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coup près être aussi exposés à la cruauté des Satt vages, que le sont plusieurs autres, et surtout le père de Guyenne, et encure plus le père Baudouin, Ce lui-ci est sans aucune défense au milieu de ja grande nation des Tchactas, On a toujours été dans une grande défiance de ces Sauvages , même dans le temps qu'ils faisoient pour nous la guerre aux Natchez, Maintenant ils sont devenus si fiers de leur prétendue victoire, que nous avons encore plus besoin de troupes pour réprimer leur insolence , et les conte nir dans le devoir, que pour achever d’exterminer nos ennemis déclarés.
Le père de Guyenne, après bien des contradictions de la part des Sauvages du voisinage de la Caroline, s’étoit fait bâtir deux cabanes dans deux ditférens villages, pour être plus à portée d'apprendre leur langue et de les instruire ; elles viennent d’être abattues. Il sera enfin obligé de borner son zèle au fort français des Alibamons , ou de chercher une moisson plus abondante sur les bords du Mississipi.
Il ne me reste plus, mon révérend père, qu’à vous informer de la situation de nos ennemis. Ils se sont réunis auprès de la rivière des Ouachitas, sur laquelle ils ont trois forts. On croit que les Natchez sont encore au nombre de cinq cents guerriers, sans compter leurs femmes et leurs enfans; ils n’étoient
uère que sept cents avant la guerre ; il n’y a pas plus 4 quarante guerriers parmi les Yazous et les Corroys. Îls ont semé du maïs entre deux petites rivières qui coulent auprès de leurs forts : ii ne faudroit que leur couper ce maïs pour les affamer pendant l’hiver; mais la chose n’est pas aisée, à ce que disent les petites nations qui les harcèlent continuellement. Ce pays est coupé de bayouks , et rempli de cannes, où la quantité incroyable de maringouins ne permet pas de se tenir long-temps en embuscade.
Les Natchez qui s’étoient cantonnés dans leurs forts
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depuis la dernière expédition, commencent À repa= roitre, Outrés de ce qu’un parti d'Oumas et de Bayagoulas leur a «hs une pirogue, où il ÿ avoit sept hommes, une femme et deux enfans, ils sont venus en grand nombre près d’un petit fort, où ils Ont surpris dix Français et vingt Nègres. Il n’y a ex qu'un petit soldat avec deux nègres, qui se soient sauvés. Le soldat avoit éghappéau massacre que firent les Natchez, en se cachant dans un four : il leur a échappé cette fois-ci en se cachant dans un tronc d'arbre,
Vous jugez bien, mon révérend père, que cette guerre retarde l'établissement français : cependant on se flatte que ce malheur produira un plus grand bien, en déterminant le gouvernement à envoyer les forces nécessaires pour tranquilliser la colonie et la rendre florissante, Quoiqu'il n’y ait rien à craindre À la Nouvelle-Orléans, ni des petites nations voisines , dont nos seuls Nègres viendroient à bout dans une matinée, nimême des Tchactas, qui n’oseroient s’exposer sur le lac.en grand nombre; cependant une terreur panique s’est emparée de presque tous les esprits , surtout des femmes ; mais elles seront rassurées à l’arrivée des premières troupes de France, que nous attendons incessamment, Pour ce qui est de nos
“missionnaires, ils sont très-tranquilles : les périls
auxquels ils se voient exposés, semblent augmenter leur joie et ranimer leur zèle, Souvenez-vous d’eux
et de moi dans ves saints sacrifices, en l'union des
quels je suis avec respect, etc.
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