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La famille des Sorg étant parvenue À l'Empire l’an 960 , après elle vinrent les Fven, qui sont les Tartares occidentaux chassés par Hong-vou. Et enfin vient la famille des Tartares orientaux , qui règne glorieusement depuis l'an 1644,
Tout cela étant ainsi , que peut on penser lorsqu'on entend M. R** nous dire sérieusement , que ceux de la famille Cyna , régnèrent Jusqu'en 419, que cinq rois en méme temps se firent une guerre , qu'on nomma la guerre des Utai , jusqu'à ce que quatre de ces Utaï ayant été défaits , le cinquième de la famille de Tanga s’empara de l'Empire ; que Jort peu de temps après il Jut partagé en diverses Jactions , dont les principaux chefs res appelés Heou-tai,
À la faveur d’un fort peu de temps après, ce qui veut dire après deux cent quatre-vingt-huit ans , n'a-t-il pas droit d'ajouter, qu'au temps de ces Arabes , la Chine étoit agitée de ces diverses guerres des Heou-tai ; es que c'est de ces factions qu on doit entendre ce que dit la seconde relation » lorsqu'elle con pre la division qui se fit alors de l'Empire à celle we l'empire d'Alexandre. Or il ne Jfaut pas s'étonner , dit-il, s’il ne se trouve rien dans nos auleurs touchant la famili: royale des Empereurs qui régnotent de leur ienps.
Je m'en étonne ceoe dant très-fort , et c’est avec très-grandé raison ; cz dès l’entrée de sa préface il nous apprend que le premier voyage de ces Arabes ce fit en 851. Or les Tang régnoient alors en paix depuis plus de deux cents ans. Si donc il étoit vrai que ce marchand füt venu à Canton en 851 , comment eût-1l pu ignorer que la famille régnante s'appeloit Tang?
Je dis, en second lieu, que M. l'Abbé R** ne donnant aucune preuve contré la venue de saint Thomas et de ses disciples À la Chine, il n’a pas dû la
460 LETTRES regarder comme fausse. Les auteurs qui ont cru que k cestcela étoit vraisemblable , ont leur mérite. La religion Indes de la croix, dont il reste encore des traces, la tradi- , chère tion ancienne , que cette figure a la vertu d’empé- À là F8p cher les maléfices , les paroles formelles de la liturgie à d'Olo, de Malabar : tout cela ne mérite-t-il nulle attention ? Je J'ajoute que le fameux Kouang-yun-tchang , qui devoi vivoit au commencement du denxième siècle , con- chino noissoit certainement Jésus-Christ, comme en font ’ ou pli foi les monumens écrits de sa main, et gravés en- dont i suite sur des pierres. On en tire des copies qui sont FH répandues de tous côtés , mais qu’il est impossible | ces m d'expliquer, si l'on n’est pas Chrétien; parce que SUPpo Kouang-yun-tchang y parle de la naissance du Sau- de D. veur dans une grotte exposée à tous vents, de sa visible mort, de sa résurrection , de son ascension, et des visible vestiges de ses pieds sacrés : mystères qui sont autant 2° d'énigmes pour les infidèles. Que si long-temps après CRIE sa mort, ce grand homme a été érigé en idole, Mixio cette erreur populaire ne prouve rien contre son dem 52, christianisme, et rend témoignage à sa vertu. Or mot qt des Chrétiens à la Chine au commencement du signifié deuxième siècle, d'où peuvent-ils être venus. que que n de l’apôtre saint Thomas ou de ses disciples ? Ngo-h Mais que dire de ce qu’on lit dans les éclaircisse-- HORS) mens ( page 233 ) : qu'on ne peut rapporter à saint UE Thomas ce qui est dit d'un prédicateur , que l’ins- l'adore cription du Chen-Si appelle Olopuen , qui vint à la naquit Chine l'an de Jésus-Christ 636 , et que personne comme ne l’avoit fait avant l’auteur des derniers mémoires. sonnes Le père le Comte n’avoit pas perdu le sens jusqu’à gnilie s faire venir saint Thomas à la Chine en 636. Ses mé- sonne } moires sont entre les mains de tout le monde : qu’on Jen-chi les ouvre , et on verra dans la onzième lettre , page FRE rt 160, qu'après avoir fini ce qui regardoit saint Tho- 9° 4 mas , 1] poursuit ainsi: Ce n'a pas été la seule fois Tiunera Sanctai
que Notre-Seigneur les a visités. Long-temps après,
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 46x
c'est-à-dire, au VII. siècle » UR patriarche des
Indes leur envoya des Missionnaires qui y préchèrent la religion avec beaucoup de succès. Est-ce là rapporter à saint Thomas ce que l'inscription dit d'Olopuen ?
Je dis, «n troisième lieu > que M. l'Abbé R*+*+ devoit consulter un plus habile homme dans la languchinoise, pour la traduction latine de cette insc ription, où plutôt de ce monument trouvé dans le Chen-si , dont il cite quelques lambeaux.
1.0 C'est ne savoir pas le chinois , que de traduire ces mots CAin-fien par Spiritus de cœlis. Car cela Suppose ceux-ci, Ten-cheu Qui signifieroient Cœ/um de Dominis. Hing-tien, cest le Ciel matériel et visible : CAin-tien, c'est le Cicl spirituel et invisible,
2.° La version porte donec Personarum una com-= Municarit se ipsum clarissimo venerabilissimoque Mixio, opertendo abscondendoque Peram majestaem simul Lomo prodiit in seculum. 1 n'y à pas un mot qui ne soit répréhensible, Ngo-san-yi ne peut signifier #r/um PErTSonarum una, mais l’unité £r/ne que nous adorons ; comme on a coutume de dire Ngo-hoang-chang ( notre Empereur , le Roi que nous servons ). Alors, dit le texte chinois » notre unité trine sépura une Personne , afin qu’elle für
l'adorable Messie, et que cachant sa majesté, elle naquit semblable aux hommes. On avoit dit dès le commencement 2g)-san-yi , miao-chineles per—sonnes adorables de notre Trinité, La lettre 4m signifie sa personne. On dit s'eou-chin ( orner sa personne par la vertu ); et c’est de là que le texte a dit, Jen-chin. La lettre fen séparée, signifie prendre, des- {ner , envoyer.
5.0 Potu viderunt claritatem , et venerunt offerre Munera Subjectionts completa bis decem quatuor Sanctarum, Sans parler de deux fautes légères , pou
462 LETTRES pour postea , et Sanctarum au lieu de Sanctorum , c’est là un pur galimathias. Après-ces mots , sr7rent offrir leur tribut, le texte thinois avertit que tout ce qui précède avoit été parfaite neut prédit par vingtquatre saints dans l’ancienne loi. ()n ne parle ici ni de baptême, ni de dispersion dans les quatre parties du monde; mais on fait un court abrégé de la vie de Jésus-Christ, de sa mort, de sa descente aux enfers, et de la crainte dont le démon lut saisi. Suit l'ascension , les livres du nouveau Testament , le baptême, le signe de la croix a dit enfi ad congregandos et pacificandos sine labore pulsant ligna timoris , pietatis, gratitudinisque voccs personando. Cet entortillement de paroles n’est pas dans le chinois ; et quand le traducteur prend la lettre Tchin , qui dans cette place est un verbe , et ,nifie exciter , toucher , émouvorr, pour un nom substanuf qu'il traduit par #morts , il fait voir qu'il n'entend rien au style chinois, et qu’il ignore les premiers élémens de la grammaire. Le texte se sert en cet endroit d’une métaphore que tout chinois comprend d’abord, et dit que la prédication de la loi nouvelle , est comme le son de ce fameux et antique instrument de bois, dont on se servoit pour exciter les peuples à la vertu, et qui ne respiroit que charité et douceur.
Venons maintenant à ce que M. l'Abbé R*** avance sur la foi de ses à arabes , savoir que /es Chinois n’ont point de sciences , et que leur religion, aussi bién que leurs lois , tirent leur origine des Indiens. Cela m'engage à entrer un peu dans le détail de l'antiquité de la nation chinoise , de ses lettres , de ses livres, de sa religion , de sa morale, de sa physique , et de son gouvernement. Mais je parlerai de toutes ces choses le plus brièvement que je pourrai.
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ÉDIFIANTES ET CURIEUSES. 463 douteux et incertain , et enfin ui est sûr et indubitible, C’est des historiens ch es plus célèbres, que je tien: une critique si sage : amour de leur pa- 1° ne Îles à pas empéchés de retrancher de cette longue sue de siècles, tout ce qui ne leur paroissoit pas solidement vrai, Ces sages historiens marqueni qu'il ne faut point faire attention aux temps qu on met depuis Hoer-Jre- vang jusqu’à Fo-hi , lesquels sont incertains , c -st-à dire » qu'ils ne peuvent être rangés suivant une exact o! vraie chronologie ; et que ce qui précède doit passer pour mythologique.
Ce qu'il ya de cértain est que la Chine a été peuplée plus de 2155 ans ant la naissance du Sauveur. Cela se démontre par une éclipse de soleil ar rivée cette année-là, M. l'abbé R*#* rejette cette clipse sur le témoignage de M. Cassini ; mais il n’a * Compris ce qu'il cite de ce célèbre astronome, OU a envoyé au père Souciet des observations astro nomiques tirées de l'histoire et d’autres livres des Chinois , qui prouvent et leur habileté en fait d’astronomie , et l’antiquité de ces observations ; il les donnera au public, ce qui me dispense de m’étendre sur cela davantage, Il me suffit que nous tenions au moins 2155 ans avant Jésus-Christ. A joutons Jes 1723 ans qui se sont écoulés depuis, et nous aurons üne grande nation, qui s’est conservée dans cette partie du monde, que nous nommons la Chine, pendant l’espace de 3878 ans. Cette antiquité est as sez belle. Où étoient les Persans et les Arabes de M. l'abbé R*** lorsque les Chinois observoient déjà le cours des astres ? Que sont devenus les Egyptiens et les Chaldéens , tandis que les Chinois, pour le moins aussi anciens qu'eux , subsistent encore ? Mais cette antiquité, dit M. l'abbé R*** , a des Conséquences funestes , comme il est évident par l'bus qu’en fit ce préadamite de Lyon, Il ajoute ,
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