AR SR
de pratiquer le rite du tiao-chin peut pas changer.
» De plus, il a dit que la loi d'Europe règle par: faitement l'esprit et le cœur: qu'elle prescrit des abstinences convenables; qu’el’e réprouve les fautes les plus intérieures, et jusqu’à la pensée du mal > et que toute autre loi n’est pas véritable,
» Nous l'avons pressé encore davantage, et nous lui avons dit: La loi d'Europe n’est suivie que des Européens, et vous prétendez que quiconque l’abandon..e se révolte contre le Ciel? Quoi! l'Empereur notre maître, n'est-il pas maître et seigneur par l'ordre du Ciel ? et vous refusez de lui obéir#Pouvezvous disconvenir que vous ne Soyez un rebelle, et que vous n offensiez le Ciel ? Répondez nettement,
» Ourtshen a paru embarrassé, et ne sachant ue répondre, il a frappé la terre du front, et a dit: Je ne puis soutenir le reproche qu'on me fait, de ne pas obéir à l'Empereur; il est vrai Pourtant que je ne puis changer. |
» Nous lui avons fait de nouvelles instances : Vous assurez , lui avons-nous dit, que la loi d'Europe règle l'esprit et le cœur. Est-ce que dans les livres de nos anciens sages on n’apprend pas à régler l’un et l’autre?
Ne trouve-t-on pas à chaque page de ces livres les
maximes suivantes : Ne vous trompez pas vous-même,
ayez l'esprit droit, rectifiez votre cœur, et tant d’autres semblables? qu’avez-vous à répondre? Vous dites encore que le Seigneur du ciel est descendu du ciel en terre. Est-ce qu’il a un corps? Est-ce que vous l'avez vu? Vous ajoutez qu'il y a plus de dix-sept cents ans qu’il a pris naissance parmi les hommes pour leur salut; mais bien avant ce temps-là , sous le règne de Fuo et de Chun, la loi d'Europe n’existoit pas, et cependant le culte du Ciel subsistoit : le nierez-vous ? vous seriez le seul. Que prétendezvous donc, lorsque vous vous attachez avec tant d’opi-
» et qu'ainsi il he
164 LETTRES | niätreté à la loi des Européens? Voudriez-vous dire que la doctrine de nos anciens sages est fausse , et qué celle d'Europe est la seule véritable ?
«À tout cela Ourtchen a fait des réponses peu intelligibles , et qui marquoient l'embarras où 1l se trou voit. Il nous a parlé d’une loi ancienne et nouvelle; il nous a dit qu’il n’étoit pas nécessaire de voir pour croire des vérités , telle que la descente du Seigneur du Ciel en terre: et après beaucoup de paroles aux-
uelles on ne comprenoit rien, il a persisté à dire qu’il ne pouvoit pas changer. ; .
» Faÿgués de tant de discours peu sensés , nous Jui avons dit: Jeune homme , non content du crime de rebellion dont vous vous êtes rendu coupable , vous avez encore suivi une fausse loi que vous ne voulez pas abandonner. Cela seul mériteroit qu’on vous fit mourir à l’heure même; mais notre incomparable maitre, par une bonté singulière, suspend les effets de sa justice. Il a envoyé des grands pour vousinstruire, pour vous faire rentrer en vous-même,
et vous dire que si vous voulez vous corriger en quit- .
tant votre fausse loi, et reprenant les pratiques des
Mant-cheoux touchant le culte du Ciel, tout est
fini; mais que si au contraire vous persistez dans
votre opiniâtreté , c’est à l'ordre de l'Empereur même ue vous résistez: prenez Votre parti et répondez.
» Ourtchen, frappant la terre du front, a répondu : Les bienfaits de l'Empereur mon maître sont trèsgrands ; son amour pour moi est parvenu à son comble; je ne puis soutenir le reproche que vous me faites de ne lui pas obéir. Quoi! lui avons-nous répliqué, n'êtes-vous pas entré, vous et votre père, dans la faction d’Akina et de Se-sse-ke? N'avez-vous pas commis des crimes de toutes les sortes? Combien de fois n’avez-vous pasmérité la mort? Le mémorial que les grands ont présenté à l'Empereur , pour faire mourir selon les lois votre père et ses enfans , sub-
nière crime
us dire etque
Jeu ine trouavelle ; ir pour igneur ss aux—
à dire
, nous 1 crime ipable , ous ne tqu'on incomsuspend ds pour même,
en quit- -
ques des out est ez dans r même 1dez.
pondu :
nt très- \ à son vous me ous rére père , 1eZ-VOUS >ombien 1émorial our faire AS » sub-
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 165 siste encore ; il est devant l'Empereur ; il n’a qu’à répondre, et votre mort est certaine, Pour nous qui sommes témoins de votre opiniâtreté à ne Pas quitter cette fausse loi, il nous est clair que vous raisonnez ainsi: J’ai mérité la mort; si maintenant On me fait mourir, parce que j'ai embrassé la loi chrétienne et 4 J'honore le Ciel, à la bonne heure, qu’on le asse, heat
» Nous avons eu beau presser Ourtchen, comme
il paroît par le compte que nous en rendons à Votre Majesté, il n’a pas été possible de vaincre son opiniâtreté; ses réponses ont toujours été les mêmes. La loi que j'ai embrassée, je nie la puis quitter qu’avec la vie, je ne la changerai jamais ; si l'on me fait mourir Pour cette cause , je rrai avec joie.
, Tout bien considéré, Ourtchen ‘et son père s’étant attachés à la faction d’Akina et de Se-sse-ke ; ont fait des crimes de toutes les sortes , pour lesquels les os de Sou-nou ont été dispersés, Les grands, après avoir délibéré , ont supplié Votre Majesté de le condamner à la mort lui et ses enfans. Ourtchen ayant embrassé une fausse loi, Votre Majesté lui a donné plusieurs ordres consécutifs, et lui a fait dire qu’étant Mant-cheou, ‘et ayant même été du sang roval, il devoit suivre les coutumes de sa nation dans le culte
u’elle rend au Ciel, Ourtchen n’eñt-il pas dû porter sh le cœur, élever respectueusement sur sa tête les bienfaits de Votre Majesté, et changer à l'instant ? Mais au lieu d’obéir à des ordres si respectables ; it s’est entêté de folles idées, et a répondu constamment , que puisqu'il avoit embrassé la religion chrétienne , ilne la quitteroit pas. -
» Les réponses d'Ourtchen prouvent évidemment qu'il a pris son parti, et qu'il raisonne de cette manière: Je ne puis éviter la mort que méritent mes crimes et ceux de mon père; selon les lois de l'Em.. pire, on ne peut les pardonner, Si maintenant l’on me:
166 LETTRES fait mourir, parce que je fais profession de la loi chrétienne , et que j'honore le: Seigneur du ciel, à la bonne heure, je mourrai content. C est ce qui n'a as échar.. € ux lumières et à la pénétration de Votre Majes. ‘5; donc on le faisoit mourir parce qu'il a suivi une fausse loi, on ne feroit que ce qu'il souhaite. ÏL est plus à propos, conformément à la délibération des grands, présentée à Votre Majesté, de le traiter en rebelle , et de l’exécnter À mort sans aucun délai. C'est pour cela que uous otirons avec respect ce mémorial à Votre Majesté. »
Il est aisé de voir que les grands, en mettant par écrit cette déposition, n’ont rien compris à plusieurs réponses du prince Joseph ggrtout à celles qui regardent l’ancienne et la notiëlle loi et l'incarnation du Verbe, Ces vérités sont expliquées dans plusieurs livres que ce seigneur avoit lus, et qu’il avoit mème appris par cœur.
Les juges furent quelque temps sans faire leur rapport; du moins l'Empereur ne parla de cette affaire
ue le 21 de mai; c'étoit le jour auquel il faisoit la cérémonie tartare du Zz40-chin. À cette occasion , il dit aux regulo et aux grands mant-cheoux , que les fils de Sou-nou étoient des rebelles; que c’étoient des esprits brouillons et désohbéissans , et qu'on ne devoit pas les laisser vivre.
Quelque temps après, le gouverneur-général de Pekin se transporta dans la prison de Joseph, uivi de maçous, de charpentiers et d’autres ouvriers. Il examina attentivement le logement et la cour , et dit au prince: « Ago , ce lieu-ci est irop vaste pour vous; il vous faut un lie x plue étroit, et plus propre à vous maintenir dans le céc illement, pour avoir moins de distractions dass vos prières. Cela est vrai, répondit Joseph, le ip peut espace me sufit. Quel âge avez-vous, dit le gouverneur ? J'ai trerte-trois ans; dit Joseph. Que fait ici ce valet, reprit le gouver-
ce
eee
conso javoi:
jour;
dans |
plus à
la loi ciel, à qui n'a Votre quil a uhaite.
ération traiter : délai.
ce mé-
ant par usieurs qui re rnation usieurs tmème
ur rap- : affaire aisoit la LC il que les ’étoient u’on ne
aéral de h, suivi riers. EL r.etdit ur vous; ‘e à vous ir IIOÏNS » Et pon- Quel âge rOIS ans , gouver-
[Pre
neur ? 1] faut qu'il sorte. Joseph répondit: On le fit
entrer avec moi, pour m'aider de temps en temps à
soulever mes chaines: je n’en ai pas besoin, d’ailleurs
il n'a point fait de faute qui mérite la prison. Je le
ferai sortir, dit le gouverneur, mais auparavant il “faut vous construire un petit ermitage. »
Au même instant il fit approcher ses ouvriers ; la prison consistoit en trois petites chambres de plain pied. Il en prit une qu'il partagea en deux, ne laissant qu'un espace de six pieds en large sur dix de profondeur : on pratiqua une petite porte sur le devant, et à côté une fenêtre. Devant la porte, à la distance de cinq pieds, il fit élever un mur aussi haut que le toit, où l’on plaça un tour pour faire passer ki nourriture ; puis il tit sortir le domestique avant que la cloture fût entièrement achevée.
Ce domestique âgé de dix-huit ans, nommé Masta-oell, avoit été baptisé le jour de la Commémoration de saint Paul dont il porte le nom; et c’est Pourquoi je l’appellerai dans la suite Paul Ma. Il vint me voir le 16 de juin, et me raconta ce que je viens de dire, Je lui fis plusieurs questions auxquelles me répondit avec beaucoup d'ingénuité, ainsi que vou. le verrez par le précis que je vais en faire.
ueié enfermé, me dit-il, avec le prince Jo-
seph den, ans et quarante-un jours. On m avoit promis de ne me retenir que deux mois dans la prison, et qu'au bout de ce temps-là un autre prendroit ma place. Ce terme ét t expiré, et voyant ju'on ne pensojt pas à moi , l'ennui me prit de telle sort. .jue j'en pensai mourir. Mon maître en étoit aflligé luimême, et imaginoit toute: sortes de moyens de me consoler. Il attribuoit men chagrin au malheur que J'avois de n’être pas Chrétien; il m’ins ruisoit chaque jour; j'appris les prières, et je me trouvai peu après
ans une situation tranquille; la : rison ne m’étoit plus à charge ; la pen:£e mêwie ne 1. : venoit pas d’en
Ai
nc a 2 ns D | :
sortir, Voici l’ordre du jour que mon maître s’étoit
prescrit, et qu’il observoit exactement. Il se levoit
de grand matin, et récitoit le gros livre de prières
qe sait par cœur. Îl avoit trois livres qui traitent e la religion ; il les lisoit chaque jour pendant quelque
temps : 1l les sait de même par cœur.
» Après le diner, il s’occupoit à des exercices corporels et creusoit la terre dans la cour. Quand un trou étoit achevé , il en faisoit un autre pour combler le premier. Je l’aidois à un ouvrage si inutile, Nous n'avions point d'outils de fer ; nous nous servions du bois le plus dur, qu'on nous donnoit pour brûler.
» Le cang ou l'estrade de maçonnerie sur laquelle nous couchions, étoit endommagée; et au-dessous lon ne pouvoit brûler que du débus de pierre , dont la vapeur causoit à mon maître des étourdissemens ; ainsi nous passions l'hiver sans feu. Il s’avisa de faire de petits fourneaux de la terre qu’il avoit tirée de la cour, et de l'eau qu’on nous fournissoit, afin de pouvoir allumer dans la cour du charbon de pierre. J’avois beau lui dire que je savois par expérience , le ne pouvoit allumer que du charbon de bois dans de pareils fourneaux : Fais toujours, me disoit-il , et ne te mets pas en peine du reste. Il arriva en effet, que le pLNA ou de pierre s’y alluma aisément; c’est ce que jusque-là je n’avois jamais vu.
» Quand l'heure destinée au travail étoit venue , il jetoit sur ses épaules les chaînes qu’il avoit au bras et au cou, et 1l traînoit celles qu’il avoit aux pieds. 11 ne m’a jamais dit de aider à les supporter, si ce n’est quand il vouloit changer d’habit. Un jour qu’un anneau dune de ses chaînes s’étoit rompu , il en fit avertir les gardes afin qu’on y remédiât. Après Le souper, il récitoit toutes les prières du soir. Pour ce qui est des jours d’abstinence, il n’étoit pas nécessaire de l'en avertir; depuis qu'il a été arrêté à Fourdane, il n'a jamais fait gras, dans la crainte où il
PA NES 2 nn
brui le te à ce cent tr'au peu plate en cr daut le tai à pe c’est la lec » | regul nière rins. | mon !
ses an Ces r Quitte vos fa:
Mais r qu'il s mieux lEmp.
Pay:
yänt
s'étoit levoit prières raitent uelque
ercices and un »mbler , Nous ons du üler.
iquelle lessous pierre »
rdisses'avisa voit ti- 1issoit , bon de | expéharbon jours ; este. II alluma AIS vu.
enue ; au bras pieds.
r,Sice qu'un | en fit le souour ce néces- | Foure où il