FT, XL
qui nous avons des obligations essentielles, Selon Hiong-tanche et Ming - Yu, la loi chrétienne s’accorde entièrement avec les enseilgnemens de Fo-hÿ, Ouen-ouang , Tcheou-Kong, K ong-1ze, et même elle renferme quelque chose de plus parfait. À entendre Lieu-lo, Quan -/ning , ils auroient été fàchés de n’avoir pas vécu de notre temps, Tchang- 4ze-houi, Ouai-Ku, plaignent les gens qui s’amusoient à voir des conteurs de fables » et à entendre débiterdesmaximes €xtravagantes qui ne sont bonnes qu'à énerver l’âme et à fomenter les passions; cela, disent-ils, est insupportable; mais quelle satisfac.. tion, au contraire, quelle douce joie du cœur , quel avantage pour les mœurs, d'écouter et de fréquenter des hommes qui ne débitent que la vérité et une sainte morale ! c’est le témoignage que rendent encore à la sainte loi Foug-ko-tu, ug-hin, en assurant que chacun de ses articles porte l'empreinte du ‘Vrai, sans l’alliage de la moindre fansseté, Ouongyao-ki, Ping -yuen, ea lisant nos livres qui font voir la différence des plantes et des animaux d’avec les hommes en qui réside une âme intelligente et immortelle, disent que c’est là préoisément ce qu’en. seigne Mong-1ze, dans son livre Ki-/r. Tous nos letirés, disent T. ching-ming et Fong-y, qui ont écrit beaucoup sur le Zi, sur le #r, sur le vou=kie , le tar. kie (systèmes des philosophes), ressemblent à des personnes dont l'estomac est surchargé et incapable de digestion. Hoang-khin-fang dit que tous nos écrivains, en parlant du ciel, l'ont fait si haut et si éloi-gné de nous, que les yeux et les oreilles n'y peuvent atteindre , au lieu que les lettrés européens nous er rapprochent, en le comparant à un vêtement extérieur avec sa doublure qui en est inséparable, Le dehors et le dedans se touchent de près. Ye-Zeangao dit qu’il faut commencer par bien examiner et sonder à fond la doctrine proposée , qu’ensuite après
Iles, Selon ienne s’ac— de Fo-hi, et même fait. À ennt été fà- » T. changqui s’amu- | entendre ont bonnes ons; cela, e satisfac.. œur , quel réquenter ité et une ndent en- , en assu= oreinte du , Ouang- > qui font ux d'avec igente et ce qu’en- Tous nos ont écrit le , le farent à des incapable nos écriet si éloipeuvent nous er ent extéable, Le -heangminer et:
ite après
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 307 en avoir reconnu la vérité, il s’agit d'en tirer son profit; il ajoute, que si on vouloit faire revivre les beaux enseignemens des trois premières dynasties, il ne croit pas qu’on en pût venir à bout sans le se. cours de la religion chrétienne. Le sentiment de Sun-hoa-yuen est, que cette religion si sainte est bien supérieure à tous les cultes anciens et nouveaux, que les forces humaines n’y peuvent pas atteindre, et que son établissement marque bien son auteur, Enfin Chin-quang-yu s'exprime ainsi : Tous les écrits puêliés en faveur du christianisme sont si solides et sé éloquens, qu’on ne trouve point de termes pour des louer ; leurs auteurs éclairés » et dont le nombre est trés-grand, après avoir étudié les dogmes de le religion, en ont fait voir la solidité, et ont pris pluisir à nous les développer. Les anciens et ceux gui les ont suivis ont tous parlé le méme langage, de quelque nation qu'ils fussent ; leur éloignement n'a point empêché qu'ils ne fussent d'accord, Que conclure de À? que la religion chrétienne est très véritable , qu’elle est seule la véritable, et qu'il faut par conséquent la suivre, s’étudier à la connoître toujours davantage, et s’efforcer à mettre en pratique ses saintes lois, pour obtenir un bonheur éternel,
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308 LETTRES mue LETTRE
Du père Contancin, mMissionnatre de la Compagnie de Jésus , au père Etienne Souciet » de la même Compagnie.
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À Canton, ce 2 décembre 1725.
MoN RÉVÉREND PÈRE, La paix de N.S.
DANS le triste état où vous savez que cette mission est réduite, vous ne vous attendez pas sans doute que je vous mande rien de bien consolant ; c'est pourquoi, sans entrer dans le détail de. nos souf. frances , que vous ne Pouvez ignorer, je ne vous en. tretiendrai que du nouvel Empereur, qui depuis trois ans occupe le trône. Tout aliéné qu’il paroît être de la religion chrétienne, on ne peut s'empêcher de
, Jouer les qualités de le rendent digne de l'Empire, et qui en si peu de temps lui ont attiré le respect et l'amour de ses peuples. Quelques traits que je vais vous rapporter, vous le feront suffisamment connoître,
Ce prince est infatigable dans le travail ; il pense nuit et jour à établir la forme d'un sage gouvernement, et à procurer le bonheur de ses sujets. On
, ne peut mieux lui faire sa cour , que de lui proposer quelque dessein qui tende à l'utilité publique et au soulagement des peuples : il ÿ entre avec plaisir , et l'exécute sans nul égard à la dépense,
Deux villes de la province de Nankin » Sou-tcheou et Song-kiang, gémissoient chaque année sous le poids du tribut, On représenta à l'Empereur que ces villes
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cette mis- , Pas sans onsolant ; >. nos souf.
2 vous en ui depuis Jaroît être pêcher de l'Empire, e respect s que je Isamment
; il pense ouverne- 1jets. On proposer que et au laisir , et
u-tcheou le poids es villes
étoient trop chargées , et qu'il étoit à propos de les soulager. Aussitôt il diminua d’un million cinq cent mille livres le tr'but annuel que Sou-tcheou doit payer , et de sept cent cinquante mille livres celui de la ville de Song-kiang. Il accorda la même grâce à la ville de Nan-tchang, capitale de Kiang-Si,
Une grande sécheresse désola, l’année dernière , la province de Tche-kiang. En plusieurs endroits la récolte fut très-légère. L'Empereur fit distribuer cent quatre-vingt-seize mille boisseaux de riz. La centième partie d’un boisseau est pour un jour la nourriture ordinaire d’un homme. :
Cette année , au contraire , les pluies ont été trop abondantes; elles ont inondé la province de Pekin et les environs ; le prix des vivres est devenu excessif. Le premier soin de l'Empereur a été de soulager les pauvres familles de soldats qui sont à la cour : il leur a fait distribuer 450,000 livres. Egalement attentif aux besoins du peuple, il a écrit de sa propre main et du pinceau rouge, un avertissement dans lequel il parle ainsi aux grands de l’Empire,
« Cet été , les pluies ont été extraordinaires ; les provinces de Pekin, de Canton et de Honan en ont été inondées. Je suis. très-sensible à l’aflliction de mon peuple : je le porte dans mon cœur; jy pense jour et nuit, Comment pourrai-je goûter un sommeil tranquille , sachant que mon peuple souffre ? Ceux qui faisoient un petit commerce pour gagner leur vie, se trouvent sans fonas : d'autres qui avoient une maison , l'ont vue renversée par les pluies , et n’ont plus où se retirer. Surtout à présent que l’automne approche, je fais réflexion que les grains ayant été ensevelis sous les eaux , il n’y aura point de moisson à recueillir : c’est ce qui renouvelle et augmente ma douleur. Il faut secourir au plutôt tant de pauvres affigés. Vous, grands de l'Émpire , choisissez des ofliciers fidèles ; attentifs, capables de seconder mes
intentions, et qui préfèrent le bien public à leurs propres intérêts, Qu'ils Parcourent ces trois provinces Pour y porter les effets de ma compassion ; qu'ils pénètrent jusque dans les endroits les plus obscurs et les plus reculés , pour y découvrir le pauvre, afin qu'aucun de ces malheureux n'échappe À leurs recherches et à mes bienfaits, Je sais qu'il se commet des injustices dans ces sortes de distributions ; mais j'y veillerai : veillez-y aussi, Je charge les tsong-tou et les vice-rois des Provinces d'y donner tous leurs Soins : je punirai sévèrement les coupables ‘qu'on m'informe exactement, Regardez donc ces aflligés comme vos enfans, ou comme Vos petits neveux ; soyez équitables et vigilans dans la distribution de mes bienfaits; usez-en comme vous feriez, si vous aviez à partager votre Propre bien. Il suffit de vous dire que vous me ferez plaisir, et que votre conduite sera conforme à mes intentions, Qu'on respecte cet ordre, »
Cette instruction impériale fut insérée dans la 82zette publique , et répandue dans l'Empire, afin
que les mandarins et le peuple même fussent informés des intentions de
gazette de la Chine très-
> Cette gazette ne contient rvir à diriger les manur charge , et à instruire
les lettrés et le peuple, On y lit, par ‘exemple , le nom des mandarins qui
ont été destitués de leurs emplois , et pour quelle
raison : l’un, parce qu'il a été négligent à exiger le
ublic à leurs ois provinces Sion ; qu'ils us obscurs et pauvre , afin à leurs re- | se commet tions; mais es tSOng-tou Tr tous leurs bles : qu’on ces aflligés ls neveux ; ribution de eZ, Si vous fit de vous votre conon respecte
‘e dans la pire, afin ent inforui rend la rnement, se fait en , et souy met que > gouverhique , et rables de ‘contient les maninstruire
rins qui ir quelle xiger le
tribut impérial, ou qu’il l’a dissipé; l’autre, parce
qu'il est, ou trop indulgent, ou trop sévère dans
ses châtimens; celui-ci, à cause de ses concussions;
celui-là, parce qu’il a peu de talent pour bien gouver:
ner. Si quelqu'un des mandarins a été élevé à quelque
charge considérable , ou s’il a été abaissé, ou bien
s’il a été privé pour quelque faute, de la pension
annuelle qu’il devoit recevoir de l'Empereur , la ga-
zette en fait aussitôt mention. Elle parle aussi de toutes
les affaires criminelles qui vont à punir de mort le
coupable, Il est à observer qu’à la réserve de certains cas extraordinaires, qui sont marqués dans le corps des lois chinoises, nul mandarin , nul tribunal supérieur ne peut prononcer définitivement un arrêt de mort, Tous les jugemens de crimes dignes de mort doivent être examinés , décidés et souscrits par FEmpereur. Les mandarins envoient en cour l'instruction du procès , et leur décision, marquant l’article de !a loi qui les a déterminés à prononcer de la sorte, Ces informations étant arrivées à la cour, le tribunal su-périeur des affaires criminelles examine le fait, les circonstances et la décision. Si le fait n’est pas clairement exposé , ou-que le tribunal ait besoin de nouvelles informations , il présente un mémorial à l'Empereur, lequel contient l'exposé du crime et la décision du mandarin inférieur ; et il ajoute : « Pour juger sainement, il paroît qu’il faut être encore instruit de telle circonstance; ainsi nous opinons à renvoyer l'affaire à tel mandarin, afin qn’il nous donne les éclaircissemens que nous souhaitons. » L'Empereur ordonne ce qui lui plaît; mais sa clémence le porte toujours à renvoyer l'affaire , afin que quand il s’agit de la vie d’un homme, on ne décide point légèrement et sans avoir les preuves les plus convaincantes, Lorsque le tribunal supérieur a reçn les informations qu'il demandoit, il présente de nouveau sa délibération à l'Empereur. Alors l'Empereur
312 LETTRES souscrit à la délibération du tribunal, ou bien il di.
minue la rigueur du châtiment ; quelquefois même il renvoie le mémorial en écrivant ces paroles de sa main : Que Le tribunal délibère encore sur cette afaire , et me fasse son rapport. Vous seriez surpris, mon révérend père , si vous étiez témoin de l’attention scrupuleuse que l'on apporte à la Chine > Quand il s’agit de condamner un homme à mort, Tout cela est marqué dans la gazette, On ÿ voit encore le nom des officiers qui remplacent les mandarins cassés de leurs emplois, leur nom ;1 portées contre les mandarins > €t la réponse de l’Empereur ; les calamités arrivées dans telle ou telle Province, et les secours donnés par les mandarins du lieu, ou par l'ordre de l'Empereur ; l'extrait des dépenses faites pour la subsistance des soldats , Pour les besoins du peuple lics , et pour les bienfaits du prince; les remontrances que les grands de l'Empire ou les tribunaux supérieurs prennent la liberté de faire à Sa Majesté
: Car , disent les
1inois , z/ ess Empereur POUT gouverner ; Pontife Pour sacrifier , et Mattre Pour enseigner. On y apprend les lois ou les coutumes qui sont établies nouvellement, On y lit les lo données à un mandarin
lui a faites, Par exemple : Te/ mandarin n'est pas d'une réputation saine ; S'il ne se corrige
At ven Lui: ch os À et rer mm € 4 ne M 7 7 À
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bien il difois même roles de sa r cette afeZ Surpris, de (on 1e, quand Tout cela re le nom cassés de CCusations de l'Em- > ou telle nandarins ; l'extrait s soldats, rages pus remon-— ribunaux
| Majesté ns. On \ la terre, mour du pagnes :
s grands s tribusujet est isent les Pontife )'n y ap-
Les nou-
ereur à es qu’il est pas e le putte chile pour
apprendre aux mandarins la manière de bien gouverner les peuples. Aussi la lisent-ils exactement ; la plupart même mettent par écrit des observations sur les choses qui peuvent diriger leur conduite. Pardonnez-moi , mon révérend père , cette digression sur la gazette chinoise ; j'ai cru qu’elle ne vous seroit pas désagréable. Je reviens à | Empereur.
Ayant été informé par un vice-roi de province ,
que la sécheresse menaçoit son gouvernement d’une stérilité générale, il s’enferma dans son palais, il jeûna, il pria, jusqu’à ce qu’il eût appris que la pluie y étoit tombée en abondance; après quoi il portaun édit, où témoignant combien il étoit touché des misères de son peuple, il ordonna à tous les grands mondarins de l’informer avec soin des calamités dont les peuples de leur district seroient afiligés : puis il conclut par ces paroles. « Il y a entre le Tzen (le Ciel) et l’homme une correspondance de fautes et de punitions , de prières et de bienfaits; remplissez vos devoirs; évitez les fautes : car c’est à cause de nos péchés que le Tzen nous punit. Quand le Tien envoie quelque calamité , soyons attentifs sur nousmêmes, mortifions-nous , Corrigeons-nous, prions : c'est en priant et en nous corrigeant que nous fléchissons le Ten. Si je porte cet ordre, ce n’est pas que je me"croie capable de toucher le Tien; mais c’est pour vous mieux persuader qu'il y a, comme je viens de le dire, entre le Tien et l’homme, une correspondance de fautes et de punitions , de prières et de bienfaits. »
Cette année le fleuve Hoan-vo a inondé les campagnes, et causé de grands ravages. Les mandarins supérieurs ne manquèrent pas, selon la coutume, d'attribuer la cause de ce malheur à la négligence des mandarins subalternes, et de les déférer à l’Empereur. « Ne jetez point cette faute sur les mandarins , répondit l'Empereur : c'est moi qui suis cou-
pable, Ces calamités aflligent mon peuple, parce que Je manque des vertus que je devrois avoir. Pensons seulement à nous Corriger de nos défauts, et À remédier à l’inondation. À l'égard des mandarins que vous accusez, je leur pardonne; et je n’accuse que moi de mon peu de vertu, » Sur la fin de la 6e lune, qui répondoit cette année au mois de juillet, les cha. leurs ont été excessives à Pekin. L'Empereur fit alors altention à tant de malheureux détenus dans les pri- Sons, ou condamnés À porter la cangue dans les Car = refours. Sur quoi il fit venir les quatre mandarins du Premier ordre, auxquels il ordonna ce qui suit: « Les chaleurs sont insupportables : ceux qui sont renfermés dans les Prisons, ou Qui portent Ja Cangue , doivent beaucoup souffrir : il faut les soulager : je ne parle pas de ceux qui sont dans les cachots, et qu’on a condamnés à être punis de mort dans l'automne : ils ne méritent point de grâce , et il ne Convient point de les élargir : je parle de ceux qui sont détenus pour dettes, ou Pour des différends qui demandent une longue discussion, Demain joignez-vous à tel président, et de concert
quelle on pât s'assurér qu'ils sela fin des chaleurs, On fit la même grâce et sous la même Condition à ceux qui portoient la
Cangue. À l’évard de ceux qui ne purent trouver de Caution, ils furent délivrés de leurs fers , et on les laissa libres dans toute l'étendue de la prison qui est fort spacieuse, Les mendarins furent approuvés de
15 ses sujels, et qu'il n'y en avoit ble, pour qui il n’eût uné tendresse
y Parce que . Pensons » CtàÀ relarins que ccuse que 6.€ lune, , les chair fit alors s les pris les car larins du it : « Les | renfercangue, er:je ne et qu’on itomne :
nt point us pour nt une el prépeut se reux. »
écuté :
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Depuis le peu de temps qu'il est sur le trône, il a fait plusieurs autres règlemens qui prouvent sa vigilance et son application à bien gouverne: ses peuples. Je me contenterai de vous en rapporter quelques-uns.
Pour exciter les laboureurs au travail et leur inspirer l'amour d’une vie régulière , il a ordonné aux gouverneurs de toutes les villes de l’informer chaque année de celui qui, parmi ceux de cette profession, se sera le plus distingué dans leur district par son application à la culture des terres, par lintégrité de sa réputation, par le soin d’entretenir l’union dans sa famille , et la paix avec ses voisins; enfin par son économie et son éloignement de toute dépense inutile. Sur le rapport qui lui sera fait par le gouverneur, Sa Majesté élévera ce sage et actif laboureur au degré de mandarin du huitième ordre, et lui enverra des patentes de mandarin honoraire. Cette distinction lui donnera droit de porter l’habit de mandarin, de visiter le gouverneur de la ville, de s'asseoir en sa présence et de prendre du thé avec lui. I] sera respecté le reste de ses jours, et après sa mort on lui fera des obsèques convenables à son degré, et son titre d'honneur sera écrit dans la salle des ancêtres. Quelle joie pour ce vénérable vieillard et pour toute sa famille! outre l’émulation qu’une pareille récompense excitera parmi les laboureurs, l'Empereur donne encore un nouveau lustre à une profession si nécessaire à l’état, et qui de tout temps a été estimée dans l’Empire.
Il a fait un autre règlement pour engager les, femmes veuves à garder la continence, et les femmes mariées à demeurer fidèles à leurs maris. « La beauté du gouvernement, dit l'Empereur, dépend surtout de la régularité des femmes; elles doivent s'appliquer à remplir leurs devoirs, et à vivre dans la retenue qui convient à leur sexe. Lorsqu'une femme encore
jeune à perdu son Mari; si elle de état de veuve Sans passer à un Second mariage, et qu'elle vive au moins vingt ans dans la continence aVant Sa mort ; ou si une autre, pressée, forcée même, a résisté jusqu’à donner sa vie > Plutôt que de com-
périal l'argent nécessaire, Pour ériger dans sa Patrie un arc de triomphe en son honneur , sur lequel sera gravé son éloge, »
U y a deux mois que Pour mieux entretenir et
Provinces, de s'informer fxactement quels sont les bacheliers de leur Souvernement, qui ont le plus excellé dans l'observation d’un devoir si essentiel, et d'envoyer leurs noms à la cour, afin que pour cette
épreuves des examens publics.
Par un autre règlement qu'a fait l'Empereur, il semble vouloir Porter cette piété filiale > au plus haut Point où elle Puisse monter. Comme les mandarins,
ticulier qui les distingue et sous lequel ils doivent être honorés après leur mort, l'Empereur permet aux Enfans mandarins de renoncer à ce titre, et de le transporter À leur père, et par Conséquent À la mére qui Participe au titre honorable de son mari,
* dans son ariage, et Ontinence 6e même, de commille, de r le maninstruira :
‘ésor im- Sa patrie quel sera
etenir et s enfans ital dans rois des Sont les le plus ntiel, et ur cette le £renlier, et elui de vé aux encié , es; cet par les
ur , 1l S haut arins , è parivent "rmet et de à la
mari,
« C'est, dit l'Empereur, renoncer à soi-même en faveur de son père et de sa mère ; c’est se priver d’un honneur qui subsisteroit même après la mort, afin qu'il soit rendu au père. Rien n’est plus juste , parce qu'enfin le fils est bien moins redevable à lui-même de son mérite qu’à ceux dont il a reçu la vie et l’éducation. » Ce sentiment des Chinois paroîtra singulier, mais il n’en est que plus digne d’éloge.
Dans le dessein qu’a l'Empereur de bien connoître tous les mandarins de l'Empire, il a fait aussi à leur sujet de nouveaux règlemens. 1.0 Il a ordonné à tous les grands mandarins d'examiner soigneusement quels sont les officiers de leur district, qui ont le plus de talens pour bien gouverner les peuples , et d'envoyer leurs noms à la cour. 2.° Il a ordonné qu'on lui envoyât pareillement les noms des mandarins inférieurs, qui sont capables d'exercer les charges du premier ordre, afin que sans passer par les degrés ordinaires, ils puissent être élevés aux emplois les plus considérables. 3,0 On a coutume tous les trois ans de faire l'examen de tous les mandarins de l'Empire, sans en excepter un seul. Le vice-roi de chaque province en délibère avec les quatre officiers généraux qui résident à la capitale, et envoie à la cour ses notes sur chaque mandarin, Il marque, par exemple, que tel mandarin, de tel degré, de telle ville, est trop sévère, qu'il est avide d'argent, et qu’il vexe le peuple; ou bien, qu'il est trop âgé, qu'il a peu d'application aux fonctions de sa charge ; ou bien qu'il est brusque, sujet à se mettre en colère, et peu aimé du peuple. Suivant ces notes adressées au premier tribunal de Pekin, la cour casse, abaisse, et punit un grand nombre de mandarins. Au contraire, ceux qui n'ont point de notes mauvaises, ou qui sont loués comme gens extraordinaires et au-dessus du commun , on les élève aussitôt à de plus grands mandarinats. Il semble
que ces connoïssances devoient sufbre : le nouvel Em-
Pereur veut quelque chose de
mandarins supérieurs de
£uer en trois classes t
trict. La première, doit être de ceux qui ont des manières polies et tngageantes, qui ne cherchent point à s'enrichir, qui sont habiles dans les lettres, qui possédent les coutumes et les lois de l'Empire, qui sont PEU avancés en âge, et qui ont de la force et de la Santé. Ea seconde doit conte
nir Ceux qui ont les mêmes talens, mais qui sont d’une santé foible ou
d’un âge avancé, Enfin la troisième doit être de ceux qui ont un corps sain et robuste , mais dont les talens sont médiocres. « Cette liste me fera mieux connoître, dit l'Empereur, les mandarins qui, dans ‘examen triennal » mériteront des éloges ou des rérimandes. La gloire qui en reviendra aux uns, et Ja Fun dont les autres seront ceuverts, les piquera mulation. J’examinerai moi-même
cette liste, ajoute l'Empereur ; ainsi j'ordonne aux wandarins, sous peine d’être sévèrement punis, d'agir
avec une extrême équité, sans partialité , et sans ac- Ception des personnes. »
peuple, Le isong-tou en lui apprenant
: 1] lui envoyaun oge de Sa Majesté,
> que le peuple , pour mar > -faisoit réciter
mm En M Eh 2 PA à À A A nm 2 M em. 1e eu
mu à à À à À SO & AA
lonne aux de distinleur dist des maent point > Qui posqui sont et de la \ ont les oible ou de ceux es talens ux con- 1, dans des réis, et la piquera -Mmême ne aux » d'agir
ans ac
èreur a ng,en tribut prince 18-tou "enant ya un Jesté, marrières vie si oméien— :, et une
inscription propre à éterniser la mémoire de ce bienfait, L'Empereur écrivit de sa propre main au tsongtou la réponse suivante,
« Ce que vous me mandez est tout à fait contraire à mes intentions. Quand j'ai accordé cette grâce, je n’ai eu d'autre vue que de procurer le bonheur de mon peuple, et non pas de m’attirer un vain honneur, Ces comédies et ces prières sont snperflues , et ne peuvent m'être d'aucune utilité, Après que j'ai envoyé des instructions dans tout l'Em pire, pour exhorter les peuples à l’économie et à la frugalité, comment osez — vous permettre ces folles dépenses ? Défendez- les au plutôt. Il est même à craindre que les officiers subalternes , sous prétexte d’avoir de quoi fournir à ces divertissemens , ne tirent des contributions, et ne s’engraissent de la substance du pauvre peuple. Veillez-y. Pour ce qui est de l'édifice et du monument de pierre, je défends aussi qu’on les élève : car, encore une fois , quand j’accorde des grâces , je ne prétends pas me faire une vaine réputation, Tout ce que je souhaite, c'est que parmi ce grand peuple, il n'y ait personne qui n'observe les coutumes, qui ne remiplisse ses devoirs, et qui ne vive tranquille. Voilà ce qui peut me faire plaisir. C’est pourquoi , aussitôt que vous aurez reçu cet ordre, défendez ces prières et ces comédies ; empêchez qu'on n’élève l'édifice et le monument de pierre, et donnez vous-même par un écrit une instruction publique , qui soit affichée aux carrefours , par laquelle vous exhortiez le peuple à observer les coutumes , à remplir ses obligations, et à vivre dans une parfaite union. Alors je urestimerai heureux. »
L'attention de ce prince s'étend jusqu'aux criminels. Voici ce qu'il a ordonné , par rapport à ces malheureux. « Deux choses, dit l'Empereur , doivent me rendre très-attentif, quand il s’agit de condamner
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: premièrement , l'estime que nous devons faire de la vie de l'homme ; secondement, la tendresse et Ja compassion que je dois avoir pour mon Peuple. Ainsi, que dans Îa suite on ne Punisse personne du supplice de mort, que son procès ne m'ait été présenté trois fois. »
orme , l'Empereur Li mine], ajoute: Aussi- > qu'on l'exécute sans des crimes dignes de mort, qui n’ont rien d'extraordinaire , l'Empereur écrit au bas de la Semtence : Qu'on retienne Le crininel en prison, et qu'on l'exécute au {emps de l'automne. Il y à un jour fixé dans l'automne pour exécuter tous les crininels. Voici la conduite que le
es a tenue cette année, Quelque temps avant le jour déterminé, il a fait 1 tes les informations qui, pendant le cours de l'année, lui ont été envoyées des justices subalternes; on ÿ à joint le jugement qu'a porté cette Justice, et celui du tribunal de la cour. Ce tribunal s’est ensuite assemblé > ta lu, rEVU , Corrigé, ajouté , retranché ce qu’il a jugé à a fait tirer deux copies au net : l'une qu'il a présentée à l'Empereur , afin que l'examiner en particulier :
l'autre qu'il a gardée pour la lire en présence de tous les principaux officiers des tribunaux souveralns, et la réformer selon leurs avis,
VOUS VOÿEz, On accorde ici à l’homme le plus vil
en Souscrivant à la mort du cri
et condamné que Par toutes les chambres du parlement assemblé en corps.
On fa encore plus à la Chine : cette deuxième SOPié ayant été ainsi examinée et corrigée, on la
présente
D 4 D de
PA Vel A je Jess
À Di mi Mit
Pi st Cf find
Le
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’estime que 3 secondejue je dois ans la suite mort, que 15, »
Empereur , ile: Aussi écute sans dignes de Empereur ne le critemps de mne pour tite que le te année.
,ila fait 1Ons qui, envoyées Jugement dal de la et a lu, a jugé à opies au afin que iculier :
ence de souveplus vil urope, nes les re jugé parle-
ixième on Îa sente
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présente à l'Empereur; puis il s’en tire quatre-vinotdix-huit copies en langue tartare et quatre-vinptdix-sept en langue chinoise. Toutes ces copies se remettent entre les mains de Sa Majesté, qui les donne encore à examiner aux plus habiles olliciers, soit Tartares, soit Chinois » Qui se trouvent à Pekin. Cette attention de l'Empereur, lorsqu'il s’agit d’ôter la vie à un homme, est une autre preuve de sa ten dresse pour ses sujets.
Enfin, ce nouveau monarque a si fort à cœur le bien de l'Empire, qu’il a donné un avertissement écrit du pinceau rouge, par lequel il exhorte tous les mandarins qui , selon leur dignité, ont droit de présenter des mémoriaux , à bien réfléchir sur ce qui peut contribuer au bon Souvernement , et à lui communiquer leurs lumières par écrit, Il ajoute qu’au Cas que leurs réflexions doivent être secrètes , ils peuvent envoyer ou présenter leur mémorial cacheté, et il promet qu'alors il ne le reudra point public , ou bien qu'il effacera le nom de l’auteur,
Vous voyez par tous ces traits, mon révérend père , quelle est l'application de ce prince. Sa con tinuelle étude est d'apprendre à bien gouverner ses peuples, et à procurer leur bonheur, Dieu veuille lui inspirer des sentimens plus favorables à notre sainte religion, afin que les pasteurs , arrachés par ses ordres à leur cher troupeau , puissent quelque jour y ètre réunis. C’est une grâce que je vous prie de demander dans vos saints sacrifices , en l’union desquels je suis avec respect , etc.