fonc
permis is avons er , sans qu'on
qu'on puisse soupçonner qu’ils y viennent, Le frère Rousset s’est fait une grande réputation par son zèle,
ar son habileté, et par le succès dont Dieu bénit Les remèdes qu’il donne pour les diverses maladies: tant de gens ont éprouvé la bonté de ses remèdes, qu'on ne le nomme plus que le médecin charitable ; les infidèles mêmes ne le connoissent que sous ce nom , et la plupart s'adressent à lui avec une entière confiance. Le matin et l'après-midi, à certaines heures, sa chambre est assiégée d’une foule de Chinoiïs, et il est saintement occupé ou à panser des plaies, ou à distribuer des remèdes. Sous ce prétexte, les Chrétiens entrent dans notre maison sans rien craindre. La seule précaution consiste À faire le service divin à voix basse, et à renvoyer les fidèles, non plus en foule comme autrefois , mais les uns après les autres , de crainte qu’un éclat indiscret n’achève de ruiner tout à fait une mission que nous avons vue si florissante,
On ne peut pas trouver le même prétexte pour assembler les dames chrétiennes dans leur église particulière. Comme on m’a chargé de leur conduite ; je leur administre les sacremens en différens quartiers où elles se rendent en petitnombre, Quelques remèdes innocens que je donne , me font regarder des voisins comme un médecin qui visite les malades, La vie retirée de ces dames, toujours occupées ou du travail, ou des soins domestiques, les entretient dans une innocence de mœurs, qui leur ôte d'ordinaire la frayeur de la mort, J'ai souvent admiré la paix inaltérable dont elles jouissent aux approches du dernier moment de leur vie, le détachement où elles sont de toutes les choses de la terre, leur parfaite résignation aux volontés de Dieu, la ferme confiance quelles ont dans les mérites de Jésus-Christ et en la protection de la très-sainte Vierge, dont elles ont éprouvé tant de fois les effets sensibles ; enfin la
douce espérance qu'elles ont d’entrer bientôt en possession de l'héritage céleste,
Il y en a parmi elles dont la foi est exposée aux plus. rudes épreuves, et dont la ferveur s'accroît par les continuelles persécutions qu'elles ont à -soufirir de leurs parens infidèles. Une sainte-veuve, comme une autre Monique, ne se confesse: jamais qu’elle ne verse un torrent de larmes sur le triste état de son fils, dans la crainte où elle est que les nouvelles dignités auxquelles on l'élève de Jour en jour, ne lui fassent oublier ses devoirs de Chrétien. J’en sais plusieurs qui ont converti les familles avec lesquelles elles se sont alliées par le mariage : le seul exemple de leur vertu persuade aux infidèles la sainteté, et par une suile nécessaire , la vérité de la religion chrétienne. Il y a peu de jours, que je portai le saint viatique à une dame d’un rang distingué. Sa patience et sa vertu ont fait tant d'impression sur l'esprit de son mari infidèle, qu'il a consenti que ses quatre enfans fussent régénérés dans les eaux du baptême : il ÿ en a déjà deux de baptisés , et l’on instruit actuellement les deux autres, dont le plus âgé n’a que douze ans. Le père se dispose aussi à recevoir la même grâce; mais nous ne sommes pas sans appréhension que sa dignité de mandarin , et les nouvelles espérances dont se flatte son ambition, n’étouffent les saints désirs qui ne font que de naître en son cœur.
Une autre Chrétienne » Qui est esclave dans une famille très-opulente , a été souvent sollicitée par sa maîtresse de renoncer à la foi » et de se marier à celui des domestiques de la maison qu’elle voudroit choisir pour époux. La vertueuse néophyte a rejeté constamment cette offre, apportant pour raison , qu'elle n’aura jamais d’autre époux que Jésus-Christ et qu'elle lui a voué sa virginité. La dame , toute infidèle qu'elle est, a Conçu une si haute estime de
tôt en sa vertu , qu'elle lui a donné une espèce d’intendance dans sa maison , et lui a confié de soin des e aux jeunes filles esclaves. Cette autoritéidont elle est nou- OI par vellement revêtue , elle ne l’emploie'qu'à élever ces ouffrir enfans dans la connoissance des vérités chrétiennes, ms et à remplir leurs jeunes cœurs des sentimens de la elle ne religion ; elle m’en amena deux , il y'a peu de jours, le son que je trouvai parfaitement instruites , et à qui j'advelles ministrai le baptême.
ru Un trait assez singulier de la Providence pour la 'h sais conservation d’une M chrétienne, à converti à uelles la foi une nombreuse famille. Une fièvre maligne, uple accompagnée de frénésie , faisoit tout craindre pour SE 4 | la vie de cette dame. A une certaine heure de la nuit chré- où on la veilloit avec moins d’exactitude , elle trouva Lai un couteau sous sa main, et s’en donna plusieurs anse | coups dans le gosier. Le bruit qu’elle fit en tombant it de de son lit par terre , éveilla les domestiques , qui uatre accoururent à la chambre de la malade; ils la troueme : vèrent baignée de sueur et à demi-morte ; mais ce A qui les surprit étrangement, ce fut de voir les sept que profondes blessures qu’elle s’étoit faites à la gore, Ir la sans qu’il en sortit une goutte de sang : ces plaies 44 furent aisées à guérir , et la fièvre cessa. Le mari de cette dame fut tellement frappé d’un événement ouf- si extraordinaire , qu’il vint aussitôt me prier de ce l'instruire lui et ses enfans, et de leur accorder la grâce du baptême. La piété et la ferveur règnent à ts présent dans cette maison.
nb La constance de nos héros chrétiens du sang imas péril, et les grands exemples de vertu que donnent lroit les princesses leurs épouses dans le feu d’une per- | ad sécution si opiniâtre , opèrent de merveilleux effets 7 dans l’âme de nos néophytes. Je connois deux deue moiselles tartares , qui, touchées de ces exemples , tue vivent chez leur frère comme de véritables reli-
de gieuses. La prière , le travail des mains , les jeûnes , |
les macérations du Corps et la pratique des plus austères vertus sont leurs exercices ordinaires. Elles assistent tous les jours en esprit au saint sacrifice de l'autel, à. Fheure; qu’on a Coutume de le célébrer daus notre église ,: et ne POuvant pas participer aussi souvent qu'elles voudroient à la sainte eucharistie , elles y sappléent par la communion spirituelle, dont la pratique leur est familière, Ces saintes filles se rendent en certains temps dans la maison d’une de leurs tantes chrétienne où je me trouve, et où elles ont la consolation de se confesser et de communier, Elles m'ont souvent demandé avec instance la permission de se consacrer à Dieu d’une manière plus particulière par le vœu de chasteté. Leurs entretiens roulent presque toujours sur le bonheur de verser leur sang pour Jésus-Christ , et elles ne me quittent point qu'elles ne me conjurent de demander au Seigneur qu'il leur accorde cette grâce.
n événement extraordinaire opéra , il y a peu de temps, la conversion d'une dame chrétienne , qui s'étant mariée à l'âge de dix-sept ans, renonça aussitôt à la foi , et avoit persévéré pendant quarante ans dans son apostasie. Sa sœur » Apostate comme elle, se trouva à l’article de la mort, Son lit étoit environné de tous ses parens infidèles. Tout à coup elle poussa les plus hauts cris, conjurant sans cesse Ceux qui étoient auprès d'elle de lui faire venir un Missionnaire , parce qu’elle vouloit mourir dans la foi qu'elle avoit malheureusement abandonnée, Ses prières ayant été reçues avec assez d'indifférence , elle redoubla ses cris » disant qu'elle res sentoit un feu qui la dévoroi: à l'endroit de la tête et du front où elle avoit été arrosée des eaux salutaires du baptême, et en finissant ces paroles , elle expira. Les circonstances effrayantes d’une mort si déplorable, opérèrent à l'instant dans le cœur de $a Sœur , qui en fut témoin , le changement dont je
lus aus- . Elles ifice de élébrer r aussi ristie , » dont Îles se ine de \ elles unier, \ pere plus etiens verser ittent u Sei-
a peu nue , onÇça quastate Son Tout irant faire urir lonidifres— tête aluelle 't si de t je
viens de parler. Je l'ai confessée plusieurs fois depuis Sa conversion , et elle est maintenant un modèle de vertu, Son mari et ses enfans se sentent fortement pressés d’embrasser le christianisme , mais des rai. sons d'intérêt les retiennent encore dans l’infidélié;
Un jeune gradüé nommé Zawrent Ouang , fils d’un mandarin de guerre assez considérable , à mis dans, le cœur de sa nouvelle épouse de saintes disposiuons au christianisme, Il espère de gagner bientôt sa propre mère , qui lui a déjà promis de ne plus l’inquiéter sur la profession ouverte qu'il fait de sa foi, Il a baptisé un très-grand nombre d’enfans près de mourir, dans le lieu où son père est mandarin. Il a aussi baptisé secrètement sa sœur , âgée de dix-huit ans, qui étoit dangereusement malade. Peu de jours après son baptême , elle fut réduite à l'extrémité ; sa mère voulut la veiller pendant la nuit ; mais Laurent s’y opposa, en lui faisant entendre que cette fatigue altéreroit sa santé » et qu'il prendroit ce soin-là lui - même. Son dessein étoit de pouvoir, avec plus de liberté , aider sa sœur à mourir sain— tement; et en effet , il lui suggéra tous les actes de religion qui disposént à une mort précieuse devant Dieu. Cette jeune néophyte se trouvant beaucoup plus mal, ne cessa, jusqu’au dernier soupir , d’invoquer les saints noms de Jésus et de MARIE , en qui elle avoit mis toute sa confiance. Le lendemain , sa mère étant informée de cette mort, se plaignit amèrement de ce qu’on l’avoit empêchée de recueillir les derniers soupirs d’une fille >» Pour qui elle avoit une extrême tendresse, “Au He » Ajouta-t-elle, ce que signifie le songêque j'ai eu pendant cette nuit. J'ai vu une dame vénérable qui conduisoit ma fille par la main ; et lui ayant demandé pourquoi elle m’enlevoit ce cher enfant , C’est, m’a-t-elle répondu , pour la rendre éternellement heureuse, À ces mots, Laurent ne fit nulle difficulté de déclarer
à sa mère que sa sœur avoit été baptisée , et qu’elle étoit morte dans des sentimens pleins de religion. Quoi qu’il en soit de cette apparition , vraie ou prétendue | outre que la mère en a été extrêmement touchée , elle a fait une si forte impression sur le frère cadet de Laurent, âgé de vingt - deux ans, qu'il m’est venu trouver pour me demander le baptême, Il est à présumer que cette famille distinguée par ses emplois , sera bientôt toute chrétienne,
Je ne finirois point, mon révérénd père, si j’entreprenois de vous rapporter une infinité d’autres traits semblables de la piété | de l'innocence , du zile et de la ferveur de nos Chrétiens ; il semble que leur vertu se fortifie et se ranime par les persécutions. Je les recommande à Os saints sacrifices , en l'union desquels je suis avec beaucoup de respect, etc.
Du père d Entrecolles, missionnaire de la Compagnie de Jésus , au révérend père Duhalde, de la même Compagnie.
À Pekin, le 11 mai 1726.
MON RÉVÉREND PÈRE, Lo paix de N.S.
EN lisant depuis peu léfmémoires de Trévoux de l'année 1724, Je suis tombé sur l'extrait d'une lettre de M. de la Coste, dans laquelle il parle de l’insertion ou inoculation de la petite vérole; et je me suis souvenu d’avoir lu quelque chose d’approchant dans un livre chinois, C’est ce qui m'a déterminé à en
qu’elle eligion.
ou prénement 1 sur le IX ans, le bapinguée 1€, si j'enl’autres ce , du semble persérifices , le res-
ux de lettre inserle Suis dans à en
transcrire le texte, et à chercher ailleurs des particularités capables de contenter les personnes curieuses sur une opération dont la nouveauté a frappé les esprits et partagé les sentimens.
On ne sera pas peu surpris de voir qu’uneméthode à peu près semblable à celle qui est venue de Constantinople en Angleterre, soit en usage depuis un siècle à la Chine. Comme il ne m'appartient pas de prendre parti pour ou contre les partisans de l’insertion de la petite vérole, je citerai indifféremment les auteurs chinois qui la décrient, et ceux qui la défendent.
Le nom chinois qu’on donne ici à cette méthode, seroil traduit en français peu fidèlement par ces termes d'insertion ou d'inoculation. Pour pe ler exac tement , il faut la nommer semence de la peüie vérole, ou bien manière de la semer : tchung #20, dit-on; /chung semer, teou la vérole. Ce dernier mot, sans aucune différence pour la prononciation, signifie pois à manger : le caractère est aussi le même pour le fond, à cela près qu'on y a joint à côté le signe propre de la maladie. Je croirois assez que les Chinois, en donnant le nom de zeou à cette maladie, ont eu égard à la figure de la petite vérole , dont les boutons paroissent sur la peau en forme de petits pois.
On verra dans la suite de cette lettre, que les narines sont comme des sillons où l’on jette la semence de la petite vérole, L'usage du tabac en poudre pris par le nez, est trop récent à la Chine, et même à la cour , pour lui attribuer la manière, beaucoup plus ancienne et plus universelle, d'attirer par le nez la semence de la petite vérole. Il faut que lon ait remarqué dans cette partie du corps human, des rapports avec le dessein qu’on avoit. Je m’imagine qu'on s’est aperçu qu'un des principaux diagnostics de la petite vérole, est une violente démangeaison queles
enfans témoignent sentir au nez, et l’on aura jugé que l'endroit où elle Commence à se déclarer, étoit très-propre pour | ÿ semer. Je viens maintenant au texte chinois que j'ai fidèlement traduit, « Quand on accorderoit que la manière de semer a petite vérole, est un secret éprouvé et immanquable; puisque dans la suite on est encore exposé ‘avoir, on ne gagne autre chose que de pouvoir en être deux fois dangereusement attaqué, Cependant ceux qui favorisent cette invention, en disent des merveilles : ils insistent sur ce que tôt ou tard ‘la petite vérole est Comme inévitable. Je le Veux ; Pourquoi hâter
plusieurs ; les L toujours d’en faire la triste épreuve, Je sais bien qu'on voudroit voir au plutôt des enfans quittes de ce danger, Le, moyen le plus sûr pour les Conserver, c’est le soin qu'ont les parens de Pratiquer constamment la vertu, Aussi, dans la Prière qui se fait à l'esprit qu’on croit présider à la petite vérole , on dit de lui : Il suit exac-
que le Ciel a réglé touchant le coinmencement, le Progrès et l'issue de Ja maladie ; et tout ce qui arrive à cet égard, c’est précisément ce qu’on S est attiré; car la vertu et les vices d’un père et d’une mère sont alors pesés, et c’est ce qui détermine le bon ou le mauvais succès; en sorte même qu'il varie, selon que les parens viennent à changer, ou pour le bien où pour le mal. Voilà ce que j'appelle un secret salutaire aux enfans.
Ce médecin qui moralise comme VOUS voyez, parlant ailleurs de la petite vérole, rejette un proverbe Populaire, que je ne dois Pas omettre, non plus que sa réfutation, Ngo cha Pa0 teou (affamez la rougeole, rassasiez la vérole), « Ce proverbe , dit mon auteur, €st faux et dangereux, Gardez » A contraire une grande
ira jugé er, étoit nânt au
le semer mmanexposé pouvoir Cependisent Ju tard Veux ; 1 hâter à pas la cher à s d'en udroit r. Le, e soin vertu.
croit exacenceut ce qu’on d’une ne le arie , ur le 1 se—
par-
erbe
‘que ole, eur, inde
diète pour la petite vérole, surtout les trois premiers
jours que la fièvre se fait sentir. La nature en agira
mieux pour pousser le venin au dehors. Que si l’on
prescrivoit au malade durant dix ou quinze jours un
jeûne trop rigoureux , il s’affoibliroit extraordinaire-
ment, ei l'on auroit bien de la peine à le sauver,
Ainsi n’y condamnez pas les jeunes gens : contentez-vous de les défendre du froid et du vent; modé-
rez leur appétit; permettez-leur l'usage du riz clair,
surtout après que la fièvre sera considérablement di-
minuée, C’est principalement lorsque le mal ne s’est pas tout à fait déclaré par la fièvre , qu’il faut apporter le plus de soin et d'attention. »
L'auteur que je viens de citer, vivoit à la fin de la dynastie Ming (il y a environ cent ans). Il n’est pas surprenant qu'une méthode qui étoit alors nouvelle, et qui n’étoit pas encore autorisée par un long usage, fût combattue et traversée. Peut-être que s’il vivoit aujourd'hui, il seroit moins contraire à la petite vérole artificielle, et qu’il parleroit autrement que dans le temps où ce secret étoit peu accrédité. Quoi qu'il en soit, cent ans de possession donnent à cette, méthode le droit d’une ancienneté assez considérable sur l'insertion , qui n'a été en quelque vogue à Constantinople que dans ce XVEL.e siècle.
Mais si c'est peu de temps avant la conquête de la Chine par les Tartares, qu'on a voulu donner cours à la petite vérole artificielle , est-ce dans cet Empire même que cette invention a pris naissance , ou l’a-t-on reçue des pays voisins ? Si l’on en croit quelques Anglais , les Grecs de Constantinople ont tiré ce secret des pays voisins de la mer Caspienne, ce qui pourroit faire penser que la Chine le tiendroit de la même source par le moyen des caravanes de marchands arméniens el autres, qui viennent depuis bien des années dans cet Empire, Néanmoins cette conjecture prouveroit également que c’est de la Chine que ce
secret a passé chez les
mer Caspienne, Mais un
nouveauté ne s’est
Tartarie, c’est
celte méthode
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gardent cette maladie
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donné de t > et n’a guère de ressource
n tempérament.
ER-ST, les confins de la Province de Kian celui qui en est l’a
€, On peut s’en ser-
$ royaumes de l'Europe, Comme je savois que malgré les préjugés ordinaires contre les nouvelles découvertes, et contre les anciennes qui se renouvellent, l’art desemer la petite
ns de [a jue cette e par la t'ignoré et de la Ils repeste; st aban- Ssource
"est pas Pekin, 1 pour ent un nt enrtarie, )rOCul’exé- » C’est | cheonnés
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Chine Cas- | pro- , Sur place étant s des rés ,
| est
ser-
rdiles tite
vérole étoit en vogue, mais que c'étoit un secret qu’on ne divulguoit pas, je n'omis rien pour m'en procurer des connoissances certaines : c’est ce qui ne fut pas aisé. Outre des présens qu’il me fallut faire, on me fit bien promettre que je ne communiquerois point dans la Chine, ce qu’on ne m’apprenoit qu’en faveur de l’Europe. Il étoit nécessaire d’avoir sur cela des recettes de plus d’un endroit, pour les confronter, et voir en quoi elles conviendroient : car les pratiques sont souvent différentes, et par-là même deviennent instructives. Les trois recettes que je vais rapporter, m'ont été communiquées par des médecins du palais , non pas à la vérité par ceux qui ont le plus de réputation, mais par d’autres qui servent Ja cour, et dont les appointemens ne sont pas si considérables. Voici la première recette.
« Quand vous aurez trouvé un enfant, depuis un an jusqu’à sept inclusivemement, dont la petite vérole est sortie heureusement sans aucun signe de malignité ; qui l’a eue clair-semée , etqui en a été quitte le treizième ou quatorzième jour, en sorte que les écailles des pustules soient tombées, recueillez ces écailles ou pellicules des pustules desséchées : renfermez-les dans un vase de porcelaine, dont vous fermerez bien l'ouverture avec de la cire : ce sera le moyen de conserver leur vertu pendant plusieurs années , laquelle s’évaporeroit au bout de cent jours, s’il y avoit au vase la moindre ouverture.
» Je suppose d’abord, que l'enfant à qui l’on veut procurer la petite vérole, se porte bien, et a déjà au moins un an accompli. Si les écailles mises en réserve sont petites, prenez-en quatre : si elles sont grandes, deux suflisent : vous y mélerez le poids d’un Z de musc (un peu plus d’un grain), en telle sorte que le musc se trouve entre deux écailles qui le pressent. Le tout sera mis dans du coton en forme
de tente , qu’on insinuera dans le nez , et dont on rem-
L'avoit po maladie
a été insinué dans si les pustul
le nez, et nue,
our , il que. E clare, on ne pe » Au reste ‘ se conduire de
tite recette est J IrConstances peut être plus importantes dans la pratique , qu'il ne Paroit d’abord. Je
Crois qu’on choisit Ja petite vérole es plus jeunes ns pour servir
evain n’est ont il s’agit, On aura
ant au musc, on le cule : comme il est orbifiques avec les s’insinuent plus aisément * US tempérées, On a eu aussi égard
x, les Semences m confondu , et deviennent pl
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peutil ne lé rérole nce , mpte n’est aura role ées, isse n le est les
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à ce que le bon musc conforte le cerveau » fortifie le cœur , et par sa chaleur ouvre les pores des vaisseaux : ce qui a fait dire qu'étant flairé un peu fortement à jeun , il provoque le saignement de nez. Je passe à la seconde recette.
« Pour réussir dans la manière de semer la petite vérole , il faut choisir les écailles de celle qui est la mieux conditionnée. Les écailles récentes ont besoin d’une préparation pour tempérer leur acrimonie, Voici en quoi elle consiste, On coupe en rouelles la racine de la scorsonère , À laquelle on ajoute un peu de réglisse, qu'on met dans une tasse de porcelaine pleine d’eau chaude, On couvre ensuite cette tasse d’une gaze fine , sur laquelle on tient quelque temps les écailles véroliques exposées À la vapeur bénigne de cette composition ; puis on les retire et on les sèche : alors elles ont le degré de force qui convient. Les croûtes ramassées depuis un mois ou davantage , n’ont pas besoin de cette préparation ; il suffit de les tempérer par la douce transpiration d’un homme plein de santé, qui les porte sur lui quelque temps avant qu’on en fasse usage.
» On observera que les croûtes prises sur le tronc du corps , soit sur la poitrine , soit sur le dos > etc. sont les meilleures ; et qu'il faut se donner de garde d'employer celles qui se trouvent sur la tête > Sur le visage , sur les pieds , et sur Les mains.
» Quand on veut semer à sec la petite vérole il faut prendre le cocon d’un ver à soie, et y mettre la quantité d’écailles nécessaires, puis l’insinuer dans le nez du côté gauche, si c’est un garçon , et du côté droit si c’est une fille : on ne l'y laissera que trois heures. 11 y a une autre manière : c’est de faire de ces croûtes pulvérisées et mélées avec un peu d'eau tiède, une mixtion épaisse, On enferme cette pâte dans une enveloppe de coton bien délié, qu'on insinue dans le nez de l'enfant, en l'y laissant pen-
350 LEYTRES
dant six heures. La fièvre ne sera pas long - temps à venir, et au sixième Jour , on verra les marques de la petite vérole. Les boutons se sécheront, et tomberont au bout de douze jours. Pour délayer dans l’eau ces croûtes > il faut se servir d’un bâton fait de bois (1) de mürier.
» Il ÿ a six occasions où il ne faut point semer la petite vérole : 1.0 Si l'enfant n’a pas encore un an accompli: 2.° Si c’est un jeune homme qui ait atteint sa seizième année : 3,0 S'il est sujet à quelque maladie extérieure : 4,0 S'il a au - dedans quelque indisposition : 5,0 Pendant l'été et dans les grandes chaleurs : 6.0 Lorsque la semence n’est pas bien conditionnée. Au reste, dans cette petite vérole venue par artifice , il faut employer les mêmes remèdes que dans la petite vérole naturelle, »
Ces précautions et cette esièce de raffinement qui se trouve dans cette secure recette , font assez voir que la méthode de semi ja petite vérole n’est Pas une invention si nouvelle à la Chine » Puisqu’on ÿ a ainsi réfléchi, et qu’on a songé à la perfectionner en plusieurs manières,
C'est apparemment avec réflexion qu'on recommande de 1e pas semer la petite vérole pendant l'été, et qu'on choisit les saisons où les esprits vitaux sont moins dissipés , et sont plus réunis au-dedans. Alors la nature agit beaucoup mieux , pourvu qu’elle soit aidée contre le froid extérieur , À quoi il est plus aïsé de parer, qu'il ne le seroit en été de donner des
forces précisément au degré qu'il convient, *
Dans l’une et dans l’autre recette > On juge qu'il est dangereux que la petite vérole sorte trop tôt; mais ce danger lui est commun avec la petite vérole naturelle. Un effort précipité de la nature , fait que
nn eine
(1) On s’en sert généralement à la Chine pour délayer toutes les médecines.
y - temps rques de et tomyer dans n fait de
it semer core un qui ait quelque quelque grandes as bien » vérole mes re-
nement nt assez le n’est isqu’on uonner
"ecomt l'été »
IX sont , Alors [le soit us aisé er des * qu'il ) tôt;
vérole
it que
lélayer
sés forces ne sont jamais totalement réunies » Comme il arrive dans les demi-crises, lesquelles étant réitérées ne sauvent pas le malade , ainsi que fait une crise parfaite. Les matières qui ne sont pas préparées, étant poussées entre les chairs et la peau, »p2 peuvent 5 y cuire suffisamment , À peu près comme les alimens qui tombent dans l'estomac avant que la première digestion ait été faite dans la bouche par la ürituration et par la dissolution qu'opère la salive. Ainsi ces acides rentrant dans le sang , n’en sortent plus qu’à demi, et cassent d’étranges ravages.
La dernière recette m’a plus coûté à obtenir; on me l’a donnée en forme de petit livre manuscrit : et diviñé par petits articles. Le titre porte Tchung-
tcou-kan-fu (règles à observer en semant la petite vérole ).
« 1.9 Ti faut que l'enfant à qui on veut procurer la
petite vérole, soit sain, robuste et exempt de toute maladie. |
» 2.° On s’assurera si la suture , 557 muen (1), est parfaitement réunie et fermée. C’est pourquoi on ne doit guère procurer la petite vérole qu'aux enfans qui ont trois ans ; et c’est une expérience qu'il ne faut plus faire , quand ils ont plus de sept ans.
» 3.0 Il faut que l'enfant soit exempt d'infirmités internes et habituelles ; qu'il n’ait nulle part sur le corps, ni gale, ni apostème , ni dartre » non pas même de légères ébuilitions de sang; enfin que son ventre ne soit pas trop libre.
» 4° Il faut s'abstenir de semer la petite vérole, lorsque l'enfant regarde souvent du coin'de l'œil , comme s'il étoit louche ; lorsqu'il a l'oreille dure, om
(1) C'est sans doute la suture sagittale, qui répond au haut du front,
bien plus s’il étoit sourd ; lorsqu'il a le nez bouché , Ou qu il n'urine que difficilement,
» 2.0 Ce seroit une tentative inutile , si l'enfant avoit de grands yeux dépourvus de la Caroncule , qui est située au coin de l'œil >Ou S’ilavoit l’Arcus (1) en forme de pointe , et non Pas ärrondi comme l'ont le commun des hommes.
» 6.0 La saison des grandes chaleurs ou des froids excessifs seroit contraire À cette Opération , de même que sil régnoit des maladies » Ou si le ciel étoit irrégulier, et qu'il fût trop sec , trop humide, trop couvert,
» Quand on aura remarqué que l’enfant a les dispositions nécessaires , il faut le préparer par une potion propre à dissiper la malignité , ou à purifier le Sang et les humeurs du Corps ; ce ne sera que
IX OU onze jours après ce remède, qu'on entreprendra de semer la petite vérole. Telle est la com- Position du remède, On prendra des pois rouges, des pois noirs, des pois verts , et de la réglisse concassée et brisée , le poids d'une once de chaque ingrédient (2), on réduira le tout en une poudre irèsfine , qu’on mettra dans un tuyau de éambou (le sureau peut servir), dont on enlèvera la peau , en laissant le nœud qui est à chaque extrémité, On remplira ce tuyau de la poussière médicinale, puis on fermera les deux ouvertures avec des coins de bois de sapin sur quoi on étendra une épaisse couche de cire, afin qu'il ne reste ni fente, ni ouverture aux deux extrémités du #zmbou. Tout étant ainsi disposé pendant l'hiver > ON Suspendra ce tuyau dans un 40 ang (lieux d’aisances ), d’où l'on
(1) La partie de l'oreille qui est proche des tempes ; les Chinois sont persuadés que ce sont là des signes qui mar. quent que l'enfant ne vivra pas.
(2) L'once de la Chine est plus forte que celle d'Europe.
ne
bouché,
| l'enfant roncule , ircus (1) comme
es froids le même iel étoit le , trop
les disar une purifier ra que entre— la comouges , se Conque inre trèsou (le au, en lé. On '; puis ins de ouche erture L ainsi tuyau à l’on nd 8 ; les 1lmar-
urope, ne
ne le tirera qu'après un ou deux mois. Après en avoir nettoyé les dehors , on ajoutera à cette mixtion À qui sera séchée à l'ombre, sur une once de cette poudré , trois mas (trois dixièmes d'once ) de feuilles de la fleur de moer-1se; ( c’est, je crois ,un abricotier sauvage, qui fleurit durant l'hiver; il \ en à qui n'ont que des fleurs) (1). On ne ramassera pas avec les doigts ces feuilles qu’on trouvera tombées sur la neige, mais on les percera avec une aiguille ; on les metträ sur du papier , et on les exposera à la chaleur d’un feu clair pour les sécher entièrement. Enfin on réduira ces feuilles en une poudre très-fine , qu’on mélera avec l’autre poudre, et qu'on emploira de la manière suivante. La prise sera d’un mas, ou d’un demi - mas, À proportion de l’âge de l'enfant; on délayera cette poudre dans une potion d’eau , où l’on aura fait bouillir des tiges rampantes de se-#oua ; ( c’est une espèce de courge longue , déliée et velue qui se mange ) (2). Au défaut de ces tiges de se- ou , on peut faire bouillir des fleurs de 4in-tnhoa. ( J'expliquerai cidessous ce que c’est ).
» Quand on donne ce remède , il faut interdire l'usage de toute nourriture , dont le goût ou l’odeur seroient trop piquans. Dix ou douze jours après l'avoir administré, on sèmera la petite vérole ; et pour cela :
» On choisira dans la bonne saison un jeune enfant fort et robuste , qui ait une petite vérole bien conditionnée et clair-semée, On ramassera les écailles de ses pustules les plus épaisses , et on les fermera bien dans un vase , en sorte que les esprits ——————————__
(1) Selon d'autres, c'est pruna acida ; le fruit mûr est très-aigre , et il a l'odeur de l'abricot.
(2) Gette sorte de courge longue et déliée passe ici pour
être rafraîchissante , diurétique, et propre à chasser le venin, :
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