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construire. Vous observerez que le iirain, trente lieues au-dessous de la ville, et presque autant audessus, est singuièrement disposé, Dans presque tout pays, le bord d’un fleuve est l'endroit le plus bas : 1c1, au contraire, c’est l'endroit le plus élevé. Du fleuve à l’entrée des Cyprières, qui sont des forêts , à plusieurs arpens derrière les habitations, il y à jusqu’à quinze pieds de pente, Voulez- vous arroser votre terre ? faites une saignée à la rivière, et une digue à l'extrémité de votre fossé; en peu de temps elle se couvrira d’eau. Pour a de un moulin , il n’est question non plus que d’une ouverture à la rivière. L’eau s'écoule dans les Cyprières jusqu’à la mer. Il ne faudroit cependant pas abuser partout de cette facilité ; l’eau ne trouvant pas toujours un écoulement facile , inonderoit à la fin les hbiatiané
À la Nouvelle-Orléans, rien n’est plus rare que les pierres : vous donneriez un louis pour en avoir une qui fût du pays , que vous ne la trouveriez pas; on ÿ substitue de la brique qu'on y fait. La chaux s’y fait de coquillages qu’on va chercher à trois on quatre lieues sur le bord du lac Pontchartrain. On ÿ trouve , chose assez singulière , des montagnes de coquillages : il s’en trouve pareillement bien avant dans les terres , à deux ou trois pieds de la superficie. On fait descendre à la Nouvelle-Orléans , des pays d'en haut et des contrées adjacentes, du bœuf salé , du suif, du goudron, des pelleteries, de l'huile d'ours; et en particulier de chez les Illinois, des farines et du lard. Il croît aux environs, et encore plus du côté de la Mobile , quantité d’arbres qu'on a nommés czriers , parce que de leur graine on à trouvé le moyen d'extraire une cire qui, bien travaillée , iroit presque de pair avec la cire de France. Si l’usage de cette cire pouvoit s’introduire en Europe, ce seroitune branche de commerce bien
considérable pour la colonie. Vous voyez par tous ces détails qu'on peut faire quelque commerce à la Nouvelle-Orléans. C’étoit beaucoup quand il entroit, les années précédentes, huit à dix navires dans le Mississipi ; il y en est entré lus de quarante cette
année , la plupart de la Martinique et de Saint-Do- |
mingue ; ils sont venus charger , surtout du bois et des À Pour réparer deux incendies arrivés , dit-on , dans ces deux iles par le feu du ciel. n remontant le fleuve, on trouve au-dessus de la Nouvelle - Orléans ; des habitations françaises Comme au-dessous. L'établissement le lus considérable est une petite colonie d'Allemands > Qui en est à dix licues, La Pointe-Coupée est à trente-cinq lieues des Allemands. On ÿ a Construit un fort de pieux, où l’on entretient une petite garnison, On compte soixante habitations rangées, dans l'espacede cinq à six lieues , sur le bord occidental du fleuve, A cinquante lieues de la Pointe-Coupée sont les Natchez; nous n'y avons plus qu'une garnison emprisonnée , pour ainsi dire, dans un fort » par la crainte des Chicachats et autres Sauvages ennemis. Il y avoit autrefois une soixantaine d'habitations, etune nation sauvage assez nombreuse du nom de Natchez > Qui nous étoit fort attachée, et dont on tiroit de grands services ; la tyrannie qu’un commandant français entreprit d’exercer sur eux , les poussa à bout, Un jour ils firent main-basse sur tous les Français, à la réserve de quelques-uns qui se dérobèrent par la fuite. Un de 110$ pères qui descendoit le Mississipi , et qu'on pria de séjourner pour dire la messe le dimanche, fut enveloppé dans le massacre. Depuis ce temps-là, on s'est vengé de ce COUP par la destruction presque totale de la nation Natchez : il n’en reste plus que quelques-uns répandus parmi les Chicachats et les Chéraquis, où ils sont précairement et presque comme esclaves,
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À la Pointe-Coupée, et encore plus aux Natchez, il croit d’excellent tabac. Si, au lieu de tirer des étrangers le tabac qui se consomme en France, on le tiroit de ce pay:-ci, on en auroit de meilleur , on épargneroit l'argent qu’on fait sortir pour cela du royaume , et on établiroit la colonie,
A cent licues au-dessus des Natchez, sont les Akansas, nation sauvage, d'environ quatre cents guerriers. Nous avons près d'eux un fort avec garnison, pour rafraîchir les convois qui montent aux Illinois. I y avoit quelques habitans; mais au mois de mai 1648 , les Chicachats nos irréconciliables ennemis, secondés de quelques autres barbares, ont attaqué subitement ce poste; ils ont tué plusieurs personnes, en ont emmené treize en captivité; le reste s'est sauvé dans le fort, dans lequel il n’y avoit pour lors qu'une douzaine de soldats. Ils ont fait mine de vouloir l’attaquer; mais à peine eurent-ils perdu deux de leurs gens , qu'ils battirent en retraite. Leur tambour étoit un déserteur français, de la garnison même des Akansas. On compte, des Akansas aux Illinois, près de cent cinquante lieues : dans toute cette étendue , vous ne trouvez pas un hameau ; cependant, pour nous en assurer la possession , il seroit bien à propos que nous eussions quelque bon fort sur l’'Ouabache, le seul endroit par où les Anglais puissent entrer dans le Mississipi.
Les Illinois sont par les 38 degrés 15 minutes de latitude. Le climat , bien différent de celui de la Nouvelle-Orléans , est à peu près semblable à celui de la France : les grandes chaleurs s’y font sentir un peu plutôt et plus vivement; mais elles ne sont ni constantes ni durables. Les grands froids arrivent plus tard. En hiver, quand le nord souflle , le Mississipi gèle à porter les charrettes les plus chargées; mais ces froids ne sont pas de durée. L'hiver est ici une alternative de froid piquant et de temps assez
doux , selon que règnent les vents du nord et du midi , qui se succèdent assez régulièrement, Cette alternative est fort nuisible aux arbres fruitiers. Il fera un temps fort doux , même un peu chaud, dès la mi-février ; les arbres entrent en sève, se couvrent de fleurs ; survient un coup de vent du nord qui détruit les plus belles espérances,
Le terroir est fertile : toute espèce de légumes y réussiroit presqu'aussi bien qu'en France, si on les cultivoit avec soin. Le froment n’y donne cependant communément que depuis cinq jusqu’à huit pour un ; mais il est à remarquer que les terres sont cultivées fort né ligemment, et que depuis trente ans qu les travaille , on ne les a jamais fumées, Ce mé-
iocre succès du froment provient encore davantage des brouillards épais et des chaleurs trop précipitées : mais en À le le maïs , connu en France sous le nom.de blé de Turquie , y réussit merveilleusement : il donne plus de mille pour un; c'est la nourriture des animaux domestiques ,» des esclaves et de la plupart des naturels du pays, qui en mangent par régal. Le pays produit trois fois plus de vivres qu’il n’en peut consommer, Nulle part la chasse n’est plus abondante ; depuis la mi-octobre jusqu’à la fin de mars > On ne vit presque que de gibier, surtout de bœuf sauvage ct de chevreuil. Les bêtes à cornes yont extrémementmultiplié; elles ne coûtent pour la plupart ni soin ni dépense. Les animaux de travail paissent dans une vaste commune autour du village ; les autres, en bien plus grand nombre, destinés à la propagation de leur espèce , sont comme renfermés toute l’année dans une péninsule de plus de dix lieues de surface » formée par le Mississipi et par la rivière des Tamarouas. Ces animaux qu'on approche rarement, sont devenus presque sauvages ; il faut user d'artifice pour les attraper. Un habitant a-t-1l besoin d’une paire de bœufs, il va dans la,
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| aperçoit-il un taureau qui soit de taille être dompté , il lui jette une poignée de sel ; il étend une longue corde avec un nœud coulant ; il se couche : l'animal friand de sel s'approche ; dès qu'il a le pied dans le lacet , l’homme aux agnets üre la corde, et voilà le taureau pris. On en fait de même pour les chevaux , les veaux et les poulins ; c’est là tout ce qu’il en coûte pour avoir une paire de bœufs ou de chevaux, Au reste, ces animaux ne sont sujets ici à aucune maladie : ils vivent ‘ONG temps , et ne meurent pour l'ordinaire que de
vieillesse.
Il y a dans cette partie de la Louisiane cinq villages français et trois illinois , dans l’espace de vingt deux lieues , situés dans une longue pr'icie , bornée à l’est par une chaîne de monta nes et pair la rivière des T'amarouas ; et à l’ouest, par ie Misissipi. Les cinq villages français composent €: semble environ cent quarante familles. Les trois villages sauvages peuvent fournir trois cents hommes en état de porter les armes. Il y a dans le pays plusieurs fontaines salées ; l’une Emule , à deux lieues d'ici, fournit tout le sel qui se consomme dans les contrées circonvoisines , et dans plusieurs postes de la dépendance du Canada. Il y a des mines sans nombre ; mais comme il ne se trouve personne en état de faire les dépenses nécessaires pour les ouvrir et les travailler , elles restent dans leur état primitif. Quelques particuliers se bornent à tirer du plomb de quelques - unes , parce qu’il s'en trouve presqu'à la superficie des mines. Ils en fournissent le pays, toutes les nations sauvages du Missouri et du Mississipi, et plusieurs postes du Canada. Un Espagnol et un Portugais qui sont ici, et qui prétendent se connoître un peu en fait de mines et de minéraux, assurent que celles-ci ne diffèrent point des mines du Mexique et du Pérou; et que si on les fouilloit
un peu avant, il est à croire qu'on trouveroit du minéral d'argent sous le minéral de plomb. Ce qu'il ÿ à de certain , c’est que le plomb en est très-tin ’ et qu’on en tire quelque peu d'argent 5 On. a trouvé
aussi du borax dans ces mines , et de l’or en quel-
ques endroits, mais en très-petite quantité, Qu'il y ait des mines de cuivre » Cela est indubitable , puisque de temps à autre on en trouve de très-grands mor- Ceaux dans les ruisseaux
I n’est point , dans toute l'Amérique , de département plus vaste que celui de l'oficier qui commande pour le Roi aux Illinois. Au nord et nordouest , l'étendue en est illimitée : il s'étend dans les immenses Pays qu'arrosent le Missouri et les affluens de ce fleuve ; pays les plus beaux du monde. Que
au zèle des missionnaires ! Elles Sont du district de MM. des Missions étrangères, À qui l’évêque de Quebec les a adjugées depuis plusieurs années, Ces | 1 S, qui desservent deux cures françaises, On ne peut rien de plus aimable pour le caractère » n1 de plus édifiant pour la
avec eux Comme si nous étions membres d’un même Corps.
Parmi les nations du Missouri , il en est qui
Paroissent avoir une disposition particulière à rece-
voir l'évangile ; Par exemple , les Panismahas, L'un des Messieurs d
VOns-nous pas $ noir, reprit le
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déparcomnordns les Îuens Que ffrent ct de 1e de . Ces rvent imaar la lions
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mande de baptiser les enfans moribonds » pour les :
envoyer au grand Esprit. Le chef sauvage , parfai-
tement Satisfait , lui dit : ne l'inquiéte point ; je me
charge moi-même de te faire avertir toutes les fois qu'il y aura quelqu’enfant en danger. Il assemble ses SCuS: que pensez-vous, leur dit-1l, de ce chef noir ? (c’est ainsi qu'ils appellent les missionnaires) ; nous ne l'avons jamais vu ; nous ne lui avons jamais fait de bien ; il demeure loin de nous au-delà du soleil , et cependant il pense à notre village ; il nous veut faire du bien , et quand nos enfans viennent à mourir : il veut les enyoyer au grand Esprit : il faut que ce chef noir soit bien bon.
Quelques négocians qui venoient de son village, m'ont cité des traits qui prouvent que tout sauvage qu'il est, iln’en a pas moins d’esprit et de bon sens. À la mort de son prédécesseur , tous les suffrages de sa nation se réunirent en sa faveur, Il s’excusa d’abord d'accepter la qualité de chef ; mais enfin contraint d’acquiescer , vous voulez donc, leur dit-il, que je sois votre chef ? J'y consens; mais songez que je veux être véritablement chef, et qu’on m’obéisse ponctuellement en cette qualité, Jusqu'à présent les veuves et les orphelins ont été dans l'abandon » je prétends que dorénavant on pourvoie à leurs besoins; et afin qu'ils ne soient point oubliés, je venx et je prétends qu’ils soient les premiers partagés. En con- Séquence , il ordonne À son eSCapia ; Qui est comme son maître d'hôtel , de réserver > toutes les fois qu’on ira à la chasse » Une quantité de viandes suffisante pour les veuves et les orphelins. Ces peuples n’ont encore que très-pen de fusils. Ils chassent à cheval avec la flèche et la lance ; ils environnent une troupe de bœufs , et il en est peu qui leur échappent. Les bêtes mises par terre, l'escapia du chef va en toucher de la main un certain nombre : c’est la part des veuves et des orphelins ; il n’est Permis à personne