‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 4)Chapitre 18 sur 63 · À FRE · texte numérisé non relu

À FRE

trième commande d’honorérle Roi,

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, i6t:

généreut néophyte. Ils redoublèrent leurs efforts ; ils lui répétèrent tout ce que l'Empereur leur avoit dit, et ils ÿ ajoutèrent d'eux-mêmes tout ce qu'ils crurent de plus convaincant ét de plus capablé de 1é gagner ; 1ls le flattèrent ; ils Jui firent les plus bélleg proïiesses; ils en vinrent aux reprocnes, aux menaces, aux invectives. Tous ces éfforts furent idutiless Joseph fut inébranlable , et finissoit toujours par dire: e ne puis changer. Les juges se retirèrent interdits et confus. Pour se disculper eux-mêmes, et pour fäiré voit à l'Empereur, qu’ils ne s’étoient pas écartés de ses vués, ils mirent pat écrit et leurs interrogations , et quelques-unes des réponses d'Ourtchen, qu’ils pré: Sentèrent à Sa Majesté, Quoi u'on répète dans cet écrit plusieurs choses que jal'déjà dites, je ne lais- Serai pas de le rapporter tout entier, parce que c’est un acte authentique qui ne doit pas S’omeltré, Lé voici fidèlement traduit du tartare :

« Nous, vos sujets, nous nous sorñrhes transportés dans la prison d'Ourtchen , ét noûs lui avons dit: Le Seigneur du ciel êt le Ciel, c’est la mêine chose ; il n’ÿ a point de fation sur la terré qui n’honore le Ciel, Les Mant-cheoüx ont dans léurs Maisons le T;20thin pour l’honorer, Votis qui êtés Mant-cheou » VOUS Suivez la loi des Européens, et vous vous êtes senti porté à l’embrasser, dites-vous à cause des dix commandemens qu’elle propose, et qui sont autant d'articles de cette loi ; apprénez-nous ce qu'ils prescrivent,

» Ourtchen à répondu : Le preiier nous ordonne d'honürer et d'aimer le Seisneur du Ciel sur toutes thuses; le second défend de jurér par le nom du Seigneur du ciel ; le troisième veut qu'on $anct. fe les jours dé fête en récitant des prières, et en faisant les térémoniés pour honorer le Seignéur du ciel ; le quaæles pères et mères es anciens, les grands, et teus ceux qui ont autorité

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sur nous; le cinquième défend l’homicide, et même l: pensée de nuire aux autres; le sixième oblige à être chaste et modeste, et défend jusqu'aux pensées et aux affections contraires à la pureté; le septième défend de ravir le bien d'autrui, et la pensée mème de l'usurper injustement ; le huitième défen d le mensonge , la médisance, les injures; le peuvième et le dixième défendent de désirer la femme d'outrui.'Tels sont les articles de la loi à laquelle j'obéis. Je ne puis

chgnger.

__» Nous avons dit: Ces dix commandemens se trouvent dans tous nos livres, et il n’est personne qui ne les observe, ou si quelqu'un les transgresse, on le puit de la manière que la loile prescrit. Ce nesont pe les seuls Européens qui les mettent en pratique. Mais cornuent pouvez-vous dire que cette loir comman: d'honorer le Roi, les pères et méres, ec, tandis que vous abandonnez les rites du tiao-chin de vos aucêtres ? Est-ce ainsi que vous leur obéissez ? Et n'est-il pas vrai de dire que vous violez cet article de votre loi? Vous êtes Mant-cheou, vous avez été du sang royal, et malgré cela vous renoncez aux COùtumes de vos pères, pour suivre une loi étrangère ! N'est-ce pas imiter la conduite insensée de votre père, ui abandonnant son véritable maître, s'attacha à la faction d’Akina et de Se-sse-ke ? Qu'a-til gagné? Ses os réduits en cendres, ont été jetés au vent. Quoi! vous manquez de fidélité à votre légitime maitre, vous désobéissez À vos parens, vous péchez contre le Ciel, et vous dites que vous l'honorez !

» Ourtchen a répondu que la loi chrétienne lui apprenoit que le Seigneur du ciel descendit sur la terre, il y a plus de dix-sept cents ans, el u’il enseigna luimême le culte dont il doit être ionoré; que quand une fois on a suivi cette loï, on ne la doit plus abandonner, et que quiconque }'ahandonne , se révolte contre le Ciel; que cette lu: ne permet pas

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