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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 3o1t
francais : ils les frôlèrent, selon leur coutume, de- | la tête jusqu'aux pieds, en pleurant la mort des rançais et celle de leur père en Jésus-Christ, Ils jurèrent que , pendant qu’il ÿ auroit un Akensa au monde, les Natchez et les Yazous ne seroient point sans ennemis, Îls montrèrent une cloche et quelques livres, qu’ils apportoient, disoient-ils, pour le premier chef noir qui viendra dans leur village. C’est tout ce qu'ils avoient trouvé dans la cabane du père Souel. J'étois en peine de savoir ce que ces barbares avoient fait du corps de ce missionnaire : mais une femme française, qui étoit alors leur esclave, m’a appris qu’elle les a enfin engagés à lui donner la sépulture, « Je l'ai vu, m’a-t-elle dit plusieurs fois, » couché sur le dos dans les cannes assez près de » Sa maison; On ne lui avoit Ôôté que sa soutane. » Quoiqu'il fût mort depuis quinze jours, il avoit la » peau atfssi blanche et les joues aussi vermeilles que » sil eût été simplement endormi. Je fus tentée » d'examiner où il avoit reçu le coup; mais le res- » pect arrêta ma curiosité , je me mis un moment à » genoux, et j'emportai son mouchoir qui étoit au- » près de lui. »
Les fidèles Akensas pleurent tous les jours, dans leur village, la mort du père du Poisson : ils de-mandent, avec les dernières instances, un autre mis. sionnaire. On ne peut pas se dispenser de l’accorder à une nation st aimable , et de tout temps très-attachée aux Français; d’une pudeur que les autres nations ignorent, et qui n’a d'obstacle particulier au christianisme , que son extrême penchant pour la jonglerie.
Vous ne devineriez pas, mon révérend père ,qu'on a tâché de nous consoler dans notre juste douleur, en nous félicitant de ce que notre perte n’avoit pas été plus générale. En effet, les deux chers missionnaires que nous pleurons, ne paroissoient pas à beau-