il peut y fournir ; les uns apportent du gibier, les autres du poisson, etc. Ce sont des danses presque continuelles. Le grand chef et sa sœur sont dans une loge élevée et couverte de feuillages, d’où ils contemplent la joie de leurs sujets. Les princes , les princesses , et ceux qui, par leurs emplois, ont un rang distingué , se tiennent assez près du chef, auquel ils marquent leur respect et leur soumission par une infinité de cérémonies.
Le grand chef et sa sœur font leur entrée dans le lieu de l'assemblée sur un brancard porté par huit des plus grands hommes. Le chef tient à la main un
rand sceptre orné de plumes peintes; tout le peuple . en et chante autour de lui en témoignage de la joie publique. Le dernier jour de cette fête , il fait approcher tons ses sujets et leur fait une longue
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harangue , par laquelle il les exhorte à remplir tous les devoirs de la religion; il leur recommande sur toutes choses d’avoir une grande vénération pour les esprits qui résident dans le temple , et de bien instruire leurs enfans. Si quelqu'un s’est signalé par quelque action de zèle, il en fait publiquement l'éloge. C’est ce qui arriva en l’année 1702. Le tonnerre étant tombé sur le temple et l’ayant réduit en cendres, sept ou huit femmes jetèrent leurs enfans au milieu des flammes pour apaiser le courroux du ciel, Le grand chef appela ces héroïnes , et donna de grandes louanges au courage avec lequelelles avoient fait le sacrifice de ce qui leur étoit le plus cher ; 1l finit son panégyrique en exhortant les auyres femmes à imiter un si bel exempJéglans une semblable conjoncture. +
Les pères de famille ne manquent point d’apporter äu temple les prémices desdeuits "es grains et des légumes ; il en est de mënte des présens qui se font à cette nation ; ils sont aussitôt offerts à la porte du temple, où le gardien, après les avoir étalés et présentés aux esprits , les porte chez le grand chef, qui en fait la distribution ainsi qu’il le juge à propos , sans que personne témoigne le moindre mécontentement, à, .
” On n’ensemence aucune terre que les grains n’aient été présentés au temple avec les cérémonies accoutumées. Dès que ces peuples approchent du temple, ils lèvent les bras par respect, et poussent trois hurlemens; après quoi il frottent leurs mains à terre , et se relèvent par trois fois avec autant de hurlemens réltérés. Quand on ne fait que passer devant le temple, on s'arrête simplement en le saluant les yeux baissés et les bras levés. Si un père ou une mère s’apercevoit que son fils manquât à cette cérémonie, il seroit puni sur le champ de quelques coups de bâton.
Telles sont les cérémonies des Sauvages natchez ,
par rapport à la religion. Celles de leurs mariages sont très-simples, Quand un jeune homme songe à se marier , il doit s'adresser au père de la fille, ou, à son défaut, au frère aîné : on convient du prix , qui se paye en pelleteries ou en marchandises. Qu'une fiile ait mené une vie libertine > ils ne font nulle difficulté de la prendre, pour peu qu'ils croient qu’elle changera de conduite quand elle sera mariée. Du reste , ils ne s'embarrassent pas dequelle famille elle est, pourvu qu’elle leur plaise. Pour ce qui est des parens de la fille , leur unique attention est de s'informer si celui qui la demande est habile chasseur » bon guerrier ou excellent laboureur. Ces qualités diminuent le prix qu'on auroit droit d'exiger de lui nour le mariage,
Quand les parties sont d'accord, le futur époux va à la chasse avec ses amis : et lorsqu'il a, ou en gibier, Ou en poisson, suffisamment de quoi régaler les deux familles qui contractent l'alliance , On se rassemble chez les parens de la fille ; on sert en particulier les nouveaux mariés , et ils mangent au même plat. Le repas étant fini , le nouveau marié fait fumer les parens de sa femme et ensuite ses propres parens, après quoi tous les conviés se retirent. Les nouveaux mariés restent ensemble jusqu’au lendemain , et alors le mari conduit sa femme chez son beau-père , et il y loge jusqu’à ce que la famille Ini ait fait bâtir une cabane particulière, Pendant qu'on la construit , il passe toute la journée à la chasse pour fournir aux repas qu'il donne à ceux qui ÿ travaillent. Les lois permettent aux Natchez d’avoir autant de femmes qu'ils veulent : cependant ceux du petit peuple n’en ont d'ordinaire qu’une ou deux. Les chefs en ont davantage , parce qu'ayant le privilége de faire culuver leurs champs par le peuple, sans lui donner de salaire, le nombre de leurs femmes ne leur est point à charge.
Le mariage de ces chefs se fait avec moins de céré-
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monie ; ils se contentent d'envoyer querir le père de la fille qu'ils veülent épouser , et ils lui déclarent qu'ils la mettent au rang de leurs femmes. Dès-lors le mariage est fait; ils ne laissent pas néanmoins de. faire un présent au père et à la mère. Quoiqu’ils aient plusieurs femmes , ils n’en gardent qu’une ou deux dans leurs cabanes ; les autres restent chez leurs parens, où ils vont les voir lorsqu'il leur plaît. I] ya de certains temps de la lune où les Sauvages n’habitent jamais avec leurs femmes. La jalousie a si peu d'entrée dans leurs cœurs , que plusieurs’ ne font nulle difficulté de prêter leurs femmes à leurs amis. Cette indifférence vient de la liberté qu’ils ont d'en changer quand bon leur semble , pourvu néanmoins qu’elles ne leur aient point donné d’enfans: car , s’il en est né de leur mariage , il n’y a que la mort qui puisse les séparer.
Lorsque cette nation fait un détachement pour la guerre , le chef du parti plante deux espèces de mars bien rougis depuis le haut jusqu’au bas, ornés de plumes rouges, de flèches et de casse-têtes aussi peints en rouge, Ces mais sont piqués du côté où ils doivent porter la guerre. Ceux qui veulent entrer dans le parti, après s’être parés et barhouillés de différentes couleurs, viennent haranguer le chef de guerre. Cette harangue, que chacun fait l’un après l'autre, et qui dure près d’une demi-heure, consiste en mille protestations de service, par lesquelles ils l’assurent qu'ils ne demandent pas mieux que de mourir avec lui; qu'ils sont charmés d'apprendre d’un si habile guerrier l’art d'enlever des chevelures, et qu’ils ne craignent ni la faim ni les fatigues auxquelles ils vont être exposés.
Lorsqu'un nombre suflisant de guerriers s’est présenté au chef de guerre, il fait faire chez luiun breuvage qu'on appelle ia médecine de guerre : c’est un vomiuf composé d’une racine qu’on fait bouillir dans :
de grandes chaudières pleines d’eau. Les guerriers, pr au nombre L trois cefits hommes, s'étant assis autour de la chaudière , on leur en sert à chacun environ deux pots. La cérémonie est de les avaler d’un seul trait, et de les rendre aussitôt par la bouche avec des efforts si violens, qu’on les entend de fort loin. Après cette cérémonie ss chef de guerre fixe le jour du départ , afin que chacun prépare les vivres nécessaires pour la campagne, Pendant ce temps-là les guerriers se rendent soir et matin dans la place, où, après avoir bien dansé et raconté en détail les actions brillantes où ils ont fait éclater leur bravoure, ils chantent leurs chansons de mort. A voir l'extrême joie qu’ils font paroître en partant, on diroit qu’ils ont déjà signalé leur valeur par quelque grande victoire ; mais 1l faut bien peu de chose pour déconcerter leurs projets. Ils sont tellement superstitieux à l'égard des songes, qu'il n’en faut qu'un seul de mauvais augure pour arrêter l'exécution de leur entreprise, et les obliger de revenie sur leurs pas quand ils sont en marche. On voit des partis qui, après avoir fait toutes les cérémonies dont je viens de parler, rompent tout à coup leur voyage, parce qu'ils ont entendu un chien aboyer d’une façon extraordinaire : à l'instant leur ardeur pour la gloire se change en terreur panique.
Dans leurs voyages de guerre, ils marchenttoujours par files. Quatre ou cinq hommes des meilleurs piétons prennent le devant, et s’éloignent de l’armée d’un quart de liene pour observer toutes choses, et en rendre compte aussitôt. Ils campent tons les soirs à une heure de soleil, et se couchent autour d’un grand feu, chacun ayant son arme anprès de soi. Avant que de camper, ils ont soin d'envoyer une vingtaine de guerriers à une demi-lieue aux environs du camp, afin d’éviter toute surprise. Jamais ils ne posent de sentinelle pendant la nuit; mais aussitôt
trierss qu'ils ont soupé, ils ‘‘eignent tous les feux. Le soir, s'étant le chef de guerre le :: recommande de ne point se hacun livrer à un sommeil profond, et de tenir toujours avaler leurs armes en état. On indique un canton où ils . ouche È doivent se rallier en cas qu'ils soient attaqués penle fort | dant la nuit, et mis en ue, Comme les chefs | fixe le p de guerre portent toujours avec eux leurs idoles , ou | es né- ce qu’ils appellent leurs esprits, bien enfermés dans à les des peaux; le soir ils les suspendent à une petite , où, perche rougie qu’ils plantent de biais , en sorte qu’elle | tions soit penchée du côté des ennemis. Les guerriers, Lil e, ils avant que de se coucher, le casse-tête en main, à lrême passent les uns après les autres en dansant devant ces qu'ils prétendus esprits, et faisant de grandes menaces du | > vic- côté où sont leurs ennemis. (| certer Lorsque le parti de guerre.est considérable, et |] égard qu'il entre sur les terres ennemies , ils marchent sur | | uVais cinq ou six colonnes. Ils ont beaucoup d’espions qui \f rise , vont à la découverte. S’ils s’aperçoivent que leur (fl sont marche soit connue , ils prennent ordinairement le - JL r fait parti de revenir sur leurs pas; il n’y a que quelques " rom petites troupes de dix ou de vingt hommes qui se | ten- séparent, et qui tâchent de surprendre quelques | aire : chasseurs écartés des villages : à leur retour ils | e en chantent les chevelures qu'ils ont enlevées. S’ils ont | fait des esclaves, ils les font chanter et danser pen- |
jours dant quelques jours devant le temple, après quoi
pié- ils en font présent aux parens de ceux qui ont été
rmée tués. Les parens fondent en pleurs pendant cette
s, et cérémonie, et essuyent leurs larmes avec les cheve-
soirs lures qui ont été enlevées. Ils se cotisent pour ré-
d'un compenser les guerriers qui ont amené ces esclaves,
soi. dont le sort est d’être brûlés.
une Les Natchez, comme toutes les autres nations de
rons la Louisiane, distinguent par des noms particuliers
s ne ceux qui ont tué plus ou moins d’ennemis. Ce sont
sitôt Jes anciens chefs de guerre qui distribuent les noms
selon le mérite des guerriers. Pour mériter le titre de grand tueur d'hommes, il faut avoir fait dix esclaves ou enlevé vingt chevelures. Quand on entend leur langue, le nom du guerrier fait connoître tous ses exploits. Ceux qui pour la première fois ont enlevé une chevelure ou fait un esclave, ne couchent
oint à leur retour avec leurs femmes, et ne mangent ras viande; ils ne doivent se nourrir que de poisson et de bouillie, Cette abstinence dure six mois. S'ils manquoient à l’observer , ils s’imagineroient que l'âme de celui qu'ils ont tué les ferait
mourir par sortilége, qu’ils ne remporteroient plus
d'avantage sur leurs ennemis , et que les moindres blessures qu'ils recevroient leur seroient mortelles,
On a un extrême soin que le grand chef n’expose point sa vie lorsqu'il : la guerre. Si sa valeur l'emportoit, et qu'il vint à être tué, les chefs du parti et les autres principaux guerriers seroient mis à mort à leur retour; mais ces sortes d’exécutionssont presque sans exemple, par les précautions qui se prennent pour le préserver de ce malheur.
Cette nation, comme les autres, a ses médecins.
Ce sont pour l'ordinaire des vieillards qui, sans:
étude et sans aucune science , entreprennent de guérir toutes les maladies. Ils ne se servent pour cela ni de simples, ni de drogues; tout leur art consiste en diverses jongleries; c’est-à-dire , qu’ils dansent, qu’ils chantent nuit et jour autour du malade, et qu'ils fument sans cesse en avalant la fumée du tabac, Ces jongleurs ne mangent presque point tout le temps qu'ils sont appliqués à la guérison de leurs malades; mais leurs chants et leurs danses sont accompagnés de contorsions si violentes que, bien qu’ils soient tout nus, et qu'ils doivent souffrir du froid, leur bouche est toujours écumante. Ils ontun petit panier où 1ls conservent ce qu'ils appellent leurs esprits, c'est-à-dire , de petites racines de différentes ue ;
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ÉDIFIANTÉS ET CURIEUSI:S. 273
des têtes de hiboux, de petits paquets de poil de bêtes fauves, quelques dents d'animal, de petites pierres ou cailluux , et d’autres semblables fariboles,
I paroît que, pour rendre la santé à leurs malades, ils invoquent sans cesse ce qui est dans leur panier, On en voit qui ont une certaine racine » laquelle par son odeur endort et étourdit les serpens, Après s’êtré frotté les mains et le corps de cette racine, ils tiennent ces animaux sans sa 4 leur piqûre, qui est mortelle, D’autres incisent, avec une pierre à fusil; la partie aflligée du malade, puis ils en sucent tout lé sang qu'ils peuvent tirer; et en le rendant ensuité dans un plat, ils crachent en même temps un petit morceau de bois, de paille ou de cuir qu'ils avoient caché sous la langue; et, en le faisant reinarquer aux parens du malade : voilà, disenit-ils, la cause de son mal. Ces médecins se font loujours payer d'avance: Si le malade guérit, leur gain est assez considérable : mais s’il meurt, ils sont sûrs d’avoir la tôte cassée par les parens ou par les amis du mort, C’est à quoi l'on ne manque jamais, et les parens mêmes des mé-= decins n’y trouvent point à redire , et n’en témoignent aucun chagrin,
Il en est de même de quelques jongleurs qui entreprennent de procurer de la pluie ou du beau temps, Ce sont d'ordinaire des vieillards fainéans ; qui, voulant se soustraire au travail que demandent la chasse, la pêche et la culture des campagnes ; exercent ce dangereux métier pour faire subsister leur famille. Vers le printemps ; la nation se cotise pour acheter de ces jongleurs un temps favorable aux biens de la terre. Si la récolte se trouve abondante; ils gagnerit considérablement; mais si elle est mav= vaise, on s’en prend à eux, et on leur casse la tête, Ainsi, ceux qui s'engagent dans cette profession , risquent le tout pour le tout. Du reste, leur vie est
fort oisive; ils n’ont d'autre embarras que de jeüner T'. 1 18
et de danser avec un chalumeauàla bouche, plein d’eau et percé comme un #rmosoir, qu'ils soufllent en l'air du côté des nutges be : plus épais; ils tiennent d’une main le /f/rouez (espèce de hochet), et de l’autre leurs esprits, qu'ils présentent au nuage en poussant des ens affreux, pour l’inviter à crever sur leurs campagnes. Si c’est du beau temps qu’ils demandent, ils ne se servent point de leurs chalumeaux, mais ils montent gif les toits de leurs cabanes, et du bras ils font signe au nuge , en soufllant de toutes leurs forces, de ne point s'arrêter sur leurs terres, et de asser outre, Lorsque le nuage se dissipe à leur gré, ils dansent et chantent autour de leurs esprits , qu’ils posent proprement sur une espèce d'oreiller : ils redoublent leur jeûne, et quand le nuage est passé, ils avalent de la fumée de tabac, et présentent leurs pipes au ciel.
Quoiqu'on ne fasse point de grâce à ces charlatans, lorsqu'on n'obtient pas ce qu’on demande, ceendant , le profit qu’ils retirent, quand par hasard ils Méussissent , est si grand, qu'on voit un grand nombre de ces Sauvages qui ne craignent pas d'en courir les risques. Il est à’ observer que celui qui entreprend de donner de la pluie, ne s'engage jamais à donner du beau temps. C’est une autre espèce de charlatans qui a ce privilége; et quand on leur en demande la raison , ils répondent hardiment que leurs esprits ne peuvent donner que lun ou l'autre.
Lorsqu'un de ces Sauvages meurt, ses parens viennent pleurer sa mort pendant un jour entier; ensuite on le couvre de ses plus beaux habits, c’est
à-dire, qu'on lui peint le visage et les cheveux , et
qu’on l’orne de ses plumages, après quoi on le porte js la fosse qui lui est préparée, en mettant à ses côtés ses armes, une chaudière et des vivres. Pendant l’espace d' n mois, ses parens vont, dès le
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point du jour et à l'entrée de la nuit, pleurer pendant une demi-heure sur sa fosse, Chacun nomme son degré de parenté, Si c’est un père de famille, la femme crie : mon cher mari, ah ! que je te regrette ! les enfans crient : mon cher père! d'autres, mon oncle, mon cousin, etc. Ceux qui sont parens au premier degré, continuent cette cérémonie pen dant trois mois; ils se coupent les cheveux en signe de deuil; ils cessent de se peindre le corps, et ne se trouvent à aucune assemblée de réjouissance, Lorsque a nation étrangère vient traiter de la paix avec les Natchez, on envoie des Courriers pour donner avis du jour et de l’heure qu'ils feront leur entrée, Le grixid chef ordonne aux maîtres de cérémonie de préparer toutes choses pour cette grande aclion. On commence par nommer ceux qui | ja nourrir A jour les étrangers : car ce n’est jamais le chef qui fait cette dépense; ce sont toujours ses sujets. On nettoie ensuite les chemins ; on balaie les cabanes ; on arrange les bancs dans une grande halle qui est sur la butte du grand chef à côté de sa cabane. Son siége, qui est sur une élévation, est peint et orné; le bas est garni de grandes nattes. Le Jour que les ambassadeurs doivent faire leur entrée , totite là nation s’assemble, Les maîtres de cérémonie font placer les princes, les chefs des villages et les
‘anciens chefs de famille près du grand chef, sur des
bancs particuliers, Quand les ambassadeurs arrivent : et qu'ils sont à cinq cents pas du grand chef, ils s’arrêtent et chantent à paix. Cette ambassade est ordinairement de trente hommes et de six femmes. Six des mieux faits, et qui ont les meilleures voix, marchent de front; ils sont suivis des autres qui chantent pareillement , réglant la cadence avec le sicicouet : les six femmes font le dessus.
Quand le chef leur fait dire de s’approcher , ils avancent ; ceux qui ont les ins: chantent et