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un homme qui jusqu'alors avoit eu tant d'éloignement du christianisme , lui en demanda la cause. « J’ai assisté , répondit-il, à l’interrogatoire de Sourghien ( le prince Jean ) : je n’ai jamais vu de criminel parler avec tant de fermeté et de constance. Les autres , à la vue de leurs juges , pâlissent et sont saisis de frayeur : à peine peuvent-ils dire deux paroles de suite : ils tombent souvent par terre de crainte et de foiblesse. Celui-ci a paru avec un air modeste , à la vérité, mais tranquille et même gai. Il a subi les interrogatoires sans se troubler , sans s'étonner : 1l a soutenu les disputes , les reproches, les invectives d’un ton de conversation : inébranlable sur la religion , lors même qu’on lui déclaroit que l’ordre de l'Empereur étoit qu'il ÿ renonçût ; paroissant insensible à la vue des supplices et de la mort , dont sa résistance doit être suivie. Où puisezvous , vous autres Chrétiens , tant de générosité ? Sont-ce vos livres qui vous l’inspirent ? Votre religion a-t-elle la force de dissiper toute crainte ? » Son ami lui dit sur le champ ce qu'il y avoit de meilleur dans les circonstances, et lui promit de lui donner le lendemain des livres.
De si beaux commencemens auront-ils une suite heureuse ? Je n’ai pas encore oui dire que ce mandarin ait demandé le baptême : il est vrai qu’il faut du temps pour l'instruire. Des exemples semblables à ceux dont nous avons été témoins , auroient été autrefois en Europe une source féconde qui eût produit une multitude de Chrétiens. On peut dire aussi qu'un pareil procès n’y eût pas duré si long-temps, et qu'on auroit déjà vu nos invincibles néophytes sur des échafauds : le génie chinois est plus tempéré, et par-là moins disposé à prendre une résolution qui demande de la vigueur.
Pour ce qui est des Chrétiens, cette persécution a.eu parmi eux l'effet qu’elle a communément , selon
les timi eux plus sieui tisés infin jusqu avec de ca obter autré, temp autre reçu très-b ‘ veuler Passée temps, Le l’inten tinelle quelqu entré € tien , heureu qu'il ne éncore à surm et priez du sold qui l’av qu'il av pouvoit ses don soldat 5’ averti 5’;
ÉDIFIANTES ET CURIEUSrS. 183
les différentes dispositions de chacun : les uns, plus timides , ppréhendé qu’elle ne s’étendt Jusqu’à eux ; les autres, et en g » beaucon plus généreux inte ;
loit Il ÿ en a eu qui alloïent ardemment de
autre branche que ceux qu'on reçu beaucoup d'instruction très-bièn disposés
“veulent sans dont
passée. Dieu veuil
temps.
Le lendemain , jour que le prince Jean éut subi l’interrogatoire >» Un soldat chrétien qui étoit en senünelle, fat chargé par l'officier de garde, de porter quelques petits pains au prisonnier, Le soldat étant entré dans sa chambre, lui déclara qu’il étoit chréuen, et lui présenta s0 Que vous êtes heureux , Yé SOUvVenez -vous qu'il ne suffi Tler un st beau nom
devoirs. Il y a des
> AU rapport e et pleine d’une on
que éUoutre les lunettes , je lui
remis encore quelque argent pour le lui faire tenir, s'il étoit possible. L’officier qui commandoit alors, se laissa toucher , et après avoir ouvert l’étui pour examiner s'il ne renfermoit point quelque billet, il le fit tenir au prince. Il ne trouva pas même mauvais
qu'on remît de l'argent à quelques - uns des gardes
pour les besoins des prisonniers.
Ce même domestique , en se retirant , examina les gardes du prince François ; ils étoient tous inf dèles, L'un d'eux , qu’il connoissoit, Ini dit que l'état de ce seigneur étoit digne de compassion ; qu’il ne vivoit que de riz clair et de quelques petits pains noirs ; qu'il étoit encore vêtu des habits de peau qu'il portoit au mois de décembre , lorsqu'il fut arrêté à Fourdane. Ce domestique eut recours à moi, et je lui donnai aussitôt de quoi acheter un habit propre de la saison, Le soldat qui avoit donné l'avis , se chargea » tout infidèle qu’il étoit, de faire passer cet habit au prince François, auquel il demanda un témoignage de sa fidélité, quil fit voir ensuite au domestique, Mais cette légère condescendance dont on usoit, ne dura pas long-temps: les gardes furent changés , et l’on devint plus rigide que jamais à ne laisser approcher personne de leurs prisons. On publia que si quelqu'un de leurs domestiques venait à paroître , il seroit arrêté à l’instant : or ne voulut plus même recevoir du dehors ce qui étoit nécessaire pour leur nourriture , de crainte que, par une charité mal entendue , et pour leur épargner la rigueur des supplices, quelqu’nn n'empoisonnât leurs mets. Telle est la situation de ces princes : leur courage et leur patience sont encore plus grands que l’animosité de leurs persécuteurs. Je ne puis mieux vous faire connoître leurs sentimens , qu’en vous rapportant les lettres qu'ils m'écrivirent avant que de partir de Fourdane. La première est du prince Jean.
« Jean Sou offre ceutre lettre avec respect au père
Parenr des aut ce qui.
autres nous pe Seignet notre c.
pour 50 Corriger tenir un livre de règles de en parti il raison qui sont Vous que nulle esp que vous ne me re lettres ,. € et tout ce piété. »
Le pri après la f.
de leur aff n'en à nul de Contint à Dieu la service. I]; et il dit qu encore pro des relique OIS sur ce € mettre e de ne pas n U gros rec Pour le pro.
Parennin , Pour s'informer de sa santé et de celle des autres pères. Le pc TEZ VOUS apprendra tout ce qui nous est arr en fais le détail, Nous autres pécheurs, nous YOuS prions instamment de ne LOU pas oublier au saint sacrifice, et de demander au Seigneur qu’il nous donne la grâce de l’aimer de tout notre cœur ; qu'il augmente nos forces spirituelles , POur soutenir le Poids de nos souffrances, et nous nos défauts , afin que nous puissions 0hmort... Je voudrois bien avoir le
olation dans les souffrances » et les
Compagnie, Mon fils Ignace est guéri
en partie, Il y a beaucoup de choses sur lesquelles il raisonne juste, Ce n'est que quand] s'agit de ceux qui sont au-dessus de lui, qu'il éxtravague, Croyez-
die soit incurable > et qu’il n’y ait
de guérison ? erre Yang ;
m'écrivit pareillement » et ire , ilme dit que la décision
01S Sur ce sujet, S le mettre en état d
€ ne pas manquer emplaires du gros recueil des prières ; et Parce que sa charité Pour le prochain Je fait Penser à tout ce qui peut le
1 1 1e$ 1 ore de lui envoyer quelqt soulager , il me prie enc ne ji dep pierres carrées des por san ue 1 equel es arrêter le vomissement , leq se maladie populaire qui règne à Fourdane. sé a en même temps des lettres de trois des pe “Ss du vieux regulo. Ils m’écrivoient , hs ati cs ( inois, et me faisoien tare, et les autres en ch ; mé demandes particulières. Aucun ne in ne se Do l e leurs biens , n la confiscation générale d à mande du secours, quoique DU As “4 4 L L1 e m ssaire : ils paroissent m LE I hé qu'eux de leurs misères.
4 é qu'eux de uon ne soit plus touché q à Le domestique dont je viens de ie is ht tourné à Fourdane , me rapporta la répon vante , que me faisoit le bi . ous eu, et p « C’est par la grâce de Dieu, “eh singulier de sa sainte Mère, sin aa inquiétude vin ; a seule in dans cette longue épreuve. La s Fe ’étant aussi grands pécheu nous ayons, c'est qu ra ; aussi (bles que nous le sommes, il ne nous el bien des fautes. L'assurance que vous nous sel de vos continuelles prières pour nous, nous pe is de la plus vive reconnoissance; nous vous de. ions de grâces, en vous dons de très-humbles actio je La l ntinuer cette faveur. Nc suppliant de nous co C ER l e vie des instru q souviendrons toute notr : “tr ousenvoyer: nous vous avez eu la bonté de n € és ; s nous‘ n'avons pu g reçues avec respect; mai ia les éloges que vous nous ep ini 4 ‘a 1 À eu, à lap de bien en nous est dû à Dieu, .
sainte Mère, ét aux soins que tous les eg er pe de nous instruire : leur charité les porte mt moder eux-mêmes pour nous secourir ; L r ee au désordre de nos affaires domestiques. + ke reçu ce secours , la honte sur le visage et dE noissance dans le cœur. François Cou en spi 4 quante taëls; on disposera du reste suivant le s
besoins à assiste lement.
» J’ai saints p' tare. je:
chinoise prendre de Fran qui m'a contribu qui les li Vouss rend père ces cinqu IL y avoit tiennes, « esclaves, :
maitresses tuelle, Le qui avoien pas de ver donneroie:
de leur do voir lui et quoit. Il € œuvre si cl que ces ill posoient à Depuis 1 ment resser cachée en J témoin de 1 gardés > qu sans en appt qu’à la secor
garde, | s'y
Îques res à ns une reçus s — fils n tarnt des int de 2e dent du ender Isères.
it re— > sui
jenfait enons le que urs et happe onnéz nètre LL ren-
vous s nous IS que
it pris Icomnédier avons econ- Is Cindivers
ÉDIFIANTES ET GURIEUSES. 167 besoins. Les pères ont un grand nombre de personnes à assister; et il ne falloit pas nous Partager si libéralement.
» J’ailu avecplaisir l saints pénitens, tare. Je vou
contribueroient beaucoup À la
qui les liroient. »
Vous serez é
rend père, de f
Sanctification de ceux
tiennes, qu'ils avoient achetées esclaves. Du cons
maîtresses, elles tuelle, Le prince qui avoient confi
» ne Manqueroient
ceux qui leur en donneroient le P it plus important de leur donner d » que de se pourvoir lui et sa famille, q abits dont il manquoit. Il employa d
onc les Cinquante taëls à une
œuvre si charitable, C’est Par ces éminentes vertus ;
que ces illustres confesseurs de Jésus-Christ se dis- Posoient à recevoir la couronne de gloire.
Depuis le 10 de juin , qu’ils furent plus étroite
ment resserrés , leur vie a Véritablement été une vie cachée en Jésus - Christ, qui étoit Presque le seul témoin de leurs souffrances, Ils Sont si sévèrement
gardé S passé plus de deux mois uvelles, Il arriva néanmoins econde ou troisième fois qu'on changea leur
il s’y trouva un soldat Chrétien nommé Ignace
Cao, que l'officier avoit chargé de porter à manger
aux prisonniers. Toute la préparation de leur repas corsistoit en une poignée de riz qu'on faisoit cuire, en quelques herbes salées, du thé et de l’eau.
Un jour qu'Ignace, accompagné d'un infidèle , faisoit passer ces mets par le tour , ayant aperçu par une fente le prince Jean , qui le voyoit aussi ; il fit le signe de la croix , pour lui faire connoître qu’il étoit Chrétien. Le prince sourit pour lui marquer sa joie, et lui demanda de quelle part on apportoit ces alimens. Ignace répondit que tout se faisoit par l'ordre du gouverneur de Pekin. « N’y a-t-il aucun de mes » domestiques dans la rue , reprit le prince ? ;, L'oflicier de garde, qui entendit ces mots, s’avança vers le tour, écarta Ignace, et répondit lui-même que s’il paroissoit quelqu’un de ses gens, il le livreroit au gouverneur - général, Le soldat infidèle fut indigné de voir qu’un petit officier , qui avoit été autrefois à la porte du prince en qualité de domestique , traitât ainsi son ancien maître , et il ne put s'empêcher de lui en faire des reproches.
Un autre jour, à ce que me dit Ignace, le prince Jean ayant prié les gardes de faire passer à son frère, le prince François , quelques habits de toile qu'il croyoit lui manquer durant les chaleurs, l'officier , à qui on en parla, en refusa durement la permission. Le même soldat ajouta que les prisonniers récitoient des prières une grande partie du jour, et même bien avant dans la nuit ; qu'ils les récitoient si haut , qu’on les entendoit de la rue ; qu’ils avoient attaché des images au$ murs de leurs cachots , que les infidèles prenoient pour des portraits d'Européens ; que le prince François, au fort de l'été, demanda un jour au soldat qui lui portoit à manger, si dehors il faisoit chaud ; que le soldat ayant répondu que la chaleur étoit excessive : Hé bien, répliqua le prisonnier , je vous avertis que l'air est
HA fort Parce q La p illustres sante ; chagrin Il falloit les préte le pouvo je l'ai di:
C’est l’u que les g des mém charge. L morial , € fait rends ajoute l’a porté , et tribunal.
Au cor detirer de au palais écrit er, Ca pereur se mémoriau Sur un de niama. S’é écrits de I:
tères noirs.
nou : ne y scélérat ? \ mon père ; ractères à ci n'est-ce qu tôt ce mém procès. »
Le dix-se
anger repas cuire ,
dèle , u par E fit le l'étoit joie, ali- ‘ordre e mes LÉ vança même livrele fut it été mes e put
)rince frère , qu'il icier , Tr MISrs rér, et toient roient » que
Euro l'été, ngerT, it ré bien , ar est
que je me porte à merveille,
foule ma confiance en Dieu,
tres Chrétiens ne sante; l'Empereur ré chagrin, la perte entiè IL falloit pour cela un prétexte
; il fut bientôt trouvé :
les prétextes ne manquent pas
> Quand on a en main ama avoit été, comma ière lettre » Chef de bannière.
hine, que ces chefs , de même ns, offrent de temps affaires qui concer Crit sa réponse À Ja fi
le pouvoir et l'autorité, Sourni je l'ai dit dans ma pre
rdre a été porté ; '. ce f dans le tribunal,
niama. S’étant
S Caractères rouges écrits de la ma
père, la date étoit en carac » S'écria-til, l'insolence de Souen dit que c’étoit un Spect qu'il avoit Emper
pur griffonnage :
al au tribunal procès. »
Le dix-septième frère de l'Empereur étoit présent,
Soit qu'on lui eût fait sa leçon ou qu’il parlât de luimême , il ditque Sourniama étant mort, 1l n’en falloit plus parler , mais que son crime devoit être rejeté sur ses enfans et sur toute sa postérité masculine, « C'est bien dit, reprit l'Empereur; mais il faut auparavant rappeler Se-ke, qui est pareillement coupable, puisque ayant succédé à Sourniama , il ne l’a pas accusé. » Sur cet ordre , tous les regulo , tous les grands mandarins d'armes et de lettres , tartares et chinois , s’assemblèrent , et sans autre délibération , sur la seule parole de l'Empereur, sans même faire mention de Se-ke , ils condamnèrent à mort tous les descendans de Sourniama , jusqu'aux arrière — petits - fils , comme coupables du crime de rebellion , etc.
Ils présentèrent cette sentence le 16 de la sixième lune (le 3 d'août ), par la voie ordinaire. L’'Empereur l'ayant lue , les appela tous en sa présence, et leur fit un long discours , auquel ils ne s’attendoient pas, et qu'ils furent obligés d'écrire aussitôt en tartare, Le voici :
« Quoiïqu’on ait ôté la ceinture jaune à Sounou et qu'on l'ait dégradé , il est toujours vrai qu'il a été de la famille impériale. Maintenant vous vous êtes assemblés , et voûs me priez d’éteindre toute sa race à cause du crime de rebellion. Suivant votre rapport, il est donc juste , et même nécessaire , que je les fasse mourir comme la loi l’ordonne, Cette affaire cependant est de conséquence; faites-y bienréflexion:
si la justice se trouve blessée dans cette exécution,
le crime nous sera commun à vous et à moi. Il se peut faire que quelques-uns aient signé cet arrêt contre leurs véritables sentimens. C’est pour cela que je vous ai fait venir tous en ma en pour vous interroger à la face du ciel, de la terre , et des ancètres , et vous donner lieu de dire ce que vous pensez. Que si quelqu'un cache dans son âme ses vé-
ritables il sera | Sounou timent , que les sérieuse L'asse de l'Em encore <c Sounou venue au supplice Après particulie ce qu'ils I descenda:
paroit , re parle com bina , il m Ous ceu; suivi que « qu'à ses i attaché à de se voir tion totale à craindre assez conn:
voit des ge uns les aut se découvr âmes viles, Ensuite Cienne, étal:
et sur les pa il fit voir que à leurs chef iCI d’un par!
le luin falrejeté uline.
il faut ement a, il oulo , , tardéli- , Sans rent à qu’aux ne de
ième mpece ,; et loient A tar-
unou a été s êtes 1 race rapue je ffaire xIOn:
tion, .
Il se arrêt * cela pour t des vous s vé-
dé
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, ritables sentimens
il sera puni dans la suite avee la mé
Que c'étoit là un artifice Pour découvrir si les Princes avoient * Tous répondirent que les fautes de énormes ; que sa malice étoit parvenue au comble, et que ses enfans méritoient le Supplice dont on punit les rebelles, Après cette sr l'Empereur s'adressant en particulier à Mandoho et habi ce qu'ils pensoient.
descendans de Sourni
Portent plus loin, OUS ceux qui sont ici > en donnant leur AVIS, n’on!
que prescrit la loi : Tchabina n’a égard qu'à ses intérêts particuliers : il à toujours été fort je attaché à Sounou ; 1l étoit son ami intime ; il craint
€ se voir mêlé dans ses affaires ; il souhaite l’extinc. Hi tion totale de Sa race, e malheur ut,
à craindre ; c’est
Ensuite l'Empereur, se jetant sur
l'histoire an-
après quoi il exhorta tous les grands à concevoir l'horreur qu’ils devoient de la méchante conduite de Mandoho et de Tchabina, et il conclut enfin en ces termes : « Que ce mémorial , signé par tous les regulo et par tous les grands , soit remis au San-fa-sse ; qu’on y détermine le genre de mort dont doivent être punis les descendans de Sounou, et qu'on m'en fasse le rapport. »
Deux jours après , je vis un papier du tribunal des crimes , par lequel il demandoit aux mandarins de la bannière de ces princes, s’il y avoit d’autres descendans de Sounou que les trente-huit qui étoient marqués sur la liste, I leur ordonnoit d'en faire une exacte recherche , et d'examiner aussi si ce qui concernoit leurs maisons, leurs terres et leurs domestiques, suit à Pekin , soit à Fourdane , étoit enfin terminé. Les prétendus criminels étoient en grand nombre , et plusieurs fort éloignés ; il falloit parler exactement sur chacun d’eux : c’est ce qui demanda un nouvel examen qui ne fut pas sitôt fait.
Pendant qu’on faisoit ces recherches , les dames chrétiennes étoient à Fourdane dans une extrême inquiétude de ce qui se passoit à Pekin. Elles attendoient de jour en jour la détermination de leur sort. Les princes étoient aux fers, et les princesses ainsi abandonnées , se trouvoient dans la situation la plus triste, On leur donnoit de temps en temps des nouvelles de Pekin ; mais il étoit bien naturel que dans de pareilles circonstances, elles souhaitassent d’être plus souvent informées de la manière dont étoient traitées des personnes qui leur étoient si chères.
La princesse Cécile profitant des bons intervalles que la maladie laissoit à son fils Ignace , lui dicta deux lettres, l’une pour le père Suarez, et l’autre pour moi. La difficulté étoit de faire partir ceslettres. Tous leurs anciens domestiques avoient été renvoyés à Pekin ; on n’avoit laissé pour les servir que quelques
gens
pens «
ne les.
nues €
Un Prince
étoit , m.yen Vieux }
et se pr
en dem mais lui Colère , être Pa) Pauvret.
temps C garde s’:
Vieillard laisser P:
la précau
1 partit 1 m'appc cike , don «Je v mon mari par l’inte benne par leur coura mandé ave de la croi l'obtenir.
a si ardem fait qui lui ose aussi ve » Jene, se confesse ue S’est-il eu est leur T, XI.
avoir
Premier jour, On te de S garde , et loutes les ave. à deg gardées, 'S TOE— 58e ;
es suivantes de la
appris l'embarras où l'on vent
Commission , et trouva le m'en | l des 15 de des- » €t Contrefaisant ] oient Ë Son fagot, et dit qu'il vouloit » une ers fagots, et con- tloit pas d’ mes > 1 lui it dû.
enfin ’ rand arler anda Partit ensuite pour Pekin ames 1 m’apporta la lettre que m’écri rême cile ;
» dont voici la traduction :
tten- «Je vous écris Pour vous sort. mon mari et de mon beau ainsi
nte Mère, qu'il les souplus
qu'il augmente leur force et nou- que mon mari vo ns de d
Prier d’avoir soin de -frère, Demandez à Dieu, par l'intercession de sa sai
Venne Par sa
US avoit de
P d'empressement du bois sacré
plus de 1 S- Christ, et qu'il espéroit de
trai- l'ob lez Maintenant ce qu'il
> Ce Seroit un double bien-
valles f; 1
dicta autre ttres.
FOyÉS
Passé depui 8n est leur affaire ? Est
Iques gens
manière sont-ils emprisonnés , et en quel endroit ? Qui leur donne à manger ? Se portent-ils bien , ou
lutôt vivent-ils encore? Mon mari a une foible santé ; il est âgé de près de soixante ans; il est chergé de neuf chaînes; il est dépourvu de tout secours. Aura-t-il pu souffrir tant de maux sans y succomber? C'est IÀ pour moi un sujet- continuel d'inquiétude et d'aflliction. Je ne sais si en cela j'offense Dieu.
» y a plus d'un an que je n'ai pu me confesser ; les affaires et les embarras qui se sont succédé les uns avx autres, m'ont tellement dérangée, que sans doute j'ai commis beaucoup de fautes. Il ne me reste que des femmes et des enfans. De plus, on ma choisie pour présider à l'assemblée des femmes; c'est une autre source de péchés; je ne puis les rassembler toutes à la chapelle pour les prières ; il en manque toujours quelques - unes que la crainte et les circonstances présentes retiennent à la maison; mais oh ne peut que se louer de la fervenr et de V'assiduité du plus grand nombre. Si j’entreprenois d'écrire en détail tous mes péchés , tant de parolès
ue de pensée et d’omission , je ne finirois point ; priez le Seigneur qu’il me les pardonne.
» Je vous avois fait demander du bois sacré de Ja sainte croix ; faites-moi ce plaisir. Nous aurions besoin de deux exemplaires , l’un tartare , l’autre chinois , du recueil général de toutes les prières.
» Je vous prie encore une fois de m'apprendre des nouvelles certaines de l’état où se trouve mon mari : donnez-moi , je vous en conjure , celle consolation. »
Elle écrit à peu près la même chose au père Suarez, et elle lui recommande trois filles chrétiennes et esclaves , qui doivent être conduites à Pekin.
Lorsque la princesse Cécile nous écrivoit ces
lettre encor Ppereu Missi nouve partic:
ne po nomie que la père R compa, Vana € Si. On accepta quitta :
Pénible mais be:
Europée Sainte-Y avec que fourni »P chrétienr Le 12 prince L Prison, C appréhen:
aire mou = Ce dor Jeune hom tng , qui Tapporta :
nous enter à prison, que événer le fils du s'adressant onne qu’o:
» Qui, €
les animât Par Sa présence et par la
des sacremens > S'il étoit possible. On Européen ; sa physio-
Mais :l semble S à Pekin Je
qui le servoit dans la 1 > €t plusieurs dessein de le
aire mourir sans témoin.
e domestique vint aussitôt me voir; c’est un jeune homme âgé de Vingt ans, nommé Chouang- #ng , qui est enc Voici ce qu'il me rapporta : d e lune (10 d'août),
quement la porte de
qu'il s'agissoit de quel-
Nous vimes entrer l'Empereur » Qui, t: L’Expereur orvalet, Mon maître se
196 LETTRES mit à genoux et répondit: Qu'il sorte , à la bonne heure.
» Le regulo , sans rien dire autre chose , me fit plier mon paquet, et m’ordonna de retourner chez mon père. Il sortit en même temps lui-même, et fit refermer la porte comme auparavant. Mon maitre a quarante-neuf ans ; il est tout décharné , quoiqu'il paroisse avoir encore assez de vigueur. Il prie cinq fois le jour ; on ne lui a laissé aucun livre ; mais il sait une infinité de prières par cœur : il porte toujours sur lui le reliquaire du bois de la croix que vous lui envoyâtes à Fourdane : il a des médailles et plusieurs chapelets; il n’a d'autre amusement que celui d'examiner le travail des guêpes et des arai-
nées; il me faisoit remarquer un jour comment Dieu avoit instruit ces animaux à faire des ouvrages où l’industrie des hommes ne pourra jamais parvenir : il m’expliquoit la doctrine chrétienne , et 1l m’apprenoit les prières. ;
» Je souhaite fort d’être Chrétien , mais mon père et mes deux frères sont infidèles : on ne sait
as encore à quel maître nous serons livrés , ni quelle liberté nous sera laissée. » C'est tout ce que je pus tirer de ce jeune homme , qui est naturellement mélancolique et taciturne.
Le jour de l’Assomption, Paul Ma, valet du prince Joseph, accourut de grand matin à notre église, et vint nous dire en pleurant, que Dieu venoit d'appeler à lui son bon maitre ; qu étoit mort d’un flux de sang ; que les gardes assuroient que depuis trois jours il ne venoit plus recevoir au tour ce qu'on lui portoit à manger , et que le 14 au matin ils l’avoient vu couché à la porte de son cachot, demi-nu , et sans mouvement; qu'un officier en alla aussitôt donner avis au troisième frère de l'Empereur. Heureux moment, qui délivra le confesseur de Jésus - Christ des mortels ennuis
d’avoi son se dans 1 patrie, confess 2” e tous sceller .
eussent tence q Le à mort ,e visiter le verneur fisoient prison. ( arrêter Je qui oserc bre, Pau auroient n’eussent et si dans domestiq Jui? Ils évader au mandarins ans un m et le firent de soldats qui écartoi!
ÉDIFIANTES ET CURIEUSESs, nne
se vie
qui le fi entrer dans
d greur! Le +. ne épée lui e fit langueurs ; chez
ongués et dures, , et I aitre
qu'il
cinq
is il
tou-
que s illes ! N Jésusque u milieu des tribunaux , et en présence rai Srands de l'Empire
: il se préparoit à On Sang les vérités de la foi ; et ses vœux ages eussent été exaucés , si l'Empereur eût ratifié la sen par- tence qui avoit été portée contre lui, et il € troisième regulo avertit l'Empereur de cette à Mort , et l’ordre fut donné aux mandarins d'aller mon visiter le cor bannière , avec le gou- * sait verneur de Pek d’une troupe de soldats, ,ni pis i avant l’onverture de la que Ouroïent çà et là, pour elle- a maison de Sourniama
en avoit un grand noma, François Tch
qui oseroient Paroître, I] y t du bre. Paul M
notre auroient été Dieu *
étoit AsSU— rece—
ter, Où sont les
Sourniama ? de quel côté ont - ils
n'en fallut Pas davant que évader au plus vite, Le r 7 du mé te de mandarins firent m qu’un ans un méchant c
ième et le firent porter Par quatre hommes :
élivra e soldats marchoit devant, et une nnuis
une troupe qui écartoit le peuple, On fit fermer
autre suivoit les boutiques
198 LETTRES du faubourg de la porte occidentale par où ils sortirent ; et l’on suivit le grand chemin pendant une demi-lieue jusqu’à un endroit nommé Sse/y-yuen , où ce chemin est coupé par un autre aussi grand ui va du nord au sud. Là ils s’arrêtèrent, et posèrent le cercueil sur deux bancs. [!; mirent ensuite le feu sous le cercueil pour brûler le.corps. Quand tout fut à peu près consumé ;, ils bnisèrent les restes, les jetèrent dans la boue ; et pour les y enfoncer , firent passer par-dessus les charrettes' et les mulets qu'on avoit arrêtés pendant l'exécution.
Les chaînes furent retirées du feu ,;et rapportées sur une charrette au tribunal des crimes, Le gouverneur de Pekin ordonnaaux soldats chinois, qui veillent à la garde des chemins, de faire souvent la ronde en cet endroit, et de ne permettre à personne de s’y arrêter. On espère bien avec le temps, ou tromper la, vigilance des gardes, ou les gagner par argent.
Un de nos catéchistes y futenvoyé, et s'arrêta à
un petit cabaret, qui est dans ce chemim croisé. Il demanda à l'hôte d’où venoit ce fracas , et ce que signifioit cette multitude de gens qui retournoient à la ville: C’est, répondit-il, gu'on vient de bréler un Chrétien : on assure que ce ne sera pas de seul. D'autres Chrétiens qui suivoient de loin cette populace, entendoient les uns qui disoient : Des princes se faire Chrétiens! avoient-ils perdu l'esprit? Ei d'autres qui répondoient: Deux mots auroient tiré celui-ci d'affaire, et il a été assez fou pour ne vouloir pas les dire ; sans doute que les gens qui sont long-temps renfermés deviennent stupides et S'ennuient de vivre. C’est ainsi que raisonnoient les infidèles , qui ont de la peine à comprendre qu'on ne puisse pas dissimuler sa religion lorsqu'il s'agit de la vie.
L'exemple de ces illustres confesseurs de Jésus-
Christ ment,
sa foi toire y
du dis du Ki:
et alla:
un aut Celui-( Christ,
Jamais 1l n’avo
à son € ou pluti lême et Quan troduire decins, aVoiten:
cents lie grand ge fait de s toit les r le renvo:
dans le x Au m nal une aux prési à la remp il se flattc étoit con:
neur de I furent mi sant à Mat et Sur ses personne, avec une g
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 199 Christ n’a pas été stérile. Un Chrétien baptisé récem ment, n’a pas rougi non plus qu'eux , de confesser sa foi en présence même de l'Empereur. Son his toire vous édifiera. Un Jeune bachelier , nommé Van, du district de la ville de Fon-yang, dans la Province u Kiang-nan, s'étant fait médecin , quitta son pays, et alla à Geho Pour y exercer sa profession, Il y trouva
Un autre médecin de sa province qui étoit chrétien. Celui-ci tâcl
ia de gagner le nouveau venu à Jésusa pour l'instruire, 1] n’avoit de la religion chrétienne , et
Christ, et il me l’amen Jamais entendu parler
1l n'avoit l'esprit rempli que des connoissances propres à son état, Peu à peu il
Cuvrit les yeux à la lumière, lent ou plutôt Dieu lui toucha le Cœur ; et il reçut le bapile tême et le nom de Matthieu. | de Quand il fat de retour à Pekin , il tâcha de s’in-
ou troduire en qualité d’associé dans le tribunal des mé
par decins, afin de Pouvoir servir dans l’armée
avoitenvoyée en Tartarie contre Tse-van-
a à cents lieues d'ici, Matth:
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nces considérable,
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tiré