‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 10 sur 106 · XXXV] PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXXV] PRÉFACE

Après ce début philosophique, dit-on, et cependant si peu décent, si peu raisonnable, l’auteur entre en matière. Nous y entrons avec lui, en observant que M. de Sonnerat n’a point vu la Chine; qu'il ne l'a point parcourue ; qu’il paroït même qu'il en ignore la langue, et que tout ce quil rapporte, n'est que le résultat ou de ce qu'il a imaginé lui-même, ou de ce qu'il a recueilli par les interprètes , peut-être infidèles, de quelques marchands chinois peu instruits et aussi peu curieux d'instruire un

étranger.

Que penserions-nous d’un voyageur qui ayant abordé dans une ville sur les confins de l'Europe, voudroit, d'après quelques conversations avec un Européen sans esprit, sans lumières, et dont 1l n'entend pas le langage, nous parler de tous nos usages ; juger nos académies, nos tribunaux, notre administration, et contredire sans preuves ;, sans citer aucune autorité, tout ce qui en

a été écrit et publié?

Voilà cependant ce qui arrive à M. de

Sonnerat ; il a été à Canton, ville à une des extrémités de la Chine, à près de six

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