‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 4)Chapitre 34 sur 63 · T, XL · texte numérisé non relu

T, XL

a, LETTRE

Du père d'Entrecolles , missionnaire de la Com-

pagnie de Jésus , au père Duhalde, de la méme Compagnie.

À Pekin, ce 26 juillet 1726.

MoN RÉVÉREND PÈRE, La paix de N.S.

Dans le déplorable état où se trouve la chré-

tienté de la Chine > NOUS avons encore cette légère consolation , que les Missionnaires sont soufferts à Pekin , où , nonobstant le peu de liberté qu'ils ont d'exercer les fonctions de leur ministère, leur présence ne laisse pas d’être très-utile au troupeau que Jésus-Christ leur a confié. Vous en jugerez par le -détail que je vais vous faire de plusieurs particularités édifiantes qui m'ont véritablement touché , et qui feront sans doute la même impression sur votre cœur, Je ne vous entretiendrai point des exemples héroïques de force et de vertu que donne depuis plusieurs années une nombreuse famille de princes du sang impérial ; je laisse au père Parennin le soin de vous en informer » Comme il l'a déjà fait par plusieurs de ses lettres ; Je me bornerai à ce que j'ai vu de plus singulier , parmi les Chrétiens qui sont sous ma conduite,

Il n’y a point d'année qu’on ne vous fasse part du grand nombre d’enfans ou exposés ou moribonds, qui ont été régénérés dans les eaux du baptême. Nousen comptons pendant celle-ci plus de six cents ; On en compte beaucoup plus dans chacune des deux

la Comla méme

la chrétte légère oufferts à qu’ils ont leur prépeau que ez par le articulauché , et ur voire xemples > depuis princes n le soin fait par que ai jui sont

se part ibonds, aptême.

x cents ; les deux

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 823 églises portugaises, parce que leur district est d’une bien plus grande étendue que le nôtre, N’y eût -il que ce seul bien à faire, ne serions-nous pas bien dédommagés de tout ce que nous éprouvons de peines et de contradictions ? Je visite de temps en temps les tombeaux de nos Chrétiens , surtout le quartier destiné à la sépulture des enfans morts avant l'âge de raison : et À, me représentant cette mulütude innombrable d’âmes innocentes qui sont À la suite de l'Agneau, j'implore leur secours, et je les prie d’intercéder auprès du Seigneur pour le salut de leurs proches et de leurs compatriotes, qui court de si grands risques dans ces Jours de tribiilation. Je regarde tous ces peuts prédestinés comme des troupes de réserve » toujours prêtes à fortifier du haut du ciel ceux de leurs frères , dont la constance a de si rudes assauts À soutenir pour s’affermir dans la foi. | + C’est principalement dans cette vue » Que j’exhorte sans cesse nos néophytes à baptiser les Jeunes enfans qui se trouvent dans le danger évident d’une mort prochaine, Outre les catéchistes entretenus par les aumôones qui nous viennent d'Europe pour une œuvre si Sainte , je consacre volontiers une partie de l'argent qui m'est destiné , À aider les Chrétiens dont je connois le zèle, afin qu'ils ne plaignent point le temps qu'ils emploient À une fonction si charitable, A l'égard des autres qui n’ont pas besoin d’un pareil secours, je Îcur fais sentir l'obligation où ils sont d'épier les occasions qui se présentent, d'assurer par le baptême le salut de ces enfans moribonds, Je vois chaque jour que mes exhortations ne sont pes vaines, Ün de ceux-ci vint me trouver, il ya quelques jours, pénétré de la plus vive douleur : il avoit découvert que l'enfant d’un de ses voisins , qui est infidèle, ne pouvoit échapper à la violence de son mal ,et il comptoit de le baptiser secrète

DE on

ment le lendemain matin. Ayant appris qu'il étoit mort pendant la nuit » 1] parut inconsolable ; et déposant dans mon sein le vif repentir qu'il avoit de ne s être pas pressé davantage , il se reprochoit cette prétendue négligence, comme une des fautes les plus grièves qu'il eût pu commettre.

Une Chrétienne , que sa condition rend sujette à des corvées journalières dans la maison d’un regulo où il y a quantité d'esclaves , a conféré cette année le baptême à treize enfans moribonds. Un de ses arüfices est de porter toujours sur elle du coton bien imbibé d’eau , et de répandre furtivement quelques gouttes de cette eau salutaire sur la tête des enfans qui sont près d’expirer. Le plaisir qu’elle ressent en me comptant le nombre de ses pieuses conquêtes , égale celui que jai de l’entendre,

Il ne se passe aucun mois ie médecin, habile à traiter les maladies des en ans, ne m'apportie la liste de ceux auxquels il a ouvert la porte du ciel. C’est ce qui m’a donné l'idée d'enseigner à nos Chrétiens, hommes et femmes, des remèdes aisés pour la petite vérole, afin qu'ayant Par ce moyen un libre accès dans les maisons des infidèles > 1 puissent procurer le même bonheur aux enfans dont Ja vie est désespérée. Comme je suis persuadé que rien n’est impossible à une foi vive, je suis porté à croire qu'il y a quelque chose d’extraordinaire et de su r-humain, dans ce qui est arrivé à un de nos catéchistes plein de religion et de piété.

« J’entrai il ya quelque-temps , me disoit-il, chez un Chrétien de ma connoissance, Je tronvai toute la famille éplorée de la perte qu’elle venoit de faire d’un enfant qui lui étoit cher; mais ce qui l’aflligeoit le plus, c'est que cet enfant étoit mort sans recevoir

le baptême. Après quelques mots de consolation, j'exhortai ces bonnes gens à se mettre avec moi en prières. A peine avions-nous élevé les mains vers le

qu'il étoit ble ; et déil avoit de choit cette fautes les

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