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» Sourghien a répondu : Si je dis de bouche dans le cœur j
Je trompe l'Empereur. C'est-à-dire
{UE VOUS ne voulez pas changer.
que e ne Change pas, » léprimes-nous, Pour lors Sour-
qu'il faut traiter l’un ei l’antre comme on a traité Ourichen, et leur faire
leur procès pour d’autres crimes que celui de jeur
leurs réponses que nous présentons à Votre Majesté, »
Après des démarches s; éclatantes et si inutiles, on
nt que les princes, les grands et les tribunaux avoient honteusement échoué en attaquant
ns la personne de ces princes, qui n'étoient Chrétiens que depuis quelques années. “Pereur ne put dissimuler son chagrin : il Je témoigna d’abord Par paroles , et ensuite par des ef. fets de sa Colère. Dès je 21 de mai, au Sortir d’une cérémonie de religion , qui est Proprement des Mantcheoux, il arréta tous les princes et les grands qui y avoient assisté » €t leur dit: Les enfans de Sourniama Sont infidèles à leur roi, et manquent de respect pour leurs ancêtres : ce sont des brouillons et des insensés qu'on ne doit Pas laisser vivre, Ce qu'il dit ce Jour - à, il le répéta le 28 du même mois dans un écrit adressé à tous les grands de l'Empire et que la gazette à publié, I] coMposa cet écrit À l’occasion de la première andience qu'il donna à l'ambassadeur de Portugal. 77 ess assez plaisant, dit-il » que le jour même de ln raissance de Foë, J'aie vu aux Pieds de mon tronc un ambassadeur d'Europe, 1] se met ensuite à Jogmatiser : et S’ér Souverain de toutes les religions, il
igeant en je se moque de la
secte de Foë, et prétend réfuter certains points du christianisme. Il retombe sut les fils de Sourniama , qu'il accable d’injures, et qu'il traite d’insensés pour s'être faits Chrétiens. « Le comble de leur folie, » ajoute l'Empereur , est de dire qu'ils sont prêts à 5 verser tout leur sang pour une telle cause. » C'est ainsi que, sans le vouloir, ce Fe fait le plus magnifique éloge de ceux dofit i prétend censurer là conduite. Les juges ne doutôient pas que dès qu'ils auroient rapporté cette affaire , les princes ne fussent exécutés à mott le tnême jour. C’est pourquoi , comme ils devoient la rappotter le 8 de juin, jour de la très-sainte Trinité , dès le matin, ils firent préparer ce qui étoit nécessaire pouf cette exécution. On dressa les poteaux dans le Tsaiche (la place publique ); les soldats avec leurs ofliciers furent postés dans la place et dans les rues où devoient passer les prétendus criminels. Tout ce fracas remua le peuple; chacun s’arrétoit et demandoit de quoi il s’agissoit; les soldats répondoïient qu'on alloit couper en pièces les fils de Sou-nou , parce qu’ils étoient Chrétiens. église des pères portugais étant sur la rue où assent ceux que l’on conduit au supplice , ils furent informés des premiers de cette nouvelle par le bruit et le mouvement du peuple.
Deux de ces pères en allèrent aussitôt faire part à M. l'ambassadeur de Portugal , chez qui j'arrivai un moment après eux. Îl nous répondit qu'il comptoit parmi les plus béaux jours de sa vie, celui de s'être trouvé à Pekin au triomphe de ces héros du christianisme. M. le cornte Sava Ouladislavisek , plénipotentiaire de Sa Majesté ezarienne en celte cour, mavoit d'autre regret en la quittant , que de ne ouvoir être le témoin de la fin glorieuse de ces Mustres confesseurs de Jésus-Christ. Il me pria instamment de l'en instruire , et il ajouta qu’il deman-
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ces sombres cachots ce pays-ci : il press neroit chaque Jour :
ÉDIFIANTÉS Er CURIEUSES, dans la foi. Plus de vingt catholi
la suite de cet ambassadeur , faisoient les mêmes Pas qu'après un si long exil
ques qui étoient à
précieuse, Le plus illustre de M. l'abbé Crussala l
ite aux Catholiques de sa nation.
Cependant les domestiques et les esclaves de ces seigneurs , hommes et femmes , ceux mêmes qui étoient encore infidèles et environnèrent les portes de leurs pr:
les derniers devoirs. Grand Préparoient à voir ce qu'ils en lisant la vie des anciens Martÿrs : mais on fut trompé. L'Empereur n
€ ratlia pas la sentence ; mas il donna des ordres au Souverneur de Pekin,
qUL prouve ni asrez qu'on ne leur Jaissoit la vie que Pour les faire ‘oaffrir plus long-temps.
Parfaitement les inten.
Préparer près d’une des ville 4
tour pour faire passer le b manger. Tout étant prêt , il a!
Jean et Francois des P
er Sur une méchante charrette, S mencit, il les renferma dans Pour y passer l'été brûlant de rivit même ce qu’on leur donla troisième Partie de ce qu'un NA AZ, 12
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homme mange communément de riz, vingt deniers pour des herbes, et de l’eau à discrétion. Quatre soldats avec leurs officiers, furent mis en faction, pour garder jour et nuit les prisonuiers (car leurs prisons sont isolées ), et pour empêcher que personne n’en approchât. Il paroit bien qu’on ne vouloit pas leur laisser une longue vie. Il y en a qui prétendent que l'Empereur avoit dit qu'ils ne se roient pas là huit jours sans changer de ton : mais
j'ai peine à le croire. Ce prince étoit trop bien
instruit de leur inébranlable fermeté , pour se persuader que les plus mauvais traitemens pussent affoiblir leur constance. Quoi qu'il en soit , les voilà ensevelis tout vivans , jusqu'à ce qu’il plaise au Seigneur de couronner une persévérance qui a été mise à de si rudes et de si longues épreuves.
La suite des actes que je n'ai pas voulu interrompre , Ma fait omettre plusieurs particularités édifiantes , que je ne dois pas vous laisser ignorer ;. non plus que les lettres que je reçus de ces seigneurs avant qu’ils partissent de Fourdane, pour être conduits prisonniers à Pekin. Les moindres actions de, ces généreux confesseurs de Jésus-Christ ont de quoi toucher et instruire.
Quand l’ordre fut arrivé à Fourdane de conduire à Pekin les princes prisonniers ; Comme ils étoient
sur le point de monter sur leurs charrettes , la prin-
cesse Cécile fit prier le général de lui permettre de dire le dernier adieu au prince Jean son époux. Cette permission lui fut refusée. Elle jugea que la nature lui donnoit ce droit : elle se mit en chemin, et s'étant présentée à la porte de la prison où étoit le prince , elle entra , sans écouter ce que lui dirent les gardes , qui n’osèrent , par respect ; User de violence pour l'arrêter.
Aussitôt qu’elle aperçut son mari , elle se mit à
genoux ; et d'un air modeste et tranquille , elle lui
dem prin( Aye:
POuS gard
de m Ce bourg dont maitre
la por
et un qu'aux Sonnie qui ét vaux ; lorsqu Que prince:
purent où leu gueur , tentoie après a Charreti alloit ac vaux. D faire la :
Couvrire Sonniers avoit am rien por manquer « Il n'es portes ri ici. Mais nos nom
irent vio-
mit à e lui
into dt di +2
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, demanda quel ordre il lui laissoit :
prince, Zes commandemens du Seigneur dy ciel. Ayez soin de bien Enstruire votre Jamille,
VOUS mettez nullement en peine de ce qui me re garde ; je ne suis point à Plaindre. Après ce peu de mots la princesse se retira, Ces seigneurs étant arrivés le 27 de mai au faubourg de Pekin , on les enferma dans une hôtellerie, Ont On avoit fait sortir tout Je monde , jusqu’au maître de la maison, Ce lieu devint inabordable : la porte étoit continuellement gardée par six soldats et un officier qui les Commandoit. Il n’étoit permis
t'amené les priter au dehors ce
Gardez, dit le
aux; encore avoit-on grand soin de les fouiller lorsqu'ils rentroient.
Quelques Chrétiens, domestiques de ces deux Princes , étoient allés au-devant d'eux : mais ils ne Purent les voir, ni en chemin, ni dans l'hôtellerie, où leurs maîtres étoient gardés avec une telle ri
gueur , qu'ils n’osoient en approcher. Ils se contentoient d'observer de loi
après avoir attendu long-temps , ils virent un des
faire la provision. Ils prirent leur temps , et lui dé. Couvrirent franchement qu'ils appartenoient aux pri- Sonniers. Le charretier » de son côté, leur dit qu’il avoit amené le prince François, mais qu’il n’osoit lui rien porter, parce qu’en rentrant dans le logis , il ne Manqueroit pas d’être visité avec la dernière rigueur, « Il n'est pas nécessaire » lui dirent-ils, que tu lui Portes rien ; il suffit que tu lui dises que nous sommes ici. Mais parce que tu aurois de la peine à retenir 110$ noms , nous allons les écrire dans la main dont
tu tiens l'ouverture de ton sac : présente - les au prince, c’est iout ce que nous voulons. » Ils le menèrent à un petit cabaret ; deux coups de vin et quelques centaines de deniers dissipèrer 1 ses craintes: il prit même la précaution de n achete: qu la moitié de ce qui lui étoit nécessaire , afin d’avoir occasion de sortir une seconde fois , et d'apporter une réonse qui lui vaudroit une nouvelle récompense.
Il ne fut pas long-temps sans reparoître , noû pas Ja tête nue, comme la première fois , mais avec un bonnet où il avoit caché une lettre lu prince François. C’étoit un mémoire que ce seigneur avoit écrit en chemin sur du papier de Corée , et qu'il avoit plié en forme de petites tablettes, pour être
plus facilement remis à des domestiques dans une
pareille occasion. Ce mémoire contenoit une Is
truction qui devoit diriger ses domestiques , w’on le fit mourir au plutôt, soit qu'on le retin
long-temps en prison. Le voici tel que je lai tra
de l'original que je conserve précieusement :
« Hans le cas d'une longue prison, si l'on me never d'allumer du feu , procurez - moi les petits weubles de cuisine dont se servent les pauvres pour cuire du riz, pour faire chauffer de l'eau, etc. Si l'on ne me permet pas d'allumer du feu , faites-mot apporter quelques petits pains, des herbes salées et du thé ; cela suffit pour les jours ouvrables. Le Dimanche , vous me ferez donner du thé au lait, et de petits pains farcis de viande. Les jours de fêtes ordinaires, des galettes de farine sans levain , et du thé tartare. Le jour de Noël, une livre de viande et du thé tartare. S'il y a des nouvelles favorables à la religion , envoyez -moi un paquet de long - yuen :
c’est un fruit qui est doux et agréable au goût ). Si elles sont mauvaises, vous m'enverrez un paquet de nymphea-lien-tse ; (c'est un fruit amer et insipide ).
Si l'on me permet de changer d'habits aux quatre
saisi l'été et d d'en
il ne le ci se tr nn ce au pl sans la sé) qu’or beau rétab quelq ha ce qu » +} ces dé (ce s d’avoi cents
Fourd
sisté à même :
tien de prier d tienne même,
ÉDIFIANTES ET CURIFUSES, 18r saisons , il faut les faire faire de toil l'été, -1 pour l'hiver de Brosses | x de moutons et de chèvres. ichez, autant que * us le pourrez, d'env. yer chaque année quelques secours à Fourdane.
» En cas qu’on me fasse mourir pour la religion, l'ne faudra pas rejoindre ma tête à mon Corps, ni le changer d’habit, mais le laisser avec ceux dont il se trouvera pour lors revêtu ; qu'on le mette dans nn cercueil des plus comm uns, et qui ne coûte tout : au plus que deux ou trois taël: 1 le transporte sans fracas à Yang-fang-tien de l'enceinte de la sépulture de mes ancêtres té de l’orient , et qu'on l’enterre simplement + ans orner le tombeau , jusqu’à ce que la mémoire de mon père soit rétablie. Si cela arrive > VOUS pourrez alors faire quelque ornement à ma sépulture, Si les pères sou-
ha qu’on dispose autrement de non corps , faites CE qu'ils vous ordonneront.
» En cas que vous n'ayez pas de quoi fournir à ces dépenses, je prie Hiu, Tchang, Tong, Hong ; ( ce sont quatre anciens domestiques de son père), d'avoir pitié de moi, Commencez par donner cin cents deniers à ce charretier, Je n’ai rien apporté de Fourdane, »
Le prince avoit mis à la fin de ce mémoire sept points noirs traversés de deux lignes parallèles. Personne n’a pu comprendre ce qu'il vouloit dire; c’est une énigme qui suppose des connoissances que nous n'avons pas.
Le jour qu’on inter: ogea à Pekin le prince Jean , un mandarin du tribunal des crimes > Qui avoit as sisté à l’interrogatoire , en fut si touché, que le soir même il alla frapper à la porte d’un mandarin chrétien de ses amis > NOMMÉ Laurent Tchao » pour le prier de lui donner des livres de la religion chrétienne , disant qu'il vouloit les lire cette nuit - ]à
même, Laurent, surpris de cet empressement, dans
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