‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 4)Chapitre 45 sur 63 · REA MES · texte numérisé non relu

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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 42t

voulurent user de violence envers la jeune Leang ; elle résista, et ne consentit point à leur infime dessein. Ils la firent prisonnière, et l’emmentrent pour servir d’esclave. A yant été contrainte de passer sur la barque , elle eut la fermeté de ne jamais permettre la moindre action indécente. Elle ne répondit à ces scélérats que par dés réproches et des injures ; et dans un moment où elle se trouva plus libre k elle se précipita dans la mer , pour se délivrer d’une occasion si dangereuse, C’ést là lé fait rapporté dans le mémorial de ces deux officiers. Après avoir examiné les informations qui nous ont été envoyées , nous avons jugé qu’un si grande vertu mérite d’être récompensée ; ei que perdre la vie plutôt que de perdre la virginité , ‘est un exemple qui doit être connu , afin qu'on l’imite, C’est pourquoi, suivant ies coutumes de l’Empire et les ordres de Votre Majesté , nous déterminons qu’à l'honneur de cette jeune fille ; on élève un arc de triomphe et un monument de pierre , sur lequel soit gravée cette illustre action , afin que la mémoire s'en conserve éternel lement. Si Votre: Majesté le juge à propos, nous avertirons le gouverneur du lieu de prendre dans le trésor impérial trente onces d'argent pour cette dépense. » à s ‘Hé

‘Orärè de l'Empereur.

J'approuve cette délibération.

Autre délibération du même tribunal touchant une Jemme qui a donné des marques d'un amour tendre pour son mari.

« Nous , officiers du tribunal des rites, présentons ce mémorial à Votre Majesté avec un profond respect. Il s’agit d’une femme qui a montré pour son mari une sincère tendresse, et qui a rempli les devoirs d’une parfaite épouse, Le vice - roi de la

422 LEerrRes

rovince de Tche - Kiang avertit que dans la ville te » Une fille nommée 2 Chao, âgée de dix-sept ans, épousa un Jeune homme qui s'appeloit Sin- Quen-Yuen. Un mois après le mari: e, celui-ci devint infirme , et son infirmité a continué pendant trois ans. Dans le cours de sa maladie » il a été heureux d’avoir une femme si Vertueuse, Elle a toujours voulu le servir elle-même. Elle étoit

assidue auprès de son lit, elle ne s'épargnoit en rien , elle ne se

Onnoïit pas un moment de repos ; elle préparoit elle-même les médecines > les lui présentoit, et ne

Elle ressentoit les douleurs de son époux , comme si elle eût été elle-même

3 €t par une ardente prière , elle. s'offrit à perdre la vie,

Pour conserver celle: de son mari. Enfin s6n mari “tant mort , elle n’a pu lui survivre , et an bout de quelques jours elle est morte de douleu

On érigea aussi de semblables monumens à l’honneur d'une fille , qui voyant que son grand-père et sa grand'mère étoient âgés ; renonça au Mariage , et

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employa ses plus begux jours à les soula leur vieillesse, Elle Mmourut âgée de soixan

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FAQ

Mémorial présenté contre un ordre de l Empereur.

Dans la cinquième année du présent règne , le 17 de la 6.° lune, l'Empereur reçut un mémorial du vice - roi de la province de Honan, lequel, sans crainte d’encourir la disgrâce de Sa Majesté , écrivoit contre une détermination du grand - conseil composé des neuf premiers tribunaux de la cour, approuvée , louée , confirmée par l'Empereur, déjà intimée à tous les grands mandarins de lettres et de guerre , soit tartares , soit chinois, enfin publiée dans toutes les provinces. Je ne rapporterat pas le mémorial entier, et parce qu’il est fort long, et parce que , sans une exposition assez ample du gouvernement chinois , on n’y comprendroit rien. Je dirai seulement que ce vice-roi plein de droiture représenta avec respect, et pourtant avec liberté, que la résolution qu'on avoit prise, ne pouvoit subsister ; que FO a en étoit très - dificile ; et qu'elle étoit sujette à beaucoup de disputes qui surviendroient entre les mandarins de lettres et les mandarins de guerre. En même temps, il proposoit avec beaucoup d'ordre et de netteté une autre voie pour parvenir au but qu'on se proposoit. C'étoit d’empécher qu'il n’y eût des voleurs dans l'Empire, surtout de ces petits voleurs de nuit : car à la Chine les voleurs de grand chemin sont très-rares. Il s'en trouve quelques-uns dans les provinces voisines de Pekin : encore n’ôtent -ils presque jamais la vie à ceux dont ils prennent la bourse. Quand ils ont fait leur coup, ils se sauvent lestement. Dans les autres provinces ; on parle très-peu de voleurs de grand chemin. :

« J'avoue, disoit ce mandarin , que je ne suis qu’un homme grossier et ignorant , dépourvu de talens et de lumières; devrois-je ouvrir la bouche pour contredire ce que Votre Majesté a loué et approuvé ?

Mais dans la Charge dont elle m’a honoré, je sais ce que je dois à l'Empire , et surtout à Votre Majesté qui m'a comblé de bienfaits, quoique j’en fusse trés-indigne, Je serois un ingrat si, par umidité, je gardois sous silence: le qui me paroissent tendre au bie — je pas du moins obligé d à la sages

de | ? Elle po

Son attention paternelle, que je prends la liberté de lui présenter ce mémorial contre les ordres mêmes qu’elle a portés, ete. ,

L'Empereur ayant lu ce mémorial ,

t point d'aller bien de l’état, ur ; 1l désappr telle OCCasion ; les inconvéniens et P lui paroït meilleur, On beaucoup d'expérience ; il à Passé par toutes. les charges inféricures, et comme par degrés il est parvenu jusqu'aux plus élevées, Ce qu'il écrit contre Ja étermi nseil me semble vra e. E

Pour le repos du peuple,

munique aussi à toutes | aines , et que copie en soit envoy les Principaux mandarins des provinces » afin‘ que je sache leur

» Je sais tre Maen fusse idité, je iroissent 1 moins igement ans son rocurer former hberté mêmes

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sentiment avant que de procéder à une seconde détermination.

» Tien-ouen-King , ajouta ce prince, ne peut être assez loué. Oh ! que sa conduite est différente de celle de Tchang-pao ( c’est le nom du mandarin qui étoit alors surintendant pour le riz qu’on transporte des provinces méridionales dans les magasins de l'Empereur ; c’est une des premières charges de l’Empire ): l'an passé l'ayant admis en ma présence, je lui parlai d’un ordre que j'avois intention de porter , et qui regarde les barques de riz. Après lui avoir expliqué ma pensée, je lui demandai s’il ne voyoit point d’inconvénient à porter cet ordre , et si on pouvoit en attendre du succès pour l'exécution. Our, dit-il aussitôt sans hésiter, ce/a peut se faire, 1 n'y a pas de difficulté. J'envoyai mon ordre dans telles et telles provinces; mais de la part de tous les officiers à qui je l’avois adressé , il me vint des représentations très - fortes , par lesquelles ils me privient de ne point exiger l'exécution de cet ordre ; que c'étoit remédier à un mal par un plus grand mal, et qu'il valoit encore mieux laisser les choses comme elles étoient. Alors je voulus savoir de Tchang-pao sur quoi fondé il m’avoit assuré que l'affaire 'pouvoit s'exécuter avec succès. C’est , répondit-il , qu’#7 m'a paru que Votre Majesté inclinoit à l'exéculion de ce qu'elle proposoit : ainsi Je n'osai parler selon mes véritables sentimens. N'est-ce pas là une véritable défaite ? Ce procédé est-1l digne d’un grand mandarin ? Il ne connoît pas la disposition de mon cœur. Je ne veux que le bien de mon peuple ; quand je demande conseil , c'est l’unique chose que je cherche ; on me fera toujours plaisir de m’avertir. Si les ordres que je donne ne sont pas donnés à propos, je les changerai sans peine. On dira que je suis inconstant , que je révoque le soir ce que j'ai arrêté le matin. N'importe,

Pourvu que le ch lité et à la satisfa

Mémorial dans lequel on Un mm0Yen de secourir le

« Lieou-yue y(c’estle nom d Prend la liberté de soume

8ne , par une faveur dont

avoit préc ans cette province, Mais J'ai eu |

a consolation de ées suivantes

que les siennes propres. Sa tendresse Paternelle a touché Je

Tien, et l'a rendu propice. Les grains sortent en abondance , la paix et la tranq

» Que je suis étonné » lorsque je fais réfl Pét Pitoyable où l'on é ICI : je l'ai vu de mes Jeux : je parcourois alors toutes

les villes POur examiner les bacheliers et les étudians, Les chemins pa

de ces infortunés » Qui l’année

quitté le pays Pour chercher à vivre, On les voyoit

à centaines ; les

rante ou de Cinquante,

femme ; les fem :

; étoient portées sur le dos de leurs maris, ou tratnées dans une brouette, Je m’informois exactement

d'où ils venoient > Où ils alloient, Nous penons ,

Propose à l'Empereur Peuple dans Les années stériles.

yen de secourir le peuple emps de stérilité, Dès la

disoi nous sette, la p bont {ous que | notre C’est mêm » | de F le pe son sa fe

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disoient les uns , de lv province de Honan , où nous nous étions retirés pour passer le temps de la disette. Nous étions allés, disoient les autres, dons la province de Pekin , où / Empereur , plein de bonté, faisoit abondamment distribuer du riz à touæles pauvres. À présent , que nous avons appris que l'année avoit été fertile, nous retournons dans notre village pour labourer et ensemencer les terres. C'est ainsi que plusieurs répondoient, et je l'ai moimême entendu.

» Dans la dépendance des villes de Ping-yang et de Fuen-tcheou , à quelle misère n’a pas été réduit le peuple pendant ces tristes temps? Le père vendoit son fils et abandonnoit sa fille. Le mari renvoyoit sa femme , ou la femme elle-même se séparoit de son mari, et erroit de tous côtés pour éviter la mort. Qu'est - il besoin d'exposer plus au long les tristes extrémités auxquelles le peuple se porta? Les ignore- :-on? Ce n'est pas que Cang-hi, le précédent Empereur , surnommé /e Débonnaïre , n’ait envoyé promptement du secours à ces malheureux. Jamais on n'éprouva mieux qu'il étoit le père du peuple. Il fit urer du trésor impérial des sommes immenses pour acheter des grains. Il choisit , il délégua des officiers du premier rang, gens de réputation et d'un parfait désintéressement , pour les distribuer par aumônes. Il est vrai que par ce moyen il conserva la vie à une infinité de personnes. Cependant, malgré cette vigilance, malgré la dépense de tant de millions, combien périrent de faim! Combien d’autres sortirent de la province! Quelle en fnt la cause ? J'ose le dire. C'est que dans des temps de fertilité, on n’avoit pas fait par avance des provisions de riz et de blé, pour suppléer aux années stériles, Il est constant que dans le district de ces deux villes que je viens de nommer , il y a beauzoup de gens riches, Ce sont les meilleures terres

du Chan - si : Je peuple y est assez À son aise, Si donc dans le temps de stérilité les habitans de ces territoires furent obligés de quitter le pays , et de Passer ailleurs pour trouver de quoi vivre , que doiton penser des autres endroits de la province? Le nombre de ceux qui ont chez eux la Provisiof de grain , quoique grand en lui-même , est Cependant fort borné , si on le Compare à la multitude infinie de ceux qui vivent du travail de chaque jour. Ainsi le nombre des gens riches étant borné, ne suffit pas dans ces tristes OCCasions, pour sauver un nombre de pauvres qui est infini.

» Quant à l'avantage qu’on devroitretirer des maasins qui ont été établis par les anciens empereurs ‘ afin de faire des provisions , il n'y faut plus penser. Les gouverneurs des villes subalternes de cette province regardent cette ancienne coutume comme une €outume abolie. Ils ne peuvent plus la pratiquer, Lorsqu'il y a de quoi recueillir, ils n’ont pas le moyen de le faire ; ou le peu qu'ils ramassent, ne suffit pas Pour secourir tout le peuple , quand la disette sur vient, À présent que l'abondance est grande dans la oit-ce pas un temps favorable pour faire des Provisions de réserve ? Il me paroît qu’il faudroit se pourvoir de bonne heure ; et c'est sur quoi jai fait quelques réflexions. Votre Majesté voudra bien les écouter. Car quel amour n'a-t-elle point Pour Son peuple ? avec quelle bonté n'a-t-elle pas secouru la province de Pekin aflligée par les inondations ? Quelle immense quantité de riz n’a-t-elle pas fait distribuer partout ? J’y pense avec respect ; j'en suis encore ravi & une admiration que les grands et le peuple partagent. La province dont je parle mérite d'autant plus d'attention, que dans le temps de stérilité elle ne pent avoir avec les autres provinces nulle communication par les rivières qui facilitent Je Wansport des grains, Les chemins

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sont si raboteux et si entrecoupés de rochers et de montagnes , que les marchands ne peuvent venir qu'avec de grands frais, qui les obligent de vendre les vivres à un prix excessif,

» Ne seroit-il donc pas à propos de profiter de ce temps d'abondance pour remplir de grainsles greniers . publics , en les payant de l'argent tiré du trésor de Votre Majesté ? Par exemple , supposons que pendant cinqians on y prit chaque année quatre cent mille francs , destinés à ces provisions pour soulager le peuple dans les besoins pressans. On emploira d'abord cent mille francs pour réparer les anciens magasins de Tay-ÿyuen , capitale de la province, pour en bâur de nouveaux, et pour amasser du riz, afin d'assister dans le temps de stérilité Le territoire de cette ville , de Fuen-tcheou , et autres lieux qui n'en sont pas fort éloignés. Du côté du midi est la ville de Ping-yang ; on emploïra la même somme pour secourir les villes de Ping-yang, de Kiangicheou, Ki-tcheou, et autres endroits circonvoisins. La grande ville de Loungan estsituée vers l'occident; en y faisant la même dépense, on sera. en état de distribuer du riz à Ke-tcheou, à Leao-tcheou , et autres villes subalternes de sa dépendance. Enfin de semblables magasins qu’on établira dans la ville de Tai-tong, qui est au nord, pourront aider à la subsistance des petites villes de Sou-ping, Ning-vou , et autres semblables. Ce sont là les quatre principales villes de la province, où seront placés les magasins généraux , et d’où les grains se répandront dans les lieux quien auront besoin.

» Mais ce n’est pas assez de construire des magasins et d'acheter des provisions , si on en abandonne le soin aux gouverneurs des villes, qui sont chargés de beaucoup d'autres affaires , et qui souvent sont obligés de s’en rapporter à des officiers subalternes , lesquels négligent ou dissipent ce qui leur est confié.

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