RER
ne puissent point s'évaporer. Avec cette précantion, elles pourront servir pendant un an, et elles conserveront leur vertu.
» Quand on voudra semer la petite vérole, on prendra cinq ou six de ces écailles : si l'enfant est un peu âgé, on y joindra le poid: de donx grains de hiung-hoang, et on pilera le tout er. ïble, qu’on enveloppera dans du coton; ensuite on j'insinuera dans le nez de l'enfant, et on l'y laissera deux on trois jours ; après quoi la petite vérole poussera, Si l’enfant est fort jeune , deux ou trois écailles suffisent et l'on retranchera À provortion de la Quantité du musc et du #iung-hoang. Le second jour après qu’on aura semé la petite vérole, ou lui en fera prendre par la bouche. La dose sera de deux ou trois écailles pulvérisées, qu'on mettra dans du bouillon de chinma. On l'appelle ainsi , parce que le chinma y domine , mais il n’y entre pas seul. On fait encore bouillir ensemble du kotem , du cho-yo et dela réglisse. Cette potion, qui sera d’une bonne tasse , étant presque au point de sa cuisson, on ÿ Jettera la poudre des deux ou trois écailles dont jai parlé, Après avoir pris ces mesures, il faut attendre l'effet du remède.
Si après le troisième jour , on voit paroître les marques de la petite vérole , c’est un indice heureux.
» Si la petite vérole paroît dès le deuxième jour , il ya du danger , et communément de dix enfans à qui on l’aura procurée, il ny en aura que :ix ou sept qui en échapperont.
» Le danger sera bien plus grand , si elle sort dès le premier jour: de dix , À peine en sauverat-on un ou deux. Voilà ce qui se dit; mais on doit se rassurer, parce qu’en observant la méthode que j'ai prescrite ; et en prenant le remède qu diss pe la malignité de la petite vérole , l'enfant ne sujet aux symplômes et aux accidens fÂche
LA QOSE e
je viens de parler, 11 faut alors avoir recours aux
caution, conser-
ole, on fant est rains de a’on en- Pra dans Ji trois Si l’enffisent üuté du s qu’on rendre écailles hinma.
)mine , ouillir . Cette resque re des AVOIr mède, re les ureux.
‘jour , enfans X ou
e Sort 1vera- 1 doit
UuU LÉ
) aux
ÉDITIANTES ET CURILUSES, 355
remèdes qui sont marqués dàns nos livres, pour à petite vérole naturelle, lorsqu'elle devient dan reuse, |
» Enfin, si après ces remèdes la petite vérole ne paroît point, ni au quatrième , ni au cinquième jour, 1 faut ôter les poudres insérées dans le nez de l'en fant, et recourir de nouveau au remède que j'aiindiqué pour dissiper la malignité du venin, En prenant cette précaution , je garantis que dans la suite il sera exempt de la petite vérole. Il faudra seulement , à la quatrième et cinquième lune , de même qu à la huitième et neuvième , se gêner à prendre quelques jours de suite le même remède, C’est une sujétion dont l'enfant sera délivré, quand il aura dix ans accomplis, »
Ilest aisé de voir que c’est seulement pou, l'usage des médecins chinois, que dans ces trois recettes manuscrites on s'explique sur les dangers qui sont à craindre ; ils savent ailleurs faire bien valoir l’excellence de leurs remèdes. Si le succès ne répond pas à leurs promesses, ce n’est jamais leur faute ; ils s’en prennent d'ordinaire, ou au malade , ou à ceux qui le soignent, ou à la rigueur de la saison.
Les medecins chinois conviennent que la petite: vérole artificielle es: de la nêm espèce que la naturelle ; qu’elle est sujette : 1èmes symptômes; que le venin sort au même temps, ’est-à-dire, le troisième où quatrième jour , et non pas le septième, comme | arrive dans les fièvres pourprées; que les pustules sont semblables pour la figure , pour la nature de la matière, et pour le temps n‘cessaire à sa maturité, Aussi n'est-il point dit dans ces recettes, comme on l'a dit de l'insertion à la recque , que les pustules venues par artificé ne sont pas propres à semer ou à insérer de nouveau la petite vérole; et c’est parce qu'on la croit la même , qu'on se donne bien de garde de la semer sur des sujets
M es
see En
356 à Lerraes
à qui la naturelle est dangereuse, tels que sont les Personnes avancées en âge.
On aura sans doute remarqué que les Chinois sont très-circonspects à user de remèdes expulsifs, de peur de troubler la nature » Qui est dans une espèce de crise durant les premiers Jours de la fermentation morbifique, et que le principal soin doit être d'employer des remèdes qui résistent à la cor- Tuption du sang, que le trop d'acuivité des levains insinués y causeroit, On aura aussi remarqué qu’ils avertissent d’user, selon les besoins de la petite vérole artificielle , des mêmes remèdes prescrits pour la petite vérole ordinaire : sur quoi je rapporterai encore deux recettes de l’auteur que j'ai cité le premier, parce qu’on assure qu’elles sont propres nonseulement à prévenir les fâcheux aecidens de la petite vérole, mais encore à en préserver pour toute la vie. Ces recettes pourront même éclaircir ce qui a été prescrit dans le dernier article sur la petite vérole artificielle, C'est ainsi que cet auteur s'exprime :
« Quand la petite vérole se répand dans un lieu, réglez le boire et le mangér des enfans; ne leur donnez pas la liberté de courir de côté et d'autre ; ayez soin qu'ils ne soient ni trop vêtus ni trop peu; donnez-leur quelques petits préservatifs. »
Îl passe ensuite aux recettes.
« Prenez une tasse de pois rouges, une de pois noirs, une autre de pois verts, avec deux onces de réglisse , que vous réduirez en une poudre très-fine. Vous mettrez ces quatre ingrédiens dans un pot de terre, et vous les ferez cuire jusqu’à ce qu'ils se forment en une espèce de pâte, que vous ferez manger à l’enfant, Les pois rouges chassent du cœur tout le venin; les pois noirs sont bons contre la malignité des reins, et les verts, contre celle de l’eslomac, »
sont les
Chinois «pulsifs , une ese la feroin doit
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é qu'ils tte véits pour porterai
le prees non-
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ce qui lite véprime :
n lieu, e leur autre ; > peu;
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l’es-
D'autres médecins, de même que celui que j'ai cité, vantent beaucoup la recette suivante :
« Prenez sept œufs d’une poule qui est prête à couver; tirez - en un des sept; percez- le pour en faire entièrement sortir le blanc et le jaune : pus remplissez - le de quatre mas et de neuf condorins (l'once a dix mas, et le mas dix condorins) de tchu-cha bien pur (espèce de cinabre ); collez du papier sur le trou , et bouchez-le exactement, Vous mettrez cet œuf sous la poule, pour être couvé avec les six autres. Quand ceux-ci seront éclos, vous retirerez l’œuf médicinal, d'où vous ramasserez le tchu-cha, que vous exposerez à un beau soleil et au clair de la lune, durant sept jours et sept nuits. De plus, vous prendrez la première courge qui naît de cette plante, que vous laisserez bien mürir, et que vous ferez sécher. Quand vous l'aurez brülée , sans cependant permettre qu’elle se calcine , vous la réduirez en poudre, Pour chaque prise, vous mettrez le poids de cinq condorins de #cAu-cha , et autant de la poudre de courge, que vous mêlerez dans une quantité suffisante de miel bien pur. Vous ferez prendre ce remède trois fois de suite, C’est un préservatif excellent, »
Je finis ces recettes par: un secret aussi agréable qu'il est propre, à ce qu'on âssure, à modérer et même à détourner la petite vérole; c’est l'usage fréquent des raisins de Corinthe, nommés en chinois s0sopou-tao, C'est ce que j'ai lu dans ‘un traité d'agriculture composé par l’illustre Peu/ Si , autrement Siu-quang-hi, ce grand ministre d’état, qui vivoit sur la fin de la dynastie des Ming , et qui, par son exemple et son zèle, a si fort contribué à l'établissement et au progrès de la religion dans ce vaste Empire.
La prévention où l’on est avec raison du peu d'habileté des Chinois dans l'anatomie, causera peut-
être quelque surprise À ceux qui liront ces recettes de nos médecins de la Chine. Il me semble qu’à moins de voir clairement la fausseté de ce qu'ils disent être dangereux ou sujet à des inconvéniens, on doit être porté à les croire sur ce. u'ils prescrivent, L'économie du corps humain ap d'une infinité de ressorts imperceptibles, et il y a mille voies secrèles qu'on découvre avec surprise. La lecture des deux premiers tomes des illustres académiciens de Leipsick, m’a fait voir que bien des choses qu’on auroit cru impossibles > Sont néanmoins arrivées. J’ose dire en particulier qu'il n’est pas hors de vraisemblance qu'il y ait des indices , par le moyen desquels la nature fasse connoître à ceux qui l’étudient, la vraie disposition du dedans : de même à peu près que l'aiguille marque la régularité du Corps de l'horloge. De vils insectes font bien connoître par Certains signes le changement de temps qui doit se faire, La connoissance des indices d’urie maladie
prochaine , et du rétablissement de la santé > Seroit
une partie bien précieuse de la médecine.
Peut-être aussi trouvera - t - on que la méthode chinoise ‘de Proeurer la petite vérole aux enfans , est plus douce et moins dangereuse que la méthode d'Angleterre, qui le fait par la voie de lincision. Celle-ci porte immédiatement le ferment vérolique dans la masse du sang ; au lieu que dans la pratique des Chinois, ce sont: des esprits subtils, et même tempérés ou aidés d'ailleurs, qui s’insinuent par les nerfs olfactoirés > Où bien que la digestion sait préparer en différens passages où elle s'achève, Le le vain vérolique a sans doute son espèce de venin : mais qu’il soit froid ou chaud, subtil où épais , il doit être plus dangereux , lorsqu'il est inséré dans les chairs vives, que quand il est insinué par l'inspiration ou par la déglutition, Le venin des vipères et des crapaux,, 2valé ou senti long-temps, ne nuit
CaULs
RES mue
recettes ble qu’à qu’ils divéniens, prescrid d’une a mille La leccadémis choses ns arrihors de moyen 1 l’étumême à u Corps
nnoître
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éthode nfans , éthode cision.
vlique ralique même par les t pré- Le le.
enin :
us , id dans l'inspères
» nuit
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 359 point, ou nuira bien moins que si on lintroduisoit par une incision. C’est, comme l'on sait, par une légère morsure que le serpent donne la mort,
Dans la manière de traiter ceux à qui la petite vérole a été insérée, on renvoie, selon le besoin, à la méthode qui s’observe par rapport à la petite vérole naturelle, On a ici d’amples traités sur cette matière, qui contiennent une foule de remèdes de toute espèce. Peut - être qu'à la saignée près, qui n'est pas en usage parmi les Chinois, on tronverait de grands rapports entre la pratique européenne et la leur,
On ne sera peut-être pas fâché de voir qu'ici, dans l’excrétion de la petite vérole, on fait cas des pois ou petites fèves. Il y a de l'apparence qu'on les emploie pour tempérer la trop grande acrimonie du sang et des humeurs. Ce qui confirme ma conjecture, c'est qu'un médecin m'a dit que quand la fièvre dure sans que la petite vérole paroisse, il met dans les remèdes ordinaires un peu d’opium, qui a là vertu de réunir les esprits et de leur donner la force de pousser le venin au-dehors.
En parcourant quelques livres chinois sur cette matière , j'ai remarqué que nos médecins parlent de la petite vérole, comme d’une espèce de maladie connue dés les premiers temps, Ainsi, malgré le silence d'Hippocrate et de Galien, on ne peut pas douter de son ancienneté, Quandils recherchent la cause d'un mal si commun et si universel, ils prétendent que l’enfant apporte du sein de sa mère le principe de cette maladie , que des causes occasionelles avancent , retardent, ou arrêtent tout à fait. J’aurois souhaité de trouver un texte chinois capable de me donner quelque éclaircissement sur une difficulté qui m'est toujours restée dans l’esprit. Comment se peut-il faire que la légère portion de ferment qui cause la petite vérvle, et qui communément dès la
| | mr OR
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première fois
qu'on en est atteint se trouve épuisée , et met à couvert d’une seconde m:
externes I
quelqu’autre réserans un âge si tendre et si » EL que dans la suite ce ferment ne soit ni atténué ni dissipé à la longue,
es et de violentes crises qui
n texte chinois, le moindre éclaircissement à cette diffic Cependant, ce que
enfans , fait assez voir ladies et des remèd
Chine qu’on se l’imagine peut-être en Europe, où quelques-uns ont traité les médecins chinois d’ignorans ou d'aventuriers. Je ne suis pas en état de juger de leurs traités de médecine , dont le langage affecté
ps : es 5a$ et mystérieux n’est Pas aisé à entendre :
des Chinois. Mais le peu de ces liv
ir que la COnnoissance des maes, n'a pas été si négligée à Ja
res que j'ai eu que s'ils étoient
leurs symples qualités de ces remèdes, r quelle sorte de chimie ils artie de ces Connoissances , ans qu'on ait jamais remarqué de
Si l'on n’aperçoit pas pa ont acquis une grande P leur ancienneté 7
variation , ne laissé pas de les rendre respeCtables.
Lorsque l'empereur Fhin-chi-hoang fit brûler les
> Environ deux cent
livres classiques de la nation
épuisée, s causes qui en ible que matière années e réserre et si uite ce ongue , ses qui es sousanté , n'ai pu donnât
sur Îa le aux >s maie à la e, où ’Ignojuger ffecté nmun ai eu Oïent Jéens difréymp— ie ils 1Ces , é de bles.
r les cent
vingt-huit ans avant Jésus-Christ , les livres de médecine furent privilégiés et préservés de l'incendie. L'on donne à l'Esculape de la Chine une ancienneté,
qui le met plusieurs siècles avant celui de la Grèce,
et avant la Grèce même.
Nos médecins de la Chine ne manquent guère de mêler dans leurs écrits quelques réflexions morales. L'auteur que j'ai cité en dernier lieu, et qui s'est rendu célèbre par divers ouvrages , qu'il fit paroître à la quarante-sixième année du feu empereur Canghi, s'explique ainsi dans la préface d’un livre intitulé : l’Art de conserver la vie ; ce sont des règles de santé.
« Quoique le Ciel, dit-il, ait fixé le cours de notre vie , On peut cependant contribuer à sa propre conservation, La pratique de la vertu est un moyen
ut dépend de nous : car Hoang-tien , c’est-à-dire, le Ciel suyrhmie , ne sauront être pin et n’agit point par une aMfection CPR A vértu seule le touche et le gagne én notré faveur, la vertu mise en pratique , ést comme le langage du Ce] qui nous assure de sa protéction, Ainsi 18 grand art de conserver sa santé, c'est de travañller surtt h se rendre vertueux. Les autres règles ét les secours qu'ôn se procure , ne sont que l’accessoire , qui ne peut que suivre et seconder ce qui fait le point capital. s
On ne peut mieux connoître leg drogues dont j'ai parlé que par un écrit chinois, qui en traite, et que je vais traduire.
Lea plante de Cin-ma commence à pousser hors de terre au printemps. Elle monte à la hauteur de trois ou quatre pieds; ses feuilles, qui sont d’un noir obscur , ressemblent à celles du Pad qu'on nomme /chu-ma , et d'une espèce de lin appelé hongma.
Dans la quatrième ou cinquième lune , et à la fin de la sixième , la plante donne une graine noire,
Sa racine approche de celle du 20 (espèce d’ab- Synthe ). On la tire noirâtre et chevelue : il n'y a que cette partie qui s'emploie dans la médecine. Comme sa vertu est sudorifique , On croit qu’elle est bonne contre le venin > Contre Ja corru tion de l'air , contre les incommodités ext Par la chaleur ou Par un froid qui et généralement contre toutes sortes d'a
Ko-hen, c’est-à-dire la racine du 4o. C’est de la pellicule extérieure de cette plante Tampante et à long sarment, qu'on fait la toile appellée racine entre dans la médecine , et l’on s’
en sert pour iolens maux de tête mes; pour procurer la sueur > Pour ré-
et généralement Pour toutes les maladies des enfans , causées par un sang échauffé,
Tchi-fao-teou , Petits pois incarnats (les pois veris et noirs sont assez Connus). Les incarnats se sèment après le ælstice d'été, Leurs feuilles et leurs fleurs sont entièrement semblables à celles des 4:20. {eou, c'est-à-dire, des pois à gousses étroites , et longues d’un pied. Les #4i-teou ont l'enveloppe de dehors comme les pois verts, mais tant soit peu plus grande, On les mange ou cuits dans l’eau, ou rissolés, ouréduits en une espèce de Louillie, On s'en sert aussi dans la médecine. On fait choix des plus petits, qui, sont d’un rouge incarnat moins foncé, Ils dissipent l'hydropisie, résolvent les aj.ostèmes et le sang extravasé; ils sont d’un grand usage dans les maladies COntagieuses.
Cho-yo (la Pivoine ): il s’agit ici ‘2 la racine de cette plante, On s’en sert contre ::5 impuretés du sang; Ou les maladies produites Par une grande humidité; on la croit aussi Propre à dissiper les chancrées ouverts ou fermés, à arrêter les dyssenteries outenesmes, à guérir les inccmmodités qui précèdent OU qui suivent l'accouchement,
K chèv porte pour souff s'y e est 1!
noœu s épa sont mêr Paut deux com!
blan ou p arge chan
écha pin
T cina la vi On On pou tche gros in son le r rec C’'es tou de :
bois
ÉDIFIANTES ET EURIEUSES, 363
Kin-inhoa (fleur dorée et argentée) ; c'est le chèvre-feuille ; on en trouve partout. La plante qui porte cette fleur, ne sèche point en hiver; c’est pourquoi on la nomme gim-tommen (sarment qui souffre l'hiver). Il s'attache aux arbres voisins, et s’y entortille par le côté gauche du tronc. La tige est un peu violette: les feuilles sortent à chaque nœud médiocrement velues et âpres. Les fleurs qui s'épanouissent à la troisième ou quatrième lune, sont larges d’un pouce, attachées deux à deux au même pied ; chacune a deux feuilles, l'une grande, l’autre plus petite. Elles sont d’abord blanches: après deux ou trois jours , elles deviennent jaunes : et comme l’on voit avec plaisir cette variété de fleurs blanches et jaunes , pe qu’elles sont plus hâtives ou plus tärdivés, on les à nommées fleurs dorées et argentées, On en use avec succès dans les abcès, chancres, ulcères, apostèmes, lorsqu'on a le sang échauffé , et enfin pour combattre toute sorte de venin et de malignité interne.
Tcha-cha , espèce de minéral; c'est peut-être le cinabre st rare de Dioscoride. Le meilleur vient de la ville de Chin-teou, dansla province de Hou-quang. On le trouve dans les mines: il est plein de mercure. On assure même que d'une livre de /cka-cha, on pourroit tirer une demi-livre de. mercure : mais le tcha-cha est wop cher pour en avoir la pensée. Les grosses pièces sont de grand prix : lorsqu'on le garde, il ne perd rien de sa vivacité et de sa couleur. I] a son rang parmi les remèdes internes; pour cela on le réduit en une poudre fine , et dans la lotion on ne recueille que ce que l’eau agitée ‘élève et soutient. C’est un excellent cordial, qui rétablit les esprits et toutes les parties du corps da un état de santé et de vigueur. On en use ici en eié, pour faire une boisson rafraïichissante ; il est perticulièrement admi-
mn,
rable contre les Convulsions et les maladies malignes des enfans (1).
Hiung-hoang > autre minéral (espèce d'orpiment), Toutes les mines où il ÿ a du soufre, du plomb, u fer ,ou autre métal, fournissent du Hiung-hoang. e plus grossier, qu'on rebute, contient des parcelles de fer et de gravier; le bon » Qui est en gros quartiers, renferme quelquefois un diamant; mais c’est Un grand hasard quand on Y En trouve (2), On choisit pour l'usage de la médecine le Hiung-hoang le Plus transparent; on l'emploie contre les morsures
vue que je me de les faire : j'en serai bien dédomma retire quelque avantage. Je suis , etc.
e sein de la terre.
(2) J'ai parlé à un Chrétien chez qui on eu trouva un qui fut vendu plusieurs taëls : il n'étoit Pas poli , et sa couleur étoit un peu blafarde. Il fut trouvé dans un morceau de Hiung-hoang gros comme le poing.
trav:
réus, fleur mati trie,
Car
malignes
piment), plomb, -hoang.
parcelles S quarais c’est )n choioang le orsures Jn ya niques,
echer- | seule peine on en
tous ite VE psick, e dans
an qui uleur au de
Du père d'Entrecolles , missionnaïre de la C ompagnie de Jésus, au père Duhalde, de la même Compagnie.
À Pekin, ce 7 juillet 1727.
MoN RÉVÉREND PÈRE, La paix de N, S$.
IL vient d'ordinaire tous les ans des Européens à la Chine : il en est venu cette année qu’une célèbre ambassade a conduits jusqu’à Pekin, Je les ai entretenus plusieurs fois , et je les ai vus admirer des fleurs artificielles que font les Chinois. Ils les prenoient d’abord pour des fleurs naturelles; à peine pouvoient-ils croire que l’art eût pu si bien imiter la nature. Je vous at déjà envoyé de ces fleur:, et si, dans le transport, l'air de la mer ou l’humidi'é wa rien diminué de leur agrément, je ne doute point que vous n'ayez trouvé l'ouvrage fin et délicat. Je vous en envoie encore, dans la persuasion où je suis que ce n'est qu'en les voyant qu’on les estime ce qu’eiies valent,
Je ne prétends pas insinuer par-là que les ouvriers chinois aient plus d'adresse et d’habileté que les Européens qui , par profession où par amusement , travaillent à ces petits ouvrages. S'il est vrai quon réussit mieux à la Chine qu'en Europe à faire des fleurs artificielles, il faut bien plus Rues à la matière que les Chinois y emploient, qu’à leur industrie, C’est une matière que je veux faire connoître, car peut-être pourroit-on la trouver en France ;
j'expliquerai ensuite la manière dont les Chinois la Préparent et la mettent en œuvre. Les plus petits
secrets ont leur prix, et POur peu qu’on soit curieux, On fait cas des moindres découvertes.
Les ouvriers chinois, surtout ceux qui sont au palais, manient la soie avec beaucoup d'adresse , et savent peindre à l'aiguille toutes sortes de fleurs Sur des feuilles de Papier ; elles ressemblent assez à ces beaux colifichets qui nous viennent de Bourges, dont la broderie représente des deux côtés les mêmes figures. Nous en présentâmes autrefois À l'empereur Cang-hi, qui nous montra en même temps celles qui se font à la Chine ; elles éloient travaillées finement: cependant il fit plus de cas des nôtres, à cause du poli de la soie > et de la vivacité des couleurs , dont quelques-unes ont bien plus d'éclat que celles de la Chine. |
Les fleurs dont je parle , et qui imitent si bien la nature, ‘ne sont faites ni de soie > hi d'aucune . espèce de toile on de papier. De quoi sont donc formées les feuilles qui composent le corps de la fleur , pour être si déliées , si lisses 8i transparentes y en un mot si naturelles ? C’est un roseau ou une espèce de canne > Qui en fournit la matière ; du reste , on ne met en œuvre ni son écorce , ni sa racine ; qui pourroïit, ce semble , s'effeuiller ; c’est toute autre chose, que J'expliquerai quand j'aurai fait connoître quel est ce roseau où celte sorte d’arbrisseau, d'où se tiré cette matière,
Comme ce roseau ne croît point dans cette pro+ vince , je n'ai pu lexaminer Par moi-même ; ce que J'en ai appris de ceux Qui travaillent aux fleurs, ne suffisoit pas Pour que je pusse donner des indices Capables de le déterrer en France > Supposé qu’il y en ait, comme j'ai lieu de le croire ÿ Mais ayant nne fois appris qu'on nomme cet arbrisseau /ong-/5a0, et Autrement {og - 10 -mon , J'ai consulté l'herbier
des
ler
chir
les ] aute chir tatic tagr dire des légè one Un
nan; de c sent et d mais met!
hinoïs la us petits curieux,
sont au dresse , le fleurs nt assez ourges, mêmes ipereur s celles es finetres, à es coulat que
si bien aucune } donc de la entes, u une reste, icine ; toute t con- Seau ,
» proi e que s, ne dices l'y en > fois ), et rbier
chinois, Le but de cet ouvrage est d'expliquer les vertus médicinales des plantes et des végétaux. L’auteur, après avoir rempli ce dessein à l'égard du {0ng-{sao , ajoute qu’il fournit encore divers ornemens, dont le sexe à coutume de se parer. L'herhier m'a confirmé des particularités que je savuis déjà, et m'en a appris d’antres que j'ignorois. Ce qu’il rapporte des vertus médicinales de cetté plante, en facilitera peut - être la découverte aux herboristes européens.
» Le tong-tsao , dit l’herbier chinois , croît dans des fonds ombragés et fort couverts : on lui a donné le nom de tong-lo, parce que , selon les médecins chinois , il est apéritif, laxatif , propre à ouvrir les pores, et à ôter les obstructions. Selon un autre auteur qui est cité, ( car c’est la coutume des auteurs chinois d'appuyer ce qu'ils disent de fréquentes citations ), cet arbrisseau croît sur le côté des montagnes ; ses feuilles ressemblent au pi-ma , c’est-àdire , à celle du rzccin ou palma Christi ; le milieu de son tronc est rempli d’une moëlle blanche trèslégère , et cependant assez unie et agréable à la vue : on en fait des ornemens pour les personnes du sexe. Un auteur dit qu’il croît dans la province de Kiangnang. Cela pouvoit être vrai autrefois » que les terres de cette province étoient peu cultivées, mais à présent on [y apporte de la province de Se-tchuen, et de quelques endroits de celles de Hou - quang :
mais c'est dans le Kiang-nang qu'on a l’art de le mettre en œuvre,
» La plante, continue cet auteur , croît à la hauteur de plus d’une brasse ; ses feuilles ressemblent à celles du nénufar, mais elles sont plus grasses; on trouve au milieu du tronc , sous un bois semblable à celui des cannes, une substance très-blanche. »
Il me paroît qu’elle est moins serrée que la chair
du melon, mais qu'elle est aussi unie , moins spon-
gieuse que les autres moëlles, et en particulier que celle du sureau : je crois que ce corps léger tient un milieu entre la nature du -bois et des moëlles
ordinaires,
« À présent, poursuit le méme auteur ; on sème les terres qui leur
et on cultive des /ong-ts40 dans Sont propres; lorsqu'ils sont encore tendres, on les
Cuit et l’on en fait un rob; ce sucre épaissi en con-
sistance approchante des électuaires mous ( par exemple , de thériaque ou de raisiné) , est doux et agréable; si on le méle avec des fruits , il en rélève le goût, et les rend meilleurs, » Un autre auteur a dit : « Le {0Rg-{sao croît en abondance dans les montagnes et dans les bois : le contour de sa tige est de plusieurs Pouces, » Celui qui travailloit à ces fleurs, et avec qui je me suis entretenu, en a vu de secs qui étoient gros comme le poing.
« Sa tige, dit le même auteur
Ces tuyaux sont plus gros au bas de la plante. On coupe l'arbrisseau tous les an: ; et l’année suivante il repousse. On charge des ques de ces tuyaux pour les transporter dans }: ang-nang : c’est 1à qu on en tire la moëlle, et qu on la prépare. Pour la Préserver de l’humidité, qui lui est contraire lorsqu'elle est hors de ses tuyaux , 1l faut la tenir bien enfermée dans un lieu sec, sans quoi l’on ne pourroit plus la mettre en œuvre. »
Avant que d’avoir consulté l’herbier chinois » Je m'étois imaginé , sur ce que j'avois entendu dire " que le {ong-tsao pourroit bien être la même chose que la plante appelée Papyrus, qui croît dans des Marais et dans des fossés autour du Nil à la hauteur de six coudées, et dont les anciens tiroient la moëlle renfermée dans la uige, et en faisoient une espèce de bouillie ; d'où ensuite ils levoient des feuilles
propres
prop de f mon dèle
du 7
sureai que I:
cela 1 Si Euro] aux C ficiell péens noise bien nable:
recevt leur f:
lier que er tient moëlles
n sème ui leur on les n con- (par oux et rélève teur a ns les a tige à ces vu de
mme entre demi.
. On vante yaux st là ur la lorsbien ur—
» je re , ose des eur élle èce Iles res
ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 369 propres à écrire; c'est qu’en effet il étoit possible de faire le méine usage de la moëlle qu'on me montroit, et que, comme vous le : errez : 4 le modèle que je vous envoie, on tire de cette moëlle d' long - tsao une espèce de {aille qui semble d'abord du Papier ; mais ces feuilles sont tout à fait différentes de celles du papyrus : ils ! * Conviennent ensemble qu'en ce que leurs parties ligneuses sont également inflammables.
Les vertus médicinales qu’on attribue au /0ng- {sao ; le feront peut-être egarder comme une es= pè sureau plus moëlleux. C'est une idée qui peut servir à la découverte que je propose. On lit dans le Dictionnaire des Arts . qu'au rapport de Mathiole , il croît dans les lieux marécageux un petit arbrisseau , qu'en nomme sureau de marais, dont les verges son. nouées et re: mblent à celles du Sureau ; qu au dedansilyau vêlle blanche, et que la matière de son bois est fréle. Je vois en tout cela bien des rapports,
Si ces connoissances peuvent ‘aider À trouver en Europe , un arbrisseau semblable à celui qui fournit aux Chinois la matière dont ils font leurs fleurs artificielles , il ne sera pas difficile aux ouvriers euro péens d’imiter , et même de surpasser l'adresse chinoise dans cette sorte de travail » et ils pourront bien plus finement appliquer les couleurs convenables, sur une matière qui est très-propre à les recevoir et à les conserver dans leur vivacité et dans leur fraicheur. C’est cet artifice des ouvriers chinoi qui me reste à expliquer.
La première opération , qui consite À réduire ces bâtons de moëlle en feuilles minces et déliées , n’est pas l'ouvrage de ceux qui font les fleurs ; on les apporte ainsi préparées de la province de Kiangnang. Lorsqu'on m’en montra un paquet pour la première fois , je les pris d’abord pour de véritables
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