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. is sans lois.
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de chaînes, enfermés dans une prison , et étroitement gardés,
» Pour ceux qui ne sont pas Chrétiens, qu'ils servent en qualité de soldats dans les bannières, et qu'on les observe attentivement. S'il arrive que quel« ques-uns d'eux fasse quelque chose au mépris des lois , nous en informerons Votre Majesté, »
Il est à remarquer que les princes Pierre et Paul, qui avoient cru pouvoir dissimuler , et qui se re tractérent ensuite, sont compris comme les autres
ans celle accusation du général sous leurs noms tartares.
Cette accusation arriva À Pekin le 15 de la douzième lune ( 8 de janvier 1727), et fut présentée à l'Empereur, Le général n’attribuoit à ces princes aucun autre crime que celui de leur religion, Il Condamnoit cependant les uns À avoir la tête tranehée, et les autres à être Chargés de chaînes et em- Prisonnés , ce qui est contraire aux lois de la Chine, qui ne condamnent qu'à l'exil ceux qui professent une fausse loi; mais cela même fait voir que le général étoit bien instrnit des intentions de Ja cour.
L'Empereur renvoya cette accusation À l'assemblée des princes du sang et à tous les grands des neuf tri. bunaux , comme une affaire d’une très-grande im- Portance , afin de l'examiner, et de lui en faire leur rapport. Il est certain que , dès ce temps-là , l’'Empereur prit la résolution d'obliger ces princes à re noncer à léur religion. Les divers expédiens et les différens biais qu'il employa pour y réussir, font assez voir que les raisons qu’il allégua dans la suite pour les condamner, étoient de purs prétextes, qui n'ont trompé que ceux qui ont bien voulu être trompés.
La délibération fut différée > et la réponse ne vint qu'un peu tard ; car les affaires s’expédient ici dans l'ordre qu’elles arrivent > €t plusieurs autres plusan:
ciennes devoient précéder celle-ci. Pendant ce tempslà, il arriva à Pekin un courrier avec un mémorial du général d’armes de Mougden, ou autrement Chin-yang , capitale de la province du Leao-tong , autrefois la cour des Tartares mant-cheoux. Ce pénéral représentoit à l'Empereur, que les soldats de sa garnison n’avoient ni maison dans la ville, ni casernes au-dehors, et qu’étant obligés de demeurer dans des villages aux environs, ils étoient trop éloignés, et que le service en souffrait. |
L'Empereur n’ignoroit pas que ce nouveau général se plaignoit d’une coutume aussi ancienne que l'établissement des Mant-cheoux , et qui étoit même fondée en raison. Cependant il éclata contre les anciens commandans qui n’avoient pas donné cet avis. Les deux qui avoient précédé immédiatement celuici, sont encore à Pekin pleins de vie. L’un s’appeloit Sunjou, et l'autre Tan;-pao-chou ; en remontant plus haut, on trouvoit Sourniama qui étoit mort, et qui avoit en effet gouverné cette province pendant dix ans avec un applaudissement général. Aucun d'eux n’avoit averti que les soldats manquassent de logement; on ne s’en prit néanmoins qu'à Sourniama. L'ordre de l'Empereur portoit que l’on confisquât tous les biens de Sou-nou ( c'est le même que Sourniama ), et qu’ils fussent employés à bâtir des logemens pour les soldats de Mougrra; que les deux commandans qui l’avoient suivi, savoir, Sunjou et Tang-paoichou , fussent chargés de l’exécution, et que s'ils ne trouvoient pas dans la confiscation l'argent qui étoit nécessaire ils le fournissent du leur. Ces deux mandarins étoient trop intéressés dans cette affaire, pour ne pas agir avec {a dernière rigueur. Ils se firent accompagner des mandarins de la bannière rouge, qui est celle de Sourniama , et ils allèrent la nuit du 18 de la seconde lune {le 8 février), apposer les sceaux, non-seulement dans l’hôtel de Sourniama, mais en-
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Ce déjà prése Satiot sente:
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core dans tous les hôtels des princes ses enfans. Ces princes avoient encore dans Pekin des intenda des domestiques , qui prenoient soin d et de leurs biens. Plusieurs furent arrêtés, et n’eurent pas le loisir de rien mettre à couvert
; un seul trouva le moyen de s'échapper, et d’emporter dans un pa-
nier les vases d’or dont le ns se servoit aux cérémonies pour les ancêtres défunts. Comme il fuyoit, il fut arrêté par les gardes qui veillent ; et pour se
retirer de leurs mains, illeur abandonna le panier , dont ils profitèrent.
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Cette nuit fut une nuit de confusion , de désordre et de pillage. Les mandarins ne pouvant sceller tant de maisons à la fois dans différens quartiers de la ville , soupcônnèrent les domestiques d’avoir mis beaucoup d’eftets à l'écart, Les terres et les maisons ne pouvoient pas disparoître ; mais il étoit plus aisé de cacher l'argent, les meubles, les bijoux , les obligaüons , les billets d'argent prêté où mis à profit, et c'est de quoi les mandarins vouloient s’assurer. C'est aussi ce qui donna lieu à la cruelle persécution qui fut suscitée au prince J oseph Ourtchen, douzième fils de Sourniama , prisonnier à Pekin depuis trois ans ; et dont le courage et la fermeté dans la foi ne le cèdent guère au courage et à la fermeté des premiers
martyrs, comme vous le verrez dans la suite de cette lettre,
Ces visites et ces perquisitions tumultueusesavoient déjà duré dix jours, lorsque les regulo et les grands présentèrent à l'Empereur leur réponse sur l’accu- Sation du général Ché- moute. Ils confirmoient Ja sentence qu'avoit portée ce général contre Sourghien et Courtchen , ajoutant qu'il falloit les décapiter à Fourdane. Pour ce qui est des fils, des petits fils de Sou-nou , et des autres qui ont, disoient-ils » embrassé une fausse loi, il est difficile de leur par-
donner , il faut les punir et les livrer au général ,. pour les faire étrangler en automne,
Le premier de la troisième lune ( 23 mars ) , l’'Em- . pereur fit sur cette délibération la réponse suivante : « Cette délibération des regulo et des grands s’est » faite avec peu de soin et d’attention. On s’en est » tenu à l'accusation du général Ché-moute , qui » rapporte que Sourghien et Courtchen ont répondu » qu'ils avoient embrassé cette loi depuis long-temps, » et que quand il s’agiroit de perdre la vie, ils ne » l’abandonneront jamais. On devoit me représenter » qu'il étoit à propos d'envoyer à Fourdane un re- » gulo et des grands, pour les interroger , et que si » Sourghien et Courtchen , après avoir entendu mes » ordres, continuent à dire qu'ils mourront plutôt » que de changer, il faut les faire mourir.
» Îlest vrai que dans un temps et dans des circons- » tances ordinaires, ils ont pu dire qu’ils ne change- » rontpas; mais maintenant, lorsque mes ordres leur » seront signifiés , s'ils venoient à changer, ce seroit » autre chose , et il faudroit conclure d’une autre » manière, Îls ont tous fait des fautes qui méritoient » la mort, je leur ai pardonné; il ne faut pas les » faire mourir pour un mot dit au hasard, et qui » n’est peut-être l'effet que d’un vain entêtement. » Qu'on renvoie ce mémorial pour délibérer une se- » conde fois, et que le rapport me soit fait de cette » nouvelle délibération. » Tel fut le premier ordre de l'Empereur : il fait assez voir que le dessein étoit d’obliger ces illustres Chrétiens d'abandonner leur religion , et que c’étoit là le seul crime qu’on pût leur reprocher.
Les regulo et les grands se rassemblèrent donc de nouveau , non pas pour délibérer , mais pour se conformer entièrement à la volonté du souverain , quiest l'unique règle qu'on ose suivre. [ls le prièrent donc de nommer lui-même le regnlo et les grands qu'il
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reconnoitroit les plus capables de cette commission,
L'Fmpereur nomma le prince Tomoro-congo son cinquième frère, et un chef de bannière, Ils ne partirent de Pekin que le 22 de la troisième lune (le 13 d'avril ), qui étoit le saint jour de Pâques. On ne fut pas peu surpris de voir que l'Empereur envoyât son propre frère à des princes dégradés, qu'il avoit mis au rang du simple peuple ; mais il n’y eut personne qui ne jugeât que la vue de l'Empereur étoit d'engager plus efficacement ces seigneurs à abandonner leur religion.
Aussilôt que nous apprîimes qu'on persécutoit ouvertement les princes chrétiens, nous ne nous contentâmes pas d'offrir tous les jours à Dieu nos vœux et nos sacrifices pour eux: nous crûmes devoir encore les consoler etles fortifier par nos lettres. 11 ÿ avoit du risque dans un tel commerce de lettres » Vu les circonstances; mais c'est dans de pareilles circonstances qu'il faut risquer, Nous fimes donc partir un homme de con fiance , à qui nous remîmes des lettres qui avertissoient ces seigneurs de la confiscation de leurs biens, et de l’ordre donné au cinquième frère de l'Empereur de se transporter à Fourdane pour les examiner. Nous le chargeñmes en même temps de les prévenir sur un petit secours d'argent que nous leur préparions, pour subvenir à leurs nécessités présentes. En fin, nous tâchâmes de les satisfaire en les éclaircissant sur les doutes qu’ils nous avoient proposés , et nous leur donnâmes les instructions les plus conformes aux tristes conjonctures où ils étoient. Cet exprès que nous avions fait partir , s'appelle Pierre F. ang; c'est un fervent Chrétien et anciennement attaché à ces princes. Il fut très peu de temps dans son voyage;
il nous rapporta à son retour, que ces illustres néophytes avoïent reçu de si accablantes nouvelles , Sans faire paroître la moindre émotion ; que la seule chose qu'ils sembloient craindre , c'étoit qu’à leur occasion
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on ne nous fit de la peine; qu’ils nous recommandoient instamment de nous souvenir d’eux tous les jours au saint sacrifice, et de demander à Dieu la rémission de leurs péchés , ét la force de souffrir constamment pour une cause si juste, Il ajouta qu'il avoit été rempli de la plus douce consolation en Voyant que tous, grands et petits , les princesses et leurs filles , et même jusqu'aux enfans de sept à huit ans, ne respiroient que les souffrances, et ne parloient que du bonheur qu’il y a de donner sa vie pour Jésus-Christ.
« Quand je leur parlai, poursuivit- il, du petit secours que je devuis leur apporter de votre part , ils allèrent en avertir le prince Jean ; car il ne m'étoit pas perinis d'entrer chez lui de peur de donner de l'embrage à ses gardes. Il me fit répondre en ces termes : Dites aux pères que s'ils jugent qu’il n’y ait rien à risquer pour eux du côté de la cour, nous recevrons volontiers leurs aumônes ; mais que s'ils prévoient qu'i y ait le moindre risque , nous les supplions de s’en dispenser: c'est-à-dire, qu'ils eussent mieux aimé souffrir la faim, et être réduits à la plus extrême misère , que de nous exposer le moins du monde au ressentiment de l'Empereur. » On avoit ramassé
entre les pères portugais et les pères français , la
somme de deux cents taëls , qui valent environ mille francs de notre monnaie ; c’étoit bien peu de chose pour tant de personnes qui se trouvoient dans un extrême besoin ; mais c’étoit tout ce que notre pauvreté nous permettoit de faire.
Le même Pierre Yang fut le porteur de cette
modique somme, Il ne lui arriva aucun accident durant le voyage ; mais à son retour ayant rencontré les fourriers du cinquième regulo , il fut obligé de se cacher un jour entier pour laisser passer ce prince
avec toute sa suite , dont il n’auroit pas manqué
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 153 d’être reconnu. Il arriva ici le 6 de la troisième lune. intercalaire (le 26 d'avril ); avec des lettres qui faisoient foi de l'exactitude avec laquelle il s’étoit ac-
uitté de sa commission. Il nous dit que ce secours
ape avoit été reçu avec de grands sentimens de reconnoissance , et que le prince Jean l’avoit fait remettre à celui qui garde la chapelle commune , afin de le partager entre ceux qui Ss'adresseroient À lui, Telle étoit la situation de ces princes à Fourdane. Pendant ce temps-là, Sunjou , ministre d’état , l’un des deux intéressés à la confiscation des biens de ces seigneurs , étoit continuellement OCCupé à questionner leurs domestiques , et à leur faire rendre compte des sommes qu’il prétendoit que leurs maîtres leur avoient laissées entre les mains.
Dans la visite qu'il fit de leurs hôtels > ayant va des chapelles, des oratoires » et des images de piété, 1 leur demanda si leurs maîtres étoient Chrétiens ; et si eux-mêmes l’étoient aussi. Quatre répondirent qu'ils étoient Chrétiens, Le cinquième , qui étoit infidèle, et qui appartenoit au prince Louis , avoit vu partir son maître pour l'exil sans recevoir le baptême. Il répondit qu'il n’étoit pas Chrétien , et qu'il ignoroit que son maître le fût. Louis en effet n’avoi reçu le baptême qu’au lieu de son exil » et qu'après l'accusation que le général d'armée fit à l'Empereur contre lui et contre son frère Joseph , compagnon de sa disgrâce , sur ce qu'ils avoient élevé une chapelle dans une ville de la frontière, La lettre que je vous écrivis en l’année 1724 , vous a appris com ment ils furent conduits tous deux à Pekin , et emprisonnés séparément, Sunjou crut intimider ces quatre domestiques Chrétiens. Il leur fit de grandes 1nenaces Sur ce qu'ils avoient embrassé une religion proscrite, et contre laquelle l'Empereur s’étoit ou
vertement déclaré. Mais la conclusion étoit toujours
qu'il lui falloit remettre ce qu'ils avoient retenu de
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l'argent, des papiers, et des meubles de leurs maîtres. Les Chrétiens répondirent qu’ils leur avoient remis tout ce qu'ils avoient ; qu’à l’égard de leur religion, ils la croyoient la seule véritable, « Quoi ! vous osez » parler ainsi, reprit Sunjou ! je vais vous livrer au » tribunal, et vous accuser à l'Empereur; remettez » moi tout ce que vous avez caché. Nous n’avons » rien caché, répondirentles Chrétiens; vous pouvez » nous accuser à l'Empereur ; nous vous suivrons » jusqu’à la porte du palais , pour y attendre la ré- » ponse de Sa Majesté. » Sunjou les fit enchaîner tous quatre , et présenta à l'Empereur l'accusation suivante le 25 de la troisième lune ( 16 d’avril ).
« Nous vos sujets , nous avons visité les maisons » de Sou- nou , et nous avons trouvé que ses fils » Sourghien, Tchourtchen, Courtchen, Ourichen, » et ses pelits-fils Ijamga , Legen , etc. avoient em- » brassé la loi du Seigneur du ciel ; que Sourghien » et Tchourtchen avoient orné dans leurs maisons » des endroits particuliers , pour y placer l’image » du Seigneur du ciel , et pour l'honorer. Ayant » interrogé leurs domestiques Yose , San-pao , Ou- » danga , Tong-cheting , ils ont répondu que leurs » maîtres étoient Chrétiens, et qu'ils l’étoient pa- » reillement. Les domestiques ont suivi l'exemple » de leurs maîtres ; Sourghien et les autres , en sui- » vant cette loi, ont agi inconsidérément , et ont » tenu une conduite tout à fait insensée. Mais » puisqu'un regulo et un grand sont partis pour » Fourdane afin de les juger, nous n’en dirons pas » davantage. Pour ce qui est d’Ourtchen , qui est » actuellement à Pekin, et de ces quatre domes- » tiques, qui sont Chrétiens, nous demandons à » Votre Majesté un ordre pour les livrer au tribunal des crimes , afin qu'ils y soient jugés dans la der- » nière rigueur. Il n’y a que leschâtimens quipuissent » réduire ces esprits brouillons et indisciplinables.
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 155 » Nous attendons avec respect les ordres de Votre » Majesté, »
La réponse de l'Empereur ne fut pas entièrement conforme aux désirs de Sun-jou. « Vous me deman » dez , dit Sa Majesté , de livrer au tribunal les » domestiques d’Ourt - chen et les autres fils de » Sounou, parce qu’ils suivent la loi du Seigneur » du ciel. En cela , les domestiques n’ont fait que se » conformer à la conduite de leurs maîtres. Que le » regulo Ounenguy (troisième frère de l’'Empe- » reur), accompagné des grands de la même ban- » nière,ailleinterroger Ourtchen (le prince Joseph); » s’il reconnoît sa faute et s’il s’en repent , tout est » fini; mais s'il ne veut px changer , qu’on en dé- » libère, et qu’on ne fasse :: rapport de ce qui aura » Été déterminé. À égard des omestiques , qu’on » les mette en liberté, je ieur pardonne. »
Je vous avoue , mon révérend père , que lorsque nous apprimes cet ordre de l'Empereur, nous craignimes fort que le prince Joseph, qu’on n’avoit pas eu le temps d’instruire à fond de nos saintes vérités, et qui, d’ailleurs , étoit afloibli par une longue et dure prison, ne se laissât surprendre ou embarrasser par les artifices du troisième regulo. Ce prince avoit ordre de lui faire tout espérer de la cour, pourvu qu'il eût la complaisance de déférer aux volontés de l'Empereur, en quittant la religion qu'il avoit eu l’imprudence de suivre. Tout ce que nous pûmes faire , fut de redoubler nos vœux au Seigneur , et de le prier d'éclairer ce prince de ses lumières , et de le fortifier par sa sainte grâce.
Nous apprimes bientôt que Dieu re 'avort pas abandonné dans les fers , et qu'il étoit descendu avec lui dans sa prison (Sag. 10. 13 ). Il eut à soutenir les plus fréquentes et les plus vives attaques. Promesses , menaces » reproches, tout fut mis en
œuvre ; mais 1l y fut insensible : et toute la réponse
156 LETTRES qu’on put tirer de lui, c’est qu’il étoÿ Chrétien , et qu’il continueroit de l’être jusqu’à l’effusion de tout son sang. C’est ce que vous verrez encore mieux pe le compte que le regulo en rendit à l'Empereur, e troisième de la troisième lune intercalaire (le 23 d'avril ).
« Nous, vos sujets , pour obéir respectueusement aux ordres de Votre Majesté , nous sommes allés interroger Ourtchen , et nous lui avons fait les questions suivantes : On assure que vous et vos frères ainés Sourghien , Tchourtchen et Courtchen , avez embrassé la loi chrétienne : ditesnous quelle raison vous a portés, vous qui êtes Mant-cheoux , à suivre cette fausse loi? | » Ourtchen a répondu: Il est vrai que j'adore le Seigneur du ciel de même que je sers l'Empereur ; » je ne puis changer. Rebelle , m’écriai-je , oses-tu » désobéir à l’Empereur ton maître ? Ignores - tu » que c’est par son ordre et de sa part que je t'in- » terroge ? Tiens , lis-le, cet ordre respectable, » €t fais-y attention : veux -tu changer , ou ne le >» VeUx-lu pas ?
» Ourtchen ayant lu l’ordre de Votre Majesté , » s’est mis à genoux et a dit : J’offense l'Empereur, » je dois mourir; mais je ne puis changer.
» Nous, vos sujets, nous considérons qu'Ourtchen étant Mant- cheou , à suivi une fausse religion, et qu’il tient la conduite d’un insensé et d’un rebelle, Sunjou l'a déjà accusé à Votre Majesté. Elle a bien voulu , par un effet de sa bonté smgulière , nous envoyer vers lui pour le faire rentrer en luimême , et lui dire qu'il n’a qu’à avouer sa faute , et en témoigner du repentir , et que tout est fin, Mais Ourtchen est obstiné dans sa désobéissance : son parti est pris, et il ne changera jamais. Pendant que nous l’interrogions , il ne fii paroitre nulle crainte , et ne donna aucun signe de repen-
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