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40e LETTRES
venir faire ses complimens à Sa Majesté et à l’Impératrice sur le couronnement de cette princesse, L'Empereur le permit, et ce tribunal détermina le 6e jour de la 10. lune pour cette cérémonie , qui fut observée en la manière suivante, selon ce qui est marqué dans le rituel de l’Empire.
La coutume est que dans ces occasions les grands de l'Empire et les dames de la cour fassent compliment, ceux-là à | Empereur le matin , et celles-ci à la nouvelle Impératrice l'après-midi. Certains docteurs distingués, qui sont du grand conseil , furent
chargés de composer ces deux sortes de complimens ,
et de les remettre au tribunal des rites. C’est à ces docteurs qu appartient le droit et l'honneur de faire ces pièces d’éloquence. Le tribunal les ayant reçues, on se prépara à la cérémonie. ,
Le 6 de la 10. lune, dès le matin , on porta à la première porte du palais qui est à lorient ( car la grande porte , qui regarde le midi, ne s'ouvre que pour l'Empereur , ou pour des cérémonies qui ont rapport à ses ancêtres ) ; on porta , dis-je , une espèce de table, sur laquelle se posent quatre colonnes aux quatre Coins, et par-dessus ces colonnes une espèce de dôme, Ce petit cabinet portatif étoit garni de pièces de soie jaune et d’autres ornemens. A l'heure marquée , on mit sur cette table un petit livre fort propre , où étoit écrit le compliment qui avoit été composé pour l'Empereur. On ÿ avoit aussi écrit les noms des princes, des grands , et des cours souveraines, qui venoient en corps faire la cérémonie. Quelques mandarins revêtus de l’habit convenable à leur charge , levèrent cette table couronnée, et se mirent en marche. Tous les princes du sang et autres princes, les ducs, les comtes, et les autres seigneurs de la première noblesse » avoient déjà précédé selon leur rang, et attendoient près d’une des portes intérieures du palais. Les autres grands offi- CIrs ,
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 401 ciers, comme les premiers ministres de l'Empire, les docteurs du premier ordre , les présidens des cours Souveraines , et les autres mandarins tartares et chinois , soit de lettres , soit de guerre , tous revêtus des plus beaux habits de cérémonie , chacun selon son degré, suivoient à pied la même table. Plusieurs instrumens de musique formoient un concert trèsagréable , surtout aux oreilles chinoises; les tambours el les trompettes se faisoient aussi entendre en différens endroits du palais. La marche commença ; et lorsqu'on fut près de la porte appelée Ou-muen , les princes , les ducs, etc. se joigairent aux autres , qui accompagnoient le compliment, et se mirent à leur tête.
Alors ils marchèrent tous ensemble jusqu'à la grande salle d’audience. Lorsqu'ils furent entrés, on tira de dessus la table portative le compliment relié en forme de petit livre , et on le plaça sur une autre table préparée exprès au milieu de la grande salle d'audience. Tous s'étant rangés dans un bel ordre, firent les révérences ordinaires devant le trône impérial, comme si Sa Majesté y eûtété déjà placée : c’està-dire, que tous étant debout, chacun à la place qu’il doit occuper selon son rang et sa charge, ils se mirent à genoux, frappèrent trois fois du front contre terre , avec un grand respect, et se relevèrent. Ensuite ils se remirent à genoux, frappèrent encore trois fois du front contre terre, et se relevèrent,
Alors chacun se tenant à la même place dans un grand silence , les instrumens de musique recommencèrent à jouer , et les présidens du tribunal des rites avertirent le premier eunuque de la présence, que tous les grands de l’Empire supplicient Sa Majesté de venir s'asseoir sur son précieux trône. Ces paroles ayant été portées à l'Empereur , il parut, el monta sur son trône. Aussitôt deux docteurs du premier ordre qui avoient été nommés ,