‹ Lettres édifiantes et curieuses écrites des missions étrangères [microforme] (volume 5)Chapitre 26 sur 106 · LA · texte numérisé non relu

LA

Brama, plus, et s’est a force 1. Qui nois au it aussi Maoit, et Dieu, s,Sans as enues de les, mijneL ; n'ont tance Sans leurs.

n,.la ce, Se tre la prence a leurs n de t cru to peufgauoi- Isent

l'au- 0$1sant L, et

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 4x

toutefois. détournant les hommes de suivre leur loi. 11 confond Marie, sœur de Moise, avec Marie, mère de Jésus-Christ, qui ont vécu à deux mille ans l’une de l'autre. Il raconte des histoires imperunentes de Salomon, et de la huppe et de la fourmi qui lui pars Jèrent, et d’autres semblables. Ges contredits sont encore plus forts contre des livres qui, contiennent, des absurdités plus manifestes, contre des faits évidens par la AE expérience, ouspar des démonstrations astronomiques, comme les rèveries .des, Indiens et des Siamois, touchant Ja grande montagne qui cause la nuit, touchant les échipses et le reste, Il faut ex. trêmement insister sur ces argumens sensibles , et montrer que Dieu ne peut se contredire , et nous dire dans un livre le contraire de ce qu'il,nous dit dans Ja natures; par les sens et la raison que lui-même nous a donnés. Toutefois il ne faut pas outrer cet argument, mi faire la raison Juge de la parole de Dieu, en sorte que, qnand nous trouyerops.dans un livre quelque chose que nous ne pouvons acçorcer avecnos lumières naturelles, nous rejeltions ce livre comme. ne pouvant venir de Dien qui nous a donné ses, lumières. Ce, seroit frapper par. le fondement toute religion, et nous.réduire À une. pure philo. fophie hpmaine, Il ne faut donc pas commencer par cet.6xamen, pour discerner si nn, livre est divin, où non. Comme notre raison est foible et.abscurcie par les passions. nous pourrions uous ÿ tromper. Je ne dirai pas d'abord, pour roir si.ce livre est divin : Je Yeux l'exgminer en lui-1aême , et juger s'il ne contieñÿ rien que de misonnable ét digne: de Dieu. Mate je dirai: Voyons d'abord d'où il nous vient, et come ment nous savons que, £’est la parole de Dieu. S'il n'y en a pas de preuve, je n'ai rien à examiner, davantage, Si l’on me prouve, €n sorteique, je n’en puisse douler, que c'est la parole de Dieu, alors je la lirai avec respect ét avec foi, disposé à soumettre ma

42 7 LETTRES taison. Si j’y trouve des choses obscures, je jugerai qu'elles ne le seroient pas À un esprit plus éclairé, et je ne laissérai pas de les croire, quoique je ne les compreñné pas : et voilà la foi des mystères, fondée sur l'autorité de la parole de Dieu. Mais avant que de s'y soumettre, 1l faut être assuré d’ailleurs que ce soit sa parole. Si vous Cormméncez par vous prévénir qu'un ‘el livré est divin, Simplement parcé que tout'an peuple le dit , ou (ce qui est encore plus absurde )'parce que vous vous imaginez ÿ voir pat vous-même un caractère de divinité, comme disent les protestans , vous vous expoéez à croire toutés les fables imaginables; ou si vous croyez en savoir plus que lé commun , vous vous expo$ez à ne rien croire, Nous dévons nous rendre à l'autorité de Dieu, à pro- ‘por tin Commé nous nousrendonsà Celle deshommes. “Un malade, pour agir prudemment, ne doit pas se ‘commettre au préimier venu qui promet de le guérir, mis at meilleur médecin qu'il pourra trouver. Et omment le connoîtra-t-il? Sera-ce en l'éxaminant À fond , où en lé faisant discourir dé'son att? Il faux droit que le malade füt plus sävant en médécine que le médecin même. fl faut donc en venir aux préjugés “extérieurs : est-il médecin de la Faculté? passe-t-il ‘Pour savant, pour sage, pour expériment à; est-il fort employé? a-til fait grand nombre de béllés cures? On s'engage sut la foi publique; on le fait venir ; on li explique le mal. Seroit-il raisonnable d’exatuiner ses faisühnemens sur les causes et les’ effèts' de là maladié , de disputer perpétuelleinent contre lui, de vouloir connôître-la composition des remèdes? Non, le malade ÿ ayant nne fois pris confiance ; s’äban- ‘donne à sa cotiduité ; sonvènt mème contre éé que Jui dit sa-raison. Ut Li à idee Lette

11 en est de même d’un avocat pour là conduite d’une affaire , d’un pilote pour la navigation !'et toute la vié humaine roule sur cette confiance que l’on est

jugerai airé, et ne les fondée ant que ars que us prét parcé re plus Of par disent atés les ir plus croire.

, à pro- )mmes.

‘pas se guérir, ver, Et

est-il cures?

nir ; où aminer s'de la hi, de Non, s'abanté que ondüite et toute l'on est

obligé de prendre en ceux qui sont communément estimés habiléfiän quelques arts. Il n'y a point de science qui donné moins à l'autorité que les mathématiques. Toutefois si le disciple vouloit contester à son maître , et ne pouvant nier la vérité des axiomes et des définitions, du moins en disputer l'utilité qui ne paroît pas d’abord, il abbrétiot jamais rien, ‘Ce qu'on appelle docilité, n’est autre chose que cette disposition modeste qui fait dire à un disciple : Cet homme en sait plus que moi; il faut donc le croire sur sa parole , jusqu’à ce qu’il m’ait mis en état d’entendre les raisons qu'il me dit, 'et de lés voir par moi-même. | gi Au reste, il y à une grande différence entre les mystères que la vraie religion nous enseigne, et les absurdités que proposent les fansses religions. Que le soleil se cache tous les jours derrière une montagne , qu'il y ait des mers de lait ». de crême, de sucre; que la terre soit soutenue par des éléphans, soutenue par une tortue : c’est ce qui s'appelle des contes de vieilles, dont on amuse les enfans; mais que l'Esprit infini ne puisse être compris par les esprits qu'il a faits et qu'il a bornés!, il n'y a rien en céla que de’ raisonnable. Si nous n'entendons pas ‘nettement ce qué nous sommes nous-mêmes ; comment'uñ corps et un esprit, deux natures si différentes, s'unissent en nous pour hé faire qu’une personne; comment c’e#$tle même esprit qui veut et ‘qui connoît, quoique conroître ét vouloir soient dés actions si distinctes! si, dis- je, nons - mêmes nous entendons si peu tout cela, devons nous trouver étrange que ‘notis 'n’entendions pas ce. qu'il a plu à Dieu de nous découvrir de la ‘trinité des personnes de la nature divine ; où en Jésus-Christ, l’unité de sie À Subsistänt en deux natures? Il est vrai que eucharistie est ‘un objet sensible et d'expérience journalière; mais Le Changement que nous y croyons,

n'est que dans la substance qui ne tombe pas sous Jes sens, © \ foi de ces mystères ne consiste pas à démentir la sensauon, mais à redresser le jugement ; elle ne me fait pas dire : Je ne pois rien de blanc ni de rond sur l'autel, maïs seulement : ce que Je sors de blanc.et. de rond sur l'autel, n’est. pas, du pain , mais le corps de Jésus-Christ. Nos jugemens suivent de si près nos sensations, que nous les confondons souvent. Je dis que je vois un grand arbre à deux cents pas, je le vois en effet petit par rapport à moi; mais la distance et la comparaison des objets qui en sont proches, me le fait juger grand. Je marche sur un pavé de marbre, et je dis que toutes les pièces en sont carrées , quoique celles qui s’éloignent de moi, me paraissent en losange , £t avec lesangles plus inégaux , plus ils s’éloignent, Je dis de même de l'Eucharistie : Je vois wn objet blanc,et rond , que je juge en telles circonstances étre de corps de Jésus-Christ, par le foi que j'ai à sa parole infaillible et toute-puissante. fiaAs

.… Felles sont donc les bornes de la raison et de la foi. Il faut raisonner pour discerner la vraie autorité de la prévention téméraire, Ce qui fait, naître tant d'opinions et d'erreurs pärmi les hommes, c’est la facilité à croire au hasard, particulièrement dans Ja jeunesse, tout.ce que leur disent ceux avec. lesquels ils se rencpntrent, soit pour les faits ; soit pour les règles de conduite, ét de n’user pas assez.de leur raison pour distinguer à qui il faut croire. Cet examen seroit die, C'est plutôt fait de suivre le tor- -rent;et ce qui les rend inexcusables d'en user ainsi à l'égard de la religionet de la morale. c'est qu'ils ne sont pas si çrédules.en,ce.qui regarde leur intérêt temporel. {ls examinent par eux-mêmes, et con- Sultent ceux.qu'ils estiment les plus habiles : marque assurée que ces intérêts leur tiennent plus à cœur, que ceux de leur âme et de leur salut. Voilà le crime

as sous AS à déement ; le blanc 2 que JE pas, du gemens les cond arbre Jar rap- )araison it juger 1 je dis e celles sange ; ignente in objet slonces

e j'ai à

t de la è auto- Maitre s, c'est nt dans ec, lesit pour de leur etexadiorir Ainsi L. qu'ds intérêt t con cœur , > crime

ÉDIFIANTES ET CUAIEUSES. 45

de la crédulité téméraire qui attache aux fausses re ligions , crime d'autant plus grand , que la matière est plus impottante et la négligence plus affectée. Mais, dira quelqu'un, la plupart des Chrétiens n’agissent-1ls pas sur ce point comme les infidèles ? N'est-ce pas le bonheur de la naïssance ‘qui les détermine à la vraie region? Pensent-ïls seulement à l’examiner ; ét ne condamneroient-ils pas cet examen comme uñe dangereuse tentation, puisqu'il supposeroit le doute et par conséquent l'extinction , ou du moins Paffoiblissement de la foi ? Je réponds que

Dieu seul: sait le secrét qui se passe dans les cœurs; lui seul connoît Peffet de la foi qu’il répand dans l’âme

des enfans à leur baptême; lui seul sait quand chacun d'eux commence à en produire des actes; quels sont lès objets et les occasions qui les ÿ excitent; comment l’hebitudé se fortifie, s’affoiblit ou se perd tout à fait; qui sont ceux qui ort une véritable foi divine et surnaturelle , et ceux qui ne tiennent à la religion que par une foi humaine ét ane crédulité téméraire. Car comme il n'est que trop certain que la plupart des Chrétiens perdent la charité, il est vraisemblable

qu'il y en a plusieurs qui perdent la foi. Il y a des

apostats. Or, on ne doit pas croire qu'ils ne perdent la foi qu’au moment qu’ils renoncent À la vraie religion ; elle étoit éteinte auparavant dans leur cœur. On peut juger ie même des libertins et des impiés. Elle est sans doute bien foible dans les grands pécheurs, êt languissarte dans le commun des Chrétiens qui prend si peu de soin de la fortifier par des actes et tin exercice fréquent.

Toutefois il ne faut pas s’y tromper ; les simples et les ignorans font bien des raisonnèmens et des ré flexions sans s’en apercevoir, et il faut bien se garder de croire qu’ils ne pensent qu’à ce qu’ils sont capables de dire. L'homme le plüs grossier, pourvu qu'il raisonne , exerce toutes les opérations de la logique’,

46 LETTRES comme en marchant et en se remuant, il pratique les règles de la mécanique sans les savoir. Ainsi, ne doutez pas que, touchant les objets de la foi, il ne soit frappé de tous les motifs de crédibilité qu’il peut entendre, et par la Providence divine, il y en'a de proportionnés à tons les esprits: ce sont des faits sensibles et évidens. Il est clair, au moins dans la parue du monde que nous habitons ,.depuis l'entrée de la Perse jusqu’à l'extrémité de l'Espagne, qu'il y a toujours eu une société d'hommes faisant profession d’adorer un seul Dieu , créateur du ciel et de la terre ; que, depuis la venue de Jésus-Christ, ce culte s'est étendu dans le monde de tous côtés, et que,

pour la conduite de cette société qui est l'Eglise, il. y a eu des pasteurs dont la suite n’a point été inter-.

rompue jusqu’à nous. C’est aux Indiens à montrer

s'ils peuvent de leur çôté quelque chose de semblable.

MéÉropé D'INSTRUCTTON.

IT faudroit être sur les lieux, et connoître la disposition des esprits auxquels vous avez affaire, pour vous donner sur ce point des règles certaines. Voici celles qui me paroissent les plus importantes tant en général , que pour les Indiens en particulier, suivant le peu de connoissance que j'ai de leurs mœurs et de leurs maximes. NE

.On ne peut établir une religion qu'avec bien du temps , du travail et de la patience, L'expérience nous le fait voir dans toute l'histoire de l'Eglise, Dans les deux ou trois premiers siècles où les miracles étoient si fréquens, le progrès fut plus prompt. Aussi, y avoit-il d’ailleurs des Li que vous

ne trouvez pas. Les Apôtres s’adressoient d’abord:

aux Juifs déjà instruits du fond de la religion , à qui il ne falloit qu'expliquer les prophéties, et leur faire connoître ce Messie qu’ils attendoient , et dont ils savoient que le temps étoit venu. Les Grecs et les

sn Pt

SE el

eb

. ln

tique les nsi, ne …1,ilne u'il peut en a de les faits dans la l'entrée qu'il y profeset de la ce culte et que,

glise, il, é inter-.

montrer

nblable.

> Ja dise, pour s. Voict tant en suivant rs et de

2c bien érience Eglise.

s Mira rOMpte 1e vous

l’abord :

> à qui ur faire ont ils s et les

ÉDIFIANTES ET CURIEUSES, 47 Romains étoient préparés par la philosophie qui les avoit déjà désabusés des fables de leurs poètes, en sorte que les gens d'esprit étoient .pons le plupart: sans religion, et ne soutenoient li olâtrie que par. politique pour le peuple. Cependant ii fallut trois cents ans âvant que la religion pût prendre le dessus sur l’idoiâtrie , et même sous les empereurs chrétiens, le paganisme se soutint encore plus de deux siècles. principalément dans le menu peuple. La vaste étendue de l'empire Romain donnoit une grande com. modité pour le progrès de la religion; mais nous ne voyons guère qu'elle ait subsisté au-delà. Les traditions touchant la prédication des Apôtres , sont trèsobscures. Il y eut à la vérité de grandes Eglises dans les terres des Parthes et des nouveaux Perses, mais toujours persécutées, et les Sarrasins musulmans achevérent de les ruiner. Quant à la mission de saint Thomas dans les Indes, l’histoire en est assez incertaine. On ne sait ce que c’est que cette Ca/amine où le martyrologe romain, marque sa sépulture ; et quant au sépulcre qui étoit honoré à Méliapour lorsque les Portugais ÿ arrivèrent, les savans ont vérifié que c’étoit le sépulcre de Mar-Thoma , ou set-

gneur Thomas, marchand nestorien, qui y avoit

préché l’évangile à sa mode (1). Mais je ne vous con-

seille pas d'entrer sur ce point en dispute avec les nat | - (1) M. de Fleury auroit bien fait de citer les savans qui ont vérifié ce fait. Je doute qüe leurs preuves soient aussi décisives qu'il le pense ; et d'après les traditions du pays, l'examén des lieux, les événemens qui tiennent du miracle , le père Tachard et d'autres Missionnaires, qui n'étoient pas trop crédules ni si ignorans, et dont le témoignage vaut bien .celui des savans protestans, sont d’une opinion trèscontraire à celle de M. de Fleury, qui après tout n'a ni vu, ni lu ce qua nie positivement : si l'on doit se défier un peu des préventions pour les faits extraordinaires » ne doit-on

ps aussi, n'est-il pas:même juste, d’être en garde contre es préventions contre eux !

48 | LETTRES Portugais. Dans céètte pañie de l'Europe que nous connoïssons distinctemient, nous voyons que les Bar- Bates, c'esthècdiré, ceux qui étoient hots de l’empiré Rômiain ; se sont convertis fort tard. La Flandre ét les pays voisins ne réçurent l’évangilé que vers le milieu du septième siècle, Le les travanx dé saint’ Eloy; la Germanie, an siècle après, par les ptédications de saint Boniface qui ÿ souffrit le martyre. Encore ne fut-ce que depuis les conquêtes de Cliarte= magne ; que là religion y'fut établie à demeure, c’està-dire , dus le neuvième siècle: Elle entra alors däns kh Suède et le Danemarck; èn Bohôme et dans les autres pays des Sclaves, dans le dixième siècle ; en’ Hongrie, dans le même temps; én Pologne, dans le énrième siècle, Est-ce que saint Germ'in d’Auxérre, saint Loup de Troyes, saint Remy n'auroïent pu précher aux Allemands dont ils étoient si voisins ® Hs ne manquoient pas de zèlé ; mais ils attendoient les dispositions favorables. | ‘Je sais qué ces peuples étoient brutaux et farouches, et que vos Indienssont doux et polis; mais leur douceur les rend paresseux et indifférens, Nous avons oui parler de l’orgueil des Chinois et de l’opimion qu'ils ont dé leurs connoïssanices. Du moins nos Barbares d'occident se reconnoissoient ignorans , et respectoient les Romains. Ce-qui est toujours commun aux nations fort éloignées, c’est d’avoir des coutumes et des opinions très-difficiles à vaincre. Ce qui vient d’un autre bout du monde, nous paroit à peine sérieux. Le roi dé Siam et même le roi de la Chine semblent presqu’être/des rois de théâtre. Le prie mouvement porte à rire, quand on voit des: hommes d'une couleur et d’une figure si différentes. Nous devons être aussi extraordinairés aux Indiens ,. que les Indiens le sont ici. Des hommes vêtus de longs habits, à qui on ne voit que:le visage fort blanc; doivent y paroître des spectres, et je ne m'étonne pas

4 nn DB © es hong 2 land mn 4

nous »s Barl’emandre vers le > saint’ ptédirtyre.

Harle« “c'ests däns ns les le; en ans le’ térre, nt pu Sir da loient

arou—

lopi- 1$ n0S 1s, et comr des incre.

paroît’ de la e. Le it des:

éntes.

liens ,:

us de )lanc ;, tonne

pas

pas si les Siamois s’enfuient d’abord à l'approche des Missionnaires, Mais quand des gens si extraordinaires viennent vous dire que vous êtes tous dans l'erreur, que tous vos'ancêtres sont:damnés ; et que vous le serez comme eux ; ce n’esb'pas le moyen d’être bien reçus. ALL COTIITRE PT fon Il faut donc prendre un long détour, et user de grandes précautions; leur inspirer le goût de. la vérité dans les matières indifférentes , comme. les mathématiques et la physique , ‘afin de lesaccoutumer peu à peu à raisonner plus juste qu'ils n’ont fait jusqu'ici; leur raconter des histoires véritables, principalement de celles qui n’ont rien que de naturel ; pour leur faire sentir, sans le leur dire , la différente des fables; travailler en même temps à poser leé principes de la métaphysique que j'ai marqués, sans. en faire encore l'application. Après avoir ainsi préparé un esprit ; et l'avoir long-temps fortifié par une bonne nourriture, vous pouvez commencer à lui faire apercevoir les erreurs dans lesquelles il a été élevé, s’il ne les aperçoit déjà lui-même : cars'il a compris les principes, et s’il en est persuadé , pour peu qu'il ait de pénétration ; il les appliquera aux objets qui lui sont familiers, Hyfloss | Quand vous aurez une fois excité du doute dans leurs esprits, il faut encore travailler à leur ôter di verses préventions qui viennent du cœur plus que de l’esprii ; lerespect pour leurs docteurs, l'affection pour leurs paréns et amis, l'attachement à leurs coutumes, Je n’y vois point de meilleur remède que l'amour de la vérité. S'ils l'ont une fois goûtée, ils verront que rien ne lui doit être préféré; mais il faut avouer qu’il n’y a que le temps qui puisse guérir de ces passions, comme de toutes les autres. Ce même amour de la vérité doit surmonter l’indifférence d'opinions, et principalement des: religions. Il fautsouffrir en patience l'erreur des autres quand T. XIP,

5à LETITPES a!

nous RC pouvons les en guérir; mais nous sommes coupables, si nous y demeurons un moment à notre escient, On peut pardonner à un homme de se tromper ; mais d'assurer hardiment ce qu’il ne sait point, et des fables inventées à plaisir , et le persuader aux autres, c’est ce qui n’est point excusable.

De là on peut venir à donner du mépris et. de V'aversion des faux docteurs et des faux prophètes , après avoir bien convaincu leur doctrine de fausseté. Tous les imposteurs et faux témoins sont haïssables , mais principalement ceux qui mentent en malière très-importante , et qui séduisent des peuples entiers. De tous les faux témoins, les pires sont ceux qui portent faux témoignage contre Dieu même, ou disent qu'ils sont envoyés par lui, ou se mettent à sa place, en se faisant rendre les honneurs qui sont dus à lui seulement. Après avoir levé ces obstacles extérieurs qui viennent de l'attachement à leurs préjugés, ou de la négligence à s'appliquer, ou de l’autorité de leurs docteurs, il faut altaquer les opinions qui résistent le plus à notre doctrine ; l'éternité du monde , la multitude des dieux, ou tous ensemble, ou successivement; que tout soit corporel ; que les âmes des bêtes soient immortelles, ou qu'elles passent de corps:en corps, et surtout que le bonheur ou le malheur suivent le mérite par une nécessité fatale et indispensable. Avant que d’avoir effacé ce préjugé , si vous leur parlez dela croix de Jésus-Christ, ce sera pour eux un scandale: ils concluront, suivant leur principe ; qu’il avoit mérité dans une autre vie ee qu'il a souffert depuis sa naissance , et ils feront le même jugement des martyrs. C'est peut-être par cette raison que les Jésuites ne se sont pas pressés de parler aux Chinoïs.de Jésus-Christ crucifié. Mais sitôt qu’on y verra les catéchumènés disposés, on ne doit: pas différer à les instruire d’un dogme si capital au christianisme, Tous ces préliminaires semblent

tout ot À bee bon A A À pto 9 Eu mn D Am 2 Bi Où mm 2

ct À

nmes notre

romont, r'aux

t de

ètes ,

sseté,

bles,

alière

tiers.

x qui , OU

ent à i sont tacles s prél’aunions té du nble , ue les assent ou le tale et jugé , st, ce uivant re vic feront re par ressés . Mais on ne apital nblent

ÉDIFIANTÉS-ET CURIEUSES, 5t

nécessaires avant que de venir à l'explication de la doctrine chrétienne, si ce n’est que l'expérience vous-ait appris que la 2 ae simple et solide de la vérité sullise pour faire évanouir les erreuts con traires, comme le soleil dissipe les nuages, Si je u’écrivois pour des personnes d'une-vertu consommée ;, je les avértirois de se précautionner contre la tentation de faire pa. Âtre un grand fruit de leur mission. Îl.est triste à la nature d’avoir fait inutilement un si grand voyage, d’avoir tant souffert , et de de meurer dans cet exil volontaire, On veut, à quelque prix que ce soit, faire des Chrétiens; l’amour-propre se déguise en zèle. Regardez toujours les exemples des premiers. siècles. On éprouvoit les catéchumènes pendant deux ou trois ans, et on ne donnoit ensuite le baptême qu’à ceux qui le demandoient instamment, et dont les mœurs paroissoient solidementcorrigées. À cette épreuve servoienttant d’exor= cismes et de scrutins pendant le carême , dont la pratique pourroit être rétablie très-utilement dans les nouvelles Eglises. Je ne vois pas non plus que dans ces, premiers siècles la conversion des princes fût regardée comme le moyen le plus propre à établir la religion. À la vérité, quand l'occasion s'en présenta, les saints Evêques l’embrassèrent avec zèle, et en rendiremt grâces à Dieu comme d’un miracle. Mais auparavant ils la regardoient comme humainemeïit impossible, par. l'extrême difficulté qu'il y a,d'accorder le Souverain pouvoir, les honneurs'et le luxe de la cour, avec l'humilité, la tempérance ét les autres vertus, chrétieunes. L'on dit que l'autorité des princes est le moyen dé:plus court pour amener les peuples au changement de religion , surtout en Orient où les rois sont regardés comme une divinité 3 mais je doute fort que celte autorité produisit une con-

viclion intérieure, Je-crains quelle ne fit seulement

un changement dans le culte par une basse complai

CA

RES Ni M me "+

RE ne ST

KL Or:

LA

sance ; etqne de tels Chrétiens ne fussent prêts à res tourner à leurs idoles; au premier changement: dé soûverain. Je craindrois encore que les Missionnäites ne fussent tentés d’avoir des complaisances excessives pour un prince qui se seroit déclaré chrétien, et qu'ils ne crussent être-chligés, pour le bien commun , à relâcher beaucoup de la sévérité de leur discipline, Je crois du moins qu’il faudroit, avant que

de lui donner le baptême, l’éprouver bien plus que

les particuliers. L’exemple de Constantin est sermarquable. Il a été trente ans le protecteur de la religion chrétienne, sans être baptisé; car il est certain (1) qu’il ne le fut qu'à la mort. QUE

Les biens et les maux suivent le mérite.

C'est ici , si je ne me trompe , l’objection capitale pour la morale ; elle a une apparence de raison et de justice ; c’est, dira-t-on , l'ordre des chôses ; le bonheur est dû au bon usage de la liberté ; le malheur au mauvais usage ; donc tout méchant ést malhevreux , et tout malheureux est méchant: et comme l'expérience est contraire , il'y aura d’autres vies devant et après ; devant, pour avoir mérité les biens et les maux de cette vie; après , pour recevoir la peine et la récompense dé cé qu'on y a mérité : et Voilà la métempsycose. De là suivra qué jamais l'état des esprits ne sera fixe : car si tout dépend de leur volonté libre , ceux qui sont malheureux , pourront ; s'ils se convertissént, devenir heureux , etles plus heureux pourront tomber ét devenir misérables. C'est le fond des erreurs d’Ofigène qui les avoit prises de Platon et de Pythagore, et À remonter plus haut, des Egÿptiens de qui‘lés-Indiens peuvent

"‘(t) Sont-ce les Evêques ; et n'est-ce pas Constentin luis

iêtiié qui voulut différer Son baptéme !

dû le:marquer. Hi ln alt (86

vhs : pt + TA: SEP AS" Hi G

de Fleury auroft

15 à res désouires ne éssives lien, ét com ‘ur disnt que

us que :

Femat= a relist cer-

apitale son et es ; le alheur alhevomme S vies té les Cevoir érité :

jamais nd de ; pouretles rables.

avoit aonter >uvent

lin lus hüroft

Page 1