‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 13 sur 106 · MÉMOIRES DES INDES ET DE LA CHINE · texte numérisé non relu

MÉMOIRES DES INDES ET DE LA CHINE

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LETTRE De M. l'abbé de Fleury, à M. l'évêque de Métello-

polis (Lanneau), vicaire apostolique de Siam.

Monsereneun,

L'USAGE que vous faites du catéchisme historique, me rend bien sensible cette vérité, que ce n’est pas nous, à proprement parler , qui agissons, ri qui pensons pour l'utilité dés autres, mais Dieu qui se sert

“de nous comme de très-foibles instrumens , qui nous

donne telles pensées qu'il lui plaît, et applique aux fins sublimes de sa sagesse ce que nous avons souvent connu par des vues basses et humaines. Au lieu donc de me donner des louanges d'autant plus dangereuses pour moi, que j'ai plus de vénération pour votre dignité, pour votre piété et vos autres vertus ; au lieu, dis-je, de ces complimens que nous devons

laisser aux enfans du siècle, accordez-moi, je vous T, XIF, 1

supplie, les sécours de vos prières et de celles des saints ecclésiastiques qui vous accompagnent, afin que l’exemple de vos travaux apostoliques me donne une salutaire confusion, et que je ne succombe pas aux tentations de la vie molle et relâchée que l'on mène ici pour l'ordinaire, quand on a les commodités temporelles, sans aucune nécessité de travail. Je m’en suis imposé un depuis quelques années , plus que suflisant pour m'occuper le reste de mes jours. C’est une histoire ecclésiastique dans toute son étendue , la plus vraie et la plus simple qu’il me sera possible. J'ai déjà ébauché les trois premiers siècles, et je me propose de les donner avant que de passer outre. Mes amis espèrent que cet ouvrage pourra être utile : du moins m’occupe-t-il agréablement ; et je vous avoue, Monseigneur, que je me suis fait quelque violence, quand je lai interrompu pour travailler à ce mémoire, et à exécuter ce que vous m'avez ordonné. Si je m'y étois pris plutôt , je l'au-

rois peut-être fait plus exact; mais vous avez eu la.

bonté de me dispenser de vous envoyer un ouvrage aussi fini que le demandoit l'importance de la matière, et puis je sais à qui j'écris. M. de la Loubère n’en a assez dit, et j'en ai assez vu moi-même dans votre lettre et dans votre mémoire , pour connoître qu'il n’y a qu'à vous indiquer les choses, et que vons en entendrez bien plus que je n’en ai dit. ’ai

parlé avec liberté, n’écrivant que pour vous, et sa.

chant que vous aurez plus d'égard à la sincérité de mon intention, qu'à la manière dont je parle. Il sembloit que vous voulussiez un plus grand ouvrage; mais quand j'en aurois été capable, le moyen de le composer en si peu de temps ! J'ai cru me devoir renfermer dans les grands principes et dans les dr générales de la méthode d'instruire, en attendant qu'ici même nous ayons de bons traités de théologie spéculativé et morale, que l'on puisse ensel-

es des , afin donne )e pas e l’on mmo— ravail.

nées , e mes te sont Le sera ècles, passer poutra nt; et us fait ur tra- > vous e l’aueu la.

Avrage la maoubère Le dans inoître et que lit. J'ai

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rité de rle. IL Lyrage; n de le devoir règles tin > théo— ensei-

gner dans les séminaires de Franre, L'institution au droit ecclésiastique, que je prends la fberté de vous envoyer, sera peut-être de quelque secours pour donner à vos jeunes clercs les principes de la discipline de l'Eglise; et si Dieu permet que je mette au jour quelque volume de l'histoire ecclésiastique, je ne manquerai pas de vous l'envoyer, Cependant je crois me devoir appliquer tout entier à ce travails et je ne l’aurois pas quitté pendant quelques semaines, si je n’avois considéré votre lettre comme un ordre de Dieu, auquel il ne m’étoit pas possible de résister. Ayez donc la bonté, Monseigneur , de ne m'en pas demander davantage. Quant à faire travailler quelque autre suivant mes vues, j'y vois encore plus de difficulté qu’à travailler moi-même. Je sens Ce qui me manque et pour le fond de théologie, et pour la connoissancesde la doctrine dés Indiens et des Chinois, et je ne sais où tr::ver quelqu'un assez instruit de lune et de laut. semble, et en même temps assez docile pour vouloir travailler sur le plan d'autrui. Au reste, me défiant avec raison de mes pensées, j’ai communiqué ce mémoire à quelques-uns de mes meilleurs amis ; et M. l’évêque de Meaux, le premier théologien de notre siècle , a bien voulu prendre la peine de lexaminer et me donner ses avis, que je n’ai pas manqué de suivre, J'espère que vous aurez la bonté d’excuser les fautes qui y sont restées. Trouvez bon, je vous supplie , que je présente ici mes respects à M. l’évêque de

Rosalie (de Lionne), et que je vous demande à l’ur

et à l’autre votre sainte bénédiction. Je suis avec un profond respect,

MONSEIGNEUR,

Votre, etc.

À Paris, ce 3 mars 1680.

LETTRES Ed MÉMOIRE |

Pour les études des Missions orientales, par M. l'abbé de Fleury, auteur de l'Histoire ecclésiastique, etc.

L faut commencer par vous défaire de tous les préjugés que vous avez apportés d'Europe, et voir en chaque partie des études ce qu'il y a de naturel, d’essentiel et de vraimert utile, pour rejeter tout le reste. Au contraire, il faut vous appliquer à connoître les préjugés de ceux que vous voulez instruire , afin d’en profiter autant qu’il sera possible , vous mettant dans leur place, et entrant dans leurs

idées. Pour les amener à vous, vous devez faire plus

de la moitié du chemin. Or, comme votre établissement à Siam n’a pas seulement pour but la conversion du peuple de Siam en particulier , mais celle des peuples voisins, de Pégu, de Laos, du Tunquin, de la Cochinchine et de la Chine même, et encore principalement et immédiatement l’instruction de ceux d’entre les nouveaux Chrétiens que vous jugerez capables d’être ordonnés prêtres pour leur pays ; VOS vues doivent être fort étendues, et vous devez vous appliquer aux connoissances qui peuvent servir à la conversion de toutes ces nations diffé rentes : ce qui sera d autant plus facile , qu'elles ont,

autant que je puis connoître, des principes communs

entr'elles.

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