‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 4)Chapitre 10 sur 63 · JEAN, TROISIÈME DE LA FAMILLE · texte numérisé non relu

JEAN, TROISIÈME DE LA FAMILLE

Au père Parennin , Pour m'informer de l'état de sa santé, et de celle des autres pères.

«: S’AI recu votre lettre, et je l'ai lue avec autant » d'attention ‘que si je vous avois écouté, et que. » vous m'eussiez parlé en Personne vons-même. » Les instructions qu'elle contient me consolent et » me tranquillisent; je ies porte gravées dans le. » cœur. Nous sommes pleins de reconnoissance de ce que vous et les autres pères, vouliez bien vous ». TeSSOuvenir de nous au saint sacrifice. Ce que nous » souhaitons Maintenant, et ce que vous devez de- » mander à Dieu pour nous, c’est que, par le se-

» Cours de sa grâce, il nous aide à nous Corriger de

» nos défauts, à Pratiquer la vertu , à nous confor-

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» mer à sa sainte volonté, et à persévérer jusqu'à » la fin dans son saint service. Voilà le seul objet » de nos désirs; nous comptons le reste pour rien. » Mes deux frères Louis et Joseph vous rendent » mille grâces. Come ils ne peuvent s'acquitter par » eux-mêmes de ce devoir de reconnoissance , ils » m'ont chargé de le faire, et de vous demander » pour eux le secours de vos prières. Nous sommes » tous pressés du désir de vous voir comme d'une » soif violente : quand viendra ce bienheureux jour ! Hélas ! il est encore Lien éloigné; en attendant , ne laissez passer aucune occasion de nous consoler par vos lettres, et de nous forufier par vos » instructions. »

Si ces princes souhaitent si fort d’avoir un des Missionnaires, nous le souhaitons encore plus qu'eux; et j'ose dire que cequi nous afllige le plus dans le triste état où cette mission est réduite, c’est de n’avoir

as la liberté d’aller secourir hors de Pekin, où nous sommes très-gênés, non -seulement ces seigneurs » mais encore tant d’autres qui implorent notre secours, et qui ne sont qu’à quelques journées de cette capitale. Ces princes ne l'ignorent pas; aussi sOupirent-ils après un temps qu ils regardent encore avec

raison comme bien éloigné.

Le 7 de juin les deux prisonniers arrivèrent au tribunal des princes : on ne leur fit point subir d’interrogatoire ; mais ils furent livrés sur le champ au troisième regulo , pour les enfermér et les garder séparément. J’appris les circonstances de leur emprisonnement par un serviteur du prince Joseph nommé Jean Ou.

« Dès que j'eus connoissance , me dit-il, que mon » maître étoit amené prisonnier , j'allai au- devant » de lui à une journée de la ville , et l'ayant aperçu

chargé de neuf chaines sur une charrette couverte d’une manvaise natte, je ne pus retenir mes larmes,

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