‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 3)Chapitre 54 sur 72 · D PL · texte numérisé non relu

D PL

ils de s COUvingt vingt vingt vingt peaux nples.

pporur 1ls rtuné Fran- Jetites rérent dédié

quels, sables it; le trou vivres aut de actas , et qui nr et qui ina à après nt. Si ui leur ndre , non , Tr, et guère furent 4e 25 ut ce

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, qu'ils avoient promis, et les assiégeans se retirèrent avec leurs canons dans un petit fort qu'on éleva promptement sur l’Escôre auprès du fleuve , pour inquiéter toujours les Natchez » €t pour assurer le passage aux voyageurs. M. Perrier en donna le commandement à M. Dartaguette , pour reconnoître l'intrépidité avec laquelle , durant le siége , il s’exposoit aux plus grands dangers , et bravoit partout la mort, ne |

Avant que les Tchactas se déterminassent à don-

ner sur les Natchez , ils étoient allés chez eux porter le calumet, Ils y furent reçus d’une manière assez nouvelle, Ils les trouvèrent, eux et leurs chevaux , parés de chasubles et de devants d’autel : plusieurs portoient à leur cou des patènes , buvoient et donnoïient à boire de l’eau-de-vie dans des ca=. lices et des ciboires. Les Tchactas eux - mêmes, quand ils eurent pillé nos ennemis, renouvelèrent cette profanation sacrilége , en faisant dans leurs danses et dans leurs jeux le même usage de nos Ornemens et de nos vases sacrés. On n’en a pu reürer qu’une petite partie. La plupart de leurs chefs sont venus ici pour se faire payer des chevelures qu'ils ont enlevées, et des Français ou des Nègres qu'ils ont délivrés. Ils nous ont fait acheter bien cher leurs petits services et ne donnent guère envie de les employer dans la suite > d'autant plus qu'ils ont paru beaucoup moins braves que les petites nations , dont ils ne se font redouter que par leur grand nombre. Les maladies diminuent tous les ans celte nation, qui est maintenant réduite à trois ou quatre mille guerriers. Depuis que ces Sauvages ont fait connoître ici leur caractère » On ne peut plus les souffrir : ils sont insolens , féroces , dégoûtans, importuns et insatiables. On plaint et on admire tout à la fois nos missionnaires , de renoncer à toute société, pour n’ayoir que celle de ces barbares,

te

J'ai renouvelé connoissance avec Paatlako un des chefs, et avec un grand nombre d’autres Tchactas. Ils m'ont rendu beaucoup de visites intéressées , et m'ont souvent répété à peu près le même complinent qu’ils me firent il y a plus d’un an, loïsque je les quittai. « Nos cœurs et ceux de nos enfans » pleurent, m'ont-ils dit , depuis que nous ne te » voyons plus ; tu commençois à avoir de l'esprit » comme nous ; tu nous entendois , et nous t’en- » tendions ; tu nous aimes, et nous t’'aimons ; » pourquoi nous as-tu quittés ? Que ne reviens-tu ? » Allons , viens-t'en avec nous. » Vous savez, mon révérend père , que je ne pouvois répondre à leurs désirs : ainsi je leur dis simplement que je les irois rejoindre dès que je le pourrois ; qu'après tout je ne suis ici que de corps , et que mon cœur est demeuré chez eux : « cela est bon , repartit un de ces » Sauvages ; mais cependant ton cœur ne nous dit » rien, il he nous donne rien. » C’est toujours là qu'ils en reviennent ; ils ne nous aiment , et ne nous trouvent de l'esprit qu’autant que nous leur donnons.

Il est vrai que Paatlako a combattu avec beaucoup de valeur contre les Natchez; 1l y a même reçu ur coup de fusil dans les reins : pour le consoler de sa blessure on l’a reçu avec plus d’estime et d'amitié

ve Les autres. À peine s'est-il vu dans son village, qu’enflé de ces légères marques de distinction , il a dit au père Baudouin , que toute la Nouvelle-Orléans avoit été dans d’étranges alarmes au sujet de sa maladie , et que M. Perrier a informé le Roi de sa bravoure et des grands services qu’il à rendus dans la dernière expédition. A ces traits , je reconnois le génie de cette nation : c'est la présomption et la vanité même.

On a abandonné aux Tchactas trois Nègres des plus mutins , et qui s’étoient déclarés le plus pour les Natchez; ils les ont brûlés vifs avec une cruauté qui

un des hactas.

es, et omplioïsque enfans ne te l'esprit s t'enmons ; ns-tu ?

;, mon à leurs es irois tout je est dede ces ous dit ours là 1e nous nnons.

aucOUp eçu uit er de sa l'amitié rillage , In ; il a le-Orujet de Roi de rendus reconmption

res des pour les té qui

a inspiré à tous les Nègres une nouvelle horreur des Sauvages : 1l en peut résulter un bien pour la sûreté de la colonie. Les Tonikas et les autres petites nations. ont remporté de nouveaux avantages sur les Natchez, et y ont fait plusieurs prisonniers : ils ont brûlé trois femmes et quatre hommes, après leur avoir enlevé la chevelure, On dit que le peuple commence à s’ac- Coutumer à un spectacle si barbare.

On ne put s'empêcher d’être attendri , lorsqu'on vit arriver en cette ville les femmes françaises , que les Natchez avoient fait leurs esclaves. Les misères qu'elles ont souffertes étoient peintes sur leurs visages: cependant il paroît qu’elles les ont bientôt oubliées : du moins plusieurs d’entr’elles se sont fort pressées de se remarier, et on assure qu'il y a eu de grandes démonstrations de joie à leurs noces.

Les petites filles que nul des habitans n’a voulu adopter , ont grossi le troupeau intéressant des orphelines queles religieuses élèvent, Le grandnombre de ces enfans ne sert qu’à augmenter leur charité et leurs attentions. On leur a fait une classe séparée , et on leur a donné deux maîtresses particulières, Il n'y en a pas une de cette sainte communauté > qui ne soit charmée d’avoir passé les mers , ne dût-elle faire ici d'autre bien que celui de conserver ces enfans dans l'innocence, et de donner une éducation polie et chrétienne à de jeunes Françaises qui risquoient de n’être guère mieux élevées que des esclaves. On fait espérer à ces saintes filles , qu'avant la fin de l’année elles occuperont la maison neuve qu'on leur destine , et.après laquelle elles sonpirent depuis long-temps. Quand elles y seront une fois logées, à l'instruction des pensionnaires , des orphelines, des filles du dehors et des négresses , elles ajouteront encore le soin des malades de lhôpital , et d’une maison de refuge pour les femmes de vertu suspecte: peut-être même que, dans la suite, elles

Ê — nie nr een £ >

nm

Re —

ER à = œ nn ù

* 1ÉRR IE

mes:

te aider à donner régulièrement chaque année a retraite à un grand nombre de dames, selon le goût que nous leur en avons inspiré.

Tant d'œuvres de charité sufliroierit pour occuper en France plusieurs communautés et des instituts différens. Que ne peut point un grand zèle ! Ces divers travaux n’étonnent point sept Ursulines, etelles comptent de les soutenir avec la grâce de Dieu, sans que l’observance religieuse en souffre. Pour moi je crains fort que, s'il ne leur vient pas du secours, elles ne succombent sous le poids de tant de fatigues. Ceux qui, avant que de les connoître, disoient qu’elles venoient trop tôt, et en trop grand nombre, ont bien changé de sentimens et de langage : témoins de leur conduite édifiante , et des grands services qu’elles rendent à la colonie, ils trouvent qu’elles sont venues trop tard, etqu’il n’en sauroit trop venir de la même vertu et du mème mérite,

Les Tchikachas , nation brave, mais perfide , et peu connue des Français, ont tâché de débaucher la nation illinoise : ils ont même sondé quelques paräicuhers , pour voir s'ils ne pourroient pas l’attirer

u parti des Sauvages ennemis de notre nation. Les Yllinois leur ont répondu qu’ils sont presque tous de la prière ( c’est-à-dire , selon leur manière de s’exprimer , qu'ils sont Chrétiens }, et que, d’ailleurs, ils sont inviolablement attachés ns ns , par les alliances que plusieurs de leur nation ont contractées avec eux en épousant leurs filles, « Nous nous met- >» trons toujours, ajoutèrent-ils, au-devant des en- >» nemis des Français; il faudra nous passer sur le » ventre pour aller à eux, etnous frapper nous-mêmes » au Cœur avant que de leur porter un seul coup. » Leur conduite. s'est soutenue et n’a point démenti leurs paroles. À la première nouvelle de la guerre de. Natchez et des Yazous, ils sont venus ici pleurer les Robes noires ( les missionnaires } et les Français,

ana cos

sé

à 1 FRS here Mr EE

2 Par see

année elon le

ccuper istituts 2es dietelles 1, sans moi je OuTS , ligues.

u’elles >, ont moins rvices u’elles Jp ve

e,et her la s parittirer us de >xprirs , ils ar les ictées met- S en sur le êmes up. »

nenti uerre eurer Çais ,

et offrir les services de leur nation à M. Perrier, pour venger la mort des Français. Je me trouvai au gouvernement à leur arrivée , et je fus charmé des harangues qu'ils firent. Chikagou , que vous avez vu à Paris, étoit à la tête des Michigamias; et Mamantouensa , à la tête des Kaskakias.

Chikagou parla le premier. Il étendit dans la salle un tapis de peau de biche, bordé de porc-épic, sur lequel il mit deux calumets , avec divers agrémens sauvages, qu'il accompagna d’un présent à l’ordinatre, « Voilà, dit-il en montrant ces deux calu-

mets, deux paroles que nous t’apportons ; l’une de

religion, et l’autre de paix ou de guerre, selon que tu l’ordonneras. Nous écoutons avec respect tes commandans , parce qu’ils nous portent la parole du Roi notre père; et plus encore les Robes noires, parce qu’ils nous portent la parole de Dieu même , qui est le Roi des rois. Nous sommes venus de bien loin pleurer avec toi la mort des Français, et Loffrir nos guerriers pour frapper sur les nations ennemies que tu voudras nous marquer.

Tu n'as qu'à perler, Quand je passai en France,

le Roi me promit sa protection pour la prière , ct

me recommanda de ne la quittér jamais : je m’en souviendrai toujours. Accorde-nous aussi ta pro

tection pour nous et pour nos Robes noires, » Il exposa ensuite les sentimens édifians dont il étoit pénétré sur la religion , que l'interprète Baillarjon nous fit à demi-entendre en très-manvais français.

Mamantouensa yparla ensuite ; sa harangue étoit laconique , et d’un style bien différent de celui des Sauvages , qui répètent cent fois la même chose dans le même discours. « Voilà, dit-il, deux jeunes es- » claves Padoukas, quelques pelleteries, et d’autres » bagatelles; c'est un petit présent que je te fais; mon » dessein n’est pas de t'engager à im’en faire un

» plus grand : tout ce que je te demande , c’est ton

cœur et ta protection; j'en suis plus jaloux que » de toutes les marchandises du monde; et quand » je te la demande, c’est uniquement pour la prière. » Mes sentimens sur la guerre sont les mêmes que » ceux de Chikagou, qui vient de parler : vainement » répéterois-je ce que tu viens d'entendre. »

Un autre vieux chef , qui avoit l'air d’un ancien patriarche , se leva aussi: 1l se contenta de dire qu’il vouloit mourir, comme il avoit toujours vécu , dans la prière. « La dernière parole , ajouta-t-il, que » nous ont dite nos pères, étant sur le point de » rendre le dernier soupir , c’est d’être toujours » attachés à la prière, et qu'il n’y a point d'autre » moyen d’être heureux en cette vie, et bien plus # encore dans l’autre après la mort. »

M. Perrier , qui a de grands sentimens de religion, écoutoit avec un sensible plaisir ces harangues sauvages : 1] s’abandonna aux mouvemens de son cœur , sans avoir besoin de recourir aux détours et aux déguisemens qui sont souvent nécessaires quand on traite avec le commun des Sauvages. À chaque harangue , il fit une réponse telle que ces bons Chrétiens pouvoient la souhaiter : il les remercia de leurs offres de service pour la guerre , étant assez forts contre les ennemis qui occupent le bas du fleuve; mais il les avertit de se tenir sur leurs gardes , et de prendre notre défense contre ceux qui habitent le haut du même fleuve.

On se défie toujours des Sauvages appelés Renards, quoiqu’ils n’osent plus rien entreprendre , depuis que le père Guignas a détaché de leur parti les nations des Kikapoux et des Maskoutins. Vous savez, mon révérend père , qu'étant en Canada, il eut le courage de pénétrer jusque chez les Sioux, sauvages errans vers la source du Mississipi, à environ huit cents lieues de la Nouvelle-Orléans , et à six cents lieues de Quebec. Obligé d'abandonner

sv

fl ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 297

que | cette mission naissante, par le mauvais succès qu’avoit quand | eu l’entreprise contre les Renards , il descendit le rières fleuve pour se rendre aux Illinois. Le 15 octos que bre 1728 , il fut arrêté à mi-chemin par les Kikament poux et les Maskoutins. Pendant cinq mois qu'il fut captif chez ces Sauvages, il eut beaucoup à souffrir ncien | et tout à craindre. Il vit le moment où il alloit être qu'il brülé vif, et il se préparoit à finir sa vie dans cet dans horrible tourment, lorsqu'il fut adopté par un vieil- , que lard , dont la famille lui sauva la vie, et lui procura nt de la liberté. Nos missionnaires , qui étoient chez les jours ; Illinois , ne furent pas plutôt instruits de sa triste autre situation , qu'ils lui procurèrent tous les adoucisse- : plus mens qu'ils purent. Tout ce qu’il reçut, il lemploya à gagner les Sauvages : 1l y réussit , jusqu’à les enreli- gager même à le conduire chez les Hilinois , et à y 1gues venir faire la paix avec les Français et les Sauvages > son de ce quartier. Sept ou huit mois après la conclusion xrs et de cette paix, les Maskoutins et les Kikapoux re- | uand vinrent encore chez les Illinois, et emmenèrent le 4 laque père Guignas pour passer l'hiver avec eux , d’où, i bons selon les apparences , il retournera en Canada. Ces | erCia fatigans voyages l'ont extrêmement vieilli; mais son | étant zèle , plein de feu et d’activité ; semble lui donner | e bas de nouvelles forces. { leurs Les Illinois n’eurent point d’autre maison que la | X qui nôtre , pendant les trois semaines qu’ils demeurèrent fl dans cette ville : ils nous charmèrent par leur piété, 1 Re- et par leur vie édifiante. Tous les soirs ils récitoient | dre , le chapelet à deux chœurs, et tous les matins ils 4 parti entendoient ma messe, pendant laquelle , surtout | Vous les dimanches et les fêtes , ils chantoient différentes LE a, il prières de l'Eglise , conformes aux différens offices |! oux, | du jour. A la fin de la messe, ils ne manquoient À, À en- | jamais de chanter de tout leur cœur la prière pour | s, et | de Roi. Les religieuses chantoient le premier couplet | Inner latin sur le ton ordinaire du chant grégorien , et les 1 (|

Illinois continuoient les autres couplets en leur langue , sur le même ton. Ce spectacle, qui étoit nouveau , attiroit grand monde dans l’église, et luspiroit une tendre dévotion. Dans le cours de la journée , et après le souper , ils chantoïent souvent ou seuls ou tous ensemble, diverses prières de l'Eglise , telles que sont le Dies iræ , etc. Vexilla Regis , eic., Stabat Mater , etc. À les entendre, on s’apercevoit aisément qu’ils avoient plus de goût et de plaisir à chanter ces saints cantiques, que le commun des Sauvages et même beaucoup de Français n’en trouvent à chanter des chansons frivoles et souvent dissolues. Onseroitétonné, comme je l'ai été moi-même en arrivant dans cette mission, de voir qu’un grand nombre de nos Français ne sont pas, à beaucoup près , si bien instruits de la religion que le sont ces néophytes : ils n’ignorent presqu’aucune des histoires de l’ancien et du nouveau T'estamient : ils ont d'excellentes méthodes d’entendre la messe et de recevoir les sacremens. Leur catéchisme , qui m'est tombé entre les mains , avec la traduction littérale qu'en a faite le père Boullanger, est un parfait modèle pour ceux qui en auroient besoin dans leurs nouvelles missions. On n’a laissé ignorer à ces bons Sauvages aucun de nos mystères et de nos devoirs : on s’est attaché au fond et à essentiel de la religion , qu'on leur a exposé d’une manière également instructive et solide. La première pensée qui vient à ceux qui connoissent ces Sauvages, c’est qu’il en a bien dû coûter , et qu’il en coûte bien encore aux missionnaires , pour les former de la sorte au christanisme. Mais leur assiduité et leur patience sont abondamment récompensées par les bénédictions qu'il plait à Dieu de répandre sur leurs travaux. Le père le Boullanger me mande qu’il est obligé, pour la seconde fois, d'agrandir considérablement son église , par le grand nombre de Sauvages qui, chaque année , reçoivent le baptême.

n leur 1 étoit se , et s de la it souères de 'exilla endre, le goût que le * Franroles et l'ai été rqu’un \ beaule sont les h1sils ont et de 1 m'est ttérale parfait s leurs es bons vOIrs :

hgion ‘ nt insient à il en a re aux | chrise sont ictions ux. Le > pour nt son chaque

Le premier jour que les Illinois virent les religieuses |, Mamantouensa , apercevant auprès d'elles une troupe de pe tes filles: « je vois bien , leur » dit-il, que vous n’êtes pas des religieuses sans » dessein. » Il vouloit dire qu’elles n’étoient pas de simples solitaires qui ne travaillent qu'à leur propre perfection, « Vous êtes, leur ajouta-t-il, comme les » Robes noires , nos pères ; vous travaillez pour les » autres. Ah, si nous avions là-haut deux ou trois » de vous autres, nos femmes et nos filles auroient » plus d'esprit, et seroient meilleures chrétiennes. » Hé bien! lui répondit la mère supérieure, choi- » sissez celles que vous voudrez. Ce n’est point à » nous à choisir, répondit Mamantouensa ; c’est à » vous qui les connoissez, Le choix doit tomber sur » celles qui sont le plus attachées à Dieu » et qui » l’aiment davantage, » Vous jugez assez , mon révérend père ; combien ces saintes filles furent charmées de trouver dans un Sauvage des sentimens si raisonnables et si chrétiens. Ah ! qu'il faudra de temps et de peines, pour apprendre aux Tchactas à penser et à parler de la sorte, Ce ne peut être que l'ouvrage de celui qui sait, quand il lui plait, changer les pierres en enfans d'Abraham.

Chikagou garde précieusement, dans une bourse

‘ faite exprès, la magnifique tabatière que feue madame

Ja duchesse d'Orléans lui donna’à Versailles. Quelque offre qu’on lui en ait faite , il n’a jamais voulu s’en défaire ; attention bien remarquable dans un Sauvage, dont le caractère est de se dégoûter bientôt de tout ce qu'il a, et de désirer passionnément ce qu'il voit et ce qu'il n’a pas. Tout ce qu'il a raconté de la France à ses compatriotes , leur a paru incroyable. « On t'a payé, lui disoit - on , pour nous » faire accroire toutes ces belles fictions. Nors vou- » Jlons bien croire , lui disoient ses parens , et ceux » à qui sa sincérité étoit moins suspecte, que tu as

CRE RE HR À A ce dE + me tam

» vu tout ce que tu nous dis; mais il faut qu'un » Charme tait fasciné les yeux; car il n’est pas pos- » sible que la France soit telle que tu nous la dé- » peins, » Lorsqu'il disoit qu’en France il y a cin cabanes les unes sur les autres, et‘qu’eiles sont ausst élevées que ies plus grands arbres; qu’il y a autant de monde : les rues de Paris, que de brins d'herbes dansles prairies ,etdemaringouins dans les bois; qu’on s’y promène, et qu’on fait même de longs voyages dans des cabanes de cuir ambulantes ; on ne le croyoit pas plus que lorsqu'il ajoutoit qu’il avoit vu de longues cabanes pleines de malades , où d’habiles chirurgiens faisoient les plus belles cures. « Ecoutez, leur disoit- » 1l plaisamment ; vous manque-t-il un bras , une » jambe, un œil, une dent, une poitrine ; si vous » étiez en France , on vous en remettroit d’autres, » sans qu'il y parût. » Ce qui a le plus embarrassé Mamaniouensa , quand il a vu des vaisseaux , c’est de savoir comment, de la terre où l’on construit ces vaisseaux , on peut les lancer à l’eau, et où l’on peut trouver assez de bras pour jeter, et surtout pour lever des ancres d’un poids si énorme. Onluiexpliqua J'un et l’autre , et il admira le génie des Français, qui étoient capables de si belles inventions.

Ces Illinois partirent le dernier jour de juin : ils pourront bien se joindre aux Akensas, pour tomber sur les Yazous et sur les Corroys. Ceux-ci s'étant mis en chemin pour se retirer chez les Tchikachas, où ils portoïent les chevelures françaises qu'ils avoient enlevées, furent surpris en route par les Tchatchoumas et par quelques Tchactas, qui leur enlevèrent dix-huit chevelures, et délivrèrent les femmes fran-

çaises avec leurs enfans. Quelque temps après, ils

farent encore attaqués par un parti d'Akensas, qui leur enlevèrent quatre chevelures , et firent plusieurs femmes prisonnières. Ces bons Sauvages rencontrérent à leur retour deux piroyues de chasseurs

qu’um posà dé- | cinq aussi nt de erbes qu'on dans it pas igues giens isoit- , une vous tres, ‘rassé c’est it ces | peut pour liqua IÇaIs ,

Page 1